CHAPITRE IV
I. Mitra-Mithras, divinité mâle et femelle chez les anciens Perses : Mitj^a, déesse révérée, sous différens noms, de la plupart des peuples orientaux. II. Mlthras , dieu médiateur, le soleil ; monumens mithriaques et mystères de Mithras ; aperçu de l'histoire de ce culte et de sa propagation dans l'Occident.
I. Le mythe qui va nous occuper et dont le développement comple'tera l'exposition du système religieux des anciens Perses, a pour base l'une des idées les plus élevées et les plus pures de toute l'antiquité, idée dont il faut peut-être chercher le premier germe dans une doctrine primitive, commune aux Brahmanes et aux Mages. Dérivée de cette source mystérieuse, elle revêtit en passant de la Perse, à travers l'Asie antérieure, jusque dans l'Egypte et dans la Grèce, des formes trèsdiverses , et de l'Asie mineure se répandit plus tard, avec beaucoup d'altérations et de modifications, à Rome, dans tout l'empire romain et jusqu'aux extrémités de l'Occident, Notre point de départ sera ici le passage connu de Plutarque, dans son traité sur Isis et Osiris: « Quelques-uns pensent, dit à peu près le philosophe grec, qu'il existe deux divinités ayant des tendances contraires et faisant, l'une le bien, l'autre le mal... De ce nombre fut Zoroastre le mage... Il appela le premier de ces dieux Oromazes , le second Arimanius , et ajouta : parmi les choses sensibles, celui-là ressemble surtout à
la lumière , celui-ci aux ténèbres (et à l'ignorance;. Entre, les deux est Mithras; aussi les Perses nomment-ils Mithras le médiateur i. » Hérodote dit, de son côté : «Au commencement, les Perses n'adoraient pas d'autres dieux (que le ciel, le soleil, la lune, la terre, le feu, l'eau et les vents) ; mais, depuis, ils ont appris des Assyriens et des Arabes le culte d'Uranie. Or, les Assyriens donnent à Aphrodite (Vénus-Uranie) le nom de Mylitta; les Arabes, celui d'Alitta (ou Alilat); quant aux Perses, ils l'appellent Mitra 2. *
On sait quelles graves difficultés a fait naître ce dernier passage : pour nous, partant de ce fait clairement exprimé, que plusieurs des anciens peuples de l'Asie révéraient sous différens noms un seul et même principe femelle de la nature, nous y trouvons la preuve d'un autre fait, c'est que les Perses, du moins à une certaine époque, honorèrent dans Mitra une déesse, comme dans Mithras un dieu, en sorte que Mithras- Mitra était une divinité mâle et femelle ^.
En effet, Plutarque, dans la vie d'Artaxérce-Mnémon , nous apprend que ce roi, en montant sur le trône y
* Plutarch. de Isid. et Osirid. , cap. 46, p. 5i3 sq. Wyttenb.
^ Herodot. , I, i3i. Conf. III, 8.
3 Telle est l'opinion adoptée par M. Creuzer sur ce point important de l'histoire des anciennes religions ; tous les développemens qui suivent sont destinés à l'appuyer : les preuves les plus fortes et les plus concluantes sont exposées dans le chapitre cinquième. Cette opinion, soutenue également par MM. Gœrres et de Hammer, a été vivement attaquée, en France, par MM. Anquetil et Silvestre de Sacy; en Allemagne, par M. Rhode et autres. Voy. la note 8 sur ce livre , à la fin du vol. (J. D. G.)
fut sacré à Pasargades, dans le temple d'une déesse qu'il compare à Athene (Minerve) : ailleurs il nous est parlé d'une Artemis (Diane) de Perse, dont le temple s'appelait Azara, et qui elle-même est nommée Zaretis, noms singulièrement rapprochés d'Asthara ou Astarte, la Diane de l'Asie antérieure ^ De plus, le nom même de Mitra , qui fait allusion à l'amour ^, semble prouver l'existence d'une Vénus chez les anciens Perses. Enfin, selon le témoignage d'un auteur récent ^, pleinement d'accord avec ce qui précède, les Perses avaient divisé leur divinité suprême en deux puissances représentées par les deux sexes, et ils avaient fait du feu , qui en constitue l'essence, un dieu et une déesse. Les livres zends dissipent toute espèce de doute sur ce point : au dire de ces livres, le feu, organe universel de la divinité, est mâle et femelle; il conçoit et enfante. C'est au feu femelle ou à la déesse du feu qu'Hérodote applique la dénomination de Mura; quant au feu mâle, il est généralement connu sous celle de Mithras, Pourquoi, tandis que ce dernier nom se retrouve dans toute la suite de l'histoire, celui de Mitra disparaît -il sitôt? c'est sans doute que le culte de cette déesse était un culte secret 4; peut-être aussi que les temples qui lui
» Plutarch. , Artax. , cap. 3 ; id. Lucull. , p. aSa. Coray. Strab., XVI , p. io8o. Almel. , 744. Casaub., Hesych. , v. ZapyÎTiç, ib. Alberti.
2 Milir^ Mihir, dans l'ancien persan , signifie l'amour et le soleil; Mitra y en sanscrit, veut dire aini, et s'applique également au soleil. ConJ. ci-dessus, p. aSo.
3 Firmicus Maternus , de Errore profan. Relig. ,1,5.
^ C'est ce qu'on peut inférer du récit de Plutarque cité plus haut , Artax. , cap. 3.
furent élevés sous d'autres noms dans d'autres contrées, en attirant à eux l'attention des peuples, firent oublier de bonne heure le nom antique de Mitra. Il serait bien à désirer que nous eussions sur cette déesse et sur le culte qui lui était rendu, des documens plus étendus et plus détaillés; c'est alors que nous la verrions clairement s'identifier avec la plupart des autres déesses dans lesquelles le principe femelle de la nature était personnifié, chez les anciens; et son culte se montrerait probablement à nous aussi sensible , aussi voluptueux que celui de presque tous les êtres de ce genre ^
Hérodote affirme que les Perses avaient emprunté des Assyriens ou Babyloniens, confondus chez lui 2, le culte d'Uranie-Mitra , la même que Mylitta : voilà donc le système ChaWéen, voilà le sabéisme indigène àBabylone, voilà cette Mylitta avec son cortège de voluptés, avec les monstrueux hommages qu'on lui rendait. C'est encore la Vénus-Uranie que le même historien retrouve en Egypte, à Atarbechis, la ville d'Athor, comme nous le verrons; c'est la déesse de la fécondité, de la vie, de l'amour; c'est , par opposition, celle de la stérilité, de la mort, la divinité vengeresse et terrible, une Proserpine, une Hécate, aussi bien qu'une Vénus. Mitra a son époux , Mithras , comme Isis a son Osiris. Mais de même qu'en Egypte, dans le système dominant, Isis était la
* Suivant l'historien Duris , cité par Athénée (X, 9, p. 434» Ca-saub.; tom. IV, p. 91 Schweigh.), le seul jour de la fête de Mithras il est permis au roi des Perses de s'enivrer et de danser la danse nationale.
* Herodot. 1 , 102 , ib. Wesseling.
mère du monde et l'être des êtres ^ , de même il est probable qu aBabylone Mylitta,et en Perse Mitra, figuraient, sous un point de vue analogue , comme la divinité suprême, si bien que Mitbras, le feu mâle, lui était subordonné à titre de fils : elle devait réunir tous les attributs que les Grecs dispersaient entre leurs nombreuses déesses *.
La seule analogie porterait à croire, indépendamment des preuves d'un autre genre, que les Perses, comme tous les peuples de l'antiquité, eurent leur grande divinité femelle :. partout, en effet, nous trouvons l'Être divin se révélant avec les deux sexes; partout la déesse à côté du dieu, ou bien identifiée avec lui, mais s'en distinguant; Brabm-Maya, Brahma hermaphrodite , et le panthéon entier des Hindous. Le même phénomène nous frappera chez les Egyptiens et ailleurs. Dans Xénophon et dans Plutarque , Cyrus et Artaxerce jurent par le dieu Mitbras; dans Hérodote et dans d'autres auteurs, on rencontre une foule de noms propres composés soit de Mitbras, soit de Mitra 3. Dès les temps les plus reculés, Mitbras passa en Grèce , sous le nom de Persée , qui
» Voy. ci-après y liv. III, chap. lo.
^ Here,lllthyia, Artemis, Aphrodite , Perseplione , Hécate, etc.
Voj. vol. II , liv. IV, tous les développemens nécessaires sur les
rapports de Mylitta, d'Anaïtis, de Vénus, d' Artemis, etc., avecMitra-Mithras et la religion des Perses. (J. D. G.)
3 Xenopli. , OEconom. , IV, a/j- Cyrop. , VII, 5 , i8. Plutarch. ,
Artax., 4- Mitradates, Mitrobates , Susamithres {soleil des lis), Si-
siinithies (ce dernier est donné comme un nom propre éthiopien). Co«/. Plutarch., Alcib. , 89 ; Heliodor., X, p. SgS, Coray.
35o LIVRE SECOND.
conserva la trace de son origine, et sans doute avec lui vint sa sœur ^.
II. Nous proposant de revenir plus tard sur le caractère primitif de ces deux divinités, nous nous contenterons de poser ici en fait que le feu céleste, considéré comme mâle, était adoré dans la Perse sous le nom de Mithras. Ce culte nous est peu connu dans son principe; nous savons seulement qu'à une époque récente , il se répandit, à titre de religion secrète, dans tout l'empire romain, y donna lieu à des rites, à des cérémonies, à des ouvrages de l'art remarquables et nombreux , favorisa le plus déplorable fanatisme, mais , d'un autre côté, ne fut pas sans influence sur le christianisme, ou du moins sur quelques-un^s de ses institutions. Si les antiques écrits de Pallas et d'Eubulus^ fussent parvenus jusqu'à nous, sans doute nous y trouverions des lumières sur les premiers développemens du culte de Mithras; maintenant, toutes nos sources d'instruction se réduisent à des récits fort postérieurs , à des monumens figurés tout aussi tardifs , enfin à des inscriptions qui ne remontent pas au delà de Gonstantin-le-Grand ^. Les modernes n'en ont été que plus ardens à la recherche ^ ; mais quelle divergence d'opinions ! Déjà les pères de l'Eglise voyaient dans- les mystères de Mithras un emprunt fait au chris-
' Voy, ci-après t chap. 5 , I.
* Voy. Porphyr. , de Abstinent. , IV, p. 349, ^^^ > Rhœr.
3 Voy. Fréret, Mém. del'Acad. des inscrip., t. XVI, p. 276 sqq.
4 La note 8 sur ce livre, fin du vol. , donnera tous les renseignemens nécessaires. (J. D. G.)
RELIGION DE LA PERSE. CHAP.> IV. 35l
tianisnie par le paganisme près de succomber : de nos jours, au contraire, on a prétendu que le christianisme n'était lui-môme qu'une branche de la religion de Mithras ^ L'on est tout aussi peu d'accord sur l'origine de cette religion; et, pendant que le caractère manifestement récent qui paraît dans la plupart des monumens mithriaques a porté quelques-uns des critiques les plus habiles jusqu'au point de se demander si les anciens Perses ont jamais connu un culte secret de Mitliras^, d'autres, et Dupuis à leur tête, n'ont pas craint de donner à ces monumens, ou du moins à leurs types primitifs, une antiquité de 45oo ans avant notre ère.
Plutarque, dans le passage que nous avons cité en premier lieu 3, après nous avoir dit que Mithras est entre Ormuzd et Ahriman, ajoute que les Perses l'ont nommé, par cette raison, le médiateur. Or cela signifie, comme on l'a très-bien montré '^j ou que Mithras participe de la nature des deux grands êtres , le bon et le mauvais; ou qu'il se place entre eux comme une puissance médiatrice, et c'est ainsi que semblent l'entendre les livres zends; ou enfin qu'il est chargé de les juger l'un et l'autre, et il paraît alors comme un pouvoir supérieur à tous deux. Chacune de ces explications peut être également fondée, suivant le point de vue sous lequel on envi-
* Dupuis, Origine de tous les Cultes, tom. II , p. 3o3 ; IIX, p. 5 sqq. , édit. in-4°. (J. D. G.)
*Hyde, de Relig. veter. Persar. , cap. 4-
3 Ci-dessus y p. 846.
^ Kleuker, Anhangz. Zendav. , II, 3 , p. 8a , 10. Conf. Welcker, zn Zoëga's Abhandlungen , p. 118.
sage Mltîiras. Considéré comme soleil et habitant tour à tour les deux royaumes de la lumière et des ténèbres , il participe à la fois aux deux natures. Nous verrons que, dans les livres zends, il est médiateur dans le sens propre du mot. Enfin, la doctrine mystique, telle que nous la connaissons , nous fait voir en lui le Très-Haut, ou tout au moins le Démiurge. On peut encore le regarder comme médiateur entre Dieu et l'homme.
Les livres zends, de concert avec tous les monumens et avec les témoignages des auteurs grecs , prouvent que Mithras est le soleil ^ Il y a plus , c'est que mille indices, mille traits divers, portent à croire que le culte du soleil, sous ce nom , fut jadis répandu dans une grande partie de l'Orient; Mithras-soleil semble se perdre dans la plus haute antiquités Le Zendavesta l'appelle l'œil d'Ormuzd, le héros éblouissant et parcourant sa carrière avec puissance; celui qui féconde les déserts, le plus élevé des Izeds , qui ne dort jamais ; le protecteur du pays. A cette idée du soleil se rattache intimement le rôle supérieur de Mithras -médiateur. Comme le premier des Izeds, comme génie du soleil (Khorschid), c'est lui qui dispense la lumière. Il est médiateur de deux manières, d'abord physiquement : placé entre la lumière et les ténèbres, sur le seuil de l'année , à l'entrée d'une grotte obscure
I C'est le second point de la grande question de Mithras, sur lequel portent de graves difficultés. Voy. la note 8 sur ce livre, fin du vol.
* Telle est la pensée commune de MM. Creuzer et de Hammer, que l'un et l'autre de ces savans ont appuyée d'argumens divers. Foy. , ci-après y cliap. 5 , I , et la note 8, fin du vol. (J. D. G.)
^l sur le taureau , il combat contre le sombre biver, il immole le taureau au sortir de la caverne à demi-ëclairée qui représente le monde. En second lieu, moralement : il est lumineux et ténébreux, il est pur et impur, il a sa part des passions et des souffrances de l'humanité, mais enfin il triomphe dans le bon principe. Quand les temps sont accomplis, Mithras paraît encore comme médiateur : c'est lui qui termine la lutte de la lumière et des ténèbres, qui réconcilie Ormuzd et Ahriman* conséquemment, il est la cause du monde, l'unité antérieure à la dualité, Zervane Akerene , l'Eternel lui-même ^
Mithras est, de plus, médiateur incarné, car il ramène les âmes à Dieu en suivant la carrière du soleil à travers le zodiaque \ 11 a son siège de prédilection aux équinoxes , entre les signes supérieurs et les signes inférieurs, c'est-àdire, dans l'ancien langage, au milieu , vers le point qui fait la transition de la lumière aux ténèbres et des ténèbres à la lumière : c'est de là qu'il part, soit pour conduire les âmes à la vie, soit pour les en ramener. Il porte aussi le nom de Démiurge : Mithras, est-il dit expressément^, a formé le monde; il est, comme le taureau, l'auteur du monde et le maître de la création. Comme tel, c'est un être cosmique pareil à Bhavani, qui recueille en son sein les semences des choses 4. Mithras repose sur le taureau de Vénus, qui est ici le taureau équinoxial, et
« Fq/., ci-après, chap. 5, II.
* Porphyr., de antr. Nymph. , cap. 24, p- 22.
3 Eubulus, ap. Porphyr. , ibid., cap. 6, p. 7.
4 Ci-dessus, liv. I, chap. a et 3, passim , et particulièrement p. 148 sq.,i8i. (J. D. G.)
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qui, exalté encore , devient le taureau du monde ^Z'ozfdad. C'est dans ce dernier qu'Ormuzd voyant approcher l'époque de l'apparition d'Ahriman, avait placé la semence de toute vie. Ahriman survient avec deux Devs sous la figure de serpens. Le taureau périt victime de leur venin ; mais en tombant il tourne ses regards vers le ciel et pré- .dit la victoire finale du bon principe. De son flanc gauche sort Goschoroun, son âme , qui monte à la voûte étoilée ; de son flanc droit naît Kaiomorts (Gaymaras), le premier homme. Un tiers de sa semence est reçu par la terre et deux tiers par la lune. De ses cornes furent produits les fruits, de son nez les plantes potagères, de son sang les grappes de raisin, de sa queue vingt-cinq espèces de grains. De sa semence purifiée naquirent deux nouveaux taureaux d'où provinrent tous les animaux ^
Maintenant s'ouvre devant nous le cercle des nombreux monumens qui représentent le sacrifice du taureau consommé par Mithras. Ces représentations s'accordent toutes dans leurs traits généraux, mais elles diffèrent extrêmement dans leurs accessoires. Nous allons en décrire une des plus simples et des moins chargées d'attributs. Le lieu de la scène offre, comme à l'ordinaire , l'entrée d'une caverne. Ce trait est essentiel. Zoroastre, au rapport d'Eubulus, avait pratiqué une grotte de ce genre, véritable image du monde, où tout était significatif, et qui reproduisait aux yeux le sys^tème entier de l'univers ^.
^ Voy. la note 6 sur ce livre , fin du vol. (J, D. G.)
^ Ci-dessus ^ Introduction, p. la sq.
A l'entrée de la caverne paraît Mithras avec un manteau flottant, un bonnet phrygien et de larges pantalons, à genoux sur un taureau abattu dont la queue se divise en trois épis. Le dieu tient de la main gauche le museau de l'animal, et de la droite il lui enfonce son glaive dans le poitrail. Un chien assaille le taureau par devant; un serpent rampe sur son corps pour lécher le sang qui coule de sa blessure; un scorpion lui pince les testicules. En haut , derrière Mithras , on aperçoit un oiseau. D'autres images font voir encore le soleil, la lune, une fourmi. D'autres ont à droite, ou l'un à droite, l'autre à gauche, deux personnages humains, un jeune homme tenant un flambeau élevé, un vieillard avec un flambeau renversé; sur le devant, un arbre chargé de feuillage, tout près une tête de taureau avec une torche dressée; en arrière, un autre arbre avec des fruits, le scorpion et une torche abaissée; tout au haut, sept dadgahs ou autels du feu, et aux deux côtés le soleil avec un char à quatre chevaux tournés vers les quatre régions du monde, et la lune avec deux chevaux. Un monument plus ricjie que tous les autres, montre, outre l'appareil accoutumé, les planètes avec le soleil et la lune; au bas, la mer avecmn dauphin; aux deux côtés du taureau, ici un jeune homme répandant la semence sur la terre, là un autre jeune homme avec une flèche. Quelquefois figurent encore, dans ces sortes descènes, le palmier et d'autres symboles entre lesquels il faut remarquer la tête de mort. (^(^jr. vol. IV, pi. XXVI, i3i, i32 ^)
ï Conf. la planche 17 de Dupuis, Origine de tous les cultes,
Quant au sens de ce mystérieux sacrifice, il se présente de lui-même après les développemens que nous avons donnés plus haut ^ Mais il ne faut pas oublier que les monumens mithriaques nous viennent tous deé Romains; on voit s'y réiléchir naturellement l'esprit dans lequel les Romains des premiers siècles de notre ère devaient concevoir ce grand symbole de l'antique Magisme; on y retrouve toutes les additions, toutes les modifications qu'avait dû produire ce mélange des dogmes mystiques d'une foule de religions étrangères importées à la fois dans l'empire. Toutefois les Perses eux-mêmes donnaient à Mitbras et à son sacrifice différentes significations =*. D'abord Mithras était le fils d'Albordj, la montagne sacrée : c'était le rayon de feu jaillissant du rocher, puis pénétrant et embrasant le sein de la terre. Le taureau qu'il égorge à l'entrée de la caverne, c'est la terre elle-même que le grand Dschemschid, l'année solaire personnifiée, fendit autrefois avec son glaive d'or. Dans un sens plus élevé, le taureau est la jnatière qui porte en soi les germes des choses , et Mithras, dieu mâle, en lui ouvrant le sein, fraie une issue aux eaux
atlas. — yoy. aussi de nouveaux détails sur les Monumens mithriaques, dans la note 9 sur ce livre , fin du vol. (J. D. G.)
' C'est le troisième point qui fait difficulté , dans la question si compliquée des Mithras et des Mithriaques : s'agit-il réellement d'un sacrifice? et, en accordant cette donnée, l'idée en est-elle originaiment chez les Perses ? Que faut-il entendre , au fond , par ce sacrifice? Les Perses y attachaient-ils le même sens que les Romains, et l'ont-ils représenté sous les mêmes symboles? Fo/. la note 8 sur ce livre , fin du vol. Conf. note 9, ibid. (J. D. G.)
» Con/i Gœrres , Mythengesch. ^ I, p. 346 sqq.
fécondées; il est dans son rôle de Démiurge. Sous le point de vue astronomique, Mithras est le soleil générateur, porté par le taureau équinoxial qui garde les semences : celui-ci est le domicile de Vénus et l'exaltation de la lune. A l'équinoxe du printemps, le soleil entre dans le signe du taureau, il le perce et son sang coule sur la terre qu'il échauffe et qu'il féconde. Avec l'équinoxe d'automne, le soleil fait son entrée dans le scorpion : maintenant la force productrice de la terre est épuisée; le scorpion mord les testicules du taureau. Les autres attributs s'expliquent d'eux-mêmes et complètent le double tableau'.
Le taureau et le scorpion paraissant ici destinés à marquer les deux équinoxes, Dupuis en a conclu que l'original de cette scène astronomique doit remonter à une date fort ancienne. Ces signes, dit-il, ont occupé les points équinoxiaux depuis environ l'an 45oo avant l'ère chrétienne jusqu'à 25oo avant cette même ère, époque où les constellations du bélier et de la balance les ont remplacés 2.
Dans la cosmologie , Mithras et son taureau prennent, comme nous l'avons vu, un sens plus élevé. Ce dernier devient Aboudad, le taureau primitif, duquel prô^ viennent les germes de tous les êtres. Ce taureau prophétique annonce la future destruction de l'enfer. Ici
* Conf. vol. IV, Explic. des pi., aux sujets et numéros indiqués ci-dessus. (J. D. G. )
* Orig. de tous les cultes , tom. III , p. 43-44- — La question tant agitée de l'antiquité du zodiaque et des diverses représentations zodiacales sera touchée de nouveau dans le livre suivant. (J. D. G.)
le serpent, le scorpion et la fourmi sont des emblèmes d'AlirJman et de ses compagnons, en fans des ténèbres, qui égorgent le taureau du monde. Le cbien lui-même , qui regarde le taureau expirant, prend un rôle supérieur; il appartient au bon principe, il console l'animal infortuné en lui rappelant Taschter (Sothis ou Sirius, l'étoile du chien ^) et la résurrection qui doit avoir lieu à la fin de la grande année du monde, quand reparaîtra cette constellation. De là l'usage des Perses, d'amener au lit des mourans un chien, qui recevait de leur main quelque morceau : «le chien voit»% disait-on, symbole consolateur de l'espérance et de l'immortalité.
Un passage d'Eubulus , que nous avons cité plus d'une fois^, faisait croire à Porphyre que déjà chez les Perses on célébrait dans des grottes sacrées les mystères de Mithras 4. Ce qu'il y a de sur, c'est que, dans la période romaine, ce dieu fut l'objet d'^un culte secret chargé de cérémonies. On était admis à ces mystères à la suite d'épreuves multipliées dont quelques-uns portent le nombre à quatre-vingts; les dernières étaient fort pé-
* Voj. la note 6 sur ce livre, fin du vol., et ci-après , liv. III, chap. 4-
^ Sagdid, et c'était le nom de cette cérémonie. Conf. Kleuker, Anhang, etc., II, i, p. loi sqq. , et 3 , p. 71; Herder, Forwelt^ p. 271 sqq.; et la note 7 sur ce livre, fin du vol. De là cette multitude de chiens représentés sur le tombeau de Darius Hystaspis, pi. XXII.
3 Ci-cleesiis, p. 354 ^ et p. 12 sq.
^ ^<y^-» sur ces mystères, Sainte-Croix, Rech. sur les myst. du Pagan. , tom. II, p. 121 sqq., 2eédit. , avec les notes de M. Silvestre de Sacy; Zoëga's Âbhandlungen, p. i32 sqq.,; d^zu Welcker, p. 4o6 sqq. , et le livre intitulé : Die Allgegcnwart Qoites , B. II , p- 96 sqq.
RELIGION DE LA PERSE. CHAP. IV. Sop
rilieuses ^. Ensuite venait l'initiation proprement dite : il y est question d'une sorte de baptême, de signes imprimés sur le front, d'un breuvage mystique de farine détrempée dans de l'eau , avalé en prononçant de certaines formules 2. On a pensé que ces usages étaient autant d'emprunts faits au christianisme; mais cette opinion est dénuée de tout fondement , comme la suite nous le prouvera ^.
Les mystères de Mithras avaient sept degrés, d'après le nombre des planètes. Le premier comprenait les soldats [milites)^ titre qui nous rappelle et les idées du Zendavesta et le nom même d'un des livres qui le composent 4. Lors de la réception au premier degré, une couronne était présentée et reçue avec ces mots : « Mithras est ma couronne»^. Les adeptes du second degré s'appelaient lions et les femmes hjenes ^ : sans doute que ces noms avaient un double sens; ils exprimaient la force qui avait pu triompher des plus pénibles épreuves, et, de plus, faisaient allusion aux migrations des âmes à travers le zodiaque 7. Un degré plus élevé renfermait les
^ Sainte-Croix, p. 126 sqq. Ihi Nonnus ad Gregor. Nazîanz. Conf. Scliol. ad Gregor. Naz. Carm.,p. 49» éd. Gaisford.
^Tertullian.deBaptism, V, p. 226, éd. Rigalt. , Id.^ de Pnescript. hseres., V, 40. Justin, Martyr. Apolog. , 66.
^ M. de Sacy l'a déjà suffisamment réfutée : sur Sainte-Croîx , p. 147. On- retrouvera plusieurs de ces cérémonies dans les mystères d'Eleusis et ailleurs : ci-après, vol. lit, liv. VIII.
^ Ci-dessus, p. 3 28. Le livre dont il s'agit, est le Vendidttd. f^oj. note lï^esur ce livre, fin du vol., § 2.
^ Tertuil., deCorona, sect. i5.
^ Porphyr., de Abstin., IV, 16, et la note de M. ^e Sacy, sur Sainte-Croix, p. 128.
7 Pallas, apud Porphyr., ubisup.
36'o LIVRE SECOND.
corbeaux; puis venait le grade de Perses ^, nom quelquefois donné à Mithras , comme nous le verrons plus loin. Suivaient les grades de Bromius et d^Hélius. Les membres du dernier degré, le plus élevé de tous, se nommaient Pères 2. Tous ces grades divers se retrouvent dans les inscriptions et chez les auteurs sous les noms de Leontica, Coracia , Persica, Patrica^ etc. Chacun avait ses dogmes et ses rites particuliers, et il est probable qu'on y développait progressivement aux initiés ridée de Mithras , jusqu'à l'identifier avec l'être éternel, Zervane Akerene. Dans les Persiques, on ne faisait au grand Perses (Milhras) que des offrandes de miel. Ceux qui étaient admis aux Léontiques portaient un vêtement parsemé des figures de toutes sortes d'animaux 3. Les Pères, dans le langage de l'ordre, s'appelaient aigles et éperviers; lesEpoptes se nommaient ^r^/^ fous , et ils figuraient sous cette image au moyen d'un costume mystique dont on les revêtait 4.
Parmi les symboles secrets de la doctrine supérieure, était encore une sorte d'échelle avec huit portes de différens métaux, qui avaient rapport au soleil, à la lune,
* Foy. M. de Sacy, sur Sainte-Croix, p. i3r.
2 IlaTSfs;. Père était le premier des surnoms de Mithras, et ce qu'il y a de remarquable, c'est que Cyrus aussi le portait chez les Perses. F'ojr. JuUan. Csesar. , p. 336 , Spanh. Porphyr., de Antr. Nymph. ,. VI , p. 7, Goens. Conf. Herodot. , III, 89.
3 Porphyr. , de Antr. Nymph., cap. i5; de Abstin,, ubi siip. — Le lion et le corbeau se voient souvent sur les monumens mithriaques : pi. XXVI et XXVII; Conf. chap. 5, p. 376.
4 Hieronym. epist.ad Lœt. , 7. Reinesius, Syntagm. inscript. , 1, 48. — Epoptes, contemplateurs y les initiés du plus haut degré dans les mystères. (J. D. G.)
aux planètes, et au passage des âmes dans ces astres, d'après un ordre qui avait pour base le carre ^
Il nous semble que tous ces symboles, tous ces rites, d'un caractère si manifestement antique, tendent à reporter l'origine des mystères de Mithras aux vieilles religions de l'Orient 2. Toutefois, il faut convenir que le mode dont ils étaient célébrés dans l'empire romain, diffère sur des points très-importans de l'ancien culte des Perses. Les nouveaux Mithriaques, par exemple, exigeaient de leurs disciples de fréquentes et d'excessives macérations; et même, dans les degrés les plus élevés, ils imposaient à ceux qui aspiraient à la perfection , la virginité et le célibat 3. Or, toutes ces prescriptions sont absolument étrangères à la loi de Zoroastre, contraires même à son esprit 4. Le caractère du culte de Mithras, chez les anciens Perses, était le plaisir, la joie, la volupté, nullement cette renonciation à soi-même qui commande les austérités et les mortifications ^. De deux choses l'une , ou il faut admettre que les prêtres de
* Celsus , ap. Origen. , VI, p. 292; p. 646 , Delarue. Une échelle oj-ant sept portes ^ et au-dessus une huitième porte , comme il faut lire d'après une correction très-vraisemblable d'uij/ÎTruXoç en éTTrarruXoç. Voj'. S. de Sacy, sur Sainte-Croix , p. i36 sq. Ces sept portes de divers métaux, analogues aux planètes, rappellent et les figures des planètes selon leDabistan , et les sept enceintes d'Ecbatane , ci-dessus, p. 3io sq. , et la note, p. 333.
* De Hammer {Wiener Litt. Zeit., 1816, n° 92), extrait par M. S. de Sacy, sur Sainte-Croix, laS sqq., et les notes Set 9 s. c. 1. , fin du vol.
^ Tertullian. de Praescrip. haer. , 140.
4 Fréret, Méni. de l'Acad. des inscript. , XVI, p. 283. Anquetil , Zendavesta, tom. III , p. (îor.
5 roj-. , ci-dessus, p. 348, et la note.
Mithras introduisirent, avec le temps, dans le culte de leur dieu ces innovations étrangères; qu'ils firent un amalgame de leur religion avec des religions essentiellement différentes ; ou il faut reconnaître aux Mithriaques une source autre que le Magisme. On a conjecturé que ces mystères antiques pourraient bien avoir une origine babylonienne : peut-être serait- il plus naturel d'en rechercher les profondes racines dans ce sabéisme si ancien qui précéda Zoroastre et sa réforme. Ainsi s'expliqueraient, de la manière laplus simple, et les différences et les rapports également incontestables de la religion de Mithras avec la doctrine du Zend ^.
C'est seulement dans la période romaine que l'histoire des Mithriaques commence à sortir des ténèbres. Ce culte se répandit de bonne heure dans l'Arménie, la Cappadoce, le Pont jusqu'en Cilicie, et dans tout le reste de l'Asie mineure; on veut même en retrouver des traces dans la Syrie , la Palestine et les pays voisins 2. Selon Plutarque, ce fut aux pirates détruits par Pompée sur les côtes de l'Asie mineure, particulièrement de la Cilicie, que les Romains en durent la première connaissance ^. Avec les empereurs, on voit les récits se multiplier. Hadrien défendit par un décret les sacrifices humains , et il paraît que cette défense concernait , entre autres ,
* Toy. Fréret, ubi sup.; Kleuker, Anhang z. Zend., Il ^ 3, p. 194. Conf. S. de Sacy, sur Sainte-Croix, p. i44 sqq. , et les notes 8 et 9 sur ce livre , fin du vol.
2 Dupuis indique quelques rapports entre Mithras et Moloch , divinité des Ammonites, Orig. des cultes, tom. III, p. 246 sqq.
3 Plutarch., Pompei. , cap. 24 , p. 121 , Cor.
les Mitliriaques. En effet, dans l'Orient même, on croyait honorer Mitliras par ce culte affreux , et l'on cherchait à lire l'avenir dans les entrailles des victimes humaines ï. Après Hadrien, cet usage reparut encore ; l'atroce Commode immola de sa propre main un homme à Mithras 2. Ce fut alors que par diverses causes , et principalement par un effet de la lutte qui s'éleva entre le paganisme et le christianisme, les divinités orphiques commencèrent à se répandre généralement. Le culte du soleil , entre autres, prit un grand essor avec un sens plus élevé. Les Césars donnèrent l'exemple. On voit paraître des inscriptions de toute espèce où le soleil et Mithras identifiés l'un avec l'autre sont également célébrés ^. Plus tard, après Constantin, l'empereur Julien, si ardent à restaurer l'ancienne religion, témoigna surtout son zèle en favorisant le culte de Mithras, et l'une de ses premières occupations, lorsqu'il devint maître du trône, fut l'établissement des Mithriaques à Constantinople ^. Même dévotion à Mithras chez les Césars de l'Occident, comme leurs médailles en font foi ^,
C'était à l'équinoxe du printemps qu'on célébrait , à Rome, les mystères de Mithras. La raison en est évi-
' Pallas , ap. Porpliyr. , II , p. 202. Rhœr. Photii Bibl. , p. 1446. Socrat. , Histor. Eccles. , ÏII , 2.
' Lamprid, in Commod. cap. 9.
3 Soli invicto Comiti ou Wlithrœ, etc. Voy. Gruter., Thesaur. inscript., p. i33 sqq. ; 1066, et Reines, , Syntagm., I, 45-4^; Eckhel, Doctr. imm. vet. , VIII , p, 45 sqq.
4 Julian., Orat. IV, p. i55 *, éd. Spauhem. , et Spanh. ad Julian.^ Caesar. , p. 1 44,
^ Eckhel ,,«6t.î<//>.
dente . d'après ce qui a été dit plus haut. D'un autre côté, la fête nommée « celle de la naissance du soleil invincible» (Natalis soîis invicti) tombait au VIIF des Calendes de janvier, ou au sS décembre. Environ à la même époque, quelques jours après le solstice d'hiver, se célébrait la grande fête des Perses appelée Mirrhagarif mot qui exprime une idée analogue ^ L'une et l'autre de ces deux solennités avaient également rapport à Mithras. La première était une fête générale à Rome et dans tout l'Occident. Le peuple se répandait en foule au dehors, parmi des cérémonies de tout genre, et tenait ses regards attachés au Ciel. De là vint qu'au commencement du quatrième siècle , les chefs de l'Église d'Occident fixèrent au même jour la célébration de la naissance du Christ , dont l'époque était demeurée inconnue jusque-là^. Le Christ était pour eux, dans un sens spirituel , le soleil nouveau (sol novus), dont les païens célébraient la renaissance physique au jour où cet astre recommence à monter dans les cieux ^. Dans l'Eglise d'Orient , au contraire, une autre fête païenne , celle d'Osiris retrouvé, donna occasion de fêter la naissance du Christ le 6 de janvier 4.
ï f^oy. ci-dessus , p. 3i3 ;p. 847, note 2. Il paraît qu'il y avait deux fêtes de ce nom , l'une après le solstice d'hiver, l'autre à l'équinoxe du printemps (Mihirgian). Conf. de Hammer {Wiener JaJirb. der Littéral., 1818, I, p. 107).
^ Harduin. et Petav. ad Julian. , p. %'j.
3 Conf. , ci-dessus , p. 66 ; Philipp. à Turre Monum. vet. Antii , p. 227 sqq.
4 Fbj., ci-après , liv. III , cliap. 2; Epiphan. ad v. Hœres. , I , p. 2g. Conf. Jablonski , de Orig. fest. nativ. Christi , etc. , in Opuscul. III ,
C'est ainsi que les Mithriaques infliièrent, dans l'Occident, même sur les principales solennités du christianisme. Mais, à la considérer en elle-même, cette religion mystique est bien plus remarquable encore par sa vaste extension et par les progrès toujours croissans qui la firent pénétrer jusqu'aux extrémités occif dentales de l'empire romain et dans le fond du Nord. One multitude de monumens en donnent la preuve certaine , non-seulement à Rome et dans tout le reste de l'Italie , particulièrement à Milan % dans le Tyrol, en France, mais dans une grande partie de l'Allemagne méridionale, où le culte de Mithras fut apporté par les légions romaines 2. Un bas-relief fort curieux trouvé à Ladenburg sur le Neckar {Lupodunum, des Romains), montre dans ses accessoires , peut-être uniques , un mélange évident des Mithriaques avec les Sabazies ou fêtes mystérieuses de Bacchus-Sabazius , venues de la Phry-
p. 346 sqq. , et \hi Te Water. — On sait, du reste, que dès le temps des apôtres, le Christ était comparé au soleil; que les chrétiens, dans leurs actes religieux , se tournaient vers l'Orieiit , d'après un usage qu'ils tenaient originairement des Juifs ; qu'enfin et cet usage, et ce nom de soleil donné au Christ, principal objet de leur culte, leur valurent de la part des païens le titre ^adorateurs du soleil. Voj. Starck, Gesch. der Christl. Kirche des erst. Jahrh. , JII, p. i44'
* Winckelmann, Hist. de l'art, notes des divers éditeurs, tom. I, p. 210 sqq.
* yoy,, sur la propagatiian du culte de Mithras attestée par les monumens, la note 9 sur ce livre, fin du vol. On y trouvera reproduites , d'après M. de Hammer, la description et l'explication d'un des plus remarquables, peut-être même du plus remarquable de tous, découvert dans le Tyrol. (J. D. G.)
gie ^ C'est ainsi qu'un dieu persan, né dans la haute Asie, et accueilli dans la capitale de Tancien monde, parvint jusqu'à nos portes , mais singulièrement modifié , et associé avec maint autre dieu dans le coui'S de ses longs voyages.
■^ Fqr. PI. XXVII , i33. Co///. note9,finduvol.,etl'Expl.despL