GRAND RABBIN DE PARIS
Messieurs,
Je l'ai éprouvé déjà bien des fois, mais jamais plus vivement qu'à celte heure : il est des devoirs qu'il est aussi douloureux de remplir qu'il est impossible de s'y dérober. Si j'en croj'ais mon cœur qui est profondément bouleversé par la mort prématurée et inattendue de notre cher ami Arsène Darmesteler, je me bornerais à pleurer en silence avec ceux qui le pleurent, et à écouter avec respect la voix autorisée de juges plus compétents que moi pour retracer sa carrière et apprécier ses mérites. Mais, pasteur de la Communauté Israélite de Paris, dont Darmesteter fut un des enfants les plus dignes et les plus aimés, et, j'ose le dire, une des gloires les plus pures, je ne puis me soustraire à l'obligation de rendre à sa mémoire un pieux hommage. Attaché à Darmesteter par les liens d'une amitié qui remonte à bien des années en ar-