VI " INTRODUCTION
destinées à exprimer la puissance double, triple, quadruple du dieu ainsi figuré : Bouddha-Sourya à sept têtes (fig. ii4)} Yama à huit mains (fig. 44)> Souhramahnya à quatorze bras (fig. 39), Ravana, roi de Lanka, à dix têtes et vingt bras tout armés (fig. 56). D'autres fois, c'est un mélange confus d'animaux de toute espèce qui servent de montures aux divinités et ont pour but d'exprimer, par leur caractère, celui du dieu qu'ils portent (fig. 22, 23 etpassim). Tout, dans ces représentations, est étrange et gigantesque, difforme et arbitraire. On sent que l'artiste qui les a produites, s'est peu préoccupé d'offrir aux regards un assemblage de figures qui plussent parleur élégance, leur beauté, leur harmonie, et qu'il n'a eu en vue que de représenter, sous ces associations allégoriques de natures hétérogènes, les conceptions abstraites de l'esprit indien. La Perse et l'Assyrie offrent, dans leurs monuments religieux, un caractère quelque peu différent de celui des monuments indiens. Le beau n'a point été aussi complètement sacrifié sur l'autel du symbole. Il y a sans doute encore des associations bizarres de formes humaines et animales. On voit souvent des divinités à tête de vautour (fig. i25 a), des hommesgriffons, des taureaux à face humaine; mais l'artiste a su opérer ces accouplements monstrueux sans altérer la beauté respective des parties. L'œil est parfois étonné par ces sujets fantastiques; mais il n'est pas repoussé comme cela arrive pour les monuments de l'Inde. Une main des plus exercées a sculpté ces colosses, ces bas-reliefs énormes, que les récentes découvertes de MM. Botta et Layard ont mis au jour à Khorsabad, Nimroud et Koioundjouk. D'ailleurs, à côté de ces figures monstrueuses, il en est qui sont pleines de vérité et qui excitent l'admiration par la beauté sévère, l'attitude si bien sentie, quoique roide, des personnages. Les contours ont quelque chose de nerveux , le dessin offre une énergie remarquable qui accuse un art déjà avancé ; mais on chercherait vainement cette souplesse, cette variété, cette abondance qui sont le propre d'un art parvenu à son apogée. Il faut que les types ^sîiyriens et persans soient transportés dans la Grèce et l'Italie