XIV INTRODUCTION
bien encore l'antagonisme du bien et du mal (fig. no bis, m, 117, 124).
La fable asiatique qui, dans les légendes divines, donne naissance à celle de Saturne, se mêle, dans les légendes héroïques, à la tradition de Persce, de Chrysaor (fig. 61 3, 447), les héros à la harpe. Le sang qui jaillit de la tête de Méduse, et d'où naît Chrysaor, rappelle le sang d'Uranus, et Méduse s'offre à nous comme une divinité de l'humidité, comme amante de Poséidon , le dieu des eaux.
Cronos, au temps du syncrétisme, se confondit avec Saturne, divinité italique de la production, dieu-père, qui semble avoir la même origine que lui. Comme divinité qui préside à la naissance des êtres , il est le dieu de l'agriculture; il est regardé comme le premier roi, comme le premier législateur de l'Italie; car les peuples de l'antiquité plaçaient en tête de leurs dynasties des dieux qu'ils supposaient les avoir gouvernés jadis et avoir fait fleurir parmi eux la justice et la paix. Ce Saturne, ce dieu de l'âge d'or, qui rappelle la tradition selon laquelle Cronos régnait dans Us îles des Bienheureux, aux contrées occidentales de la terre, offre une grande analogie avec une autre divinité italique, Janus. Peu à peu il se confondit avec lui. Janus est, en effet, un dieu-père, un dieu de la production, un dieu premier-né, qui régnait sur la végétation et qui gouverna jadis l'Italie. Mais Janus est plutôt une personnification du soleil qui mûrit les germes, et Saturne, de la force qui les fait se développer au sein de la terre (fig, 243 et suiv.).
Cronos descendit peu à peu du rang suprême qu'il avait occupé , circonstance qui est exprimée par le mythe qui rapportait que son fils Jupiter l'avait détrôné. Il n'est plus, dans les derniers âges, que la personnification du temps. Sa harpe se transforme en faux. On lui donne pour attributs le sablier, les ailes. En Afrique, on l'identifie définitivement à Baal-Moloch; en Egypte, on le confond avec Sevek, le dieu à la tête de crocodile (fig. i4^)-
Jupiter (Zeuç itocTTip) est le grand dieu pélasgique, celui qu'on retrouve, dès une haute antiquité, à la tête du panthéon hellé-