‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 45 sur 74 · INTRODUCTION. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIII

temps postérieurs (fig. 2o3), dans laquelle une pensée asiatique se traduit sous des formes toutes grecques.

Les types nouveaux eurent peu de durée; ils ne prévalurent jamais sur celui que l'art hellénique avait créé, et où se révèle si bien l'enthousiasme de l'humanité pour sa propre image, qu'elle adore sous le nom de beau idéal.

Vénus a reçu pour fils Éros, l'Amour ou Cupidon, personnification de la passion qu'allume dans les cœurs la beauté représentée par cette déesse. Cupidon a pour père Vulcain , c'est-à-dire le feu , mythe qu'il est facile d'expliquer. C'est un enfant malin et sournois, qui frappe quand on s'y attend le moins. Nul n'est à l'abri de ses atteintes. La flèche acérée dont il est armé (fig. 401) perce les cœurs les plus durs. La torche qu'il porte à la main embrase tout l'univers. Le monde entier est soumis à ses lois; comme sa mère, il est une divinité toujours victorieuse (fig. 402). Les monstres les plus farouches rampent devant lui. Le type de l'Amour a donné naissance, dans l'art, à mille types secondaires, qui ne sont que des reproductions de ce type principal. Ce sont les Éiotes, les petits génies qu'on se plaît à faire figurer dans les scènes amoureuses, qu'on place autOAr des belles, ou qu'op représente se livrant à mille occupations folâtres (fig. 899, 4o4 et suiv.). Il faut voir en eux autant de personnifications des charmes divers qui font le cortège d'une beauté piquante, des êtres allégoriques destinés à exprimer les attraits qui font naître l'amour et que l'amour fait naître à son tour.

A côté de cet Amour, création de la poésie, se place cet Amour plus chaste et plus sévère par lequel, dans les anciennes cosmogonies, était représentée la force d'attraction, de cohésion qui forma l'univers et qui l'entretient. C'est cet Éros dont Hésiode fait une des divinités primordiales, qui devient fils du Ciel ou encore de Vénus -Uranie, mythe qui rattache cet Amour profondément symbolique et religieux à l'Amour poétique.

Eros uni à Psyché, qui personnifie l'âme humaine, donna naissance, dans les derniers temps, à un mythe charmant, que JV. c

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les artistes se sont plu à représenter (fig. lidS a et suiv.). Dans cette légende, où le caprice se mêle assez étroitement à l'allégorie pour qu'il soit difficile de discerner nettement l'un de l'autre, on découvre cependant une peinture des émotions et des peines de l'amour, avec un regard aux épreuves et à la destinée de l'âme.

D'autres divinités exprimaient aussi les charmes que la nature â semés autour d'elle, les plaisirs qu'elle nous procure; telles étaient les Grâces^ Charités, dont le nom et le nombre ont varié suivant les temps et les lieux, mais qui sont plus généralement considérées comme formant une élégante triade (fig. 410 et suiv.). D'autres déesses d'un caractère originairement agricole, Chloris et Zéphyre son époux, les divinités latines des fruits et des fleurs, Pomone et Flore, par l'élégance et la beauté des formes que l'art leur prêta , par les attributs dont on les entoura , se lient à tout cet ordre de déités poétiques dans lesquelles les passions sensuelles et voluptueuses cherchaient à se faire un idéal (fig. 699 a et suiv., 444,

Hermès est une de ces antiques divinités de la Grèce dont le berceau paraît remonter aux Pélasges. L'Arcadie, où était l'un des principaux centres de la nation pélasgique, était aussi l<e siège principal du culte de ce dieu. Il avait, sur le mont Cyllène, un téménos auquel succéda plus tard un temple. Hermès fut d'abord un dieu dont les attributs et hs images étaient aussi grossiers que 1er, hommes qui l'invoquaient. C'était une personnification de la puissance productrice de la nature, et spécialement de la terre , que l'on regardait comme un fils du dieu suprême, Jupiter, et de Maïa, la divinité mère par excellence, qui est elle-même une personnification féminine de cette terre, Hermès était figuré par un morceau de bois surmonté d'une tête. A ce tronc d'arbre, qui simulait son corps, était fixé le phallus, symbole de la génération et de la production à laquelle il présidait. Telle fut l'origine des Hermès ou statues en gaine et ithyphalliques que la tradition hiératique renouvela à une époque où l'art était

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