VIII INTRODUCTION
les têtes d'homme que l'Assyrien se plaît, au contraire, à placer sur des corps d'animaux (voj. fig. 142 et suiv.). Les lignes sont plus roides que celles des monuments de Ninive et de Persépolis^ des figures gravées sur les cylindres babyloniens; les contours moins arrondis. On sent un ciseau que la nécessité d'adapter les figures à la décoration archilectonique arrête dans son élan. Mais ce que l'œil perd sous le rapport de la grâce, du modelé, de l'élégance, il le regagne quant au grandiose. Toutes ces figures de l'Egypte sont sévères et tristes; elles semblent silencieuses et uniformes, comme les rives du fleuve sur les bords duquel elles s'élèvent. Tantôt ce sont des colosses étonnants, cent fois plus hauts que les colonnes des temples de la Grèce ; tantôt ce sont des petites figurines travaillées en pâte, en basalte, dans les substances les plus dures. Le type est toujours le même, bien que sous des proportions si diverses. Et dans cette apparente uniformité, on saisit encore des variations qui indiquent que l'art eut aussi ses périodes de grandeur et de décadence.
Il ne faut pas croire que ce soit la consécration de certains types qui ait enchaîné l'artiste égyptien. Cette erreur, qui régna longtemps dans la science, a été dissipée par l'étude plus attentive de l'art de l'Egypte. En comparant entre eux les monuments des diverses époques, on a reconnu que, sur les bords du Nil comme dans la Grèce , l'art a eu aussi ses vicissitudes , qui ont réagi sur le caractère des représentations. Cette admirable simplicité de lignes, cette finesse délicate , qui distinguent les œuvres de la douzième dynastie , et qui semblent avoir appartenu, à un plus haut degré encore, à l'art des premières dynasties, fait place, sous les Ptolémées, à cette profusion de détails, à cette richesse d'ornementation qui multiplie les symboles et cherche plus à étonner l'œil qu'à reproduire la nature. A partir de Toutmès P', sous la dix-huitième dynastie, comme sous la dynastie saïtique, l'art fleurit de nouveau. Mais, tandis qu'à cette dernière époque reparaît la simplicité des œuvres primitives, sous la dix-huitième dynastie, les types religieuj^