‹ Reliques scientifiquesChapitre 111 sur 167 · L AUTODAFÉ DE TROYES · texte numérisé non relu

L AUTODAFÉ DE TROYES

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Le sang qui coule de mes veines, j'en fais comme une libation

[de vin ;

Il montera sur l'autel enflammé, eu offrande, avec les larmes de

[mes yeux.

Ah ! célébrez les décrets de Dieu ! car mou cre'ateur a fait choix

[de moi,

Comme d'un holocauste à la fumée agréable, parfaitement saint.. .

— Car toute la communauté est sainte.

Vin Dieu nous a fait voir son grand feu dans le camp :

Maître Simson pourtant, oubliant toute sa misère, disait : « Me voici, en l'honneur de son saiut nom, brûlé, opprimé, ac-

[cable' ; J'entrerai dans son sanctuaire et, eu sa présence, je chanterai des

Son ame. Il offre comme double nourriture [cantiques. »

Ses maius, ses pieds, sa têlo, car c'est le jour du sabbat '

Son piège. Un ange séjourne autour de lui.

Il répand ses cendres saintes parmi la multitude et est rempli

[d'un zèle jaloux

Le recherche. L'oppresseur ne dominera plus,

La foule s'irritait contre lui

Troupeau saint ''.

— Car toute la communauté est sainte.

Allusion à Exode xvi, 22.

La seconde moitié de celte strophe n'existe qu'à l'état de fragment.

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IX Le mérite des ancêlrcs a-l-il doue disparu à jamais pour nous? Que sera-t-il fait à ce pauvre troupeau pour avoir été opprimé

[gratuitement "?

Si c'est un châtiment, parce que nos fautes témoiiruoul contre

[nous, Combien de motifs d'indulgence ne pouvons-nous alléguer devant

[Dieu ? Leur graisse, leur sang sont nu sacrifice expiatoire, la rançon qui

[doit nous être compte'e.

Prends donc leurs cendres et dépose-les eu Ion sein. Car ils sont un holocauste parfait, et gratuitement ils ont été'

[frappés et lorture's.

Ali ! qu'elle est grande, la colère qui nous a brisés, nous, Ion

[peuple !

Privés de toute force, nous avons été vendus d'une façon irrévo-

[cablc.

Si c'était seulement comme esclaves ou servantes, nous garderions

[le silence.

Mais nous sommes livrc's en proie à la misère, à la destruction, Au pillage, à la servitude. Re'veille-toi, Seigneur, debout ! Juge notre cause, nos regards s'attacLent à toi, O Dieu saint, Car toute la communauté est sainte !

l'autodafé de troyes 251

LE MEMOEBOCH DE M.VYENCE.

Feu M. Boutiot, dans son Histoire de Troi/es ', a publié une courte note sur l'autodafé de 1288. Cette note, comme il me l'a écrit, était prise à V Annuaire Israélite de Créhange (année 1855-1856) où se trouve une notice due à feu M Carmolj et intitulée : Un anto-da-fê ii Troyes en 12S8. Après avoir rappelé loi accusations générales qu'on portait contre les Juifs d'égorger les chrétiens, de tuer leurs enfants pour recueillir le sang, M. Carmoly s'exprime ainsi : « A Troyes, la pati'io de l'illustre Rascld, on les accusa ainsi en 1288, et, pour les punir, on les condamna au feu. Treize personnes innocentes furent brûlées vives au cri : Écoute, Israël, T Éternel, notre Dieu, l'Éternel est UN. Un ancien martyrologe qui fait partie de notre cabinet des manuscrits nous a conservé les noms de ces martyrs de la foi ; les voici :

III'M'O riDT^ ■13-1 1-111N1 D1153 -1-:1D p^î^O NCmXp?: d'in N"'j1-1373 Di-in

m2ip 'jnn Isaac Castelien, sa femme, ses deu.x enfants, et sa bru; Isaac Cohen, Salomon, fils de Pliébus, receveur ; Cliaïm de Bérigny, Chaïm de Coursan, Siméon Scribe, Bénédict d'Aviré, Rabbi Jona, et Siméon, gendre du précédent. »

Ce martyrologe, qui faisait partie du cabinet des manuscrit-; de feu Carmoly, est le Memorbach de Mayence, manuscrit qui avait appartenu d'abord à la communauté Israélite de Mayence et qui, après la mort du savant juif, est passé aux mains de M. Lehmann, rabbin de cette ville. Ce manuscrit, encore inédit, est un recueil liturgique mêlé de chroniques hébraïques, et composé à des dates diverses. Au folio 101 , on lit ce qui suit- :

' Tome I, p. 487.

• Je dois ce lexle à l'obligeance de MM. Neubauer el Isidore Loeb qui ont écrit chacua de leur côté à M. Biil de Ma3'eDce, et ont obtenu de ce savant copie du passage que nous publions. MM. Neubauer et Loeb m'ont envoyé chacun de leur côté copie de la note qu'ils avaient reçue de M. Bril. Les deux copies présentent de léiières diirérences. M. Loeb n'a pas IDw^NT donné par M. Neubauer. M. Neubauer lit Oj73 ce que M. Loeb lit ^Q'j^^■ M. Neubauer, à la lin, a '[13'tta 'm, M. Loeb "JI^MO 't. Tous deux s'accordei]t à dooner "iTiTSI qu'il l'aut corriger en i"liTN1, et N^"'ia)3, ■ de Brète • qu'il faut corriger eu 'Ji;i-1373 > de ISiiuon >. On voit que la notice du manuscrit n'est pas absolument correcte; d'ailleurs elle a été écrite par un Allemand, comme le prouve l'emploi de \'^ dans l3'''1D3'3 pour représenter Ve. Remarquons également la nolation du ch par '^, c'est-à-dire f: tilde. En général les Juifs français le notaient par p.

nr:^p ';nn iiz'ii-a 'm ,r!:Ti 'n ,1-1111x1 uinja'-i

0 Brûlés à Troyes : R. Isaac Castelain, sa femme, ses deux fils et sa bru ; R. Isaac le Cohen, R. Salmin fils de R. Vinas (?) trésorier, de Bréte, R. Ilaiim de Caorse, R. Simon scribe, R. Rendit d"Aviré, R. Jona, cl R. Simon, gendre de Kadmeneth. >'

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