‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 28 sur 74 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

il prenait pour modèle sa maîtresse ou quelque courtisane. Tout est encore chaste, même dans les symboles qui sont empruntés à des idées obscènes à nos yeux. Rien n'a pour but d'exciter les sens. C'est, avant tout, une idée mystique qu'on veut réveiller, une croyance théologique qu'on rappelle à l'esprit sous le voile de l'allégorie.

L'art étrusque et italique, qui semble s'être développé d'un germe hellénique sous quelque souffle venu de l'Orient , nous représente bien cette phase de l'art grec qui finit à l'apparition de Phidias, et dont nous retrouvons les types sur le fronton du temple de Jupiter Panhellénien à Égine, dans les monuments choragiques, sur certaines pierres gravées (fig. 240), et sur quelques autels (fîg. 247). Les vases peints qu'on trouve en Italie, ne sont pas moins riches en sujets de ce style. Sur ceux que l'on découvre en Étrurie, sur les urnes, les sarcophages, dans les peintures qui décorent les tombeaux (voj.fig. 693 et suiv.) de ce pays, on voit apparaître des représentations religieuses qui se distinguent par leur caractère plus grave des sujets purement profanes. Il y a d'ailleurs, dans les monuments de l'Étrurie, des types qui, par leur caractère fantastique, leurs formes conventionnelles, rappellent ceux de la Syrie et de l'Asie occidentale.

Ce n'est pas tout à fait le monde terrestre que l'artiste a transporté dans la société des dieux, ainsi que cela a lieu pour la Grèce et eut lieu plus tard pour l'Italie, lorsqu'elle eut confondu sa religion avec celle de ce premier pays; les personnages divins sont conçus, chez les Étrusques, sous une sorte d'idéal qui n'est pas celui de la beauté, mais qui dénote des conceptions théologiques moins anthropomorphiques que celles des Hellènes.

Ce court aperçu suffit pour donner une idée des différences qui séparent l'art grec archaïque de celui des âges postérieurs, et pour montrer les analogies qui le rapprochent de l'art étrusque et italique. Les modifications que l'art religieux a subies dans ces deux contrées , dont les cultes d'oirigine en partie commune, c'est-à-dire de source pelas-

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