‹ Religions de la GrèceChapitre 18 sur 24 · XXIII · texte numérisé non relu

XXIII

(12) Pag. 63.

Cette légende nous a été transmise par les historiens , les

( 439 ) mythologues et les poètes grecs avec un grand nombre de variétés; on peut voir sur ce sujet : Strabon. — Suidas.

— Ovide dans ses Métamorphoses. — Hygin. fab. loo, 1 76.

— Pindare dans son Ode olympique à Diagoras de Rhodes.

— Callimaque. — Hygin. In ursœ Descriptions

(i3) Pag. 65.

Cet art, marqué aujourd'hui du sceau de l'infamie, était

en grand honneur chez les anciens, comme le prouvent les

histoires de Gygès et de Péryclimène, la célébrité des

Nécyomanciens dans la Campanie, en Lpire et dans la

Béotie.

(i4) Pag. 65.

Par exemple la fable d'Événius Apolloniate , dans Hérodote ( lib. ix, cap. xcxn. ); Lycus Tclchine, dans Hésiode ; cet autre Lycus le plus ancien devin des Athéniens qu'ils disaient le fils de Pandion , et qu'ils avaient coutume de représenter sous la forme d'un loup ( Pausan. lib. 1, cap. xix, pag. 44- — Hesychius. Voyez lycon dexas. ), et les cérémonies des lyconides chez les mêmes Athéniens. (i5) Pag. 66.

Les lupercales appartiennent aussi aux enfers ; elles sont célébrées dans le mois de février qui est consacré à Pluton . ( Dionys. Halicar. Antiq. rom. lib. 1, cap. xxxn. ) Appartiennent également aux dieux infernaux , le loup dédié à Mars destructeur ( Julian . Oraf. in sol. pag. 1 54- )^ et le snng du loup qu'on emplovait dans les cérémonies achérontiennes des mages et tant d'autres rites. (Zoega. pag. 307. )

(16) Pag. 67.

Dialis à JovCj qui D/jor>iscsf( Yarro. iv. De ling. la fin. ) "h ni Dijovis et Diespiter diclus estj hoc est ae/j et dici pater.

— Idem hic Diespiter dicitur injvmùs aer qui est conjunclus ierrœ ubi omnia oriunturj uhi aboriuntur. ( Varro. Ibid. )

(17) Pag. 67.

Ohm constat Plutoni ter ravi esse consecratam^ dicit omnia membra resolvi et de terra cuncta procreari. ( Lactant. ) Claudien a dit, parlant du dieu des enfers :

Qui vitamlethum que régis j nain quidquid ubique Gignit materieSj hoCj te douante ^ creatur Debeturque sibi certis ambagibus oevi.

Cela est prouvé non-seulement par les passages de Varron et de Cicéron que nous venons de citer, mais par une foule d'autres autorités. «L'air, dit Plutarque ( De la cause du froid j trad. de Ricard, tom. xn, pag. 4^2. ), est la première substance ténébreuse.

(19) Pag. 67.

On lit dans Phurnutus : Injimum aerenij qui morientium animas excipitjVeteres Aden nuncupant. — Certains poètes donnent même à l'air le nom d'achéron et de ténèbres.

(20) Pag. 68.

Pluto galeatus occulta principia generatonis indicat. ( Varr. lib. iv, pag. 19. Ad Cicer. ) Du sens physique on avait transporté cette idée au sens moral : VctereSj ciim consiliael cogitaliones occultas esse debere significare volebant , Plulonem pingebant galeatum. Adês est une contraction de aidés,, et vient de l'alpha privatif et de eidôj je vois. Minerve, qui guide Diomède contre Mars, ombrage sa tête du casque de Pluton, pour n'être pas aperçue du Dieu des combats. ( Homère. Iliad. chant, v, pag. 3og, trad. de Bitaubé. )

(si) Pag. 69.

si luce . de la lumière qu'il donne au genre humain, Lucetius appelatus estj quod nos, die et luee, quasi vitu ipsâ uJJLceretctjuvarct. ( Anl. Gcll. lib. v, cap. n. )

(-22) Pag. 75.

Callim. Ihjmn. — Lucan. Extrem. vin. — Nonn. Dionvs. lib. vin. — Meursius. tom. ni, pag. 4°3. — On lit dans lYpître de saint Paul à ïite : ce Les Cretois sont des menteurs et des gens méprisables, comme l'a dit un de leurs prophètes ; et le témoignage qu'il leur rend est véritable, y> Les plus savant des anciens pères grecs et latins ont reconnu que saint Paul avait en vue, dans cet endroit, les vers d'Epiménide, où cet ancien poète fulminait l'anatlième contre les Cretois, parce qu'ils prétendaient que Jupiter avait été un de leurs anciens rois , né et mort dans leur île , et duquel ils montraient le tombeau. ( Fréret. tom. ix, pag. 2^1. )

(23) Pag. 76.

Aristote ou plutôt l'auteur du livre de Mundo ( cap. vu. ) pense que Jupiter a été dit le fils de Saturne., quod ab œvo sempitemo ad alterum œvum pertineat.

04) Pag- 77-

Dans un passage du Paradis du Dante, Adam s'efforce d'apprendre au Dante l'origine et les vicissitudes de la langue primitive, et comment elle dépend en même temps de la nature et de l'art. Il rappelle ensuite sous quel nom on invoquait l'Eternel avant la confusion des langues, et c'est là qu'on lui fait nommer Dieu , EL

El s3 appellava in terra ilsommo bene^ etc.

Eli si chiamo poij etc.

Le souverain bien, ou Dieu, s'appelait ici-bas Elj ensuite Eli.

(25) Pag. 79.

On donne, dans la Nature des dieux ( Cicer. De Nat. deor. lib. 11 , § 11. ), la même étymologie au mot Saturne. Saturnus ajjpellatus est quod saturetur annis : ce nom lui vient de ce qu'il dévore les années. Mais de peur, ajoute-t-on, qu'il n'allât trop vite, Jupiter l'a enchaîné, c'est-à-dire l'a soumis au cours des astres qui sont comme ses liens.

(26) Pag. 81.

Les Italiens avaient imaginé une fable suivant laquelle Saturne, s' étant retiré en Italie, y avait été détenu en prison , mais il n'y était attaché qu'avec des liens de laine. Macrobe recherche la raison pour laquelle ce dieu avait été attaché avec des liens de laine. Verrius Flaccus, dit-il, l'avait ignorée ; mais on retrouve dans Apollodore qu'il les rompait une fois l'an au mois de décembre. Cette fable marque les grains , enfermés dans la terre , où ils étaient détenus par des liens doux et faciles à rompre , en sortaient et parvenaient à leur maturité au bout de dix mois. ( Mac. Satur. lib. 1, cap. vin. ) Rudbeckius, qui applique à l'histoire de la Suède, sa patrie, presque toutes les antiquités de la G rèce , et qui fait de Saturne le Suédois Boreus, dit aussi ( Atlant. cap. vin. ) qu'il était attaché avec des liens de laine, et que s'il ne les rompait qu'au mois de juillet, c'est que les neiges retiennent en Suède les grains dans le sein de la terre jusqu'au retour du soleil qui, venant à fondre ces neiges, rompt les liens qui les tenaient attachés, et leur procure la liberté de croître et de mûrir.

(27) Pag- 83.

A sa tu die lus est Satur nus. ( Varro. De ling. latin, lib, iv;

§x. ) Janus, ayant accueilli favorablement Saturne qui vouait d'arriver en Italie sur un vaisseau, apprit de lui l'art de cultiver la terre et d'en obtenir des produits savoureux et jusqu'alors inconnue, au lieu d'aliments grossiers. ( Macrob. lib. t , cap. vu. ) En reconnaissance de ce bienfait, Janus l'a-' lit au partage de la souveraineté. Janus, qui, le premier, frappa de la monnaie de cuivre, fit graver d'un côté sa propre effigie, et de l'autre l'empreinte du vaisseau de Saturne ; ce qui prouve que cette empreinte fut celle de la première monnaie. A Rome les enfants jetaient en l'air une pièce de cuivre en s'écriant : Tête ou navire. Janus éleva un autel à Saturne, et institua en son honneur des fêtes qu'il nomma saturnales. Ce fut au bienfaiteur de l'humanité que Janus décerna ce culte religieux, ainsi que la statue armée d'une faulx, emblème de la moisson. On attribue à Saturne l'invention de la greffe et de la taille des arbres fruitiers, et toutes les pratiques d'agriculture de ce genre. Quand les Cyrénéens sacrifient à ce dieu , à qui ils reconnaissent devoir le miel et la culture des fruits > ils se couronnent de feuilles nouvelles du figuier, et s'envoient réciproquement des gâteaux. Les Romains l'honorent aussi sous le nom de Stercutus ( stercuSj fumier ), parce qu'il trouva le premier la méthode de fertiliser les terres avec le fumier. ( Mâcrob. Saturn. lib. i, cap. vin. ) Me??wriam huj'us beneficii ( peritiœ ruîns )j quod Satu?*nus ahoriginibus prœstitit , continere videtur gemma ( Apud Begerum adFlorumj in tract. De Rom. orig. pag. 4- ) ubi senex cumfalce etfasciculo aristarum expressus conspicitur. Ara collocata estj cui agricola supplex offert spicas; guttus cnjus usus insacris eratjuxtà posituSj cernitur^ atque arbor, quœ expressa estj significat haud dubiè ea bénéficia Saturni de surculis inserendis, pomisque educandis.

(s8) Pag. 84.

Opima spolia dicuntur originem quidem trahe?itia ab Ope Sahwniuxore , qubd ipse agrofiim cultor habetur^ nominatus àsatu, tenensque falcem effingi1ur, quce est insigne agricoles. ( Festus. lib. xm, pag. 3o5. ) — Festus dit ailleurs : Et is ( ' Saturnus J culturœ agrorum prœsidere videtur^ qubd etiam faix ei est insigne. Versus quoque antiquissimij quibus Faunusfata cecinisse hominibus videtur,, satumii appellantur^ . . . qui deus in saliaribus Satwmus nominaturj videlicet à sationibus. ( Festus. lib. x. )

(29) Pag. 84-

Festus ( Deverborum significationej lib. xvn, pag. 4&3. ) s'exprime ainsi : Satiumii quoque dicebantur qui castrum iiîio clivo Capitolino incolebantj ubi ara dicata ei Deoante bellum Trojanum videlur^, quia apud eam supplicant aperiis

capitibus.

(30) Pag. 84.

Virgile parle de cette ville. ( vE?ieid. lib. vin. ) Hanc Janus paierj hanc Saturnus edidit urhem Janiculum huiCj illi fuerat Saturnianomen.

(3i) Pag. 84.

Porrb Satupii nomen Tuscum esse mihi concèdent^ qui sciunt Syriacej et pro certo habent olim Tuscoî^um linguam aramœ am fuisse . — Saturnus etiamlinguâ sijriacâ signif.cat latentenij unde in agro latino quasi interprètes vocâmnt Latiunij et ejus uxorern Latianij et inpontificalibus indigilamentis dicebaiurLatia Saturni. ( Scaliger ad Varron. — Aul. Gell. lib. xui , cap. xn. )

(32) Pag. 85.

Varro. Deling. latin. — Macrob. Salurn. lib. i? cap. X.

— L'abbé Banier lui-même présente Saturne comme le dieu de l'agriculture. «On peignait généralement; dit-il, Saturne

vieux et courbé, tenant une faulxà la main, pour marquer qu'il présidait à l'agriculture qu'il avait enseignée aux Latins. »

(33) Pag. 86.

Deiiys d'Halicarnasse raconte que , le second combat que se livrèrent les Romains et les Sabins sous le règne de Tullus Hostilius demeurant long -temps' indécis, ce prince fit vœu que , s'il remportait la victoire , il instituerait en l'honneur de Saturne et de Rhéa des fêtes que les Romains célèbrent encore tous les ans , après avoir recueilli et serré tous les fruits de leurs terres. Dans cette même journée, il promit aussi d'augmenter de moitié le nombre des Saliens ; ce sont des prêtres de famille illustre , qui , en certains temps , dansent les armes à la main, au son delà flûte, en chantant des hymnes du pays. ( Dionys. Halicar. iib. ni, § xxxni, pag. 166. ) Le même auteur dit que Tatius éleva un temple à Saturne et à Rhéa. Macrobe fixe l'époque de l'institution des saturnales à l'érection du temple de Saturne par Tullus Hostilius. ( Macrôb. Saturn. Iib. i, cap. vin. ) Vairon , dans son livre vi qui traite des édifices sacrés , dit que ce fut le roi L. Tàrqùin qui passa un marché pour la construction du temple de Saturne qu'on voit sur le Forum, et que le dictateur Titus Largius en fit la dédicace pendant les saturnales. Le dieu avait un autel en face du sénaculum. ( Voir, sur la signification de ce mot , les auteurs cités dans la note 3, sur ce passage de Macrobe, édit. de Leispick , 1774, pag- 243. ) On y sacrifiait, la tête découverte, selon le rite grec. Ce fut ainsi que sacrifièrent d'abord les Pélasges, qui furent ensuite imités par Hercule. Les Tritons, embouchant la trompette et placés sur le faite de son temple, pré- Tom. 1. 56

sentaient, dit-on, l'allégorie de l'histoire qui fut muette , obscure et inconnue jusqu'à lui. ( Macrob. Ibid. )

(34) Pag. 86.

Ce jour était le i4 des calendes de janvier ; mais César ayant ajouté deux jours à ce mois, elles eurent lieu le 16. Il arriva de là que beaucoup de personnes ignorant la date précise de leur célébration , les unes fêlaient selon l'ancien style, et les autres suivant le nouveau : ce qui augmenta le nombre des jours chômés. Cependant, d'après l'opinion de nos ancêtres, la durée des saturnales fut fixée à sept jours. Voici comment s'exprime Novius dont les Atellanes sont si estimées :

Olioi exspectata veniunt septem saturnalïa. Et voici ce que dit Memmius à qui l'on doit la renaissance de ces pièces qui semblaient perdues pour l'art depuis la mort de Novius et de Pomponius :

« Nous devons à nos ancêtres d'excellentes institutions ; mais ce qu'ils ont fait de mieux , c'est d'avoir placé les sept jours des saturnales au moment des plus grands froids. )) Cependant, selon Mallius, ceux qui s'étaient mis sous la protection du nom et du culte de Saturne n'établirent que trois jours de fêtes qu'ils nommèrent saturnales ; et Auguste, en se conformant à cette tradition dans ses lois judiciaires, assigna à ces fériés le même nombre de jours. Masurius pense, ainsi que plusieurs autres, que le i4 des calendes de janvier était le seul jour fêté, et ce sentiment est appuyé par Fenestella qui dit que la vestale Emilie fut condamnée le i5 de ces mêmes calendes, ce qui n'aurait pas eu lieu s'il y eût eu plus d'un jour de fête; car, pendant ces fêtes, les lois divines défendaient de prendre les armes, et la punition d'un coupable, à cette époque, exigeait un sacrifice expia-

toiic. Fénestclla ajoute que, le lendemain de cette condamnation, on célébra les saturnales, et le surlendemain , ou le i3 des calendes, la vestale Licinie fut mise en état d'accusation : ce qui prouve que le i3 des calendes n'est pas un jour de férié. Mais le 12 on célèbre la fête d'Angéronia, et les pontifes lui sacrifient dans la chapelle de Yolupia. Le 1 1 de ces mêmes calendes est dédié aux Lares. Le dix est une férié en l'honneur de Jupiter. On célèbre ce jour-là les fêtes larentinales, sur l'origine desquelles il y a diverses opinions qui sont rapportées par Macrobe.

Il résulte, de ce qui vient d'être dit, que les saturnales ne duraient qu'un jour fixé au i4 des calendes de janvier. C'était ce jour même dont les opaiies sont maintenant une dépendance, parce que dans l'origine il était consacré à Saturne et à Ops, qu'au milieu du repas, donné selon l'usage devant le temple de Saturne, on proclamait les saturnales. Nos ancêtres regardaient Ops comme la femme de Saturne, et si, dans le même mois, on fête les saturnales et les opaiies, c'est parce que les deux époux passent pour avoir introduit l'agriculture. Ainsi, lorsque toute la récolte est faite, on rend hommage à ces divinités auxquelles on est redevable des douceurs de la vie, et qui ne sont autres ,

selon certains auteurs, que le ciel et la terre Pendant

les prières qu'on adresse à Ops, on doit être assis et toucher la terre, en signe que tout mortel doit la chérir comme une mère. Je crois avoir suffisamment prouvé que les saturnales se réduisaient jadis à un seul jour de fête, célébré le i4 des calendes de janvier, et que plus tard cette fête dura trois jours ;- d'abord à cause des deux jours ajoutés par César au mois de janvier; puis ensuite en exécution de ledit d'Auguste qui la limita à ce nombre de jours. EHe commence donc ie 16, et se termine le i/j, qui jadis la voyait

commencer et finir. Mais le concours occasionné par celle des sigillaires, qui la suit immédiatement, donne aux saturnales une durée effective de sept jours égayés parle mouvement général et les pompes religieuses. ( Macrob. Saturn,

lib. i, cap. x. )

(35) Pag. 87.

Ctésias en parlait dans son second volume de Y Histoire de la Perse. — Strabon nous apprend qu'on célébrait aussi les sacées dans la Cappadoce en l'honneur d'Anaïtis. Cette fête était accompagnée de grands repas; ils disaient que c'était en commémoration des Saques, peuple scythe.

(36) Pag. 87.

Lorsque les fériés latines sont proclamées, lorsqu'on célèbre les saturnales, et lorsque le Monde est ouvert, Mundus yatelj c'était un petit temple dédié aux dieux infernaux ( Voir Piutar. In jnVmw/^pag. 23. — Festuset Servius. Ad j£neid. ni, i34« — Gessn. In Thés. ), il n'est pas permis de combattre. Il serait en effet inconvenant d'en venir aux mains dans le temps des fêtes latines, 'où une trêve fut publiquement conclue entre les latins et le peuple romain , ni pendant les fêtes de Saturne dont le règne ne fut, diton, jamais troublé par le bruit des armes, ni pendant l'ouverture d'un temple qui a été dédié à Pluton et à Proserpine. Il est plus à propos, disaient les anciens, de marcher au combat lorsque l'avenue des enfers est fermée. « Le Monde ouvert, dit à ce sujet Varron, est l'emblème de l'ouverture de la porte du manoir des divinités infernales. » Les anciens Romains ne faisaient pas d'enrôlement pendant les jours réputés malheureux : ils s'en abstenaient également pendant les fériés, ce Sous peine d'expiation , dit Varron , il est défendu pendant les fériés d'appeler les citoyens sous les

drapeaux. » Le tribunal dos pontifes décida que tous les Lendemains des calendes, de*, ides et des noues devaient être regardés connue des jours funestes; et le grand pontife Sabius Maximus Servilianus défendait qu'on sacrifiât aux mânes de ses parents dans les jours regardés comme funestes, parce que, dit-il, il faut dans ce cas commencer par invoquer Jupiter, dont les noms ne doivent pas être prononcés à pareils jours. ( Macrob. Saturn. lib. i, cap. xvi. )

Suivant une ancienne tradition, l'usage des sacrifices humains fut aboli chez les Romains par Hercule qui substitua ces figures de terre cuite et ces flambeaux en cire que l'on offrait à Saturne. Macrobe rapporte l'oracle de Dodone rendu aux Pelages; il se termine ainsi : ce Quand vous en aurez pris possession ( la terre des Siciliens ), offrez ladixme à Phœbus, des têtes à Adès, et des hommes à son père. y>

Après que les Pelages furent installés, ils consacrèrent la dixième partie du butin à Apollon, érigèrent un petit temple à Pluton, et un autel à Saturne, dont ils célébrèrent la fête sous le nom de saturnales. Long-temps ils crurent se rendre favorables Pluton et Saturne , en offrant au premier des têtes d'hommes , et au second des victimes humaines , d'après les termes de l'oracle. Mais lorsqu'Hercuie, après s'être emparé des bœufs de Géryon , revint en Italie , il persuada, dit-on, à leurs descendants de remplacer ces sinistres offrandes par des sacrifices d'un plus heureux augure, ce Offrez à Pluton , leur dit-il , au lieu de têtes humaines , de petites figures d'hommes, et honorez les autels de Saturne , non par des sacrifices humains , mais en les parant avec des torches allumées. » En effet phota signifie également homme ou flambeau. C'est de là qu'est venu l'usage

(45o ) de s'envoyer réciproquement, pendant les saturnales, des flambeaux de cire. Si l'on en croit d'autres personnes , cet usage a lieu en mémoire de ce que les hommes, plongés auparavant dans les ténèbres de l'ignorance , acquirent , depuis le règne de Saturne, des lumières et de l'instruction. J'ai lu aussi quelque part que plusieurs patrons avides , profilant de l'occasion des saturnales pour extorquer des présents considérables de leurs clients, ce qui engageait ceux-ci à des fortes dépenses, le tribun du peuple, Publicius , décida qu'on enverrait aux gens plus riches que

soi des flambeaux de cire Ces sacrifices humains se

retrouvent dans les compitales , fêtes pendant lesquelles on célébrait dans les carrefours des jeux, rétablis par ïarquinlc-superbe, en l'honneur des Lares et de la déesse Mania, d'après une réponse d'Apollon qui ordonnait que le salut des têtes les plus chères fût racheté par le sacrifice d'autres têtes. Chaque famille, pour sa propre conservation, immola donc pendant quelque temps des enfants à Mania, mère des Lares. Mais après l'expulsion de Tarquin, le consul Junius Brutus ordonna que ces sacrifices n'auraient plus lieu de cette manière, et, pour ne pas désobéir à Apollon qui voulait des têtes, il décida qu'on offrirait au dieu des têtes d'ail et de pavots ; et que, lorsqu'une maison serait menacée de quelque danger, on le conjurerait en exposant au-dessus de la porte le simulacre de Mania. ( Macrob. Satum. lib. i , cap. vu. )

(38) Pag. 93.

Autant la révolution solaire renfermait de jours, autant celle de l'astre de Saturne renfermait de mois ou de révolutions de la lune, et il est la plus longue mesure du temps (pie parût donner la nature.

(39) Pag. 96.

Sallusle. ( lib. xvni, fVag. vr. ) Ce fragment de Sallusle a lait conjecturer par M. le P. Déb rosses q ne cet historien, s'attachant à sou ordinaire à décrire les antiquités de chaque nation, avait parlé a\ ce quelque étendue des curetés, et qu'il avait sous les yeux les vieilles légendes dont Diodore nous a conservé un extrait.

(46) Pag. 98.

Strabon dit que les titans donnèrent à Rhéa les corybantes, qui étaient des ministres armés, venus du pays des Bactriens.

(40 Pag- 1Q1-

Apud Cretain reûnavit promus Cres indigena^ à quo Creta appellata. Oucm aiunt unum euretarum fuissej à quibus Jupiter absconditus est et nutritus* Hi Gnosson civitatem in Cretâ condiderunt et Cybeles matris templum. ( Euseb. Ed. Scaliger. lib. 1, pag. 59. — Marcian. In Perieg. — Isidor. Originunij lib. xiv, cap. vi, pag. ig3. )

(42) Pag. io5.

Qui prias artem Vulcani reperêre dei prudentis in altis montibuSj etferrum varias docuêrejiguras ignibus impositum.

(43) Pag. 108.

A Gorthyne, Jupiter était adoré sous le nom de Jupiter- Hecatombeos. Suivant Hésychius, les Cariens et les Cretois l'adoraient aussi sous ce nom. Plusieurs pensent que le mois hecatombeon a reçu son nom de cette épitliète de Jupiter. Les Athéniens appelaient Apollon, Hecatombcos. Harpoci ation et d'autres écrivains attribuent à Apollon le mois hécatombeon.

(44) Pag. 108.

La fête de Jupiter à Olympie se célébrait vers la pleine lune qui suivait le solstice, et la distribution des prix dans les jeux était fixée constamment à cette pleine lune, ou au i5 d'un mois; mais ce mois n'était pas toujours le même parce que les olympiades étaient alternativement de 49 et 5o lunes. Le solstice arrivait quelquefois après la pleine lune du mois apolloniusj et pour lors on remettait la fête de Jupiter au mois parthenius suivant. ,

(45) Pag. 108.

L'ordre observé dans les jeux olympiques, du temps de Pausanias, voulait qu'on fît les sacrifices à Jupiter après le combat du Pentatlile et les courses des chevaux. ( Pausan.

Elid. cap. ix. )

(46) Pag. 109.

Strabon raconte, d'après Ephôre, qu'Etolus, ayant été chassé de l'Elide par Salmonée, roi des Eléens et des Piséates, se retira dans l'Etolie à laquelle il donna son nom, et y fonda des villes. Oxylus, un de ses descendants, ami de Téménus, conduisit les Héraclides dans le Péloponèse, lorsqu'ils voulurent y entrer ; il fut chargé du partage du pays conquis, et leur donna des conseils sur la manière de s'en assurer la possession. Par reconnaissance , ils lui offrirent de le faire rentrer dans le pays de ses ancêtres. Oxylus, ayant donc rassemblé une armée dans l'Etolie, vint attaquer les Epéens qui possédaient l'Elide ; les deux armées étant en présence et à peu près d'égale force, on convint , suivant une ancienne coutume des Grecs, de décider l'affaire par un combat singulier. Les Etoliens choisirent Pyrœchmes, et les Epéens, Degménus ; Degménus fut tué, et les Etoliens chassèrent les Epéens du pays. Les Héraclides, par amitié pour

( 453 ) Oxylus, leur confièrent le soin du temple d'Olympie qui appartenait auparavant aux Achécns, et ils s'engagèrent tous par serment à consacrer l'Elide à Jupiter. Ils vouèrent à L'exécration publique, tant ceux qui y entraient en armes, que ceux qui ne la défendraient pas de tout leur pouvoir. C'est pourquoi ceux qui fondèrent par la suite la ville d'Elis ne la fortifièrent point. ( Strab. lib. vm, pag. 547, 548. — lib.x, pag. 711, 712.)

(47) Pag. 109.

VEschin. DefahâlegationejTp&g. 397. — Pausan. lib. v, cap. xx. — Diod. Sic. lib. xrv, pag. 248. — Thucyd. lib. v, cap. xlix. — Chez les Grecs on ne se contentait pas d'annoncer une fête dans l'enceinte de la ville où elle devait se célébrer ; comme on voulait y faire participer tous les états de la Grèce , on envoyait dans tous des hérauts chargés non-seulement de notifier le temps de la fête, mais encore celui auquel devaient commencer les trêves sacrées qui accompagnaient toutes ces fêtes, et pendant lesquelles ceux qui s'y rendaient et ceux qui y assistaient ne pouvaient être attaqués, lorsqu'elles avaient été solennellement dénoncées, sans encourir une excommunication qui durait jusqu'au paiement d'une forte amende. Pindare fait mention de cette publication des trêves ; il donne aux hérauts, qui annonçaient la fête d'Olympie, le nom de Coryces horarij les hérauts des saisons, et de spondophoroi Zenos croniddj ceux qui portent les trêves de Jupiter. Lorsque les Lacédémoniens ( ïhuc. v, 4°- ) se présentèrent aux jeux de la 90e olympiade les habitants d'Elis déclarèrent qu'en s'emparant l'année précédente de la ville de Lépréum pendant les fêtes de Jupiter, les Lacédémoniens avaient encouru la peine portée par la loi d'Olympie, qu'ils devaient payer deux mines Ïom. 1. 57

d'amende pour chaque soldat, et qu'ils ne pouvaient être admis même aux sacrifices. Après plusieurs négociations, les Lacédémoniens, ne voulant pas se soumettre à l'arrêt des Eléens , se retirèrent à Sparte où ils firent leurs sacrifices : il en naquit une guerre qui dura plusieurs années. Tout travail était défendu pendant la durée des fêtes publiques : il n'était pas permis, ces jours-là, de lever des troupes, de les faire mettre en marche, de livrer bataille, de se marier, d'entreprendre des voyages et de se livrer à aucune affaire publique ou particulière. Les grammairiens latins nous apprennent que les pontifes romains faisaient publier par des officiers appelés prœcios et prœclamitatoreSj, qui précédaient les flamines, qu'on eût à s'abstenir, pendant les fériés, de tout travail.

Chez les Orientaux les fêtes furent toujours proclamées avec appareil, ils les faisaient annoncer par le son du cor. C'est une expression très-commune dans les livres des prophètes hébreux : Sonnez du cor en Sion.

(48) Pag. no.

Aliquid adjecisse religioni. (Quint. Orat. lib. xn, cap. x.) Quintilien a encore dit de la statue de Jupiter par Phidias : Majestas operis œquavUDeum. — Pausanias ( Elid. cap. xi. ) blâme ceux qui avaient mesuré la statue de Jupiter- Olympien d'avoir fait connaître le résultat de leur opération, comme tendant à diminuer la majesté du dieu, parce que cette statue paraissait beaucoup plus grande qu'elle ne l'était effectivement. — Strabon ( lib. vin, pag. 5/±2. ) ne donne pas la mesure de cette statue; mais il dit qu'elle se trouvait dans les ïambes de Callimaque.Un anonyme, publié par Léo Allatius, et qui se trouve dans les opusculamy iholo gica recueillis par T. Gale ( cap. xi. ), dit que cette statue

avait 3b" pieds de haut. Hygin ( lab. ccxxm. ) lui donne 60 pieds.

(49) Pag. 111.

Pausanias. lib. v, cap. vi. <— On lit néanmoins dans le même auteur ( Lacon. cap. vin. ) : ce Archidamus, roi de Sparte, avait une fille nommée Cynisca qui eut l'ambition de concourir aux jeux olympiques; elle est la première femme qui ait entretenu des chevaux pour la course des chars et qui ait remporté des victoires àOlympie. Plusieurs autres femmes, surtout des Macédoniennes, y obtinrent des prix; mais elle est la plus célèbre. y> Pausanias donne plusieurs exemples semblables. Il dit ( Lacon. cap. xvn. ) que la statue de femme, que l'on voyait vers l'édifice nommé le Seémoncij était celle d'Euryléonis qui remporta à Olympie la course des chars à deux chevaux. Ces femmes ont pu concourir sans être présentes; la loi voulait chez les Éleens qu'on précipitât du Typaeus , montagne de l'Elide, sur la route de Seillonte à Olympie, les femmes qu'on surprendrait aux jeux olympiques, ou qui oseraient seulement traverser i'Alphée pendant les jours où cela était défendu. Pausanias ( Elid. cap. vi. ) cite l'exemple de Callipatira ou Phérénice, la seule femme qui se soit laissée prendre aux jeux olympiques, où, après la mort de son mari, elle avait conduit son fils pour combattre ; on la renvoya, sans la punir, par considération pour son père , ses frères et son fils qui tous avaient été couronnés aux jeux olympiques.

(50) Pag. 111.

Cérès et les autres divinités d'Eleusis étaient adorées à Elis et à Lépréum ; elles avaient des statues et des autels à Ol ympie ; une de ces statues représentait Mercure portant Iacchus dans ses bras.

(456 ) (5!) Pag. us.

Libanius. Epistol.. io52,pag. 497- — Ces notionss ont les dernières que l'on trouve sur l'existence de ce chef-d'œuvre, et rien dans l'histoire ne peut nous apprendre quelle fut la destinée du Jupiter d'Olympie, lorsque le christianisme eut renversé les temples du paganisme. Je lis dans l'itinéraire à Jérusalem, par M. de Chateaubriand ( intr. pag. cxxxvi. ) : « On croit qu'il périt dans l'invasion des Barbares qui pénétrèrent dans la Grèce, ayant a leur tête Alaric, sous le règne d'Honoriusetd'Àrcadius. » Mais M. de Chateaubriand ne cite pas l'autorité sur laquelle il se fonde.

(52) Pag. 112.

Hérocl. lib. u, cap. liv. — Une image donnée parBeger présente une colombe placée sur une tête de bélier, ce qui marque l'oracle de Jupiter-Àminon, etce qui rappelle l'explication qu'Hérodote a donnée de la fable des deux colombes qui parlaient à voix humaine , et qui partirent de ïhèbes : l'une s'envolant en Epire dans la forêt de Dodone, où, perchée au faîte d'un grand chêne, elle ordonna d'établir en cet endroit un oracle de Jupiter ; l'autre colombe vint en Lybie, où elle se posa sur la tête du bélier, donnant un pareil ordre d'établir l'oracle de Jupiter-Ammon. ( Voir le chap. i de cet ouvrage. ) Beger applique à cette image ces vers de Silius Italicus :

Nam cui dona Jovis non dioulyata per orbem ?

In gremio Thebas geminas sedi&se columbas

Ouaium chaonias pennis quœ conligit oraSj

Impie t fatidico Dodonida munere quercum :

Ai quœ carpathium super œquor veclaper auras j

In Lybiam niveis tranavit concolor alis ;

liane sedem primo Cythereia condidit aleSj etc.

( 457 ) (.33) Pag. i,3.

Herod. lil>. n, cap. lu, mu. — C'est ce qui a fait dire à Platon (Pkœdr. pag. 275.) : Priseis itaque illis qui.non ita vos junioreèj sap tentes erantj satin erat 6b illam eorum simplicitatem petras et quercus audirc j, modo vera dicerent. (Voir sur Dodone le fragment d'Etienne de Byzance in gronovii Thés, aniiq. grœc. tom. vi? pag. 274. — Et les conjeclanea de Dodonâj lac. ïriglandus. Ibid. pag. 3:21. )

(34) Pag. n3.

Sophocle ( in Rizotomis ) nous apprend qu'Hécate portait une couronne de chêne :

O Solj 6 reXj et ig?iis Sacer, in via habitantis Hecates Hasta quant per cœlum Recte Jertj ac terrœ habitat sacra tri via Coronata quercubus plurimis Super humeris spinis draconum.

Dans les céréales on se couronnait de chêne pour rappeler le bienfait de l'agriculture que l'on devait à la déesse , comme le prouvent ces vers du livre 1 des Géologiques de

Virgile :

Nec ante

Falcem maturis quisquam supponat aristis , Ouàm Cereri tota redimitus iempora quercu Det motus incompositoSj et carmina dicat.

(55) Pag. 114.

Zoeg. pag. 234? 235. — Ubif ThesprotiaJ Dodonaprocul conditaj quant Jupiter dilexitj suumque decrevit oraculum hominibus venerandum^ habitavitque in stipite quercus. (Frag. Hesiodi apud Scholiast. Sophoc. Ad Trachin. vers. 1181.)

(56) Pag. 114.

Ubi oraclum est sedesque Thesproli Jovis , ac incredïbile poj'tentumj, affabiles quercus. ( iEschyl. In Prometh. vinctOj vers. 829.)

(67) Pag. 114.

On peut voir sur ce sujet Herod. lib. 11, cap. lv. — Strab. lib. vu, pag. 329. — Sophoc. In Trachin. vers 174 — Eust. In~H.omer.Hiad. 2, tom. 1, pag. 335. — Philostr. Icon. lib. 11, cap. xxxiv. — Stephan. Frag. inDodon. — Eustath. In Odyss. lib. xrv, tom. ni, pag. 1760. — Suid. In Dôdôn. — Cicer. De divin, tom. m, lib. 1, cap. xxxiv. — lib. 11, cap. lxxxii.

(58) Pag. 117.

Il y avait en Thessalie une ville appelée Phégos ( Hêtre ) qui était voisine du lieu où était le temple de Jupiter. (Ant. Thés, ajpud Steph. )

(5g) Pag. 117.

Fagutaïi Jovi, etiam nunc ubi lucus Jug eus fuit. ( Plin. lib. xvi, cap. x. ) Fagulal sacellum Jovisj in ,quo fuit fugus arbor, quœ Jovi sacra habebatur. ( Festus. ) Publius Victor parle d'un autre autel de Jupitej-Vimineus, qui était proche de Minerva-Medicaj dans cette même contrée. ( Gyrald.

pag. 83.)

(60) Pag. 118.

Athenod. lib. xiv, pag. 63g. — Athénée donne cette tradition comme ayant été ^rapportée par Bâton , rhéteur de Sinope, dans son livre de la Thessalie et de l'Hémonie.

Le philosophe pythagoricien , Onatus , dit dans Stobée ( lib. 1, cap. 1, éclog. phys.;), où il traite des dieux : ce Mais

( 459 ) les autres dieux no sont, par rapport au dieu suprême, que comme un chœur de musiciens autour de leur coryphée, et comme dea soldais relativement à leur chef. »

(G 2) Pag. 123.

Ex se ortuSj non eductu-Sj sine maire j inconcussuSj Nomen ne verbo quïdem capiendwnij in igné JiabitanSj Hoc est deuSj modica aulem Dei portio angèli 710s.

Lactance fait sur cet oracle ces observations judicieuses : Nain quis pôles t suspicari de Jove esse dictum qui et mairem habuit et nomen, nec enim potest ah ullo esse ge?ieratuSj qui ipse uni versa generavit. Satis ( ut opinor J et argument is docui et testions conjirmavij qubd per se satis clarum estj unum esse regem mundij unum patrenij unum deum. ( Lact. lib. 1, cap. vu. )

Lactance, en parlant d'Orphée qui a appelé le premier être ProtogonoSj primogenihiSj ajoute : Naturâ igilur et ralione ducenie^ intellexit esse prœstantissimam potestatem cœli ac terrœ conditricenii Non pote rat enim dicere Jovem esse principem rerunij qui erat Saturno genilus ; neque Saturnum ipsunij qui cœlo natus ferebatur ; cœîum autem tanquàm Deum primum constitue?^ non audebatj, qubd videbat elementum esse mundij quod ipsum eguerit autore. Hœe eum i^atio perduxitad illum Deum primogenitunij cui assignat et tribuit principatum. (Lact. De falsâ religionej, lib. 1, cap. v. )

Les plus grands philosophes, dit Macrobe ( lib. 1, cap. xvii. ), n'ont admis qu'un seul tout. Ce sont les diverses qualités d'un même dieu qui doivent être considérées comme autant de divinités, ou qui plutôt ont donné naissance à des dieux différents. C'est ce qu'exprime Virgile lorsqu'en parlant de Junon, il dit : Quo numine lœso. {diïneid. 1,8.)

(46o) (63) Pag. 123.

Horace semble avoir copié l'invocation de l'hiérophante des mystères dans cette ode sublime qui commence son troisième livre :

Qui terrain ineftérrij qui mare tempérât Ventosuni; et nubeSj regnaque tristia Divosquej mortalesque turbas

Imper io régit unus œquo. ( Horat. od. iv, lib. m, vers. 45 • ) On retrouve les mêmes idées dans l'ode xn, livre 1.

(64) Pag. 124.

Saint Justin. Cohortat. ad Groecos,, pag. 18. — On peut voir l'ouvrage de Schédius ( De diis Germants „ cap. xn, pag. 285 etsuiv. ), où il a rassemblé tous les témoignages de l'antiquité sur la croyance d'une divinité unique adorée dans ses différents attributs sous des noms divers.

(65) Pag. 124.

Le passage de Sophocle est célèbre, ce II n'est qu'un dieu dont le ciel fut l'ouvrage; il fit la terre, etc. » On trouve dans Pindare, Euripide, Aristophane, Ménandre, et chez tous les anciens, d'aussi nobles idées sur la divinité. Lactance dit, en parlant des païens :

Ex his unum deum probemus necesse est : non quod Mi habuerint cognitam veritatem; sed, qiwd veritatis ipsius tanta vis estj ut nenia posait esse tam cœcuSj qui non videat esse ingerentem oculis se dioinam claritalem. Les poètes eux-mêmes, ajoute Lactance, reconnaissent que tout est régi par un seul e.sprit. Conjitentur spiritu vel mente unâ contineri régi que omnia. (Lact. De fais a Religionej lib. 1, cap. v. )

Minutius Félix avait également dit ( cap. xix ) : Audio poetas quoque unum palrem divian atque hotninum prœdi-

( 46" ) cantes : Eslprqfecto deuSj qui quœ nos gerimus auditque et

vide t. ( Plant. /;/ ai p( iris. )

Les païens, selon Tertullien, se servaient comme nous des

expressions de Dieu nous voit., Dieu nous entend., Dieu nous

le rendra; ce qu'ils disent en regardant le ciel et non le

Capitole : c'est ce cpie Tertullien appelle le témoignage

d'une âme naturellement chrétienne. ( Tertull. Apolocj. )

(66) Pag. 125.

Labienus pressant Caton de consulter l'oracle d'Ammon, Caton lui répond :

Est ne dei sedes, nisi terra et pontus et der. Et coelum et virtus? superos quid quœrimus ultra? Jupiter est qùo de unique vides j qùodcumque movetur. ( Lucan. Phars. )

(67) Pag. 126.

Ce vers du vuie livre de Y Iliade, Jupiter, notre père, arbitre des puissances, est devenu célèbre par les observations de Platon, Àristote, Plutarque, Jamblique, Saint- Augustin et Steuchus (De la philosophie perpétuelle, liv. m, chap. xiii. ) qui ont prouvé que, parle nom de puissance, Homère désignait le reste des dieux.

(68) Pag. -126.

Les anciens nous ont laissé différentes explications sur cette chaîne d'or; on l'a appliquée au système de l'âme du monde qui pénètre et à la fois unit toutes choses : système cher aux philosophes de lTouie , et qu'on a voulu représenter sous cet emblème matériel. Quoiqu'il en soit on la retrouve dans le Bliaguat Geeta; le dieu ChricJma ou Vishnou dans sa vuie incarnation, sous le nom de Bhagavan, consolé le héros ^/jWwa en lui révélant la doctrine de l'unité éternel- Tom. 1. 58

( 46â ) le et immuable : ce Connais en moi, lui dit-il, une nature supérieure et excellente, dont la vie est l'essence et qui contient

cet univers Il n'est rien de plus grand que moi, oh

Arjouna! ce monde visible est suspendu à moi; comme les perles d'un collier au fil qui les retient. :»

(69) Pag. 127.

S.Justin. Cohort. ad GrœeoSj pag. 20. Cette doctrine a passé dans les religions de l'Inde. Dans le Bhaguat Geeta^ qui fait partie du Mahabharat^ ancien poème sacré Indou, Kreeshncij une des incarnations de T^ishnoUj, dit à Arjoouj, son disciple chéri : ce Celui qui est doué de la dévotion, qui voit les choses du même oeil, voit l'âme universelle dans toutes les choses, et toutes les choses dans l'âme universelle; celui qui me voit dans tout, et voit tout en moi, je ne l'abandonne pas et il ne m'abandonne pas. (Bhaguat Gee/a, pag. 74. ) Suivant l'Oupnekhat et la philosophie védanta, deux doctrines qui ont leur source commune dans les T^édas, la grande âme ( atma J l'âme du monde, l'âme universelle, le souffle qui respire dans tous les êtres se confond avec Dieu, avec le monde, avec toutes choses et partout s'en distingue, ce Almcij disent lesf^edas, meut Blioutatma *ou le corps, composé et tout à la fois enveloppé des cinq éléments; c'est un corps léger, subtil, qui pénètre tous les autres corps; c'est la divine essence imperceptible, infinie, qui fait vivre tous les êtres, et vit elle-même avec eux. On distingue dans l'âme, le général, c'est-à-dire cet esprit universel qui pénètre et qui gouverne tout, et le particulier, l'âme inhérente aux créatures. » La doctrine de Bouddha est également fondée sur ce principe, que l'univers est animé par un esprit unique individualisé sous des formes sans fin par la matière. L'univers existe de toute éternité; mais seulement dans son

(403 ) principe qui est l'éternel pouvoir de la nature, produisanl el reproduisant sans cesse de sa propre substance. (Creuzer.

loin, i, pag. 655, 656. ) — Dans un dialogue qui (ail partie

du Samavedcij plusieurs sages vont consulter, sur la nature

de Dieu, un roi (Aswapaty) versé dans les choses divines;

il questionne chacun d'eux sur l'objet de son adoration :

l'un répond qu'il adore le ciel, l'autre le soleil, le troisième

l'air, le quatrième l'éther, un cinquième l'eau, un sixième

ta terre. Le roi leur dit que c'est adorer l'Etre suprême,

l'âme universelle dans ses parties séparées, et qu'il faut

l'adorer comme la réunion de toutes ces choses. ( A. Recli.

vin, 4^3, 4^7- )

On la trouve chez les Indiens, comme le prouve surtout ce passage emprunté du Rig Vedctj d'après la Niroucta et les Vedas eux-mêmes, ce II n'y a réellement que trois divinités ayant pour demeure la terre, la région intermédiaire ( l'atmosphère ) et les cieux : ce sont le feu, l'air et le soleil. Leur pluralité est fondée sur les noms mystérieux; et Pradjapatij le maître des créatures, les rassemble dans sa personne collective. La syllabe mystique, oJ?n, oum ou aunij exprime la triple divinité, elle appartient à celui qui habite le séjour suprême, à Dieu, à la grande àme. Les autres divinités qui peuplent les trois régions sont les portions des trois dieux nommés et décrits diversement, selon leurs diverses opérations ; mais au fond tout se résume en un seul dieu, la grande âme, qui est appelée le soleil, car le soleil est l'âme de tous les êtres. :» Ainsi, dit Colebrooke, la religion des Indous ne reconnaît qu'un seul dieu, mais sans distinguer la créature du créateur; et dans cette unité elle trouve la triade. On trouve le même caractère dans la théologie des Egyptiens. ( Creuzer. Tr.fr. tom. 1, pag. 6o3. )

(70 pag- i3b- Cicéron a exprimé cette doctrine lorsqu'il a dit : Thaïes inilesiuSj qui primuSj de talibus rébus quœsivitj aquam àixit esse initium rerum; Deum autem eam mentent,, quœ ex aquâ cunciajingeret. ( Cicer. De Nat. deo?\ lib. i, cap. x. ) L'on sait que Thaïes avait puisé sa doctrine chez les Egyptiens.

(72) Pag. i3ï.

Sunt et fuerunt philosophij qui omninb nullam liabere censerent rerum humanarum py^ocurationem deos. Quorum si vera sententia^ quœ potest esse pietas? quœ sanctilas? quœ i^eligio quid estj quod ullos diis inimoi^talibus cultus lionores prece adhibeamus? ( Cicer. De JSat. deor, lib. 1, cap. 11. )

(73) Pag. i36.

Noctu Annibalis cùni fugavi exercitum j Tutanus hoc j Tutanu Romœ nuncupor.

Hac propter omnes^ qui laborantj invocant*

{Anthol. Latin, lib. 1, tom. 1, pag. 27. ) Les Romains avaient consacré, au dieu Tutanus, un temple qu'ils avaient construit au delà de la porte Capène ; ils donnèrent à ce dieu le nom de Tutanus, parce qu'il avait préservé, sauvé TutatuSj le peuple romain,, contre Annibal. Par le même motif ils avaient la déesse Tutelina, qui avait pris son nom du mot tuiela; on lui avait dédié un autel sur le mont Aventin pour la conservation (ad Tutelam ) du peuple romain. Il paraît, par un passage de Commodianus ( instruct. xx. ), que tous les dieux tutélaires portaient le nom de Tutani.

Titanas vobis Tutanos dicitis esse j jumites iacitos sub culmine vestro rogatisj tôt lares œdiculas simulacra Jicla Titano.

( 465 ) C'est par le même motif qu'ils adoraient la déesse Salus. — On lit. clans Macrobe (Saturn. lib. i, cap. xvi. ) : Apud r clercs quaque, qui nominasset Salutenij Semoniairij Sejarrij Segetianij Tutelinam , fieras obseroabat. On avait élevé à la déesse Tutelina un beau monument en marbre, que l'on trouve dans Boissard. ( Antiq, tom. v, pag. 8. — Anthol. Lut. loin, ï, pag. 27. )

Excessêre onines adytis arisque relicttSj

Diquibus imperium hoc slelerat.

( Virg. JEneid, 11, vers. 35 1. ) Férus omnia Jupiter Argos

Transtulit ,

( JEneid. lib. n; vers. 326. )

(75) Pag. i36.

C'est pourquoi les Romains cachaient le nom du dieu

sous la protection duquel était la ville de Rome; et le code

des pontifes pourvoyait à ce que les dieux des Romains ne

fussent pas appelés par leurs noms, de peur qu'ils ne fussent

invoqués contre Rome. Dans le Capitole, on avait consacré

un bouclier, sur lequel on lisait cette inscription : Genio

urbis Romœj sive mas sive fœminaj et les pontifes priaient

ainsi : Jupiter op lime maxime ^ sive quo alio nomine le appel-

lari volueris j sequimur te., sancte deorum^ quisquis es .

( Servius. Mneid. lib. 11, vers. 35 1. — Macrob. lib. ni,

cap. ix. )

(76) Pag. i37.

Ceux qui ne se sont pas rendu compte de la nature de cette divinité et du système religieux des anciens, ont parlé de la confusion de la théologie païenne, parce que, disentils, Jupiter est un dieu céleste. Mais c'est le dieu universel,

(466) et il était aussi puissant aux enfers qu'aux cieux, comme nous le démontrerons lorsque nous traiterons de Jupiter- Clitonien. On sait qu'il y avait, à Olympie, dans L'Âltis, un Jupiter-Cbtonien ou infernal.

(77) Pag- l37-

Les villes d'Italie, que Macrobe dit avoir été dévouées dans les premiers siècles de Rome, sont : Tonies, Frégelles, Gabie, Yéies et Fidène ; puis au dehors Corinthe et Cartilage. Il y faut joindre, dit Macrobe, beaucoup d'armées et de villes des ennemis, tant dans les Gaules que clins les Espagnes, en Afrique, en Mauritanie, et chez d'autres nations dont parlent les annales de l'antiquité. C'est ce mode, d'évoquer et d'inviter les divinités à quitter le territoire ennemi, qui fait dire à Virgile, en parlant de Troie : Excessêre omnes adijlisj arisque relictiSj Dl quibus imperiùm hoc steiérat.

( sE?ieid. il, 35 1. )

Il est évident, dit Macrobe ( Saturn. lib. v, cap. xxn. ), que Virgile a tiré ce passage d'Euripide qui, dans ses TroyenneSj fait ainsi parler Apollon, qu'il met en scène au moment où les dieux avaient résolu que Troie serait prise : ce Pour moi, cédant à la puissante Junon qui règne sur Argos, ainsi qu'à Minerve, puisque toutes deux poursuivent les Phrygiens, j'abandonne la ville de Troie et mes autels ; car, lorsque la solitude terrible s'empare d'une ville, les dieux sont négligés et leurs honneurs anéantis,

(78) Pag. 140.

L'homme, dit Strabon ( Geonj. lib. xvr. ), est par sa nature un animal sociable, disposé à vivre sous une loi et un gouvernement commun.

Qubd idem et Zahucum et Charondam fecisse uideoj cùm (jui'Iem illi non sludli et delectationiSj sed revpuhlicœ causa leges civitatibus suis scripserunt. (Deleg. lib. u, cap. vi. )

(80) Pag. i45.

Le but du dialogue de Socrate avec Eulhydème est de montrer que les dieux ne cessent de faire du bien aux hommes, et par conséquent la reconnaissance exige qu'on leur rende hommage (a). Socrate met dans tout son jour la bouté des dieux, leur attention à pourvoir abondamment à nos besoins ; il parle éloquemment des dons qu'ils nous ont faits ; il rapporte toutes ces choses à leur providence, et il ajoute : ce Toutes les divinités nous prodiguent des biens, sans se rendre visibles; et le dieu suprême, celui qui dirige et soutient cet univers, celui en qui se réunissent tous les biens et toute la beauté, qui, pour notre usage, le maintient tout entier dans une vigueur et une jeunesse toujours nouvelles, qui le force d'obéir à ses ordres plus vite que la pensée, et s'en s'égarer jamais; ce dieu est visiblement occupé de grandes choses, mais nous ne le voyons pas gouverner. Dieu est immatériel, sa science et sa puissance ne sont soumises à aucunes limites; il gouverne toutes choses, l'âme humaine n'en est qu'une faible et imparfaite image. )) Aristodème ayant reconnu un être souverain, doute cependant de la providence, parce qu'il ne comprend pas comment Dieu peut tout voir à la fois. Socrate lui réplique : ce Si l'esprit qui réside dans votre corps le meut et le dispose à sa volonté, pourquoi la sagc ■ souvraine qui préside à l'univers ne peut-elle pas au à *egler tout comme il lui plaît :

(ci) Xenoph. Mem. Socrat. lib. 1, cap.iv.

( 468 ) si votre œil peut voir les objets à la distance de plusieurs stades, pourquoi l'œil de Dieu ne peut-il pas tout voir à la fois ? Si votre âme peut penser en même temps à ce qui est à Athènes, en Egypte et en Sicile, pourquoi la sagesse divine ne peut-elle pas avoir soin de tout, étant présente partout à son ouvrage?»

Socrate termine ainsi ce discours : ce Nous devons honorer les dieux selon notre capacité, et attendre d'eux avec confiance les plus grands bienfaits ; car de qui l'homme sensé peut-il espérer de plus grands dons, si ce n'est de ceux qui ont le pouvoir de faire du bien aux hommes? ce que nous avons déjà reçu de leur bonté, nous répondons de leurs dispositions favorables à notre égard. Mais comment l'homme peut-il espérer autrement de mériter leur faveur, sinon en s'étudiant à leur plaire? et peut-on mieux leur plaire qu'en leur obéissant de tout son pouvoir (a).

Epictète représente les philosophes qui admettaient une providence divine, comme étant fort partagés entre eux sur la nature et l'étendue de cette providence. Les uns croient que la providence divine s'étend jusqu'aux individus, et que Dieu connaît toutes les actions et toutes les pensées des hommes ; d'autres admettent une providence qui règle les mouvements des corps célestes, et tout ce qui se passe dans les cieux, mais qui ne s'étend pas jusqu'à la terre. D'autres enfin reconnaissent une providence qui se mêle des affaires du ciel et de la terre, mais en général seulement, et sans entrer dans aucun détail particulier (b). Il paraît que cette dernière opinion était l'opinion commune du temps même de Socrate, car Xénophon remarque, à la louange de ce

(a) Xenopli Mcm. Socrat. lib. iv, cap. m, § xvn. {h) Epictet. Dissert.

( 469 ) philosophe, que « tandis que l'on voyait généralement qu'il

y avait certaines choses que les dieux savaient et d'autres qu'ils ne savaient pas, Socrate prétendait, avec plus de raison , que les dieux connaissaient tout ce qui se disait et tout ce qui se faisait; qu'ils n'ignoraient pas même les pensées les plus secrètes des hommes, et ce qu'ils projetaient en secret; qu'ils étaient présents partout, et qu'ils donnaient aux hommes des lumières et des éclaircissements concernant les affaires humaines [a).

On a accusé Aristote de n'admettre qu'une providence qui se borne à régler les choses du ciel. Chalcidius l'assure positivement dans son commentaire sur le Timée de Platon. C'est aussi le jugement de Plutarque ( De Placit. philosoph. lib. ii, cap. ni. ), de S. Clément d'Alexandrie ( Stromat. v, pag. 700. Ed. Potier. ), de Stobée ( Eglog. physic* cap. xxv. ), d'Atticus le platonicien cité par Eusèbe ( Prœp. evang. lib. xv, cap. v. ), de Proclus ( Apud Cudworth. ) Cependant on trouve dans ses ouvrages un grand nombre de passages où Aristote parle d'une providence qui se mêle des hommes et de ce qui les concerne ; et Cudworth soutient que ce qu'avance Chalcidius sur Aristote est une calomnie. On dispute aussi depuis trés-long-temps sur l'opinion d'Aristote, relativement à l'immortalité de l'âme. Les pères, les écrivains profanes, les anciens, les modernes sont partatagés sur ce qu'il pensait. Vossius ( De origin. et progrès. Idolatr. lib. 1, cap. x. ) etLacerda {Not* in Tertullian. cap. 11. Deresurrectione carnisi ), le P. Mallebranche ( 11e part. , chap. ve. du 11' livre de la recherche de la Vérité. ) ont cité les principaux auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Mais ce n'est point entendre la doctrine d'Aristote que de lui attribuer

(a) Xenopli. Mem. lib. 1, cap. 1.

Tom. j. 59

( 47° ) l'erreur de la mortalité de l'âme; et si, dans son livre de

l'Ame, il parle peu de son immortalité, les principes qu'il établit dans cet ouvrage conduisent à cette vérité, et l'on peut croire avec raison qu'il l'admettait lorsqu'il travaillait

sur cette matière.

(81) Pag. i52.

Ce système est plus insoutenable encore dans le système des clirétiens que dans le paganisme; car la vie future, ses peines et ses récompenses sont l'objet propre de la révélation divine et de l'exercice de la foi qui, pour les chrétiens, est l'évidence des choses invisibles.

(82) Pag. 104.

Il faut lire ce que Balbus dit, dans le 11e livre du Traite de la Nature des dieux , pour prouver, contre les épicuriens, que la providence divine s'étend sur tous les hommes. Nec verb universo generi liominum sôlunij, sed etiam singulis à diis immortalibus consuli et provideri solet. (lib.n,cap. lxv. ) On trouve les mêmes principes dans Chrysippe, Sénèque, Épictètc et Marc-Antonin. Il faut lire sur la providence les réflexions morales d'Antonin , et surtout le beau morceau où, à la fin du Ier livre, il remercie les dieux des bienfaits

qu'il a reçus.

(83) Pag. i58.

Sempiterna et indeclbiabilis séries rèrum et caiena, voloens semetet i?nplicans per œte? nos conséquent iœ or dînes > ex quibus apta est et confiera. Cette définition nous a été conservée et traduite par Aulu-Gelle ( lib. vi, cap. 11. )

(84) Pag. 161.

Cicéron ( Academ. lib. 1, cap. vu. ) s'exprime ainsi : InterdùinDeumNecâssitatem appellanlj quia nihil aliter esse possitj atque ab co constitutum sit.

( 4:. ) P5) Pag. i6b.

Nonnunquàm De uni Forttinam appellant , qubd ejjîciat multu improvisa et nec opinata nobis propler obscurilulem, iijiioruntiamque causai' um. ( Cicer. Acad. quœsl. lib. I, cap. vu. )

(86) Pag. 162.

Plut. De aud. poet. — Senec. lib. iv, cap. vu. Omnia efusdem dei nomina sunt varie uleniis sua potestate. — Saint Augustin partage à cet égard l'avis de Plutarque et de Sénèque. Hœc omnia cognomina imposuerunt uni Deo propter causas potestatesque diversas. ( De civit, Dei, lib. vu,

cap. ii. )

(87) Pag. 167.

Par l'excellence de la nature divine, Dieu est immuable, dit Platon. {De Repub. lib. 11. ) Il est immuable, dit Sallusie ( De diis etdeMundOj cap. 11. ), parce qu'il est éternel et indépendant ; il est immuable, parce qu'il est toujours fixement attaché à ce qu'il y a de plus parfait. «. Changer ou se repentir, dit Maxime de Tyr ( Dissert. xxx. ), est nonseulement indigne de Dieu, mais d'un honnête homme ; un homme qui change pour quitter le mauvais parti était dans l'erreur; s'il abandonne le bien pour s'attacher au mal, il est coupable : Dieu n'est pas capable de ces changements. »

(8.8) Pag. 168.

Chalcidius, interprète de Platon (PhèrL), développe ainsi la doctrine de son maître : ce Celui qui obéit à la loi, et qui suit les traces respectables du souverain dieu, mène toujours une vie heureuse, en vertu de la sanction d'une loi éternelle, c'est-à-dire en vertu du destin ; mais les âmes qui négligent de s'attacher à Dieu et de le suivre mènent, par

(4?* ) la loi du même destin, un genre de vie tout opposé jusqu'à ce que le repentir et l'expiation de leurs crimes les rendent dignes de retourner dans la société du dieu immortel, et des puissances éternelles dont il est le chef. y>

Il existait chez les Romains une école de philosophie dont les discussions sur le destin étaient le principal objet ; elle se rattachait à la morale : et en effet cette doctrine appartient à la morale, parce que si on admet la fatalité, aucune action ne dépendant de nous, il n'y a plus ni louange ni blâme pour les actions humaines, notre liberté est enchaînée, toute idée de devoir volontaire s'évanouit.

(90) Pag. 172.

Le mot grec qui exprime destin, eimarmenêj vient du verbe grec eirô qui a deux significations très-différentes. Il signifie parler, et encore nouer, lier. Grotius a pris ce mot grec dans le premier sens, et il a traduit : Fatum a fando dicitur. D'autres ont adopté la seconde signification, et, comme les stoïciens, ils regardent le destin comme la liaison des causes naturelles qui s'enchaînent et se suivent mutuellement pour produire leurs effets. Cicéron, dans son livre du Destin ( cap. ix. ), le prend dans ce sens-là, ainsi que l'auteur du livre de Mundo attribué à Aristote. D'autres auteurs lui donnent une étymologie différente, et le dérivent de moira, fort, qui vient lui-même de meiroj partager, parce que le destin distribue le sort des hommes. ( Diogen. Laert.

lib. vin. )

(91) Pag. 177.

Jupiter ipse duas œquato examine lances Sustinetj et Juta imponit dioersa duorum; Quem damnet labor, quo vergat pondère letum.

( Virgil. Mneid. xu, cant., vers. 725. )

( 173 ) Virgile, imitateur d'Homère, avait adopté son opinion que les destins no sont ([ne la volonté de Jupiter, et (pie les Parques obéissent à cette volonté.

Taliascclcij, suis dixèruntj eurrite^fusis Concordes stabilifulorum numine Parcœ.

( Virgil. Ed. îv. )

Dans l'histoire de Balthazar, la main qui écrivait sur la nm raille du festin l'arrêt de sa mort, lui disait qu'il avait été pesé dans la balance, et qu'il n'avait pas été trouvé de poids. Appensus es in staterâ et inventus es minus habens. ( Daniel, vers. 27. ) Cette idée est encore plus clairement exprimée dans Esther ( cap. x, x. ) : Et duas sortes esse prœcepitj unam populi Dei et alteram cunctarum gentium. On lit dans Job : TJlinam appenderentur peecata mea, quibus iram meruij et calamitas quant patior, in staterâ; et ailleurs : Appendat me in staterâ justitiœj et agnoscet Deus perfection 7ie7)i meam.

(93) Pag. 178.

Dans Homère, Jupiter est le maître du destin qui n'est autre chose que ses volontés , et il peut les révoqner. « Voyons, dit Jupiter en parlant d'Hector poursuivi par Achille ( cant. xxn. ), délibérons si nous le sauverons de la mort, ou si nous ferons succomber sa valeur sous les efforts d'Achille. — Quoi, répond Minerve, vous voudriez encore arracher des bras de la mort un homme qui est livré depuis long-temps à sa destinée, et dont le moment fatal est arrivé? Vous le pouvez, mais, etc. On retrouve les mêmes idées dans le xvie chant. Jupiter, voyant le danger de Sarpédon, fut touché de compassion : ce Mon cœur combattu, dit-il, ne sait à quoi se déterminer, dois-je l'arracher au danger qui

le menace? — Quoi! vous arracheriez des bras de la mort , répondit Junon, un mortel que le destin a condamné depuis long-temps ! Satisfaites-vous, mais je vous avertis que tout ce que nous sommes de dieux sur l'Olympe n'approuverons pas cette tendresse hors de saison. » Dans Xrlcriture sainte , Dieu révoque quelquefois ses décrets, par exemple le roi Ezéchias fait changer, par ses prières et ses larmes, l'arrêt de sa mort, et obtient encore quinze ans de vie. ( Rois\, iv, 20. )

(94) PaS- 179-

Plutarque nous apprend ( Traité de la manière de lire les poètes. ) que Eschyle prit, dans cette fiction d'Homère, le sujet d'une tragédie qu'il intitula le Poids et la Balance des Ames. — Dans le xvi° chant de Y Iliade , Hector, connaissant le funeste penchant des fatales balances de Jupiter, quitte le combat qui s'était engagé auprès du corps de Sarpédon, monte avec précipitation sur son char, fuit les murs de Troie, et engage les autres Troyens à l'imiter.

(95) Png. i|3,

N'y ayant point d'autre dieu, dit Socrate, qui soit la cause de la vie de tous les hommes et de tous les animaux, c'est à bon droit qu'il a été appelé Zeus et Dios, deux mots qui réunis signifient, par qui nous vivons. — Phuriuitus dit que le premier des dieux a été appelé Zeus, quod causa sit vivendi viventibus. — On lit dans Laetance ( De fais a Reli- (jionCj lib. 1, cap. Kl. ) : Zeusy sioe Zeu appelatûs estj, quod vitœ sit dalorj vel quod animantibus. inspiret animas \, quœ virtus solius deiest.

(96) Pag. .8,|.

Plusieurs anciens pères ont enseigné que Dieu n'avait pas de nom. Deo nomen non estj, quia solus est,, nec opus est pro-

prio rovahulo riïsi cïim discrimeri exiijil multitude , ut unanï- (j ua niq no personarti suâ nota et appeliatlone désignes : deo

au/cm, quià souper un us est, proprium nomen est Deux. ( Lactaiït. Institut, divin, — Piiilo. Denomin. commentario. — Justin, martyr. Exhortatio ad Giwcos. — Clem. Alexan. Stromat. lib. i. ) — Platon dit, clans le Parménidej qu'aucun nom n'a été donné a Dieu, qu'il ne peut être défini, ({lie la science ne peut le saisir, qu'on ne peut avoir de lui aucune opinion complète; c'est pourquoi il ne peut être nommé ni exprimé. — On lit dans Hermès trismégiste : Deus unUSj hic autem unus nomine non egetj est enim ens sine nomine ; et ailleurs : Cujus nomen nec oratione cwpi potest.

Deus hened ictus imper at tribus temporibus „ prœterilOj jprœsenti etfuturOj et nomen ( Jehovah. J solum complectitiutria ista tempora. ( R. Bêchai. In Exod. fol. 65, col. [\. ) Et plus loin en reproduisant la même idée, il ajoute : Jjtnotuin est omnibus. (Voir Scliedius. De diis GermaniSjCd.]). xn. — Perer. Zanch. Buxtorf. ) — Il y a dans l'hébreu, dit D. Calmet, le terme eheihj qui est la troisième personne du futur du verbe haiah, je suis. Le nom de Jéhovah vient du verbe havahj j'existe, qui est à la troisième personne du futur. On peut remarquer dans les livres saints qu'on emploie souvent le futur pour le présent, surtout pour les personnes.

(98) Pag. 180.

a C'est retomber dans l'idée du temps, dit Fénélon ( Existence de Dieuj 11, v. ), et confondre tout, que de vouloir imaginer en dieu rien qui ait rapport à aucune succession ; en lui rien ne dure, parce que rien ne passe, rien n'a été, rien ne sera, tout est fixe, » ( Voir Mallebranche.

(4?6) Recherch. de la Mérité; iv, n. ) — Les Indiens donnent au souverain être le surnom d'immobile , panamanack. ( Bernier. liv. m. ) — Il n'y a que l'immobile qui soit immuable, dit Voltaire. ( Questions sur l'Encyclopédie. ) Le temps j cette image mobile De r immobile éternité.

( J.-B. Rouss. od. ni, 2. ) Dieu dit au mouvement : ce Du temps sois la mesure. » II dit à la nature :

« he temps sera pour vouSj V éternité pour moi. »

( Thomas, od. Sur le Temps. ) Dieu dit à Moïse : ce Je suis celui qui suis; ainsi tu diras aux fils d'Israël : Celui qui est m'a envoyé vers vous. ( Exod. m, \l\. ) y>

(99) Pag- l8^- Dans le chapitre vi de Y Exode ( vers. 2, 3. ) le Seigneur dit : (c Je suis le Seigneur qui ai apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu tout-puissant; mais je ne leur ai point révélé mon nom, Aïïonaï. L'hébreu porte : Mais je ne leur ai point fait connaître mon nom, Jehovah. Les Septante ont mis partout KyrioSj le Seigneur. Les versions orientales n'ont pas voulu, par respect, exprimer le nom incommunicable de Jehovah.

(100) Pag. 187.

Suivant le P. Lafitau ( Mœurs des Sauvages américains ■, tom. 1, pag. i33. ) le premier des noms, donnés par les Iroquois et les Hurons à la divinité, est celui de Garouhia„ qui signifie également Dieu, ou le maître du ciel, le ciel matériel et l'air ; le second, est celui de 0?iagonJ, qui signifie embrasser étroitement, affermir, assurer de tous côtés, celui qui affermit le ciel de toutes parts. Ceci rappelle ce que dit Hérodote de la religion des Perses, qu'ils donnaient autour

( 477 ) du ciel le nom de Jupiter, c'est son extrême circonférence qui réunissait toute L'essence divine. Les peuples du Pérou L'appelaient Le Pachacamdc ou l'Être suprême, Viracocha, le dieu qui donne l'être. Chez les Chinois, il était appelé le Tienchuj c'est-à-dire le maître du ciel, et le Xang-tij le souverain empereur et le souverain maître; chez les Indiens, le Kertarj celui qui a fait toutes choses, et le Serjanhkr^ le dieu producteur. — Suivant Bernier ( Voyage j tom. n, pag. i3c). ), les trois personnages de la triade indienne signifient : Brahma, pénétrant en toutes choses, Beschen ou Vishnouj existant en toutes choses, Mehahden ou Routren^ grand seigneur, ayant la puissance de détruire, et chargé de cette mission : c'était le dieu suprême, considéré sous

trois rapports.

(101) Pag. 188.

Sed ip.se Jupiter j ici est juvans pater, quem conversis casibus appellamus àjuvando Jovem, à poetis pater divûm hominumque dicitur- majorïbus autem nostris,, optimus maximuSj, ïd est he?iejicientssimuSj quàm maximuSj quia majus estj certeque gratins prodesse omnibus , quàm opes magnas habere. ( Cicer. De Nat. deor. lib. 11. )

Ii hahiti smit diij à quibus magna utilitas ad vitœ cultum esset inventa j ipsasque res utiles et salutaires deorum esse vocabulis nuncupatas : ut ne hoc quidem diceretj Ma inventa esse deorumjSedipsa divina. ( Cicer. De Nat. deor. lib. 1, pag. 60. )

Les habitants de la nouvelle Albion, clitDrach, prenaient les Anglais pour des dieux, et ils leur rendaient les honneurs divins, parce qu'en leur montrant leurs plaies, ils en recevaient des emplâtres et des onguents qui les guérissaient. ( Drach. Voyages. ) Tom. 1. 60

(io3) Pag. 188.

Tit.-Liv. lib. 1, cap. xxxi. — Il y a plus, les Grecs des premiers temps ; maltraitaient leurs divinités on sait que c'est l'usage de tous les Sauvages. Théocrite ( Idyl. vu, vers. ïo6. ) le rappelle au dieu Pan : ce Si tu m'accordes la faveur que je te demande, puissent les enfants de l'Arcadie ne plus te frapper les flancs à coups de squilles, quand ils auront fait une chasse malheureuse! » Hésiode indique, comme punition des dieux parjures, la destruction de leurs temples, de leurs autels et de leurs statues.

(io4) Pag. 188.

Hommes ai deos nullâ re proplus acceduntj quam salutem hominibus dando. ( Cicer. Orat. pro Ligario. ) Cette théologie des païens est conforme à celle des chrétiens. Yoici les belles paroles de S. Grégoire de Nazianze : Esto misera Deus, Dei misericordiam imitando. Nihil enim tam ex Deo habet mortaliSj quam ut bénéficia largiatur. ( S. Gregor. Nazianz. De amorepauperum. )

(io5) Pag. 188.

Plin. lib. il, cap. vu. Deus est ??iartaliJ juvare mariaient , et hœc ad œlernaui ijloriam via. ïîae proceres iûre Romani... Hic estvetustissimus referendi bene merentïbus ijraliam moSj al tah>ï numinibus adscribantur.

(10G) Pag. 189.

Sehec. Hist. nat. lib. rt, cap. \i,i. — La Fontaine a fait de cette idée sa fable de Jupiter et des tonnerres, liv. vin,

fabl. xx.

(107) Pag. 191.

Calant et nig-rum laurumJEgyptii qiiem Onvphim vacitant. ( TElian. De animal, lib. xu, cap. xi. ) Onuphik est le même mot que enuphiSj anuphisj cnuphiSj il signifie bon.

(ip8) Pag. H)'a Les Eg} ptiens, dit Eïor Apollon, pour exprimer l'inondation du Nil, peignaient trois grands vases : le premier de ces vases représentait l'eau que l'Egypte produit d'ellemême ; le second, celle qui vient de l'Océan en Egypte au temps de L'inondation ; et le troisième, les eaux des pluies qui, à l'époque de la crue du Nil, tombent dans les parties méiid ion aies de l'Ethiopie. (Hor. Apoll. Hieràgtyjph. lib. i, § xxi, pag. 36 et 38, edit. de Pairw. ) :»

(109) Pag. 192.

Sub tali symbolo (serpentis inlegri) désignant etiam spiritum illunij qui universum mundum permeat. ( Hor. Apoll. Ilieroglyph. lib. 1, cap. lxiv. )

(110) Pag. 192.

Malgré les innovations introduites en Egypte sur les représentations de Kneph, l'usage de représenter ce dieu par le serpent était très-fréquent sous les empereurs romains, comme on le voit par une médaille de Néron souvent citée par les antiquaires, avec cette inscription : Neos agathos daimôn. Les pierres des Gnostiques, sur lesquelles on lit enuphiSj représentent un serpent ou agathodémon, par lequel ils donnent le symbole du Christ.

(111) Pag. 193.

Plutarque, cédant aux idées métaphysiques de son siècle, prétend que les habitants dclaThébaïde ne payaient aucun impôt pour le culte et les funérailles des animaux sacrés, parce qu'ils n'en adoraient aucun, qu'ils ne reconnaissaient aucun dieu mortel, mais seulement celui qu'ils appelaient Kneph qui était inengendré et immortel. Cette opinion de Plutarque est fausse. Les habitants de la Thébaïde adoraient

( 48° ) des animaux, comme les autres habitants de l'Egypte. Nonseulement ils adoraient le bélier en l'honneur d'Ammon, mais ils adoraient l'aigle. ( Diod. Sic. lib. i, pag. 76. ) Hérodote atteste même que les Thébains rendaient des honneurs au crocodile qui était regardé par les autres Egyptiens comme uu animal impur. Le dieu Kneph lui-même, dont Plutarque oppose le culte à celui des animaux, n'était pas adoré par les Thébains autrement que sous le symbole du serpent; c'est ce que nous apprend encore Hérodote ( lib. 11, § i,xiv. ), suivant le témoignage duquel il y avait autour de Thèbes des serpents sacrés qu'on enterrait dans le temple d'Ammon après leur mort.

(112) Pag. 193.

On trouve fréquemment dans les écrivains sacrés, unihrœ alartinij tegminis alarum j,v clament lalamm. — Yoici l'interprétation qu'Eusèbe donne de l'aile qui était placée sur la tête de Kneph : Quod mens cognitu dijficilis est, et abscondita^ ?iec palàm appa?*ens et quod vita?n prœstatj et quod regina est, et quod more intelligentis rei moveturj quamobrem etalœ ortus in capite est. Le Pseudo Athénagorc [In Eroth. lib. vi. ) prétend que lesThébains appelèrent Dieu Knephaionj parce qu'il ne peut être compris par l'esprit, ni aperçu par les yeux . Ce terme grec, dit-il, signifie obscurunij tenebrosum et minime adspectabilem. Ce mot, suivant Huet, dérive du mot égyptien, kneph j qui a été transporté dans la langue grecque; c'est pourquoi l'Etre suprême" a été nommé Knephaios en grec, et a été ombragé d'une ombelle, symbolum mentis cognitu difficiliSj et eccultœ nec palàm apparcntis. Moïse ( Exod. xxxni, 20. ), David ( psalm. 17, 12. ), Salomon ( xcvi, 2. ), Isaïe ( xlv, i5. ) font parler Dieu dans le même sens. La doctrine d'Orphée est la même dans Eusèbe : Ipsum autem non video j nubcs eurn circumstitit. (Euscb. lib. xni, cap. 11.)

(>i3) Pag. 196. Plntarquc, dans son traité : S? il est permis de manger de ïu chair j introduit un homme du premier âge dunionde qui Fait un tableau touchant du genre de vie malheureux des premiers habitants de l'univers, ce La faim ne nous quittait

jamais et lorsqu'on pouvait trouver du gland, hélas!

nous dansions de joie autour du chêne en chantant les louanges de la terre, nous n'avions pas de fêtes et de plaisirs que ceux-là, et tout le reste de notre vie n'était que douleur, pauvreté et tristesse! »

( 1 1 4) Pap. 200.

Les poètes ont placé ces combats aux environs de Pallène, ville de Thrace. (Horat. lib. 11, od. rx, vers. 6. — Non nus Dionys. lib. xt/viii, vers. 35. ) Cette ville donna aussi son nom à une péninsule que l'on disait habitée par les géants. ( Eustath. Ad Diony-9. Perieg. vers. 33o. ) Ces lieux furent nommés Phlégréens, parce que le feu de la foudre y consuma les géants. On montrait aussi en Campanie des champs phlégréens. Les anciens ont placé les champs phlégréens nonseulement dans la Thrace, la Chersonèse de Thrace, et la Campanie, mais en plusieurs autres endroits différents. Diodore de Sicile veut qu'ils soient auprès de dîmes; Polybe, entre Capoue et le Vésuve; d'autres les placent dans la Thessalie. Les géants, tués par Hercule, furent ensevelis sous l'île de Mycon. ( Eustath. Ibid. vers. 358, 525.) Ce héros les combattit encore sur le mont Dindvme, où Junon son ennemie les avait nourris. ( Apol. Rod. lib. 1, vers. 1000.) Le combat des géants s'était encore livré dans la vallée de Bathos, en Arcadie. ( Plut. De oracul. ) C'était dans cette vallée que les Arcadiens allaient sacrifier aux tempêtes, aux éclairs et au tonnerre , et qu'ils contrefaisaient ces

météores et ces phénomènes par un grand bruit. ( Plut.

Ibid. )

(n5) Pag. 201.

Chez les Persans, ce sont les géants qui causent les frimas ; rien de plus célèbre parmi les Scandinaves que les géants de la gelée.

(116) Pag. 2o3.

Josephe dit ( Antiq. lib. 1, cap. iv. ) que plusieurs anges s'étant approchés des filles des hommes, elles en eurent des fils insolents qui, se fiant trop sur leurs forces, méprisèrent toute justice, et entreprirent des choses toutes semblables à celles des anciens titans. (Sulp. Sev. Hist. lib. 1. )

(117) Pag. 204.

On trouve dans YÈcrUure la mention de plusieurs races de géants : les Àmorrhéens ( Amos. xi, 9. ) les Pvéphaims, peuple qui demeurait à l'orient de la mer Morte, et que Moïse appelait Emim ; Goliath était de la race des Réphaims; la vallée dos Réphaims, ancienne demeure de ces géants, était peu éloignée de Jérusalem (Josué. xv, 8. ); les Zomzoniens qui furent vaincus par les Ammonites; les fils d'Enac qui avaient leur demeure dans la partie méridionale de la Palestine. ( Num. xiii, 23, 24, 34. ) On peut voir les rêveries rabbiniques sur les géants et sur Adam, le plus grand d'entre eux. ( Bartplldçi. Bibliolh. rabbin, tom. 1, pag. (35, lib. ir, exerc. vin, cap. xi, art. \iv. ) Saint Jérôme paraît avoir partagé l'opinion des rabbins sur Adam, le plus grand de tous les géants. Le lit d'Og, roi de Basan, au sujet duquel plusieurs rabbins ont débité tant d'extravagances, avaitneuf coudées, c'est-à-dire treize pieds, suivant les propres termes de Y Écriture. ( Deuleronom. m. )

Les Grecs, comme les Juifs et tous les peuples de l'anù-

quité, avaienl conservé l'idée d'hommes d'une taille extraordinaire, leur Hercule avait huit pieds. On pou! voir Eusèbe ( Prœp, cramj. !il>. rv, cap. xrv. ), sur la laine des dix rois de Chaldée qui vivaient avant le déluge; Pausanias

( Allie, cap. x*\v. ), sur le tombeau d'Ajax, sur là taille d' VsU'i i us, d'Hyllus et de Geryon; et Plutarque ( Vie de Sertorius. ), sur celle d'Oronte et d'Antée. Le Grecs donnaient à Orcste sept coudées, ou dix pieds et demi. En général, les anciens ont cru que les hommes allaient en décroissant. Homère se plaignait que de son temps les corps étaient plus petits que ceux des anciens.

Nam genus hoc vivo jam tlecfesçebat Homero. ( Juvenal satyr. xv. )

Ja mque adeô frac ta est se tas, etc.

( Lûcret. lib. 11. )

Un académicien (Henrion) apporta un jour à l'académie une espèce de table ou d'échelle chronologique, sur la dilférence de la taille des hommes, depuis la création du monde jusqu'à Jésus-Christ. Il assigne à Adam cent vingt-trois pieds neuf pouces de haut, et à Eve, cent dix-huit pieds neuf pouces trois quarts. Noé avait déjà vingt pieds de moins qu'Adam, Abraham n'en avait plus que vingt-huit, Moïse treize, Hercule dix, ainsi des autres en diminuant. Heureusement que cette progression décroissante s'est arrêtée, car à peine pourrions-nous maintenant compter parmi les insectes. ( Elog e âfHenrionj par de Boze, tom. v, pag. 479 des Mémoires de l'académie des Inscriptions et belles Lettres. )

(118) Pag. 206.

Chez les Assyriens, on voyait aussi l'effrayante peinture de ces monstres à la porte des temples de Bélus.

(n 9) Pag« i°6- Homère. Ihjmn. a Apollon j vers 3o5. — Le récit de Stesichoré, cité par le grand éivmologiste( Voc. typhœus. ), s'accorde avec Homère. Le récit d'Apollodore est tiré de la Théogonie d'Hésiode, Apoîlodore a beaucoup ajouté au récit d'Hésiode, d'après des poètes plus modernes.

(120) Pag. 210

Ccelesiis omnium pare?is est Jup iter (Sophocl. In Trach.), pater imprimis dictus est Jupiter obecun quam erga omnia, creala elcondita benevolentianij ac omnium rerum providentiam habereexistimabitur. ( Gvrald. pag. 7, 8. ) Oubd sinqulorum summu cum benevolentia curam liaberetj etveluti dux esset rectè pibque vioendi. ( Diod. Sic. ) Jupiter ideb dictas quia nwrtales atque arbores lierbasque omnes juc&t. ( Yarro.

— Voir Servius. In JEneid. lib. rx, vers. 128. — Vhgil. JEneid. vers. 690. — JEschvl. Sept. Theb. vers. 5, 8.

— Plutar. Parall. )

(121) Pag. 211.

Suivant Hérodote et Origène , les Scvthes adoraient Jupitei-Pappœus. Les Bithyniens avaient coutume démonter sur le sommet des montages, de saluer et d'adorer Jupiter-Puppœus . ( Arrian. In Bithynias. ) Ni les Grecs ni les Latins ne nient que pappœus signifie père ; c'est de là cpie le pontife de Rome a pris le nom de Pape.

(1 22) Pag. 211.

Le temple de Jupiter-Sauveur, à Trézène, avait été bâti, suivant la tradition des Trézéniens, par Aétius, fils d'Anthas, durant son règne. ( Pausan. Corinth. cap. xxxi. )

(i23) Pag. 211.

Ces statues en marbre pentélkpie étaient l'ouvrage de

( 485 ) Céphisodote et deXénophon, sculpteurs athéniens. ( Pans.

A rend. cap. xvx. )

(124) Pag. 211.

Dans la partie de l'enceinte qui était en plein air, il y avait des statues d'hommes célèbres. Il est probable que tout cela avait élé enlevé du temps de Pline, car il ne parle que de l'autel de Jupiter qui était un ouvrage admirable de Céphisodote. ( Plin. lib. iv, pag. 665. ) Cet artiste avait aussi fait la statue de Mi?ierve-SoteiraJ qu'on voyait dans la même enceinte. Lycurgue indique cette enceinte et ce temple consacrés à Jujjiter-Soter et à Minerve-Soteira^ dans son discours (In Leocrat. ). Strabon parle du temple deJupiter- Soter en ces termes : Sed mu/ta beïïa murum dej'ecerunt; et munychiœ munitionenij ac Pyrœum redegerunt in vicum exiguunij qui est arl portus et ad fanum Jovis-Servatorïs. L'autel fait par Céphisodote fut construit avec les trente talents qui avaient été tirés du trésor public de la ville pour Démosthènes, comme nous l'apprend Plutarque, dans la vie de ce célèbre orateur. Ce temple est le même que celui dont parlent les députés des Athéniens aux Etoliens. ( Tit.-Liv. lib. xxxi. — Voir Plutarque, dans la Vie d'Aratus et MeursiuSj tom. 1, pag. 5 61.)

(i25) Pag. 212.

Pausan. Elid. cap. v. — Aristotime, qui s'était emparé du pouvoir suprême dans l'Elide par la protection d'Antigone, roi de Macédoine, fut tué au bout de six mois par Cvlon, qui le frappa de sa propre main, à Elis, sur l'autel de Jupiter-Soter où il s'était réfugié.

(126) Pag. 2i5.

Les mêmes honneurs furent rendus à Léocrite, fils de Protarchus, dont le bouclier fut consacré dans le temple de Tom. 1. 6i

( 486 ) Jupiïer-Eleutheriosj en son nom et ses exploits furent inscrits. Il fut tué dans le combat livré aux Macédoniens par Olympiodore qui délivra Athènes de leur joug, et où Léocrite montra le plus de valeur. ( Pausan. Attic. cap. xxvi. )

(127) Pag. 216.

Cicer. Ad Attic. lib. vi, epist. 1.

Intereà Tacito passu labentibus annis Liberior fratri sumpta mikique toga est.

(Ovid. Trist. iv, eleg. ix.)

Quem non corrumpit pubes effrena^ JYovœque Libellas prope rata togœ.

( Slat. Sylv. lib. v. )

On trouve le simulacre de Juno-Sospita sur plusieurs médailles romaines. Martianus Capella fait mention, en ces termes, de cette déesse et de son génie ( lib. 1. ) : Junonis verb Sospitœ genius accitus ex nonâ regione.

(129) Pag. 219.

Etymologicum magnum , H. V. — On célébrait cette fête en Yhonneixr de Jupiter-Poliœosj cest-k-dire honoré dans la citadelle, dit l'auteur de XEtymologicum magnum; car on disait la ville Polis pouf la citadelle Acropolis. Il ajoute que ce n'était pas seulement à Athènes que polis signifiait la citadelle, mais encore dans beaucoup d'autres villes de la Grèce.

(i3o) Pag. 219.

Callimaq. Hymn. ad Jovem. — Aristide, dans Y Hymne à Jupiter 'j dit que Jupiter présidait aux citadelles, et de là il veillait à la justice. — Eschyle a dit dans les Suppliantes ( vers. 388. ) :

( 4«7 ) lllum ex alto speculatorem rcspice, custodem /Erumnosorum mortalium .

(i3i) Pag. 219.

SuivantPlutarque, lesLydiens adoraient JupUer-udscrœoSj

et lui sacrifiaient les premiers fruits. Mais il n'est pas douteux qu'il y ait faute dans Plutarque, et qu'il faille lire aeraios au lieu de ascraios; si l'on considère qu'il n'est fait mention dans aucun autre auteur de Jupiter- Ascraios , et que Smyrne, où Jupiter- Aeraios était en grande vénération, était proche de la Lydie.

(i32) Pag. 220.

Aussi Aristide, dans sa Complainte sur la ruine de cette ville, invoque-t-il Jupiter en ces termes : O Jupiter j quid agam ? ufrùm tacebo collapsa Smyma ? et il dit. dans sa Palinodie : Sed Jupiter prœsesj et deoe huj'us urbis tutelcu*es. En son premier discours, il dit que les enfants de Smyrne avaient coutume de chanter un hymne qui commence ainsi : Jovis summum celebro numen.

(i33) Pag. 220.

Cuper, dans ses notes sur Lactance ( tom. 11, pag. 45.2. ), rapporte une inscription élégante qui lui a été envoyée de Smyrne, et qui rappelle Jupiter- Aeraios.

(i34) Pag. 221.

Sénèque dit ( Hère. Oet. act. m, vers 782. . ) : Hâc rupe cehâj nulla quam nubes feritj Annosa fulgent templa Cœnei Jovis, Farnabius remarque sur ce passage : Jovi in sunmiis montibus sacra Jacere solemniaj utpote deorum summo.

(i35) Pag. 222.

Maxim. Tyr. Dissert, vin, pag. 87. — On trouve sur

( 488 ) quelques médailles romaines les dieux présidant aux montagnes, dii monteuses. Cette dénomination générale est rare chez les auteurs anciens. Le poète chrétien Commodianus les appelle Monteses dans ses vers grossiers. Ces dieux des montagnes étaient Jupiter même, surnommé Epacrios , montanusj Cybèle ou Rhéa, surnommée Montigena ou Montium dea ( De metris, lib. ni. ) ; Apollon, Diane, etc. étaient aussi du nombre des dieux des montagnes.

(i36) Pag. 222.

Sur ce passage de l'Evangile : Quo tempore assumpsit illum diabolus in montent excelsum valde j voici la remarque d'Eusèbe : Rursùs Jiguratiùs etiam in montes accipimus^ illum simulaclirorum cultum quiprius in montibus frequentabaturj et in iis ejfficaciam suam ostendentes universabilis principatûs et potestatiSj quas non leviter Salvatoris noslri concussit commovitque doctrina.

(137) Pag. 222.

Reg. n, cap. xvn, vers. 32, 33. — Reg. 1, cap. xv, vers. 2 et 1 1 . — Paralipomen. cap. xv, vers. 2 et 1 1 . — Voir le 11e chant des Argonautiques par Apollonius de Rhodes.

(i38) Pag. 222.

Altaria ab allitudine dicta suntj qubd antiqui dits super is in œdificiis à tert^â exaltatis sacra faciebant ( Pompeius Festus. J Lutatius lui donne la même étymologie : Cœlitibus sacrificamus extructisfociSj unde etiam nominatasunt altaria j qubd sacrificantes manus porrigimus inaltum. Aussi Mélanthes, dit-il, dans son livre de Sacrifie iis : Omnis aulem Jouis mons appellaturj quoniàm mos fuit antiquorum ut altissimos Deo exislentij in sublimi loco sacrificarent.

(.3()) Pag. 223.

Sénèque partage l'opinion de saint Augustin : Nonquemadmodùm historici tradideruntj ex eo qubd^post votumsuscepturrij acies Romanorum fugientium stetitj sed qubd stant bénéficia cjus oniniiij stator stabititorque est. ( Senec. De

BeneficiiSj lib. iv. )

(î/fo) Pag. 224.

Magna dits immortalihus habenda est gratta; alque huic ipsi Jovi Statori antiquissinw custodi Tivjus urbisj qubd liane tam tetramj tain liorribilem tamque infestant reipublicœ peste m totiesjam ejfugimus .

(i40 Pag- 22^- Les rois ont été appelés Anactes par les anciens, qubd curant habeant subditorum. Le mot anaxj dit Eustathe, signifie rex et diosj divus, et il a été appliqué aux hommes supérieurs, qui sont au-dessus des autres, à l'instar de dios, Jupiter; de là ils ont été appelé divij divins. Euripide dit qu'il y a dans le mot anax une force divine.

(14.2) Pag. 228.

JEdïbus in mediisj nudoque sub œtheris axe, Ingens ara fuit juxtaque veterrima laurus Incumbens artBj atque untbrâ complexa pénates, (Virgil. JSneid.) Virgile, pour rendre Néoptolème plus odieux, nous le peint massacrant impitoyablement Priam sur cet autel. Pausanias atteste le fait comme Virgile. ( Messen. cap. xvn. ) Néoptolème, dit-il, pour avoir tué Priam sur l'autel de Jupiter-Hercien, fut égorgé lui-même à Delphes sur celui d'Apollon; et depuis ce temps-là on nomme punition de Néoptolème , toute punition pareille à l'offense. Cette tradition avait été généralement adoptée dans la Grèce.

(490) La mère d'Alexandre descendait, dit-on, d'Achille et d'Eaque, et par les femmes, d'Andromaque, fille d'Eétion, roi des Ciliciens du mont Ida. Aussi accorda-t-il de grands privilèges aux habitants d'Ilion, et sacrifia-t-il en même temps, sur l'autel de Jupzter-Herciosj aux mânes de Priam, pour adoucir sa colère contre les descendants de Néoptolème, fils d'Achille. Mais Polygnote, dans son tableau représentant la prise de Troie, nous montre avec bien plus de vraisemblance Priam tué par hasard devant la porte de son palais. ( Académ. des Inscript, tom. vi, pag. 456, 457. ), ce Si nous en croyons le poète Leschée, dit Pausanias ( Phoc. cap. xxv. ), Priam ne fut pas tué devant l'autel de Jupiter- Hercéen, mais il en fut seulement arraché par force; et ce malheureux roi se traîna ensuite jusques devant la porte de son palais, où il rencontra Néoptolème qui n'eut pas de peine à lui ôter le peu de vie que sa vieillesse et ses infortunes lui avaient laissé. » — Ovide dit en parlant de Priam : Oui nihil Hercei yrofuit ara Jovis.

(i43) Pag. 228.

Hercœus Jupiter intra conseptum domûs cujusque colebaturj quem etiam deuni pénétraient appellabant. — Servius a dit de même : D ictus autem Jupiter HercœtiSj quia ara ej'us erat intra aulam et septumparietem œdificata^ quod grœcè ercos dicitur. (JEneid. lib. Hivers. 5o5. )

(44) Pag. 229.

Le Scholiaste d'Aristophane {Ad Nubes injinem. ) est en

contradiction avec Platon, lorsqu'il dit qu'il y avait un

Jupiter-Patroos à Athènes. D'ailleurs aucun monument ne

l'indique.

(i45) Pag. 229.

On trouve le même fait dans les commentaires sur les A rgo nautiques d'Apollonius de Rhodes.

( 49i ) (i./j6) Pag. a3o.

On lit dans Julius Pollux ( lib. m, cap. iv. ) : Et dii tri~ lûtes,, amicitïœque pnrsidcs ; templumvero in quod conceniebant Tribule dicebatur,

(i47) Pag. 23>.

Suidas. — Suivant Scaliger ( Animad. in Euseb. Chron,

pag. 57.), anarruein signifie dans l'ancien langage tlmeirij,

immoler : on appelait les sacrifices de ce jour anarrymeta,

(i48) Pag. 234.

Théodoret dit ( Therapéui. vu. ) : Illis et festos dzes, et solemnes conventuSj et publica epula, peragere injunxit loge malus liominum genius. Pandia quideni etdiasaJovi.

(149) Pag. 234.

C'est pourquoi Strepsiades dit dans les Nuées d'Aristophane :

Quem primum obolum accepi congi'egatoriunij Eo emi tibifesto Jovis curriculum,

(i5o) Pag. 235.

On célébrait à Pallène, dans l'Achaïe, des fêtes consacrées à Jupiter qui étaient appelées diia., où le prix était une espèce

de manteau.

(i5i) Pag. 235.

Ce palais était proche le temple de la mère des dieux ( le Metroum. ) Le temple de Jupiter-Boulaios et le lieu de l'assemblée du sénat avaient été bâtis dans le portique qui était derrière le portique Royal ; ces portiques allaient de la ville d'Athènes au Céramique.

(i52) Pag. 236.

Suidas. Voc. omoloios* Dans le dialecte éolien, omolos

(490 signifie concors et pacifiais, d'où est venu le nom de omoloiosj donné à Jupiter. Suivant le témoignage de Pausanias, la septième porte de Thèbes s'appelait Omoloidj c'est pourquoi Stace a dit ( lib. vu. ) :

Ouem celsus aliéna Sphingeper ingénies homoloidas exeat hanon.

(i53) Pag. 236.

On lit dans le scholiaste de Théocrite ( Id. vu ) : Et Aristodemus tJiebanuSj inquibus defesto omoloiorum.

(i54) Pag. 238.

Phurnutus. — Arati SchoL grœc. — Pausanias. Achaic.

cap. xxrv.

(i55) Pag. 238.

Pausanias prétend que Jupiter a pris le surnom à'Omogijriesjiparce qu'Agamemnon rassembla à TEgiiim les principaux des Grecs, pour tenir conseil avec eux sur la guerre qu'ils devaient porter dans les états de Priam.

(i56) Pag. 238.

Ce Jupiter, selon Eratosthène (Apud Eustath. in Dionys.)

était surnommé Tharsius. — Tristan. Corn, kist, tom. u,

(i57) Pag. 239.

Le comte Pecchio, dans le récit qu'il fait de son voyage de la Grèce en 1826, dit que les habitants de l'île d'Egine observent encore à présent les lois d'une généreuse hospitalité. Ils firent promettre au comte de revenir à Egine pour visiter le temple de Jupiter-Panhellénien. Il revint et visita ce temple dont les restes, qui ne consistent plus qu'en vingttrois colonnes, sont placés sur une montagne à quatre lieues du port. ( Tableau de la Grèce en 1826, pag. 33(3. )

( 493 ) (.58) Pag. ,4,.

C'est ce qui Va. fait appeler par Virgile : Cap i lo/ii immobile saxum.

Voir Titc-Livc, Denys d'Halicarnasse, Plutarque, Ovi<îe et saint Augustin ( De civil. Dci. ) sur cette résistance du dieu Terme. — Erasme lit allusion à ce fait lorsqu'il prit pour sa devise un terme avec ces mots : Concedo nuUL

(i5g) Pag. 241.

Voir Ovid. Fast. lib 11, vers. 63g, 684. — Pline. Huit, nat. lib. xvm, cap. 1. — Plutarch. Quœst* rom» — Van o. De ling. lat. lib. rv, cap. xrv. — S. August. De civit. Deij lib. n, cap. xxix. — Jib. rv, cap. xxm. — lib. vu,

cap. xxvii.

(160) Pag. 244*

Les bétyles étaient des pierres qu'on croyait animées, et que l'on consultait comme des oracles : c'était des espèces de théraphims. Ces pierres étaient rondes et d'une médiocre grandeur, il était facile de les porter sur soi. Isidore, comme on le voit dans sa vie décrite par Damascius ( In Photio. ), disait qu'il y avait des bétyles de différentes sortes : que les uns étaient consacrés à Saturne, d'autres à Jupiter ou au

Soleil.

C'est ce que Cicéron appelle Jovem-Lapidem jurare. — Voici le texte de Cicéron, il fait des reproches à Trébatuis d'avoir adopté les principes d'Épicure, et il lui dit : Quomodb autem iibi placebit Jovem-Lripidem jurare j cùm scias Jovem iralum esse nemini posse. ( Ëpistol. fairiih lib. vu, let. xii. ) Quid iijilur censés? jurai o per Jovem-Lapidem romano vetissimo riiu. ( Apulée. In deo Socrat. ) Tom. 1. 62

(162) Pag. 245.

Aristot. In Republ. Athen. — Philoch. Apud Harpocrat. le.v. voce litlios. Démosthènes, dans sa harangue ( In Cononem. ), dit : Adlapidem agenles et ejuranles. — Ilarpocration fait la même remarque. — J. Pollux ( Onomastic. lib. vu, cap. ix, segm. lxxxvi. ) parle de cette prière : Juraverunt Thesmolhetœ adporticum regiam vel ad lapident , se leges esse unanime cuslodituros. — Plutarque dit ( In vit. Sol. ) : Juraverunt Thesmolhetœ singuli inforo ad lapidem.

(i63) Pag. 246.

Telle fut la pierre que Josuc plaça à Sichem ; car le même usage était observé en Orient.

(164) Pag. 249.

Les pythagoriciens ont donné sur le serment civil des préceptes admirables. — Dacier. Vie de Pythagorcj Bihlioth. des philosophes j tom. 1, pag. i5o, i5 1 , 160. — Diog. Laert.

Vit. Pyth.

(i65) Pag. 261.

L'unis a les cornes fort larges et propres à cet usage : Tibi dant varia peclora tigres j LatisqueJ'eri comibus uri.

( Senec. Hyp. § r. ) Suidas rapporte le commencement de l'épigramme qui fut faite, sur ce sujet/par Adrien, avant son avènement au trône impérial ; Saumaise la rapporte tout entière dans son commentaire sur Spartien.

( j 66) Pag. 252.

Cette figure se trouve au revers d'une médaille de Trajan. Mont faucon a donné quelques médailles de Jupiler-Çasius* Dans la première et dans la seconde, Jupiter est assis devant

( 495 ) le temple. ( Montfàuc. Antiq. expliq. tom. i, pag. 4°? pi. xn. ) On trouve fréquemment sur les médailles grecques

un temple de Jupitcr-Casius.

(1G7) Pag. 252.

Achill. Tatius, tti° liv. de Clitophon et Leucippe. — Les Egyptiens appelaient atribj ou cceur de la poire, un nome qui est au cœur du Delta. Les Arabes nomment encore ce pays Riph ou Eriphj de l'ancien mot égyptien qui signifiait un fruit de l'espèce de la grenade, et semblable à la poire pour la figure. ( Fréret. tom. rx, pag. 93. )

(iGH) Pag. 253.

Plutarque, Hygin, Macrobe, Martianus CapcUa font, comme Denys d'Halicarnasse, de tous ces dieux les mêmes

dieux.

(169) Pag. 254

Virgile décrit ces pénates dans ces vers du xie livre de Y Enéide:

jEdibus in inédits nudoque sub œtheris axe Ingens ara fuit, juxtaque veterrima /au rus hicumbens arœ} atque umbram complexa pénates*

Sophocle fait mention de ' Jupiter-Ephestios ( In A j ace Mastigophoro* ) ; son Scholiaste traduit ce mot par cohabitant, domestique. — Lucien ( In Timone. ) donne au mot ephestios plusieurs significations, parmi lesquelles on remarque celle-ci : Qui prie à la maison , eph! estios* — Etienne cite Démosthènes ( In riono Bithyniacôn. ) qui dit nue Yen us était ainsi appelée in Artace.

(171) Pag. 254.

On trouve dans Virgile une distinction i ni éi èssantë reîà-

( fes )

tivement aux dieux domestiques des Romains, c'est-à-dire à leurs pénates. Au xixe livre de son passage sur les dieux, Nigidius demande si Apollon et Neptune, qui ont élevé les murs de Troie, ne sont pas les dieux pénates des Romains. Cornélius Labeo est de cet avis, et Virgile se conforme à cette opinion dans ces vers :

Sicfatus méritas aris mactabat honores ; Taurum NeptunOj tauram tibi^pukher Apollo*

Au 11e livre des Choses humaines j Vairon rapporte que Dardanus transporta de Samothrace en Phrvgie les dieux pénates des Romains, et que de Troie Enée les conduisit en Italie. Quels étaient ces dieux? c'est ce que Varron ne dit pas ; mais ceux qui s'attachent à connaître le fond des choses, assurent que ces dieux sont ceux de qui nous tenons l'existence, à qui nous devons d'avoir un corps et une âme intelligente..., Cassius Hemina dit que les dieux samothraces, les mêmes que les pénates des Romains, sont particulièrement appelés les dieux grands, les dieux bons, les dieux puissants. Virgile va nous prouver qu'il est instruit de ces particularités : Cum soçiis naloque^ pénal ibxis et magnis dis (Jiïfieid. in, 12. ), ce qui exprime bien les Theous Mégabits des Grecs. On les appelle dieux de la patrie, dit Hygin dans son ouvrage sur ces divinités. C'est aussi le nom que leur donne Virgile : Di patrii servate domunij servale Nepote?n ( Mneid. n, 702. ); et ailleurs : Patriique pénates. ( JEneià. 11, 717. ) ( Macrob. Saliwn* lib. m, cap. iv, pag. 421,422.)

N'avez-vous pas emporté, ditCicéron ( Verr. iv, 67. ), du temple de Jupiter la statue de Jupiler-Impcratorj que les Grecs appellent Urios, qui était à la fois un objet de religion

( 497 ) et un chef-d'œuvre de l'ait. — VoirGr&vius ad Vorr.,Ql les passages dos anciens sur le temple de Jupiter-Ouriosj au Bosphore, dans Taylor ( Prof, ad diss. in-legem decem-

vira/cm. )

Amen, dans le Périple dit Pant-Euxhij parle de Ouriou Dins. Il dit qu'entre le Bosphore de Thrace et la ville de Trapézonte, il y avait un temple de Jupiter-Ourios cpii était distant de Bvzance de 120 stades. Or, d'après Etienne de Byzance qui cite Ménippe, il y avait 120 stades de Byzance au temple de Jupiter-Ourios qui était situé à l'entrée du Pont-Euxin sur la cote deChalcédoine.

(173) Pag. 206.

Hérodote dit que Darius, dans son expédition contre les Scythes, ayant fait voile du coté des Cyanées, s'assit dans le temple. ( Hérod. lib. iv, § lxxxv. ) Ce temple était sur le rivage asiatique ( Tahl.peuting. segm. vin, 6. ), et à 40 stades des roches Cvanées. (Aman. Peripl. Eux. pag. 25.) Jupiter était invoqué dans ce temple sous le nom d' Uriosj parce que l'on croyait ce dieu favorable à la navigation : Ouros signifiant un vent favorable. On peut voir l'inscription gravée sur la base de la statue de ce dieu, rapportée par Spon et Wheler, et plus correctement par Chishull , dans l'appendix de ses Antiquités asiatiques.

(174) Pag- ^7.

Dio. Chrysost. Orat. 7. — St. Jérôme (InJovinianum. ) parle de ces deux Jupitcrs : Chrysippus ducendam uxorem sapienti prœcipitj, ne Jovem Gamelium et Genethlium violet.

(175) Pag. 267.

Plut. In Prohlem. — Plutarque compte Jupiter au nom des dieux des noces. Voici rémunération qu'il donne de ces dieux : Junon la parfaite, Vénus Suada, Diane Lucine.

(176) Pag. 208.

On lit dans Ennius ( Annal, lib. 1. ) : Romulus in coelo cum Diis GeniLalibus oevum

Degat.

(177) Pag. 263.

Eustathe fait dériver le mot agyœia du verbe grec agcin^ conduire. Etienne de Byzance définit le mot agyœia : Locus ostendens viam quœ ducit in urbem. — Les chemins qui étaient dans l'enceinte des villes s'appelaient agyiœ. Diane ïrivia ou Hécate avait aussi pouvoir sur les chemins.

(178) Pag. 266.

L'épithète d'Invincible donnée à Jupiter est très-rare; il n'y a peut-être que saint Augustin qui ait remarqué que Jupiter ait porté celte épithète avec celle de Victor. Les Grecs eux-mêmes ne l'ont pas appelé Anixetosj qui eût été VIno ictus des Latins. (Tristan, tom. ni. )

(179) Pag. 269.

Le titre de Nicéphore appartenait aux dieux, et s'il a été donné à quelques princes, comme aux rois de Syrie, ce fut par une sorte d'adulation qui assimilait le prince au dieu représenté sur le revers de la médaille. ( Acad* des lnscript. hist. tom. xxi , pag. 212.)

(180) Pag. 272.

Qui ah origine rerwnpro diis immortalibus veteres hast as eolueruntj ob (>ju$ rcligionis mémoriaux adhùc deorum simulac/iris hastœ additœ fuerunt. (Justin. )

Plutarch. Vit. Romuli.

08») Pag. 274.

Plutarque et les autres écrivains écrivent labradeos. Ëlicn dérive ce nom du moi gi*ec/a^ro*jépithète d'une pluie à verse, parce que Jupiter avait fait tomber dans ces lieux une pareille pluie (TElian. Denat. Animal, lib. xn, cap. xxx. ); et Tertulien d'un certain Labradeos qui secourut Jupiter dans une guerre. ( Voir Berkelius ad Stephanum Byz. in Labranda. ) C'est vraisemblablement le même que Labradus, un des trois curetés qui vivaient dans la Carie. Lactance dit (pie ce Labradus reçut Jupiter dans sa maison et l'accompagna dans toutes ses expéditions militaires; Atabyrnis, son frère, et lui bâtirent un temple à ce dieu. ( Acad. des Inscrip. tom. ix, pag. 124. )

(i83) Pag. 274.

Dans la guerre de la révolte des Grecs de l'Asie Mineure contre Darius, les Cariens livrèrent bataille aux Perses sur les bords du Marsyas. Le combat fut long et violent, mais enfui les Cariens furent obligés de céder au nombre : ceux d'entre eux qui échappèrent à cette déroute, se réfugièrent à Labranda dans le temple de JupiterStratios et dans un grand bois de platanes qui lui est consacré. ( Herod. lib. v,

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