‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 24 sur 74 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

hellénisée pour qu'on les voie revêtir ces qualités nouvelles. Les sujets seuls et quelques attributs gardent alors leur physionomie asiatique, tout le reste est devenu grec. C'est ce qu'on observe pour les monuments si nombreux du culte de Mithra (fig. i3i etsuiv.), où l'on retrouve encore cependant, chez le taureau expirant, un caractère tout assyrien. Les peuples de la Chaldée et de l'Iran excellèrent, en effet, à représenter ces animaux puissants, symboles favoris de leurs dieux , dont le sang inondait sans cesse leurs autels, ou qui figuraient dans leurs pompes religieuses. Les lions, les taureaux sont rendus, par les artistes assyriens, avec une admirable énergie et une mâle vérité. Les airs de tête ont aussi un type à part, rappelant celui de cette grande race indo-européenne qui , de ce plateau de l'Orient, se répandit dans tout l'Occident. Dans l'Inde, l'imagination aimait à multiplier les bras qu'elle donnait aux figures humaines de ses dieux; elle armait chacun d'eux d'un symbole différent : dans l'Assyrie et la Perse, ce sont les ailes qui prennent la place de ces membres fantastiques. Ces ailes doubles ou quadruples expriment le caractère céleste des dieux. Dans l'Inde , les divinités sont portées sur des chars ou montées sur des animaux; dans l'Assyrie, qui nous offre aussi quelques exemples de ce dernier genre, elles nous apparaissent le plus souvent dans des disques ailés qui rappellent leur origine astronomique. Le sabéisme ressort des représentations de ce dernier pays, comme la personnification des forces de la nature ressort de celles de l'Inde,

Dans l'une et l'autre contrée, des luttes entre l'homme et des monstres, ou de monstres entre eux, figurent les oppositions que nous offre la nature, les combats que se livrent les forces qui l'animent. Mais dans l'Inde, ces sujets n'occupent qu'un rang secondaire , tandis que le rôle principal qu'elles jouent dans les représentations de l'Assyrie et de la Perse nous dénote l'existence du dogme dualiste.

L'Egypte a un art plus avancé que l'Inde, mais inférieur à celui de l'Assyrie; le symbole y éteint fréquemment la beauté de la forme. Les têtes d'animaux ont remplacé presque partout

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