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protecteur des armées romaines, le Jupiter Custos, Conservator, Feretrius (fig. 268 et suiv.).
Comme dieu suprême et créateur, Jupiter forme, avec les grandes personnifications féminines des agents naturels, diverses dyades ou couples amoureux. Il s'unit à Dia, forme féminine de la divinité suprême (Zsu,-, Dios, Deus) ; à Danaé, personnification de l'eau et de l'humidité; à Sémélé, à Europe, personnifications de la lune; à Gérés ou Déméter, personnification de la terre. Mais son épouse habituelle, son alter ego féminin, c'est Junon, Dioné ou Héra, la reine du ciel et de l'air (fig. 275 d), dans laquelle se retrouvent, sous le côté féminin, presque tous les attributs qui caractérisent son époux. Junon s'offre à nous comme la déesse tutélaire du mariage. Le voile des fiancées est son principal attribut. La Junon latine naquit du mélange des traditions relatives à la Héra grecque et à la déesse étrusque Cupra. Junon est, en Italie, la déesse préservatrice, Juno Sospita (fig. 275 b), la déesse qui préside à la fabrication des monnaies (fig. 276 c, 601). Avec Junon se confondirent dans la suite et l'Ilithyie hellénique et la Lucina latine, qui présidaient à la délivrance des femmes enceintes {i)oy. fig. 337, 604). Alors elle a pour assistantes d'autres divinités génétyllides , qui reçoivent aussi le nom d'ilithyies (fig. 25o a, 653). Par ce caractère, Héra se rapproche des divinités mères et se confond avec Artémis, avec Hécate, identifiées également avec Ilithyie. L'art, en reproduisant les simulacresde la Junon helléno-latine (fig, 273 et suiv.), s'appliqua, comme pour les images du dieu son époux, à réunir tout ce qui exprime la noblesse. Junon est véritablement une déesse reine (fig. 274). Un symbolisme très-simple se rattache à ses représentations. Le sceptre surmonté du coucou, le paon et la pomme de grenade, sont ses attributs ordinaires , comme l'aigle, la foudre et le sceptre sont ceux de Jupiter. Lors de l'époque du syncrétisme, la qualité de reine des cieux fit iden tifier cette déesse avec la Thanith ou Astarté des Carthaginois (fig. 208, 2i3), et par ce côté, elle se rattache à la Vénus- Aphrodite.
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Latone ( fig. 276) est un type mythologique qui repose en partie sur la personnification des mêmes idées que nous représente Héra ou Junon. Comme celle-ci, elle est l'épouse de Jupiter; comme celle-ci, c'est une divinité propice. - Mais Héra est l'expression de l'air et de l'atmosphère; Latone, ainsi que l'indique l'étymologie de son nom (Ayitw, de Xavôavw, être caché), celle de l'obscurité, des ténèbres premières; car, dans certaines cosmogonies de l'Orient, la nuit ou les ténèbres premières jouent le même rôle que le chaos, avec lequel elles se confondent , ce chaos n'étant que la matière obscure. Les ténèbres représentées par Latone, etdontle voile sombre qui la couvre est l'emblème, s'unissent au père des dieux pour enfanter la lumière, et notamment les grands astres, le soleil et la lune; union symbolisée dans les amours de Jupiter et de Latone, d'où naissent Apollon et Diane, personnifications de ces deux astres.
Apollon est l'un des grands dieux de la Grèce, l'un de ceux dont la physionomie est le plus foncièrement hellénique. Sans doute qu'au fond de la conception enfantée par le génie grec, il se trouvait quelques traits empruntés aux divinités solaires de l'Asie. Les populations venues originairement des plateaux de la Bactriane et de la Perse, apportèrent, dans le pays lointain qu'elles occupèrent, des croyances empreintes des idées qui donnèrent naissance, chez les Aryas, au culte à' Indra, de Sourya , de Mithra ^ chez les Sémites, à celui de Baal-Adonaï (Adonis). Mais, une fois transporté en Grèce , le type du dieu solaire y revêtit promptement des formes nouvelles, quoique, dans les mythes dont il fut l'objet, on découvre souvent des vestiges de son origine orientale, qui vinrent se grossir plus tard d'une foule d'emprunts faits aux religions de l'Asie. Le griffon, par exemple, qui est un de ses emblèmes (fig. 3oi, 3o2), est emprunté à la symbolique de cette contrée, et rappelle, en outre, l'épervier, symbole de Phré et à'HoruSy ou du soleil chez les Égyptiens (fig. i38 a). Apollon est la divinisation de la lumière, du soleil, de la force qui vivifie la nature, de la beauté. L'astre du jour, considéré IV. b
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comme la source de tous ces dons, se personnifie en lui; il en est le symbole vivant et animé.
Comme dieu du soleil, Apollon reçoit l'épithète de Phœbus, c'est-à-dire de brillant, de lumineux. Le surnom de Lycien , emprunté au radical lux, lumière, Xeuxoç, brillant, blanc , est dérivé de la même idée. Il a pour adversaire le serpent Python (fig. 278, 279}, personnification de l'humidité répandue à la surface de la terre, qu'enlève, que combat la chaleur des rayons solaires. Cette lutte detla chaleur et de l'humidité, de la lumière et des ténèbres, du ciel et de la terre, se retrouve aussi dans le mythe des Titans, dont nous avons parlé plus haut. Apollon est porté sur un char (fig, 3o5)», qui rappelle celui que les Védas donnent à Indra ou Sourya (fig. 93, 94), et qui est l'image de la course journalière du soleil dans les cieux. Les flèches que lance le dieu sont les emblèmes des rayons de cet astre. C'est avec ces flèches qu'il frappe les hommes et les fait périr soudainement , parce que faction brûlante du soleil donne parfois naissance à des contagions. Mais Apollon est aussi celui qui guérit les hommes, parce que le malade puise dans Tair que le soleil échauffe, qu'il épure de ses feux, et les forces et la vie. Dans ce sens, il est le dieu qui éloigne les maux, Alexicacos (fig. 278), Apoiropœos , le dieu sauveur, celui qui rend la santé, Acesios , Acester, Epicourios , latroman tis .
C'est à Apollon que les Grecs rapportaient toutes les clartés qui illuminent l'esprit humain. La personnification de la lumière dans sa personne divine a conduit tout naturellement à faire de lui le dieu des lumières morales et intellectuelles; à ce titre, il est le dieu de l'inspiration prophétique et de l'inspiration poétique , intimement liées à l'origine et comprises toutes deux sOus le nom de {xavxsia, vaticinium (fig. 280 c). Il préside aux arts, à la musique (fig. 281, 282 suiv.), à l'éloquence, aux oracles. Adoré par les Grecs, comme la divinité par excellence, lorsque les tribus helléniques vivaient encore à l'état pastoral, Apollon a conservé, pour cette raison , les «aractères de dieu berger, de divinité champêtre (fig. 283), et