‹ Reliques scientifiquesChapitre 14 sur 167 · XLVI DISCOURS PRONONCES AUX FUNERAILLES · texte numérisé non relu

XLVI DISCOURS PRONONCES AUX FUNERAILLES

qu'il devait à ses études hébraïques pour le choix et le développement de sa carrière de savant et de professeur.

Aussi éprouva-t-il une fîrande joie le jour où il rentra comme maître dans le séminaire où il avait vécu comme élève. Pendant plusieurs années, il lui fut donné d'initier nos jeunes futurs rabbins à l'histoire de la littérature française, à ses beautés, à ses grandeurs, et ceux qui ont eu la bonne fortune de l'entendre conserveront toujours le souvenir et le fruit de ses savantes leçons.

Lorsqu'il y a une dizaine d'années nous avons fondé à Patis la Société des Études juives, il fut un des premiers à applaudir à la création nouvelle. Il eut une part prépondérante dans l'élaboration de nos statuts et fut le promoteur de la Revue des Etudes juives qui tient dignement sa place dans l'ensemble des revues savantes de notre pays. Vice-président de notre société, président de notre comité de publication, il n'a pas peu contribué à imprimer à notre recueil ce caractère nettement scientifique que nous aurons à cœur de lui conserver. Lui-même nous a fourni des travaux importants qui ont été justement remarqués et qui font regretter amèrement tout ce que nous pouvions encore attendre de lui. Aussi sommes-nous reconnaissants à la fiimille de notre pauvre et cher Darmesteter d'avoir bien voulu associer officiellement notre société à ces douloureuses obsèques.

Voilà pour le savant Ceux qui le connaissaient personnellement savent ce qu'il valait comme homme et comme ami. Les rapports avec lui étaient charmants. Il unissait tant de bonté, de douceur, de bienveillance, de simplicité et de modestie à tant de science ! Avec une bonne grâce et une complaisance infinies, il mettait les trésors de son érudition à la disposition de tous les travailleurs. Il ne désirait rien tant que de rendre service. Que de jeunes gens dont il a encouragé les efforts et facilité les débuts ! Former les disciples était pour lui le [)lus grand des bonheurs : il savait leur inspirer le feu sacré et leur communiquer l'enthousiasme pour la science élevée, désintéressée, qui l'animait lui-même.

C'était un cœur excellent, un cœur d'or. De quel respect profond, de quels soins délicats il entourait ses vieux parents tant qu'il eut la satisfaction de les voir à ses côtés ! Ces dignes

Page 1