‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 42 sur 74 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

Les Étrusques reconnaissaient aussi un tUeu des combats, nommé Mavors, c'est-à-dire la mort, et qui était celui qui donnait le trépas dans la mêlée. Peut-être est-ce ce personnage qui se voit sur les bas-reliefs funéraires prêt à frapper de son marteau sa victime, et que Ton a désigné sous le nom de Charon étrusque. Les anciens Sabins avaient aussi un dieu des combats appelé par eux Mamers , et dont l'emblème était une lance plantée en terre. Ce Mamers fut l'ancêtre du Mars latin, avec lequel se confondit de bonne heure le Mavors étrusque.

Mars devint l'un des grands dieux de Rome. Il était compté au nombre des dieux Lares, divinités tutélaires de la ville, des dii consentes^ qui présidaient aux éléments et aux révolutions de l'année. Aussi la vieille année romaine instituée, disait-on, par Romulus, et qui était dérivée de l'année étrusque, commençait-elle par le mois de mars.

Lorsque les conquêtes des Romains eurent porté leur religion en Grèce et en Asie, Mars se confondit avec l'Arès hellénique. Les images de ce dieu, jusqu'alors peu communes, et dont le sculpteur Alcamène avait créé l'idéal, se répandirent promptement. Les statues, les gemmes, les médailles de l'époque impériale reproduisent sans cesse la figure du dieu auquel la ville éternelle croyait être redevable de toutes ses conquêtes. Tantôt le fils de Junon nous apparaît nu , tantôt vêtu de l'habit militaire et le manteau sur les épaules ffig. 356). Il est généralement armé du casque, delà lance et du bouclier. Quelquefois il est barbu, plus souvent il est sans barbe. L'égide avec la tête de Méduse recouvre fréquemment sa large poitrine, et le bâton du commandement est dans sa main. On le voit aussi sur un char traîné par des chevaux fougueux que dirige Ényo ou Bellone (fig. 368 a).

Les traits de Mars respirent plus la force que la beauté; son front est large et sombre ; ses yeux enfoncés et menaçants. Sa bouche est petite et pleine, ses jambes sont un peu grêles. C'est avec ce caractère que s'offre surtout à nous le Mars latin , le gradîvus pater (fig. 366).

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