‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 21 sur 74 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

pression de ces principes abstraits que l'œil ne saurait voir et qui ne s'adressent qu'à l'esprit. Une fois que les religions furent sorties de la période du fétichisme, durant laquelle le genre humain adorait les objets matériels eux-mêmes , le symbole prévalut.

L'homme demanda, aux formes que lui présente la nature, des signes distinctifs pour réveiller dans l'intelligence d'autrui ou en lui-même la pensée religieuse; et dans le choix qu'il fit de ces formes, il fut naturellement conduit à prendre, pour représenter chaque attribut divin , chaque acte des êtres supérieurs, chaque idée théogonique, les objets, les êtres delà nature qui rappelaient ces attributs par leur caractère propre, dans lesquels ces actes semblaient se manifester, et qui résumaient en eux les idées qu'il s'efforçait de rendre sensibles. Les végétaux, les animaux, les ustensiles, les armes que les hommes se fabriquaient, les produits de l'industrie naissante, soit tels que la nature nous les livre, soit tels qu'on les avait transformés , mais par-dessus tout l'homme, dans toutes ses attitudes , dans toutes ses formes, ses actes, dans son sexe, dans son âge, fournirent à l'art hiératique la source de ses symboles; puis naquit l'idée symbolique à son tour qui, prenant sous une acception directe l'objet qui était destiné à représenter une pensée non sensible, introduisit des croyances nouvelles et enfanta une multitude de dogmes.

Dans l'antiquité, chez les nations de l'Asie et de l'Europe méridionale , l'imagination demandait sans cesse aux représentations figurées des images de ses croyances et de ses doctrines religieuses. Le symbole devint donc un des éléments fondamentaux de ces croyances et de ces doctrines. La théologie ne fut, à vrai dire , qu'une symbolique, et c'est à mettre cette idée en lumière que M. Creuzer a consacré l'ouvrage que ces planches sont destinées à illustrer. Mais prises , étudiées en elles-mêmes, ces représentations forment à elles seules toute une histoire des religions par les monuments. On peut suivre dans les symboles figurés de chaque peuple, dans

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