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ET LE RELATIF QUI EN ROMAN

Dans les études romanes, quand on se trouve en présence de formes obscures, susceptibles d'explications diverses, il y a une tendance à faire prédominer la dérivation phonétique sur la dérivation analogique, tendance du reste fort légitime et qui prouve en faveur des méthodes rigoureuses que les romanistes mettent en usage. Si d'une forme donnée, on n'a à présenter que des explications simplement vraisemblables, l'hjpothèse qui la rattachera à un tj'pe antérieur d'après les lois inflexibles de la phonétique aura certainement un caractère de sûreté qu'on ne pourrait reconnaître à celle qui fait appel aux actions, toujours un peu flottantes et libres, de l'analogie.

Voici un cas où il faut décidément abandonner l'étymologie phonétique. Les efforts des romanistes ont porté, — et en vain, — sur cet énigmatique 7(»', iUin qui jusqu'ici a échappé à toute dérivation directe d'un type latin. M. Tobler, avec la sûreté habituelle de son coup d'œil, a vu que c'était une erreur de méthode que de ramener à une étjmologie quelconque cette forme irréductible, et a affirmé que lui est dû à l'action analogique de cm.

Après avoir vigoureusement réfuté les étymologies de Schuchardt qui ramène ïlhd à illius., et d'autres qui le ramènent à iUuni-hic, iïïi- Intic, etc., il déclare que dans les formes pronominales en -in, il faut voir uniquement un transport de forme « du pronom interrogatif f!«" aux » pronoms qui y répondent. Il était certainement facile d'arriver à » faire convenir à la foi'me du mot interrogatif la forme de la réponse

» qui, d'après l'idée générale, repose dans le radical du pronom per- » sonnel (M. Tobler désigne ici tUiti] ou démonstratif (il s'agit ici de » cestui, celui, etc.), sous la tendance naturelle à rendre évidente par » l'identité de la terminaison l'identité des fonctions sj-ntactifiues du » terme de la question et du terme de la réponse. Seules, les langues » ont des pronoms de réponse en -2ii qui ont ou qui ont eu l'interrogatif » cui. C'est ainsi encore que le sarde répond à quando par un mot do » sa création iando ' . »

Nous nous proposons, dans ce petit travail, d'établir que l'explication de M. Tobler est la vraie et que c'est le pronom ille tout entier qui a subi l'action de son coiTélatif qui. A cet effet, nous essayons de déterminer quelle était en latin vulgaire la déclinaison du relatif qui et celle du personnel ou démonstratif iUc et, par le simple rapprochement de ces deux déclinaisons, de rendre évidente l'action analogique exercée par la première sur la seconde.

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