‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 26 sur 74 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

sont traités avec cette manière large qui leur donne un air conventionnel par lequel se trahit davantage le symbole. Les muscles, soigneusement accusés dans les ouvrages du temps des anciens Pharaons, ne sont plus ensuite indiqués que par quelques lignes, de façon que les figures sont simplement esquissées. Mais, lorsqu'elles sont colossales, ces esquisses, taillées en granit d'une main vigoureuse, n'en excitent pas moins notre admiration , tandis que, dans les figurines, l'absence du modelé ne produit que des compositions grossières. C'est ce qu'on observe surtout pour l'époque de Rhamsès le Grand.

L'art fut d'abord sobre de représentations des divinités. Sous la douzième dynastie, on cherche vainement sur les stèles les figures des dieux auxquels sont présentées des offrandes. Mais, à mesure que la religion s'enrichit de mythes nouveaux et agrandit son panthéon, le besoin de multiplier les figures de dieux se fit sentir.

Les Égyptiens, comme les Assyriens, excellent à la reproduction des formes animales, dont leur système symbolique fait un si étrange abus. La pureté, la correction sévère de leur dessin, disparaissent vers l'époque romaine. En même temps que leurs innombrables bas-reliefs peints, que les inscriptions en caractères fi^guratifs ou idéo graphiques ^ qu'on appelle hiéroglyphes, perdent de leur régularité et de leur grandiose, les types helléno-latins tendent, sur les monnaies, à se substituer aux représentations purement égyptiennes (fig. 174c, i38 a, i54 b, et passini , pi. LU). L'art égyptien s'altère, en même temps que la religion , et le mélange des doctrines persane, assyrienne, égyptienne, grecque, qui constitue le gnosticisme, apparaît clairement dans les types qui se njontrent sur les monuments religieux de ces sectes [voy. pi. LII).

Nous ne connaissons qu'imparfaitement les monuments des religions de l'Asie occidentale. L'art phénicien ne nous a laissé que de faibles vestiges de son existence. Quelques figurines, des médailles, voilà à quoi se réduisent les sources de nos connaissances, et encore, parmi ces représentations, le plus grand nombre dale-t-il d'une époque oii l'art grec avait

Page 1