‹ Reliques scientifiquesChapitre 108 sur 167 · Ata[n]dre, vancha[n]ce, sa[m]l)le · texte numérisé non relu

Ata[n]dre, vancha[n]ce, sa[m]l)le

3. Preer, prier; cor, cœur; anter, entier. — Là o nos seo[n]s e alo[ii]s ; ms,

laoneseos eulos, ne doit se changer évidemment en no, k. Prccs = prés, prêts, — Kat t'apelos = liant t'apelons. — Les mots qui suivent: est /inie, etc., sont en héhreu dans le texte.

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été écrite au plus tard à\x ou vingt ans après l'exécution. A en juger également par l'écriture, c'est l'œuvre d'un Juif de l'Est (Lorrain ? Champenois?) qui a, soit reproduit très inexactement l'original, soit reproduit, — sans doute avec ses fautes propres, — une copie déjà inexacte, ou la copie inexacte d'une copie de l'original. Qu'on ait sous les yeux un texte fort altéré, c'est ce qu'on peut déjà induire de la langue : c'est aussi ce que prouve incontestablement la versification.

L'élégie est en quatrains monorimes, comme nombre de petites pièces du xiii" siècle. Mais les vers sont d'une mesure singulièrement arbitraire, tantôt trop longs, tantôt trop courts. Il n'est pas vraisemblable que l'auteur de la pièce se soit amusé à faire des alexandrins aussi étranges ; d'ailleurs, pour peu qu'on lise l'élégie avec attention, on y sent un rhythme caché qui semble avoir été déformé après coup. Les phrases sont souvent embarrassées de particules qui gênent la mesure en même temps que la construction ; parfois aussi le sens parait appeler des mots qui viennent heureusement remplir la mesure. Par exemple, III, 1 : De la tre maie feJone gent, supprimez l'une des deux épithètes qui vient inutilement renchérir sur l'autre, soit tre maie, soit felone, et l'hémistiche est rétabli. III, 3. Gé! prent enjntié, l'hémistiche est évidemment : Gé! prent nos enpiiliè. IV, ^ : A Gé vif se rendi cil Ici de tos liens estet plein, ce cil Ici est singulièrement prosaïque ; qu'on le supprime, et le rhythme est rétabli en même temps que la phrase reprend une allure plus poétique. V, 1 : ele est inutile au sens et au vers. YI, 2, changez/i< elalii en s'^siaJti et le vers est exact ; de même VII, 1, si on Viifid à la place de étét. VII, 4, le sens exige la négation ne ; la mesure s'en trouve également satisfaite. On peut multiplier ces exemples : je me contenterai d'en ajouter un seul : X, 3 : d'ofrir son cors pior Gé in'ot2MS rusé. Si l'on songe qu'au xm^ siècle la forme de rusé est encore reilsé, que rusé parait seulement dans les textes au milieu du xiv'' siècle, et par suite qu'il a dû se produire dans la prononciation au plus tôt au commencement du xiv° siècle, il faut voir dans cette forme l'œuvre du copiste du Vatican, et l'on est en droit de corriger rusé en reilsé qui rétablit précisément la mesure.

De ces observations diverses ' on peut conclui'e que l'élégie a été

' Voici la liste complète des altérations :

I, 1. Remplacez Israël qm est une glose par îh/s. — 4. Supprimez nus dans nus rachet d'argent.

II, 1. « E notre déduit ■ hémistiche trop court: on peut lire à (c'est-à-dire, avec]

tôt notre déluit. ^3. ■ Ki mcdcct la Thora, etc. > Il y a là certainement une glose explicative entrée indûment dans le texte : Lire : < De ços qui la Thora avoient en lor conduit >. — 4. Vraie est également une glose interprétative.

III, 1. • La tro maie /"c/o«e jant ■ accumulation depithètes : felone est inutile ou

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composée en alexandrins (sauf la strophe finale, composée, comme il est facile de le voir, de deux vers de douze syllabes et de quatre de huit). Il n'y a pas de témérité à en essayer la restitution qui ne présente pas de sérieuses difficultés : les vers se rétablissent pour ainsi

plutôt ti-fs maie. — 3. • Pient en piti •, -vo.i est oublié. — 4 : cai\ inutile (cf. X, i).

IV, 1. Changez /■« en est et le vers est juste. Peut-être i?(abbi) est-il une glose, comme dans beaucoup d'autres vers de la pièce. — 3 : ril qui, addition mauvaise, à supprimer.

V, 1 : eh, inutile au sens et au vers. — 2. Vers tout à fait déformé : lire : [mû = mal) H fit II (lepai'z, et effacer j«o< (== multum) du second hémisticlio

— 3 : c/e dit, glose ; cf. plus bas, à XV, 2. Je, inutile au vers et au sens.

— 4. Ajoutez elc (d'enfant cle estoit grosse) ; supprimez grant. VI, 2 : fu ('hahi, lire s'cshahit. — 4 : eli dit, lire : c dit.

VII, 1. « Qui tant cict • corrigez: i qui tant fut >. — 4 : Je, inutile au vers et

au sens.

VIII, 1 : A lin, corrigez d'une. — 2 : ■ Por nient fuissent gent de feste > c'est-à-

dire: • Presque fussent geut de fiîto >. Por nient paraît une explication ayant indûment pris la place du mot propre corn (comme). — 3 : lor,])ar quoi, additious inutiles au sens et au vers. IX, 1 : conie, lire com. — 2 : bêle, glose; ajoutez il au second hémistiche, pour la mesure. — 3 : fo*, glose ; a enhardi, lire enhardit, au parfait. — 4 : ilatet, lire il ot ; S{ahii), glose ; le, inutile. X, 1 : J et Iî[alhi), inutiles. — 2: supprimez if, de (dedans). — 4 : rar, inutile

(cf. III, 4).

XI, 1 : l'tet, lire fiit (ut passim). — 2 et 3 : adon, lire don ; fêtes, lire fi'c = fai. XII, 1. Corrigez forment en fort ou supprimez hi. — 2 et 3 : ici la glose est évidente; supprimez les propositions explicatives : c'est... que, — ce n'eit ; désespérer, lire desperer. — 4 : R[abbi], glose; saret, remplacez ici encore l'imparfait par le parfait (sot).

XIII, strophe trop mutilée pour pouvoir être restituée.

XIV, 1 : i?[abbi), glose; ajoutez le [cohen). — 2 : Ki se ; il li, inutiles. — i : <',

inutile.

XV, 2. Fis[t] lo hailli, glose évidente. Dans les complaintes populaires, (elle qu'est

notre élégie, les dialogues d'ordinaire se suivent sacs indication de personnages: les dill'érenccs d'intonation dans le récit suffisent en ell'et pour Us désigner. De même V, 3 [cle dit], et cf. VII, 2 et 4, et XIV, 2. — 3 : < Ne son seint nom > : seint, glose évidente. — 4 : ■ On l'appelait R. Haiim, lo serorgo e mMre de Brinon. • ElTacez d'abord A'(abbi) : lo serorgc est une glose à supprimer : car le titre que l'on donnait à Haiim ne pouvait être que : le maître de Brinon. Lire donc : ■ On l'appcloit Haiim, le maître de Brinon >, vers excellent.

XVI, \ : i ot, supprimer i; hi fit ameni', lire soit lii fu nnni', soit, et mieux : f»

amcnf. — 2 : ■ [/» petit feu • supprimez vu. — 'i : f, inutile; menu e

soient, rétablissez la formule bien connue : e menu c soeent. — 4 : 'le Gé

vivant • : le, inulilB.

XVII, 1 : (, inutile ; de ces félons : périphrase explicative, lire des félons. — i : Ka[n]e

«'flj)c/c3[«]s, intercalez: nos.

Si l'on examine do pr6s les corrections que nous venons de faire, on constate qu'il n'j' a qu'un très petit noinbre d'additions à faire au texte (III, 3: nos; V, 4: ele ; IX, 2 : il ; XIV, i: le ; XVI, 3 : f ; et XVII, 4 : nos], additious qui s'expliquent par une simple inattention du copiste. Au contraire, ces corrections consistent presque uniquement en suppressions de mots, do particules explicatices. Il semble qu'on soit

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dire d'eux-mêmes, tant les corrections s'imposent avec évidence à l'esprit.

Dans l'essai qui suit, nous restituons les formes telles qu'elles se seraient présentées à un bon copiste français de la fin du xni° siècle, en conservant cependant les incorrections ou les particularités dialectales qu'exigent la mesure des vers et la rime, ou qui peuvent donner un cachet propre au style de l'élégie. En regard de ce texte restauré en langue commune du xin'= siècle, nous plaçons une traduction en français moderne.

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