‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 32 sur 74 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

nique et latin. Fils aîné de Saturne et de Rhéa, frère et époux de Junon, il est le maître et le père des hommes et des dieux. Il est le fondateur des empires, le protecteur de l'ordre, le régulateur divin qui préside aux assemblées et aux conseils populaires. C'est de sa main terrible que les méchants reçoivent leur punition ; car il est celui qui ouvre un œil éternel sur le monde, et de qui proviennent et le bien dont il se plaît à combler les mortels et le mal dont il les frappe quand ils l'ont mérité. Sa demeure est sur l'Olympe , montagne divine qui s'élève jusqu'aux cieux. Il y habite dans un palais somptueux. Ses armes sont l'éclair et le tonnerre. Il assemble et dissipe les nuages à son gré (fig. 256).

Jupiter est la divinité nationale et politique des Hellènes; il est celle dans laquelle on voit poindre le dogme admirable de l'unité divine. Comme roi et père des hommes, il est le fondateur et le vigilant protecteur de toutes les institutions consacrées par les lois, les mœurs et la religion.

Le Jupiter romain (CapitoUnus ^ Optimus Maximus) n*est qu'un être mixte provenant de la fusion du dieu de la foudre, Tina ou Tinia (lig. 337, 43 1), adoré par les Étrusques, avec le Zeuç hellénique. Par un effet du syncrétisme , il est confondu avec Baal ou Bélus, avec Amoun-Cnouphis (fig. i55, i58, 171) , avec toutes les divinités suprêmes de chaque peuple.

En représentant Jupiter, les artistes s'inspirèrent de ce que le type humain offre de plus parfait dans l'âge mûr. Ils surent distinguer le caractère que le génie, la noblesse des sentiments, l'élévation des idées, répandent sur la physionomie et dans tout le port de celui qui les possède, et ils en firent les attributs de leur divinité suprême. C'était encore de l'anthropomorphisme, car l'art n'y peut échapper, mais c'était celui où l'imagination s'est élevée au plus haut degré de l'idéal. Ce fut ce type que Phidias porta à sa perfection , et qui devint, plus tard, celui sous lequel les chrétiens représentèrent Dieu le père (fig. 3 18).

Chez les Grecs, Jupiter est surtout le dieu des airs, le roi (lu ciel ; chez les Romains, il est plus particulièrement le dieu

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