‹ Reliques scientifiquesChapitre 54 sur 167 · II. TITUS · texte numérisé non relu

II. TITUS

La chute de Jérusalem eut dans l'empire un tel retentissement que l'on ne se lassa pas de consacrer le souvenir de la victoire par les inscriptions publiques et les médailles. L'histoire du triomphe remporté parla Yille éternelle sur la Ville sainte fournirait un curieux chapitre à l'archéologie romaine. Nous serions heureux de voir quelque élève de nos écoles d'Athènes ou de Rome entreprendre l'étude des monuments so rattachant directement ou indirectement à la guerre judaïque.

Parmi ces monuments nous n'en signalons ici qu'un, le plus important, le plus remarquable. Comment se fait-il que, publié par Orelli, par Henzen, par l'Académie de Berlin dans le Corpus insiripfiunum laiinamm, il ait échappé à nos historiens juifs ?

Je veux parler de l'inscription de l'arc de triomphe de Titus.

Cette inscription est disparue avec l'arc. Mais elle est conservée dans un ancien, le plus ancien recueil d'inscriptions que l'on possède, celui qui se trouve au couvent d'Einsiedeln, en Suisse. C'est un recueil composé au ix" siècle de notre ère par un pèlerin qui avait été à Rome et y avait noté ses impressions de vojage. L'antiquité du recueil prouve sans conteste en faveur de son authenticité. Ce n'est pas à cette époque que l'on songeait à faire du pastiche de l'antiquité. L'art des Ligorio et autres faussaires était encore inconnu. Aussi, si Orelli l'a crue fausse, les autres savants n'ont pas hésité à l'admettre comme authentique, et le Corpus la publie en protestant contre l'idée qu'elle puisse être un moment l'objet d'un soupçon '.

Voici cette inscription :

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