XXX INTRODUCTION
Mars fut aussi confondu avec le Baal-Melkarth ou Hercule phénicien , avec le Camulus gaulois, VAziz syrien. Les poêles ont enrichi son histoire d'une foule de légendes , entre lesquelles celles qui se rapportent à ses amours avec Vénus ont fourni à l'art antique de fréquents sujets de composition.
A la suite de Mars marche la Victoire, appelée par les Grecs Nice : c'est une divinité allégorique, qui a fourni aux artistes anciens d'heureux sujets d'inspiration. Hésiode en fait la fille de Pallas et de Styx, On l'adorait dans l'Acropole d'Athènes. Sylla lui bâtit un temple à Rome; elle avait aussi une statue au Capitole (fig. 873 et suiv.).
Cette divinité apparaît souvent à la suite de Jupiter ou de Minerve, ou conduisant le char des triomphateurs, sur la tète desquels elle dépose une couronne (fig. 376). On la représente ordinairement avec des ailes, tenant d'une main une couronne de laurier et de l'autre une palme. Quelquefois elle est montée sur un globe comme la Fortune, symbole de son instabilité ou de sa domination universelle. A Athènes, Pausanias nous apprend qu'il y avait dans l'Acropole une Victoire sans ailes, afin qu'elle ne put s'envoler et qu'elle demeurât toujours dans cette cité.
La Victoire, dans les derniers temps, offre souvent plus d'un trait de ressemblance avec la Fortune. C'est ce qui a lieu notamment pour les Victoires dites rostrales (fig. 378), et qui faisaient allusion à des succès remportés sur mer. Toutefois les ailes constituent l'attribut le plus caractéristique de la Victoire, attribut d'autant plus remarquable que c'est presque la seule divinité à laquelle le ciseau grec l'ait donné, tandis qu'il est si fréquent, au contraire, chez les figures hiératiques étrusques.
Aucune divinité de la religion hellénique n'a joui d'une plus grande célébrité que Vénus, la déesse de la beauté, des amours et de la fécondité. Bien que transportée de bonne heure dans le panthéon grec , cette déesse avait une origine asiatique qui ne saurait être méconnue. Le siège, le centre de son culte, Cypre, habitée par une population sémitique, nous