‹ Reliques scientifiquesChapitre 64 sur 167 · GUILLAUME D'AUVERGNE · texte numérisé non relu

GUILLAUME D'AUVERGNE

insligauto fratro Ilourico de Colonia, Ordinis Prœdicatorum peroplimo, sub pœaa moiiis coneremari focit Parisiis nefandissimum librum JudcBorutn qui TLialmud dicilur, in quo inaudiliB hœreses et blasphemiae conlra Chrislum et niatrem ejus locis plurimis craut scriptœ. IIujus itaquo libri diversa cscmplaria ad comburcndum Parisiis allala sunt. Fientes ergo Judœi adierunl Arcbcprcsulem qui Uegis consilium suinpscrat et pecuniam ei pro consorvalionc libroi'um iiiiiumerabilcm obtulcniut. Quo corruplus Rogcm adiit et ad voluulatem suani juvenilem aniinum mox invertit. Rcdditis crgo libris Judœi solemuoni dicm agi constituiint omni anno ; sed in vanum, aliud Spirilu Doi ordinante. Rcvolulo autcm anno, die certo et ipso loco quo libri essecrabiles redditi sunt JudEeis, lioc est in Viccnniis propo Parisios, dictus Arcbiepiscopus ad consultatiouom Uegis vcuicns diro viscerum dolore corrcptus est et eadem die cura ejulatu maximo vilse finem accopit. Fugit aulem Rex de loco cura tola familia nimium verens no cum Archiepiscopo divinitus fcriretur. Nec muJlo iw&t, ut priu^ instigantc dicto Fi'atre Henrico, Judœorum libri congregali sunt, sub mortis pœna et in niaxima mullitudine sunt cornbusti. (Boiiura universale, de Apibus.)

Le témoignage de Thomas de Cantimpré est formel. Il a été témoin oculaire des faits qu'il raconte. Il a vu mourir, durant son séjour à Paris, entre 1237 et 1242, le prélat favorable aux Juifs; il ne peut donc s'agir ici que de Gautier Cornut, mort en 1241. Ce prélat avait essayé d'agir sur l'esprit jeune encore [juvenilem anbmmi) de Louis IX. Vers 1240, Louis avait 24 ou 25 ans, il était encore juvenis. Reportez la mort de l'évêque favorable aux Juifs en 1247, comme le fait M. Valois, Louis IX a 32 ans ; on ne peut plus y voir un jeune liomme dont l'esprit tourne facilement au gré de ceux qui le conseillent. Enfin, le « peu après », le nec multo post qui termine ce récit, et où M. Valois voit une allusion à la condamnation de 1248 (condamnation qui peutêtre ne fut pas suivie d'un auto-da-féj, s'applique on ne peut mieux à l'auto-da-fé de 1242.

Donc il faut en revenir simplement au récit de M. Graetz. En 1240, les livres juifs sont condamnés ; immédiatement les Juifs agissent sur des personnages influents, en particulier sur Gautier Cornut, qui est assez heureux pour arrêter l'effet de la condamnation. Malheureusement pour les Juifs, Gautier meurt l'année suivante ; saint Louis reprend l'affaire, sous l'impulsion de l'inquisiteur Henri de Cologne, et en 1242, les livres sont brûlés '.

Ce point une fois établi, le reste suit logiquement. Tous les livres juifs ne furent, ne purent pas être brûlés en 1242. Nombre de manuscrits

' Une conséquence qui nous paraît découler de ce qui précède, c'est que l'accusation de corru|jtion portée contre G. Cornut n'a pas de l'ondement. G. Cornut à la même époque (1240), dans une alTaire précédente, avait déjà fait preuve d'équilé et de largeur d'esprit à l'égard des Juifs. Il n'en fallait pas plus pour que la croyance populaire y vil î'elTet de l'or des Juifs.

dans les communautés des provinces durent échapper aux perquisitions. Les Juifs, de leur côté, durent s'empresser de multiplier les copies des exemplaires qui avaient échappé au bûcher. De là les ordonnances ou les bulles des années suivantes.

Enfin, en 1248, Eudes de Châteauroux, légat du pape Innocent lY. obtient une nouvelle et plus solennelle condamnation du Talmud. Cette condamnation fut-elle suivie d'un second auto-da-fé ? RI. Valois ne répond à cette question que plus loin, en passant, par un mot jeté dans une incidente. Cette question méritait un examen spécial.

Telle est, en résumé, l'histoire de cette condamnation qui a trouvé en M. Valois un historien aussi partial que mal informé. M Valois accuse M. Graetz d'avoir jugé sévèrement la conduite de l'Eglise et du Roi. « Cette ligue des autoi'ités civiles et religieuses, cette conjuration du Pape, du clergé, du Roi de France, ce coup monté contre un peuple désarmé, auquel on enlève ses livres saints, après lui avoir ôté son indépendance, prennent sous la plume du meilleur historien des Juifs une couleur odieuse ; pour avoir seulement trempé dans un aussi lâche complot, saint Louis est ravalé au rang des princes pusillanimes, dominés et abêtis par le clergé. » [Der von GeisiJichen leherrschte mid verdionmle Ludwig IX.) En faisant remarquer que M. Valois prête à M. Graetz des expressions qu'il n'a pas employées, et exagère la portée de ses paroles pour pouvoir plus facilement le combattre, nous avouerons néanmoins ne pas être fort éloigné de partager l'opinion de l'historien allemand. Dans cette affaire, saint Louis s'est montré le serviteur obéissant du Saint-Siège. Seul des princes occidentaux auxquels le Pape avait envoyé, par la main de Guillaume d'Auvergne, ses bulles et ses ordres de confiscation, saint Louis a cru devoir obéir aux injonctions de Grégoire. Alors que les autres reculaient devant l'arbitraire et l'odieux d'une telle mesure, il s'est empressé de faire saisir et brûler les livTes juifs. C'est par des actes d'obéissance de ce genre aux autorités religieuses, que Louis IX méritait cet éloge d'un de ses chroniqueurs, Guillaume de Chartres : « Quam reverenter et humiliter erga sacrosanctam romanam Ecclesiam semper se habuit, quam dévote et obedienter rescripta et mandata apostolica consuetus erat suscipere, quam obedienter et efficaciter, sicut verus filius, obedientias adimplere ! etc. » [Historiens des Gaules, XX, 332.)

M. Valois n'a pas su apprécier à sa juste valeur le rôle joué par l'Eglise dans cette affaire. 11 a partagé son aveuglement et ses passions : « Non seulement, dit-il, l'Eglise découvrit dans ces livres répandus à profusion des erreurs que, se sachant infaillible, elle pensait avoir le droit de corriger; mais elle crut y apercevoir des doctrines immorales, des blasphèmes contre Jésus-Christ et Jéhovah ; elle y

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lut des récits contradictoires à ceux de l' Ancien-Testament ; elle y vit le Saint-Siège injurié, le clergé maudit, la royauté voué au mépris, le mensonge érigé en vertu. Sentant partout dans ces écrits l'intrigue, la haine, la menace, elle ne fut coupable que do vouloir se défendre, et les bûchers, qui s'allumèrent à deux reprises, rappelèrent aux juifs que les chrétiens, s'ils toléraient leur présence, ne supportaient point leurs insultes. » Voilà la conclusion de M. Valois. Voilà ce qu'il a vu avec l'Eglise et l'Inquisition. Mais il n'a pas cherché à savoir si les accusations portées contre les livres juifs étaient fondées ou non ; si les opinions incriminées, fussent-elles réelles, avaient la portée qu'on leur attribuait; si ce n'étaient pas des opinions individuelles, sans autorité, et perdues dans l'immensité des doctrines talmudiques. Il ne s'est pas dit que d'ailleurs les livres juifs, ne sortant pas du cercle de la Synagogue, étaient impénétrables au monde chrétien , et par suite sans action aucune. S'il a une ligne de regrets pour ces manuscrits « auxquels nos bibliothèques seraient trop heureuses aujourd'hui d'accorder un asile » (l'archiviste paléographe perce au moins une fois ici sous l'ultramontain), il n'a pas vu les conséquences funestes de cette ruine de toute une littérature, les écoles juives de France détruites et l'immense travail d'exégèse biblique auquel elles se livraient, ce travail si brillamment inauguré par Raschi, subitement et pour toujours arrêté.

M. Valois aurait pu être historien, il a préféré se faire l'écho de l'inquisiteur Henri de Cologne.

[Rcoiie des Élmles juives, 1880, vol. I, p. 140 143.J

ÉTUDES JUDÉO-FilANCAISES

RAPPORT

Monsieur le Ministre,

Chargé par Votre Excellence d'étudier des gloses françaises do la fin du xi° siècle, dans des manuscrits hébreux qui se trouvent aux bibliothèques de Londres, Oxford et Cambridge, j'ai l'honneur de vous adresser le rapport suivant sur le caractère et les résultats de mes recherches.

Ces gloses ont pour auteur le docteur juif Rabbi Schelomô Içàki (K. Salomo Isacides), connu vulgairement sous le nom de Raschi^. Raschi, né à Troj'es en Champagne en 1040, et mort dans cette ville en 1105, a composé des commentaires sur la Bible, le livre des Chroniques excepté, et sur presque tout le Talmud. La langue de ces commentaires est l'hébreu rabbinique. Mais l'auteur, manquant parfois d'expressions précises pour expliquer tel passage du texte, a eu recours au français. De là ces nombreuses gloses françaises, transcrites en caractères hébreux, qu'il a insérées dans ses commentaires. Ce ne sont point des gloses marginales ou interlinéaires et elles font partie intégrante du texte. Elles sont au nombre d'environ 3,200 ; mais comme souvent certaines de ces gloses se répètent dans plusieurs passages, on peut en tirer un index d'environ 2,000 mots différents.

' Ce nom est lormé, suivant un usage juif, des initiales Ra(bbi) Sch(elomô) I(çâki). — Sur Raschi, voir plus bas pp. 167 et suivantes.

Cet index, assez considérable par l'étendue, comme on le voit, offre, sous plusieurs rapports, un j^'rand intérêt. Car, tandis que les rares monuments que nous possédons de la langue d'oïl du xi" siècle appartiennent tous au dialecte normand et à la langue [loétique, nos gloses, écrites en Champagne, nous présentent le pur dialecte français ; d'un autre côté, elles appartiennent à la langue populaire, car elles désignent pour la plupart des objets d'un usage journalier. Enfin la transcription hébraïque permet de fixer d'une manière bien plus rigoureuse la prononciation de l'époque. La science philologique a donc là d'importants matériaux pour l'histoire de la langue dans une de ses plus anciennes périodes.

Les commentaires de Raschi ont été souvent imprimés, et c'est d'après les éditions que j'ai fait le recueil des gloses. Mais celles-ci ont été fort maltraitées par les éditeurs, qui le plus souvent ne les comprenaient pas, et il était absolument nécessaire de recourir aux manuscrits pour en donner un texte critique. A cet elïet, Votre Excellence a bien voulu me charger d'examiner les bibliothèques de l'Angleterre. J'ai vu la Bodieiaii Librarij à Oxford, V Universitij Lihrarij à Cambridge et le Briiish Jlusenm à Londres. La bibliothèque d'Oxford est de beaucoup li plus riche des trois. C'est par elle que je commence.

Je dois d'abord dire que le catalogue des manuscrit? hébreux de la Bodléienne n'est pas encore publié. Je dois la connaissance des nombreux manuscrits de Raschi qu'elle possède à l'obligeance de mon ami, M. Neubauer, occupé en ce moment à dresser ce catalogue. Il m'a livré 48 manuscrits, dont voici les numéros :

Fonds Oppenheim : -2, G, 7, 8, 14, 16, 34, 35, 3C, 97, 248, 249, 387, 726,

Fonii Michel: 154, 237, 311, 381, 507, 521, 522, 554, 613, 621, 628, G29. Fonds Oppenheim addition : 3, 22, 23, 47, 52, 53, "7, 78. Fonds Eitnlington : 389, 391, 425, 445. Fonds Laud: 126, 154, 318.

Fonds Canonici orientalia : 35, 60, 62. Fonds Bodleij : 18, 107.

Fonds Pococke : 127.

En voici la description :

CO.MMENTAIRES DE HASCIil SUR LES LIVRES BIBLIQUES.

1" 0pp. 34. Commentaires de Raschi sur la Bible (moins le livre des Chroniques), grand in-4° vélin. Écriture du xiii'' siècle, de l'Aile-

magne de l'ouest ou de la France du nord-est. Ce manuscrit renferme des gloses assez nombreuses de R. Joseph Kara, disciple de Rascbi, notamment dans le commentaire sur Isaïe. Il renferme, en outre, le commentaire de ce même Kara sur Job et un commentaire plus récent sur les Chroniques. La plus grande partie des mots français sont ponctués. Le manuscrit est excellent.

2° 0pp. 14. Le Pentateuque avec la paraphrase chaldaïque d'Onkelos et le commentaire de Raschi. Les cinq MegliiUoth avec le commentaire de Raschi et les Haphtaroth ', grand in-4° vélin. Écriture allemande. A la fin du manuscrit on lit une notice nous apprenant que le manuscrit a été écrit par Salomon. fils d'Éliézer Hajjm Cohen, le scribe, pour R. Moselle, fils de R. Juda, et qu'il a été achevé en 5100 (= 1340).

3° Michel 381. Raschi sur le Pentateuque. Ecrit par Méïr, fils de Mosché, pour son maître R. Benjamin, fils d'isaac. Achevé d'écrire en schevath 5150 (=janvier 1379), à Camarino. Ecriture méridionale. Vélin moyen, in-4''.

4" Michel .521. Raschi sur le Pentateuque et le? cinq Meghilloth, moyen in-4° vélin. Écriture allemande. Le manuscrit est daté de 5148 (= 1388). Le scribe a omis un nombre considérable de gloses.

5" 0pp. 35. Commentaire de Raschi sur le Pentateuque, moyen in-4" vélin. Écriture allemande. Le livre est daté de l'an 5109 (= 1409) et signé Isaac Juda.

G° 0pp. add. in-4'' 53. Raschi sur le Pentateuque. Achevé d'écrire le vendredi 8 heschwan 522T (= octobre 140"?). Copié par Samuel, fils de Schabbatha'i ; écriture méridionale.

"7" Canon, orient. C2. Le Pentateuque avec la parajihrase clialdaïquo d'Onkelos et le commentaire de Raschi. Les cinq Meghilloth avec le commentaire de Raschi sur Esther, le Cantique des Cantiques et le commencement de l'Ecclésiaste. Le livre de Ruth et les Lamentations do Jérémie sont accompagnés d'un commentaire d'un autre auteur. Suivent les Haphtaroth. A la fin du Pentateuque on lit une note dont voici la traduction : « Moi, le scribe Barchiel, fils d'Ézéchias Raphaël Trabotli, j'ai achevé ce Pentateuque pour Abraham le maitre, le dimanche 22 tamouz 5322 (= juillet 1472). » Ce manuscrit, chef-d'œuvre de calligraphie, n'olTre rien pour l'objet de nos recherches. Les gloses y sont systématiquement supprimées. Les 10 ou

' On désigne sous le nom de Meghilloth les livres d'Esther et de Rulb, le Cantique des C:iniiques, les Lamenlatious de Jérémie et l'iîcclésiaste. Qnant ans Haphtaroth, ce sont divers chapitres des Prophètes, qui se lisent à la synagogue les samedis et les jours de Cèle, après la lecture de la Loi. Rasclii n'a pas composé do cummenlaires particuliers sur les Ilaphlarotli. Ce sont les scribes qui ont extrait de ses commentaires sur les Prophètes les parties se rapportant au texte des Haphtaroth.

11(1 ETUDES JUDEO-FRANÇAISES

12 (sur 265; 4111 restent y semblent avoir été oubliées. Moyen in-4'' vélin.

8" 0pp. adJ. 47. Pontateuque accompagné de la paraphase clialdaïque d'Onkelos et du commentaire de Rasclii. Suivent les Haphtarotli et les cinq Megliilloth, sans aucun corameutaire. Ecriture allemande du xni" siècle.

9' Ojip. add. 11. Rasclii sur le Pentateu(iue, vélin in-8". Écriture espagnole du commencement du xiv'^ siècle.

10" 0pp. add. IS. Raschi sur le Pentateuque, vélin in-8'\ Écriture espagnole du xiv° siècle.

11° Canon, orient. 35. Rasclii sur le Pentateuque. Belle écriture espagnole du xiv« siècle. Moyen in-4° vélin. Manque le dernier feuillet.

12° 0pp. 3G. Rasclii sur le Pentateuque, les Ilaplitaroth et les cinq Megliillotli, in-4'' moyen, vélin. Belle éciiture allemande du XI v'' siècle.

13" Michel 154. Rasclii sur le Pentateuque. Belle écriture espagnole du xv" siècle Ce manuscrit oftre, pour l'écriture et de même pour l'ortliograplic des gloses, une cerlaine parenté avec 0pp. add. 53.

14" Bodl. 107. Les Nombres et le Deutéronome, accompagnés du commentaire de Rasclii et des Haphtaroth. Manquent quelques feuillets au commencement. Vélin, petit in-8". Écriture allemande du xiY" siècle.

15" Hunt. 4"25. Rasclii sur les deux derniers livres de Moïse. Écriture de la Syrie, du xiii= siècle Moyen in-8", papier oriental. Le manuscrit a été mouillé, et dans un grand nombre d'endroits l'écriture est ell'acée.

16" Hunt. 445. Raschi sur le Pentateuque. Commence au milieu du vei'set 13 du chapitre xxin du Lévitique et s'arrête à Deutér., XXX. Papier oriental. Quelques feuillets vélin. Écriture de la Syrie, du xiv" siècle.

17" Hunt. 389. Raschi sur les Nombres. Petit in-4", papier oriental. Gloses systématiquement sup[jriniées. Écriture de la Syrie, du xiv'^ siècle.

18" Hunt. 391. Raschi sur le Pentateuque. Ne contient que le premier livre et la première sidrah ou section du second livre (jusqu'à Exode vi) Écriture de la Syrie, du xv" siècle. Nombre de feuillets qui manquaient dans le manuscrit primitif ont été remplacés à différentes dates. Dans ces feuillets plus récents les gloses manquent généralement.

19" Michel 028. Raschi sur le Deutéronome, les Meghillotli et les Haphtaroth. Folio vélin, xiv" siècle. Écriture allemande.

'20" Michel 522. Raschi sur les Haphtaroth. Petit in-8" vélin. Écri-

ture allemande du xiv° siècle. Los gloses françaises y sont systématiquement supprimées.

21° Laud 154. Les cinq Meghilloth, accompagnées pour le livre de Ruth, le Cantique des Cantiques et l'Ecclésiaste (jusqu'à vu, 4), des commentaires de Raschi et d'Ibn-Ezra. Les Haphtarùth. Le manuscrit a été copié par Jacob, fils de Nathan Mièvre, et achevé le vendredi l'^'- adar 5107 (= février 1347).

22» 0pp. 2. Les premiers et les derniers prophètes, avec le commentaire de Raschi au.x marges latérales. Grand folio vé'.in. Ecriture allemande du commencement du xiii" siècle. Il manque un ou deux feuillets à la fin,

23" Pococke 127. Commentaire de Raschi sur les premiers et les derniers prophètes. Vélin moyen in-4°. Ecriture de la Turquie d'Europe. Sur le dernier feuillet se lit un acte de vente du manuscrit daté de 1271. Le manuscrit semble être de la fin du xii° siècle ou du commencement du xni°.

24" 0pp. add. 22. Ce manuscrit contient les commentaires de Raschi : 1° sur Ezéchiel ; manquent le commencement et quelques feuillets au milieu ; 2" sur Isaïe ; manquent quelques feuillets au milieu et à la fin ; 3" sur les douze petits prophètes ; manquent Amos, Joël, tine partie d'Osée, Nahum, et la fin de Maleachi ; 4° sur les Psaumes; manquent les deux premiers; 5" sur les Proverbes; 6" le commentaire de R. Joseph Kara sur Job ; 7" le commentaire de Raschi sur Daniel, Ezra, Néhémie et les cinq Meghilloth. Ecriture allemande du xtii" siècle. Folio vélin.

25" Michel 554. Commentaire de R. David Kamchi, dit Redak, sur les douze petits prophètes, Isaïe, Jérémie et Ezéchiel, accompagné du texte biblirjue aux marges supérieures, et du commentaire de Raschi aux marges latérales et inférieures. Moyen in-4° papier. Ecriture allemande du xv° siècle. Cette copie a été faite, dit le scribe, d'après un ancien manuscrit. Il manque au milieu du manuscrit un feuillet contenant le dernier chapitre d'Ezéchiel.

20" Opp. IG. Ezéqhiel, Isaïe et les douze petits prophètes, accompagnés du commentaire de Raschi. Ecriture allemande du xiii" siècle. Il manque çà et là quelques feuillets contenant la fin d'Isaïe, le commencement et le milieu d'Osée. Nombreuses incorrections L'écriture, très précipitée, rend souvent les mots français illisibles.

27" Laud 126. Raschi sur Isaïe et Jérémie. Petit in-4", papier et vélin. Ecriture allemande du xv° siècle.

28° Canonici oriqntalia CO. Commentaire de Raschi sur les Psaumes, les Pi^overbes et sur le premier chapitre de Job. Ecriture allemande du xiv" siècle. Moyen in-4" vélin.

29" Opp. add. 52. Ce manuscrit contient : les commentaires de

112 ÉTUDES JUDEO-FRANÇATSES

lîaelii sur les Psaumes ; 2" de Josepli Kara sur Job; 3" de Raschi sur les Proverbes ; 4" d'un anonyme sur Ruth ; 5° de Raschi sur le Cantique ; G» de. Joseph Kara sur l'Ecclésiaste ; 7" de Raschi sur les Lamentation? de Jérémio ; 8" d'un anonyme sur Esther ; 9° de Saadyah sur Daniel ; et 10° le commencement d'un commentaire anonyme sur Ezra. Moyen in-4'' vélin. Ecriture allemande du xiV siècle.

30° Michel G29. Les Psaumes, Job, Daniel, Ezra et Néhcmie avec Raschi ; Clironiques sans commentaire ; Proverbes jusqu'à xx x, 2, avec Raschi ; le tout accompagné de la Grande et de la Petite Massora. Ecriture allemande du xiV siècle.

31" Bodl, 18. Les Psaumes, accompagnés du commentaire de Raschi. Petit vclin. l^criture allemande du xiv° siècle.

COII.MIÎNTAIKES DE RASCHI SUR LES LIVRES TALMUDIQUES.

32° 0pp. add. 23. Raschi sur Eroubin et Bétsah. Ecriture espagnole du XIV» siècle. In-4" papier.

33" Laud. 318. Raschi sur Joma. Ecriture espagnole du xiv'' siècle. Vélin.

34° 0pp. 248. Traités de Jebamoth et de Kiddouschin, avec les notes additionnelles des Thosaphiites, le commentaire de Raschi et celui de Mordochaï. Ecriture allemande du nord-ouest ou française du nord-est. Vélin petit in-4'\

35° 0pp. 97. Raschi sur le traité de Kethouboth. Grand in-4° vélin. Ecriture allemande du xiv° siècle. Deux signatures de 1668 et 1078.

36° 0pp. 738. Traite de Ghittin avec le commentaire de Raschi. La plus grande partie des feuillets sont enlevés ; quelques-uns sont découpés. Dans plusieurs passages l'écriture effacée est devenue illisible. Sur les 90 gloses françaises que contient le commentaire de Raschi, il ne reste plus dans ce fragment de manuscrit qu'une douzaine. Grand in-4° vélin. Ecriture allemande du xiv" siècle.

37° 0pp. 387. Thosa[ihoth sur Baba Kamma, Raschi sur Baba Metsia, anciennes Thosaphoth sur Jebamoth. Le commentaire de Raschi s'étend du folio 39 au folio 135. Vélin in-4". Ecriture allemande de la fin du xiv° siècle.

38° 0pp. 219. Traité de Baba Bathra avec Raschi. Le raanusciit commence au feuillet IP des éditions imprimées et continue jusqu'au milieu du chapitre v, Raschi a arrêté son commentaire sur ce traité au troisième chapitre. C'est son petit-fils, R. Schemouel ben Méïr, connu sous le nom de Raschbam, qui l'a achevé. Notre manuscrit no donne

qu'un abrégé du commentaire de Raschbam. Moyen in-l" vélin. Ecriture allemande du xv" siècle.

39° Michel 237. Traité Houllin, avec le commentaire de Rasclii. Petit in-é" papier. Écriture allemande du xviii'= siècle. Ce manusci'it, tout à fait moderne, semble avoir été copié sur d'anciens manuscrits, car il offre pour les gloses françaises quelques variantes intéressantes, en petit nombre il est vrai.

40° 0pp. 726. Traité Tamid avec le commentaire de R. Schemayali ; traité Erachin, avec le commentaire de Raschi ; traités Schekalim et Meila, avec le commentaire de R. Schemayah. Le texte de Raschi s'étend de 47'> à 116''. Petit in-4° vélin, xix" siècle.

41° Michel 311. Ce manuscrit contient divers opuscules rabbiniques. Du folio 1 au folio 57, le commentaire de Raschi sur le traité Aboth ; moyen in-8° papier. Achevé d'écrire par Abigdor, fils de Joseph le Cohen, en 5183, mardi 12 ab. (Août 1423.)

42" Michel 507. Raschi et Maïmonide sur le traité Aboth, beau manuscrit vélin, moyen in-8°. Ecriture allemande. Quelques feuillets d'écriture méridionale. Achevé en 1477, par Mardochée, fils de Lévy Halphan, pour R. Noé, fils d'Emmanuel Menortsi. Le commentaire de Raschi s'étend de 1 à 35. Manuscrit très fautif.

Raschi sur l'.Alfasi.

Au XL" siècle, Rabbi Isaac de Fez, connu sous le nom d'Alfasi, publia un abrégé du Talmud. Cet abrégé est accompagné, dans les manuscrits et dans les éditions imprimées, d'un commentaire de Raschi. Raschi n'a évidemment pas composé de commentaire sur l'Alfasi, son contemporain. Mais les scribes ont extrait de son œuvre les passages qui se rapportent au texte de l'abrégé. Ils ont agi de même pour les Haphtaroth. Ces extraits contiennent moins de gloses françaises que le texte de Raschi qu'ils reproduisent, parce que les scribes, choisissant un peu à leur gré dans le texte, étaient plus libres de les transcrire ou de les omettre. Il a dû y avoir et il y a eu diverses rédactions de ces Pseudo-RascM. Celles que possèdent les bibliothèques de l'Angleterre ressemblent aux éditions imprimées. Comme dans ces dernières, elles proviennent de l'Allemagne. Quelques manuscrits de la Bibliothèque nationale à Paris, d'écriture méridionale, présentent certaines différences, et l'on y trouve un nombre plus considérable de gloses.

Les manuscrits de l'Alfasi que possède la Bodléienne sont :

0pp. 6, 7 et 8. 3 vol. grand in-folio vélin, écriture allemande du siv° siècle. Alfasi avec Raschi, Thosaphoth et Mordochaï.

43° 0pp. 6 contient : Beraclioth, Yoma, Soiikka, Moecl Katon, Pesachiiu, Eroubin, Sabbath, Betsa, Tliaauith, Rosch liaicli-Schana.

44' 0pp. 1 contient : Synhédrin, Scliebouotli, Aboda Zara, Baba Kamma, manque le premier feuillet; Baba Metsia, Baba Batlira, Nidda et les liilclioth Tsitsitli, Thepliilin, etc.

45" 0pp. 8 contient : Jebaïuoth, Kethouboth, Kiddouschin, Gliittin, Houlliu.

Michel G13 et 621. Alfasi avec Raschi et Mordoeliaï, vélin folio, écriture française du nord, xiv" siècle.

46° Michel 613 contient : HouUin, Nidda, Aboda Zara, Synhédrin, Makkoth, Betsa, Meghilla, Moed Katon, Ililchoth Tsitsith.

47" Michel 621 contient : Kiddouschin, Jebamoth, Kethouboth, Ghittin. Suivent les questions casuistiques (Schaaloth ou Theschouboth) du Meram (folios 107 189). Signé : Jonathan, fils de Schabbathaï, a fait ce livre pour Isaac, fils de Zacharie.

48° 0pp. add. 3. Midrasch, sur le Pentateuque, accompagné du commentaire de Raschi sur le Midrasch de la Genèse. Folio papier, écriture espagnole du xv° siècle.

A ces 48 manuscrits il faut ajouter VcdHion princejis du Talmud (22 vol. in-fol, publiés par Bomberg, d'Anvers. Venise, 1520-1522), dont j'ai collationné les gloses françaises. Cette collation m'a permis de rétablir le texte d'une quarantaine de gloses dans des 3Iescchtoth ou traités dont les copies manuscrites font défaut.

Tels sont les textes que j'ai étudiés à Oxford. Comme on le voit, il y a 31 manuscrits sur les diverses parties de la Bible. Ils se décomposent ainsi :

Pour la Genèse, qui contient 66 gloses, 14 manuscrits.

— YExode, qui contient S4 gloses, 13 manuscrils, sans compter Ilunt.

391, qui ne contient qu'un chapitre de l'Kxodc.

— le Léoit'que, qui contient 52 gloses, 13 manuscrits. Nous omettons

llunt. 415 contenant seulement quelques chapitres.

— les Nombres, qui contiennent 29 gloses, 16 manuscrits.

— le Deuk'i'Oiiome, qui contient 34 gloses, l"? manuscrils.

Le texte des gloses du Pentateuque peut donc être considéré comme définitivement lixé, avec un choix si abondant de manuscrits de provenances si diverses.

Pour les livres de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois, contenant 140 gloses, 3 manuscrits, tous trois excellents (xn° siècle et commencement du XIII'' 1 ;

Pour Isdie contenant 104 gloses, 7 manuscrits.

— Jéréniie — 81 — 5 —

— Èzéchiel — 70 — 6 —

— les r^ petits Prophètes — 71 — 6 —

— les .3 Meghaioth — 50 — 6 ' —

— les Psaumes — 58 — 6 —

— les Proverles — 41 — 6 —

— Job , — 53 — 2 —

— Daniel, Hzm et Néhémie ... — 34 — 3 —

Les manuscrits sur les Prophètes et les Hagiographes sont généralement excellents. Si l'on joint à ces documents les 6 manuscrits que possède la Bibliothèque nationale à Paris, sur les Psaumes et les Proverbes, et les 2 manuscrits qu'elle possède sur Job, Daniel, Ezra et Néhémie, on voit que les matériaux sont amplement suffisants pour ari'éter d'une manière définitive le texte des 967 gloses françaises du commentaire do RascUi sur la Bible.

Devant ces résultats, j'ai jugé inutile d'examiner à Cambridge et à Londres les manuscrits, d'ailleurs assez récents (les plus anciens datent de la fin du xiii" siècle), que l' Univcrsihj Lihranj et le Biitish Muséum possèdent des commentaires blibliques de Raschi. Je n'ai fait d'exception que pour un manuscrit des Prophètes du British Muséum.

Au British Muséum, MM. Wright et Rieu m'ont donné la liste des manuscrits de Raschi et le catalogue (encore manuscrit) des manuscrits hébreux de la bibliothèque. J'ai étudié les volumes suivants :

Additional : 16577, 15050, 19944, 27125, 27196 ; Harlci/ : 150, 5585 ; Orientalia : 73.

49° Harley 150, moyen in-4''. Ce manuscrit est composé de deux parties. Les folios 1-29 contiennent le commentaire de Raschi sur les 5 Meghilloth ; les folios 29-210 contiennent ses commentaires sur les premiers et sur les derniers prophètes. La première partie est datée de 1504 et n'offre aucun intérêt. La seconde, datée de 1257, forme le plus ancien manuscrit que le British Muséum possède des commentaires bibliques de Raschi. La plupart des mots français y sont ponctués. C'est le seul des manuscrits de la Bible qui présente quelque intérêt.

50° Harley, 5585. Raschi sur Baba Kamma, moyen in-8° vélin, écriture allemande de la fin du xiii'' siècle.

51° Add. 27196. Raschi sur Baba Kamma (fol. 1-90"), sur Baba

' Dont deux frasmentaixes.

Metsia (fol. 91"-195^). Le scribe attribue à tort le commentaire de Rasebi sur Baba Metsia à son petit-fils, R. Samuel, dit lîaschbam. De 195'' à la fin se trouve un commentaire de R. Gerson sur Baba Batbra. Ecriture espagnole de la fin du xiv" siècle ou du commencement du xv.

52" Orient. "73. Moyen in-4°, papier oriental. Raschi sur Baba Metsia. On lit à la fin du manuscrit une note en partie déchirée et dont voici la traduction littérale :

Est terminé le traité Baba Metsia avec l'aide de celui qui trône dans

Pour notre prince David, chef de la captivité. Que s'clonne

Et son tronc à jamais soit affermi. Séla. Que s'accomplisse pour lui

Et pour faire tomber ses ennemis à ses pieds, et même

Nissan 503 de l'ère des contrais

L'ère des contrats désigne chez les Juifs l'ère des Séleucides. Cette date nous reporte donc à avril 1192.

Ce manuscrit est le plus ancien que je connaisse des manuscrits datés de Raschi. Ecrit quatre-vingts ans à peine après sa mort pour un Rcsch GaJout/ia, sans doute David de Mossoul, il prouve la rapidité avec laquelle l'œuvre du rabbin français se répandit dans le monde juif. Il manque au commencement du manuscrit des feuillets correspondant aux 22 premières feuilles des éditions imprimées.

53" Add. 17050. Vélin folio. Alfasi sur les traités Naschim et Nezikin. Daté du 11 iyar 5146 (= mai 13SG).

Contient : Kiddouschin, Jebamoth, Ghittin, Balia Kamma, Baba Metsia, Baba Bathra, Aboda Zara, Synhédrin, Schebouoth.

51° Add. 19944. Folio vélin. Splendide manuscrit ricliement enluminé. Ecriture méridionale du xv" siècle. Machzor (c'est-à-dire l'ecueil des prières pour toutes les fêtes) selon le rite italien. Du folio 11'2'' à 139'' on trouve le traité Aboth avec les commentaires de Raschi et de Ma'imonide.

55" Add. 27125. Moyen in-4° papier. Ecriture allemande du XV" siècle. Contient divers ouvrages talmudiques, entre autres le commentaire de Raschi sur Aboth, folio 17" à 47''.

5C" Add. 16577. Machzor italien. Splendide manuscrit richement enluminé. Grand in-4" vélin. Ecriture italienne de la fin du xiv" ou du commencement du xv" siècle. Contient le chapitre de R. Meïr avec le commentaire de Raschi, folio 105" à 107''.

A Cambridge, MM, Bradshaw et Schiller m'entremis les manuscrits suivants :

57" Addition 477.8. Petit in-4", papier oriental et vélin. Raschi sur le traité Rosch hasch-Schana. A la fin on lit la notice suivante :

« Avec ce chapitre finit le commentaire de Rosch hasch-Schana, composé par R. Schelomo, de France. J'ai achevé la copie au mois de kislew 214 (= décembre 1454). Moi, Eliah, fils de Schabbathaï, fils d'Eliézer le médecin, de Candie. »

58" Addition 478 g-. Grand in-40 vélin. Ecriture espagnole du commencement du xv" siècle ou de la fin du xiv". Commentaire de Raschi sur Baba Kamma et sur Baba Metsia. Manquent quelques pages à la fin. Ce manuscrit off're une certaine parenté avec le manuscrit du Br. Mus. add. 27196.

59° Addition 479.8. Grand in-4° papier. Raschi sur Schebouoth. Ecriture du xv'' siècle.

Tels sont les manuscrits que j'ai étudiés. De ces 59 numéros, si nous laissons de coté les 31 contenant les commentaires sur la Bible, il en reste 28 pour les livres talmudiques, contenant les 16 traités suivants :

Eroubin 73 gloses.

Joma 31 — •

Bc'tsa 69

Rosoh hasch-Schaoa 34 —

Jebamoth 38 —

Kethoubolh 52 —

Ghitlin, fragment qui, sui' 90 gloses, en donne 13 —

Kiddouscbin 36 —

Baba Kamma 76 —

Baba Melsia 101 —

BabaBalbra 26 —

ScUebouolb 8 —

Houllin 223 —

Erachin 18 —

Abolh 25 —

Midrasch Berescbilli 72 —

et donnant un total de 895 gloses.

Il reste les 20 traités suivants sans manuscrits :

Beracbolb, contenant 92 gloses.

Pesacblm, — 94 —

Soukka, — 88 —

Thaanilb, — 35 —

MegUilla, — 14 —

Moed Katon, — 14 —

Hagbigba, — .' 12 —

Ncdarim, — 9 —

Nazir, — 10 —

Sota, — 30 —

Synhédi'iu, contenant 53 gloses.

Makkotli, — 10 —

Aboda Zara, — 1-15 —

Horaïotb , — 1 —

Mcnacholh, — 57 —

Bechorolh, — 56 —

Themoura, — 1 —

Keiithotb, — 7 —

Mcïla, — 2 —

Nidda ' — 66 —

Ce qui fait un total de 196 gloses. A ce nombre il faut ajouter 77 gloses qui manquent clans Bodl. 0pp. 738 ; car ce fragment du traite Ghittin ne donne que 13 gloses sur les 90 qui se trouvent dans le traite entier, et il faut de l'autre retrancher 54 gloses que les manuscrits de l'Alfasi donnent ensemble pour 9 des 20 traitéi précédents. Restent en définitive 819 gloses, pour lesquelles nous n'avons pas eu de manuscrits. Remarquons que de ces 819 gloses bon nombre se trouvent répétées, soit dans les commentaires sur la Bible, soit dans ceux des traités du Talmud où les manuscrits ne font pas défaut, ce qui diminue encore le nombre des gloses, pour la lecture desquelles nous sommes réduits à la seule autorité de l'édition princeps du Talmud. Ainsi, sur les 3,157 gloses françaises - qu'on rencontre dans les œuvres de Rascbi, plus de 2,500 ont une orthogTapho fixée. Tel est le résultat de nos recherches dans les bibliothèques de l'Angleterre. ICspérons que des recherches ultérieures dans les biljliothèques de l'Allemagne et de l'Italie nous permettront de fixer la lecture des autres d'une manière rigoureusement scientifique. L'orthographe de ces 3,157 gloses une fois établie, nous aurons là d'importants documents pour l'étude que nous nous proposons d'entreprendre sur la langue française du xi« siècle.

Veuillez agi'éer, Monsieur le llinistre, etc.

[Airhms des ][!issioiis sciciili/ii/iies et littéraires, 1871, 91-105.)

' Nous ne comptons pas les traités Schabbath et Zebachim, contenant le premier 385, le second 37 gloses, et pour lesquels la Bibliolhèque naliouale à Paris nous fournit deux manuscrits.

' Ce nombre se décompose ainsi ;

Bible 0G7

Talmud : 16 traités manuscrits 895

20 traités dont nous n'avons pas eu d'exemplaires manuscrits : 796 + 77 S73

Les deux traités Schabbatli et Zebacbim (mss. de la B. N.) 422

Total 3,1:;-

RAPPORT

Monsieur le Ministre,

Cliargé par Votre Excellence de poursuivre dans les deux bibliothèques de Parme et de Turin les recherches commencées à la Bibliothèque nationale de Paris et en Angleterre ' sur les //losses ^ françaises qui se trouvent dans des manuscrits hébreux du moyen âge, j'ai l'honneur de vous adresser le rapport suivant sur le caractère et les résultats de mes recherches.

Elles ont porté sur deux points : étude des manuscrits contenant les commentaires bibliques et talmudiques du rabbin français Schelomo Içalci, vulgairement Rasclii (1040-1105 ') ; étude des glossaires hébreux-français du moyen âge *.

La bibliothèque de Parme, dont le fonds hébreu peut rivaliser pour l'importance et la richesse avec le fonds hébreu de notre Bibliothèque nationale ou celui de la Bodléienne =, renferme naturellement un

' Voir sur mes recherches à la Bodléienne d'Oxford, au Brilish Muséum de Londres et à l'Uuiversily Library de Cambridge mon EappoH sur une mission en Anijhicrrc (ci-dessus, p. 107-118).

2 Nous désignons par le mot t/losse les mois français écrils en caraclères hébreux qui traduisent des mots hébreux dans les commentaires des rabbins français, et nous réservons, selon l'usage, le mot glose à l'explication, rédigée en hébreu rabbinique, de ces mots hébreux dans laquelle est insérée la glosse.

3 Sur Raschi, voir plus haut, p. 107 et plus bas, p. 167 sqq. * Sur les glossaires, voir plus bas, p. 182 sqq.

' Le fonds hébreu est formé presque entièrement de la bibliothèque du célèbre orientaliste l'abbé de Rossi, qui en a dressé lui-même le catalogue.

nombre considérable de manuscrits de Rasclii ; elle possède en outre deux glossaires hébreux-français. La bibliothèque de l'Université de Turin, bien moins riclie en documents hébreux ', possède néanmoins d'importants manuscrits de Raschi, et, comme la Parmesane, deux glossaires hébreux-français . Tels sont les textes que j'ai examinés *. J'en donne ici la description, en commençant par Raschi.

MANUSCRITS DE RASCHI.

Les manuscrits de Raschi se divisent en deux classes : commentaires bibliques et commentaii'es talmudiques. Ceux-ci étaient pour moi les plus importants, car les bibliothèques de Paris, de Londres, d'Oxford et de Cambridge m'ont fourni sur les commentaires bibliques des manuscrits assez nombreux pour me permettre d'établir à peu près sûrement le texte des glosses bibliques. Il n'en est pas de même pour les commentaires talmudiques. Sur trente-huit traités, il y en avait seulement dix-huit dont les glosses avaient pu être discutées et établies à l'aide des manuscrits. Il en restait vingt, plus de lîi moitié, pour lesquels j'étais réduit au texte des éditions imprimées. C'est surtout cette lacune que je suis venu remplir à Parme et à Turin. Ces villes m'ont fourni des documents sur quatorze de ces traités, et il n'en reste plus que six pour lesquels je n'ai, et j'ajouterais, je ne connais aucun manuscrit dans les bibliothèques hébraïques de l'Europe. Ces quatorze traités se trouvent dans les codd. dont la description suit.

A. — Manuscrits du Talmud.

Manuscrits de Parme '. — I" Ms. 20S7, catalogue de Rosïi 1324. Commentaire de Raschi sur le traité Sabbath, vélin, in-4", xiv° siècle.

' Ils vienaent pour la moilié à peu près de l'abbé Caluso, oiienlalisle amateur plulôt que savant, qui n'a laissé aucun écrit, et qui a lépué sa collection de manuscrits et d'imprimés à la bibliothèque de Turin, il y a une cinquantaine d'années.

^ 11 est de mou devoir de reconnaître ici le bienveillant accueil que j'ai trouvé à Parme auprès de M. Oderici, le directeur de la bibliothèque, et de MM. les abbés Barbieri et Perreau, les sous-conservateurs. M. Perreau, spécialement charpé du département des livres et des manuscrits orientaux, a été pour moi d'une obligeance inépuisable. De même à Turin, le directeur de la bibliothèque de l'Université, M. le chevalier Gorresio, l'émiueut traducteur du Uamayana, m'a témoigné une bienveillance et une cordialité qui m'ont vivement touché. Qu'il me soit permis d'exprimer ici à ces personnes mes sentiments de profonde reconnaissance.

^ Pour abréger, je me contente dans celte analyse d'indiquer sommairement le contenu du manuscrit; quelquefois cependant je fais des emprunts au catalogue

— Les glosses y sont maltraitées, italianisées ou corrompues. Cependant, les formes intéressantes ne manquent pas. Ce manuscrit présente quelques traits de parenté avec le cod. 324 de la Bibliothèque nationale (fonds hébreu), car tous deux s'accordent dans certaines omissions de glosses et dans certaines erreurs.

2" Ms. 2415, Rossi 445 : « Tractatus Talmud scabbath, seu de sabbato cum commente, membr. et chart. rabb. 111-4", sec. xiv, vel initie xv. »

— Ce manuscrit est un commentaire sur Raschi, contenant le texte abrégé du rabbin français, entremêlé de discussions casuistiques à la manière des Thosaphoth '. Ainsi, fol. 1 recto, après les mots de Raschi 'rsa 0~i37a ■'Sm, commence une question qui se termine au verso par ces mots : 'i3i na ^?3bn^b TrianaT maoïnn ib^bo i-;T bi « tout ceci a été discuté par les Thosaphistes ; je le transcris pour mon étude, etc. »

3° Ms. 2589, Rossi 1309. Raschi sur Berachoth et HouUin, vélin, in-é", xiv" siècle ou commencement du xv^ — Belle écriture méridionale ; quelques glosses sont déligurées, d'autres italianisées, d'autres manquent.

4° Ms. 2244, Rossi 808. Raschi sur Bétsa, Rosch hasch-Schana, Haghigha et Maschkin ; vélin, ms. de 1321. — Assez bon manuscrit, traces d'italianismes.

5» Ms. 2906, Rossi 1299. Raschi sur Kiddouschin, Nidda, Schebouoth, Bétsa, Joma ; vélin, petit ia-f°, xiv^ siècle. — Bon et beau manuscrit d'écriture allemande.

6° Ms. 3155, Rossi 1292. Raschi sur Malclcoth, Ploraioth, Aboda Zara ; vélin, fol., écr. rabb. du xiii" siècle ou du commencement du xiv. — Rossi donne à tort les traités dans l'oi'dre suivant : Aboda Zara, Makkoth, Horaioth. On a coupé le dernier feuillet qui appartient non à Aboda Zara, comme le dit Rossi, mais à Horaioth. Les glosses sont généralement corrompues ; mais à travers les corruptions, le texte primitif se laisse facilement retrouver.

1" Ms. 2590, Rossi 1310. Raschi sur Kethouboth ; vélin et papier, in-4'', xiu» siècle. « Vetustus codex, sed initie ac fine destitutus. » — Manque au commencement le premier chapitre, moins les cinq dernières lignes, depuis T:?^ )''2. Dn 'j"'3 b^Tic b':: ro:o ^naa (fol. 15 b des édit. imprimées). A la fin manque le dernier feuillet depuis la 3" ligne du fui. 112 a des édit. imprimées.

8° Ms. 3055, Rossi 1300. Raschi sur Baba Kamma ; vélin, petit in-^ fol., xiv" siècle. « Sub finem desunt nonnuUa. » — Le manuscrit

do Rossi (phrases lalines eulre guillemets), ou des additions et rectifications aux notices du catalogue; celles-ci sont séparées par un tiret de la description sommaire.

' Sur les Thosaphoth et les Thosaphistes, voir plus bas, p. 1 79.

s'arrête au fol. 118 & des éditions imprimées, aux mots 'jiacna ibyi.

9» Ms. 1293, Eo5si 1293. Raschi sur Scliebouotli ; vélin, fol., écr. rabb. du xiii° siècle ou du commencement du xiv".

10° Ms. 2756, Rossi 1304. Raschi sur lloullin et Nidda ; vélin, in-4", xv= siècle. — Le manuscrit pour le traité Houllin est parent du manuscrit de Rossi 1309, comme le prouve la communauté de certaines erreurs. Pour le traité Nidda, il y a transposition des feuillets ; je les ai paginés au crayon, et ils doivent se succéder dans l'ordre suivant : fol. 1-14 his, 75-81 ; 21-74 ; 15-20 ; 82-fin. On voit que les feuillets 75-81 ont été transposés avec les feuillets 15-20

11° Ms. 2755, Rossi 1199. « 1° Tractatus Talmud Purim cum Thosepotli et comment. Rasci; chart. rabb. 4°, srec. xv, » Texte très incorrect; manuscrit unique, que je sache, de ce commentaire resté inédit.

12° Ms. 2888, Rossi 740. Machzor ' italien contenant, entre autres, le chapitre de R. Meïr avec le commentaire de Raschi; vélin, écrit, rabb., petit in-fol., ou grand in-4", xv° siècle.

13° Ms. 3003, Rossi 420. Machzor italien contenant, entre autres, le chapitre do R. Méïr avec le commentaire de Raschi, vélin, écrit, rabb., petit in-fol., xv° siècle.

14° Ms. 2740, Rossi 1212. Machzor italien contenant, entre autres, le chapitre de R. Meïr avec le commentaire de Raschi, vélin, écrit, rabb. , grand in-4'', xv^ siècle.

15» Ms. 2104, Rossi 353. Traité Aboth avec. . . le commentaire do Raschi, vélin, écrit, rabb., petit in-4°, xv° siècle.

16' Ms. 230S, Rossi 1368 : « ... 2° Jarchi commentarius Pirke Avoth {traité Alûlh) . . .chartaceus rabbinicus, in-4°, sec. xv. »

17" Ms. 2403, Rossi 963 : « Machzor ital. cum psalmis occurentibus, Pirke Avoth cum commente Jarchi [Raschi), etc., . . . .membr. rabb. 4°, sec. XIV. »

18» Ms. 2754, Rossi 1161 : «... 3° R. Salom. Jarchi {EascJa) commentarius in Pirke Avoth, membr. in-4°., anni 1419. »

19° Ms. 2785, Rossi 327 : « Opéra varia hebraïca... 12" Sal. Jarchii (Easc/ii) commentarius in Pirke Avoth . . . membr. ralib. in-4°, anni 1289. »

20° Ms. 3008, Rossi 959 : Machzor romain ou italien contenant, enti'a autres, le traité Aboth avec les commentaires de ^laïmonide et de Raschi, vélin, écrit, rabb , fol., exécuté en 1400. — Le comm. de Raschi est en marge.

21° Mi. 3174, Rossi 934. Traités Naschim et Nezikim avec le commentaire (le Maïraonide ; traité Aboth avec le commentaire de Raschi ; vélin, fol. 2 vol., xiv° siècle.

' C'esl-à-dire Rituel des Kraades fêtes.

22" Ms. 2416, Rossi664. Abrégé du Talmud de R. Alfas • contenant les traités de Jeljamoth, Kiddouschin, Kethouboth, Gliittin, Sjnliedrin, Makkûth, Schebouoth, Aboda Zara, avec les extraits de Rasclii, vélin, écr. rabb,, in-4°, xiii° siècle.

23° Ms. 3273, Rossi 184. 1° Abrégé du Talmud de R. Alfas, avec les commentaires de Rascbi et de Mordochaï, splendide in-fol. vélin, xy" siècle.

Ici finit la série des manuscrits talmudiques que j'ai vus à Parme. On remarquera l'abondance des manuscrits du traité Aboth ; ils présentent entre eux des différences si considérables qu'on peut se demander si les glosses qu'ils contiennent et qui varient elles-mêmes de manuscrit à manuscrit sont bien de Raschi. Il serait bon d'établir un texte critique foiidé sur la filiation des manuscrits, ce que peut-être nous essayerons un jour de faire. Toutefois, pour l'objet spécial qui nous occupe, l'inconvénient que présentent ces divergences est secondaire, parce que les g'iosses ou se retrouvent déjà dans les autres commentaires bibliques ou talmudiques, ou, si elles sont nouvelles, se montrent avec des caractères d'archaïsme tels qu'il est difficile de n'en pas reconnaître l'autlienticité : par ex. : nodrcdiire,

Blamiscrits de Turin -. — 24" Ms. fonds hébreu. A, v, 29 (indiqué sans nom d'auteur dans le supplément manuscrit de Pasini). Petit in-8" vélin, écr. rabb. allemande du xiv" siècle, 218 feuillets. Contient le commentaire de Raschi sur Menachoth (fol. 2-107 a), Bechorotli (107 «-105 Z-), Kcrilhoai (165 6-194 «), Meila (194 ft-217 &). Nombreuses notes marginales commençant toutes par ûTDisn ijTnm ^^2^a niDDinn ■'Vi'a « Nos rabbins français, auteurs de Thosaphoth, ont écrit. »

25" Ms. A, lY, 38 (supplément de Pasini) ^ — Petit in-S° de 367 feuillets, vélin et papier, écriture méridionale du xiv" siècle. Contient le commentaire de Raschi sur les traités de Kiddouschin (1-96 rt), de Kethouboth (98 «-238 ci) et Ghittin (238 ô-fin). Au commencement de Kiddouschin, lacune qui s'étend jusqu'au milieu du feuillet 19 i des éditions imprimées. A la fin de Kiddouschin, signature du scribe :

' Sur l'abrégé du U. Alfas, ou l'Alfasi, voir plus haut, p. 113.

' Une partie des manuscrits de Uaschi qui se trouvent à Turin est décrite, le plus souvent d'une manière incomplète ou trrouée, dans le catalogue de Pasini [Caialofjits mss. coJicitin hibliothccte Taurinciisis, pars I, tomus I). Nous les décrivons sommairement, renvoyant pour de plus amples détails à Pasini. Toutefois, nous sommes souvent oblif;;é d'ajouter des notes complémentaires ou rectiGcalrices ; elles viennent après un tiret. Quant aux manuscrits acquis par la bibliothèque de Turin depuis la publication de Pasini, ils sont catalof^ués sans aucune description dans un rei^istre manuscrit [Appendice al Pasini). Nous consacrons à ces manuscrits des notices plus détaillées.

Aljraham Memel, fils de Salomon Mabné, qui a écrit ce livre pour Mar Jéchiel. Les traités Kethoubotli et Ghittin présentent cette particularité que le chapitre yii vient avant le chapitre vi. Le texte de Raschi contient quelques glosses qui ne se trouvent pas dans les éditions. 26" Ms. A, VI, 41 (supplément de Pasini), petit in-S" de papier,

125 feuillets, écriture germanique; ms. de l'an 1509. — Contient le commentaire de Raschi sur Bechoroth (2 «-56 «), sur Themoura (56 i-80 a). A la fin de ce traité, note du scribe disant que le manuscrit a été achevé au mois d'Adar (mars) 269 ( = 1509). Puis après cinq feuillets blancs, vient le commentaire de Raschi sur le chapitre Techéleih (iv'^chap. du traité Menachoth) (fol. 92 ff-104 «). Trois autres nouveaux feuillets blancs (105-107) ; feuillets 108 «-117», commentaire de Raschi sur le traité Kinnim, lequel présente des différences assez marquées avec lo texte imprimé. — Encore trois feuillets blancs (118-120). Fol. 121«-122&, commencement du commentaire de Raschi sur le traité de Hakkometz-Rabba (ni'' chapitre du traité Menachoth). Enfin, après 2 feuillets en blanc, vient le commencement d'un commentaire anonyme sur Job (125 a et 125 h, deux lignes).

27° Ms. A, II, 9 (supplément de Pasini). In-fol. vélin, 251 feuillets, splendide manuscrit de la fin du xiii° siècle ou du commencement du xiV, écriture italienne. Contient les commentaires de Raschi sur les traités suivants :

1. Joma (1 «-70 l). Ici lacune et transposition. Les 6 feuillets qui suivent appartiennent au traité Haghigha et doivent être reportés avant le feuillet 118'. Le feuillet qui vient ensuite (71) contient, non la fin de Joma (il manque la valeur d'un feuillet, depuis m "irsm ■'NMT man rT'm:> rbrn msin rD0732, ce qui correspond au feuillet 88 des éditions imprimées), mais un fragment de la prière des jeûnes publics, ce qui permet de supposer que le feuillet 71 était précédé du traité talmudique de Thaanith ou des. Jeûnes.

Au verso de 72 commence le traité de Meghilla jusqu'à 98 &, où prend Haghigha. Après 111 h, doivent venir les 6 feuillets 112-117 intercalés entre 70 et 71. Haghigha finit au bas du 118&, et à 119acommence Soukka que suivent Bétsa (177&-223«) et Rosch hasch-Schana (223 «-250 h). Le dernier feuillet 251 a et h est occupé par une addition (ri"5?:) qui, après l'introduction suivante : pnD3 IT ^isbri 5"pi ûiiMin ûim:D3 NTî pT irm T-n- Nia ^y nsvcNna inu^xn

' Ces feuillets, dans le manuscrit, sont paginés 112-117 ; le feuillet suivant reprend à "1. Cette paj;inaliou, qui souli^iue si nettement la transposition, est due à un des possesseurs du manuscrit, qui fait remarquer cette trunsposiliou dans une description assez bien laite du codex placée à la première page.

débute ainsi : in;'303 i:^i3"0- onina mD iinb n3U3 ms» laa niïSa

ms'^VMT tavn ypra i-ù2^'d b-'a-o av ïi^n 'jinona î"i ûrn imN nîaiN

'1D1 T'^'^''^' ■'"■'^ ^"^=1 ûva riîû-'D bîM rnbri-n Elle se termine par les mots suivants : nira "iNiaao nnN ''Tj'^'O 1V\ nti'ibis 'nb «bs lanna i-'^sri )i2i'n riTa l-'^-''2!^w m:ii:'7: ûbiyr; ï-i;io m;i^;'tt ma-'nn t><bi ï-iu^a ]i2-n ab ii;io ';n3 V^^ ^'■•'''^ ^^''^

: N^^■^ ama

C'est, dit l'auteur de la notice manuscrite placée en tète du volume: « Adnotatio de quibusdam rabbinorum nugis diluvii tempera definientium et astrorum tune situm. »

Le recto de 1 « a été gratté, blanchi à la craie et en quelques endroits récrit. Sur le feuillet blanc qui sert de garde on voit au verso une table des matières en latin, table due à un possesseur moderne du manuscrit ; au recto, des signatures hébraïques de propriétaires ' et deux tables des matières en hébreu de deux époques différentes, mais toutes deux assez anciennes (xvi" siècle ou xvii<^ ?). Il résulte de l'examen de ces tables que notre manuscrit était beaucoup plus étendu et disposé dans un autre ordre que maintenant. En effet, elles donnent les traités suivants : Joma, Mischna Schelcalim de R. Juda^ fils de Benjamin EeiscJia (?) (manque dans notre manuscrit), SouJcIca, Bétsa, Roscli Jiasch-ScJiana, TkaaiiHh (manque), autre commentaire sur Thaaniih (manque), Prières pulUqms des jeûnes- (manque, hors la fin, Megliilla, Hacjlvigha ; MasclMn (manque). Comme nous l'avons vu, l'ordre de notre manuscrit est, en remettant à leur place les feuillets intercalés de liaghigha ; Joma (manque la fin ; — lacune embrassant Taaniih et la prière des jeûnes), fin de la prière des jeûnes, Megliilla, Hagliiglia, ces trois dernières parties se suivant sans pouvoir être séparées. Puis, en haut du folio 119 a commence une nouvelle série : Souhlca, Béisa, Rosch-hasch-SclMna, faisant un tout par elle-même. La comparaison des tables et du manuscrit montre clairement que le manuscrit comprenait jadis Joma complet avec Mischna Schelcalim, qui

' Une première signature, d'une écriture presque aussi ancienne que le manuscrit, porte les mots : • A moi, Moïse, fils de Benjamin Finzi, > suivis des lettres pointées y''S6, qui, si elles sont un chronogramme, indiqueraient la date 200^1440. Une seconde signature plus récente, répétée quatre ibis, donne le nom d'Isaae, fds de Moïse Finzi, lequel, d'après une autre note, a aclieté le manuscrit à Benjamin. La conclusion la plus vraisemblable qui ressort de ces notes est que Moïse, fils de Benjamin Finzi, avait vendu son manuscrit à un sien neveu portant, selon l'usage, le nom de son grand-père, et que le fils de Moïse, Isaac, l'avait racheté à son cousin Benjamin. La l'amille des Finzi, encore fiorissante en Italie, porte un nom connu dans la littérature juive de la fin du moyen âge,

' L'indication du second commentaire et des prières publiques manque dans l'une des tables qui sans doute désigne le tout par le mot Thaanith.

terminait ua folio; que la série Soiil'ka, Bêtsa, Rosch-liasch-Schana, qui venait ensuite, a été transposée d'une pièce, après la série Thaanith, prière des jeûnes, MeghiUa et Haghigha, placée dès lors à côté de Joma et de ScheJcalim ; que la fin de Joma et Schelrtlim, Thaanilh et une partie de la prière des jeûnes sont tombée, ce qui a déterminé l'ordre actuel du manuscrit, et qu'enfin une dernière transposition a eu pour résultat d'intercaler quelques feuillets de Haghigha dans Joma. Quant àJIaschJàn, qui occupait primitivement la fin du manuscrit, il eit difficile de dire où et comment il a disparu.

28=» Ms. A. 1, 13 (Pasini, n° , p. ). Abrégé du Talmud de

R. Alfas avec les commentaires de Raschi, de R. Nissim (dit Ban) Mordochaï, Thosapbotli, sur Synhédrin (1-18 a], Makkoth (18 «- 21 a), Schebouoth (22 ff-41 a), Aboda Zara ;41 rt-65 ?>}, Jebamotli C6 «-119 a), Kethouboth (120 «-188 i], Ghittin (189 a, recommencé après quelques lignes à 189 i-230 a). Beau grand in-folio, écriture allemande du xiV siècle. Pasini réunit à tort le traité Makkoth avec le traité Scbebouotli : il a été trompé par l'absence de titre au début de Schebouoth, la place l'éservée pour ce titre n'ayant pas été remplie. Dans le traité Aboda Zara, les mots suspects aux chrétien; ont été soigneusement barrés. Comme dans la plupart des manuscrits de l'Alfasi, les mots français sont ici omis ou traduits en allemand'. Ce manuscrit est de peu d'importance.

B — Manuscril»; de la Bible

Je ne pouvais prétendre collationner les nombreux manuscrits de Raschi sur la Bible et spécialement sur le Pentateuque que possède la Parmesane. C'est un travail aussi vaste qu'inutile. Comme je l'ai dit au commencement de ce rapport, les bibliothèques de l'Angleterre et la Nationale m'ont fourni des documents suffisants pour restituer à peu près complètement le texte des glosses bibliques. Je n'avais çà et là que quelques mots encore obscurs à élucider, et, en outre, il me restait une question spéciale à résoudre.

J'ai fait remarquer ailleurs - que dans les Prophètes et dans les Psaumes jusqu'au psaume 58, les éditions s'accordent toutes à donner une série de glosses que les nombreux manuscrits de Paris et de l'Angleterre omettent d'un parfait accord. En était- il de même des manuscrits de l'Italie ?

Ma tâche ainsi circonscrite consistait donc à examiner les manuscrits des Prophètes et des Psaumes ; et quant au reste, les plus anciens

' Cf. plus liaut, p. 113.

' Voir plus bas, p. 172.

et les plus corrects manuscrits dans les passages contenant des glosses encore douteuses. J'ai donc vu à Parme et à Turin les manuscrits suivants :

ilanuscrits de Panne. — 29° Ms. 2726, Rossi 76. Raschi sur les premiers et les derniers Prophètes, vélin, écrit, rabb. 4°, xni" siècle. Manuscrit sans valeur pour l'objet de mes recherches.

30° Ms. 3266, Rossi 387. Raschi sur les premiers et les derniers Prophètes, vélin, éci-it. rabb. in-fol., 2 col., xiii° siècle. « Antii|uus et optimœ frugis codex. »

31° Ms. 2854, Rossi 663. Les premiers et les derniers Prophètes, avec le commentaire de Raschi, vélin, semi-rabbinique, petit in-folio ou grand in-4°, xiii° siècle. Commence à Josué, m, 14 et finit à Maleachi, i, 4.

32° Ms. 2191, Rossi 551. Psaumes avec le commentaire de Raschi, vélin, écrit, germanique, petit in-4°, xiii" siècle.

33° Ms. 27:24, Rossi 1044. Commentaire de Raschi sur les Psaumes, vélin, écrit, rabb. in-4°, xiii° siècle ou commencement du xiv°. — Lacune de Ps. i à lxxxi et de cxxxiii à la fin.

34° Ms. 3095, Rossi 732. Psaumes avec le Thargum, la Massera et Raschi, vélin, écrit, germ., petit ia-fol., xiii° siècle. Lacunes de Ps. i à VII, 6 ; de xviii, 8 à xxxvii, 26 ' et de cxix à la fin. Dans ce manuscrit, l'écriture du texte de Raschi a pâli et est presque effacée, ce qui en rend la lecture très pénible. Les glosses sont souvent corrompues.

35° Ms. 2953, Rossi 34. Les ILigiographes avec la Massera et Raschi, vélin, écrit, rabb., grand in-4°, xiii° siècle.

36° Ms. 3232, Rossi 32. Les Ilagiographes avec la Massora, le Thargum et Raschi, vélin, écrit, germ., in-fol., 3 vol., xin° siècle. — Lacune de Ps. xlviii, 6 à lxxviii, 49, et dans Proverbes, de xiv, 19 à XXX, 5-.

37° Ms. 3204, Ro.jsi 181. Comraentaire de Raschi sur le Pentateuque, les cinq Meghilloth ^, les Psaumes, les Proverbes et Job, vélin, écrit, rabb., grand in-fol. sur 3 col., xiii" siècle ou commencement du xiv°.

38° Ms. 2338, Rossi 11. Pentateuque avec le Thargum, les cinq Meghilloth, les Haphtaroth *, Job. Proverbes, la Massora et le commentaire de Raschi. Le commentaire sur Job est d'un anonyme.

' Celle seconde lacune uVst pas indiquée dans le catalogue de Rossi. Il est arrive plusieurs fois au prudent aLbé de ne pas mentionner les lacunes nioiiis apparentes placées au milieu de ses manuscrits et qui en diminuaient la valeur.

' Lacunes non mentionnées dans le catalogue de Rossi.

' Sur les Meghilloth, voir plus haut, p. 109, noli\

* Sur les Haphtaroth, voir ibij .

128 ÉTUDES .lUDÉO-FKANÇAISES

39" JIs. 2186, Rossi 607. Les Proverbes avec le commentaire do Raschi, vélin, ccrit. germanique, petit in-4°, xiii<^ siècle.

40" Ms. 2046, Rossi 722. Les cinq Megliilloth, les Ilaiihtaroth et Job avec le commentaire de Raschi et la Massera, vélin, écrit, germanique, petit in 4", xiii° siècle.

41" Ms. 2706, Rossi 459. Commentaire do Raschi sur le Pentateuque, vélin, écrit, rabb. in-4'', xiii" siècle.

42"" Ms. 3081, Rossi 924. Pentateuque avec Thargum, cinq Megliilloth, Job et le commentaire de Raschi sur le Pentateuque et les cinq Meghilloth, et avec la lellrc d'Aman. Vélin, in-fol., xiii'= siècle. Lacune de Genèse, i à vi, 9.

43" Ms. 3080, Rossi 94S. Pentateuque avec Thargum, Ilaphtaroth, Meghilloth, Thargum d'Esthcr, et commentaire de Raschi sur lo Pentateuque et les Meghilloth, vélin, fol., xiii" siècle.

44" Ms. 2820, Rossi 656. Pentateuque avec Thargum, Ilaphtaroth, Cantique et commentaire de Raschi ; vélin, écrit, germanique, commencement du XIII'' ou peut-être fin du xii" siècle. Lacune de Gen. i à Exode x\T, 36, et de Ruth, iv, 10, à la fin. Le commentaire de Raschi est plus récent (il est du xiv'' siècle). Le complément du manuscrit se trouve dans le cod. de Rossi 857 (coté dans la Bibl. sous le n° 2830).

45° Ms. 3226-3227, Rossi 592. Pentateuque avec Thargum, cinq Meghilloth, Ilaphtaroth et commentaire de Raschi ; vélin, écrit, germanique, 2 vol. fol., xiii" siècle. Lacune de Genèse i à v, 5.

Tels sont les manuscrits des commentaires bibliques que j'ai vus en totalité ou en partie à Parme. J'ai laissé les autres, en nombre beaucoup plus considérable, et qui appartiennent au xiv^ ou au xv" siècle. A Turin, j'ai vu également un certain nombre de manuscrits bibliques ; presque tous ont de la valeur.

Manuscrits de Turin. — 46" JIs. A, iv, 3 (Pasini, I, p. 41, n" ex). Les Prophètes et les Hagiographes, accompagnés sur les marges du commentaire de Raschi et de ia ilassora. Gros in-8", vélin de 499 feuillets. A la fin du manuscrit, on lit la notice suivante : « Moi, Mathathias, fils de R. Isaac, j'ai écrit cette AVife pour R. Salomon, fils de R. Juda Sokhiah, et l'ai achevée le mardi, section AVaj-étsé de l'an 95 (= 1335), etc. » On voit par là que le Pentateuque a été perdu. — L'ordre des prophètes est Jérémie, Isaïo, Ezéchiel.

47" Ms. A, IV, 27 (Pasini, I, p. 45, n° cxxiv). Ce manuscrit, petit in-4°, vélin, de 317 feuillets écrits en caractères carrés, renferme : 1" Raschi sur les premiers et les derniers Prophètes (le commencement manque, de Josué i au milieu des Juges). A la fin des Prophètes, fol. 187 h, on lit une note ainsi conçue : « Sont achevés les douze petits Prophètes, et tout le commentaire de l'Ecriture : gloire au

RAPPORT SUR UNE MISSION EN ITALIE l'ÎQ

Puissant et au Majestueux. » Cette ligne semble indiquer que le manuscrit contenait primitivement le Pentateuque. — ... 5° (fol. 211) Raschi sur les Psaumes, les Proverbes, Job et Daniel. Variantes assez considérables dans Daniel.

48° Ms. A, 1, 2 (Pasini, I, p. 18, n" lui) Raschi sur toute la Bible, grand in-fol. de 221 feuillets, vélin sur 3 col., xiii'= siècle. L'écriture n'est pas carrée, comme le prétend Pasini, mais cursive germanique en gros caractères. « Caret principio et fine ». — La lacune du commencement comprend Genèse i, — Nombres xvii, 3. Le commentaire des Chroniques qui termine le manuscrit (il n'est pas de Raschi) est aussi incomplet.

49» Ms. A, II, 8 (Pasini, I, p. 5, n" xiii). Beau manuscrit d'écriture germanique du xiii''-xiv<= siècle, contenant : 1" Le Pentateuque avec Raschi, Rambau et le Thargum; 2» (fol. 309) Esther avec Rasclii et un commentaire chaldaïque (qui n'est pas le Thargum, quoi qu'en dise Pasini); 3° (fol. 329) Cantique avec Raschi, Ramban et le Thargum ; 5° (fol. 341) Lamentations avec le Thargum et Raschi ; 6» (fol. 349) L'Ecclésiaste avec le Thargum et Raschi ; 8" (fol. 370) Job avec le Thargum et Raschi ; 9° (fol. 400) Haphtaroth avec le Thargum et Raschi.

50'' Ms. A, II, 2 (Supplément de Pasini). Ms. grand in-4° du xiv« siècle, vélin, écrit, franco germanique. Le manuscrit contient d'abord Raschi sur le Pentateuque (fol. 1), sur les Psaumes (fol. 102 a), sur Job(123«), sur le Cantique (135 &), Daniel (140 J), Esther (145 b), Lamentations (141 «), Koheleth (149 a), Proverbes (155 ô), Ezra (164 i). A la fin d'Ezra, signature du scribe Samuel. Vient ensuite le Thargum sur les Proverbes, l'Ecclésiaste, les Lamentations, le Cantique, Esther, Ruth, les Psaumes et Job (172 J-238 a). Les derniers feuillets contiennent le commentaire (incomplet) de R. Moïse sur les Chroniques.

51" Ms. A, II, 6 (Pasini, I, 5, n" xiv). Raschi sur les Prophètes et les Hagiographes. Grand in-4° vélin, grosse écriture germanique du xiv"= siècle. Commence à Josué, m, 16. — Ce manuscrit présente des variantes intéressantes et des notes intercalaires signées ï:""i = Rabbi S,, qui seraient à étudier pour la constitution d'un texte critique de Raschi.

52° Ms. A, m, 19 (Pasini, I, 6, n° xvi). Raschi sur le Pentateuque, les Meghilloth et les Haphtaroth. Ecriture germanique du xiv° siècle. — Peu intéressant.

55° Ms. A, m, 11 (Pasini, I, 6, n° xix). Raschi sur le Pentateuque, ms. de 1306, vélin, in-4°, écriture méridionale. Le manuscrit a été exécuté à Linz, ville située entre le fleuve Tera et le fleuve Isil ('?). Sur la garde on lit le nom de propriétaires du manuscrit : Jacoi b. EUèzer Halévi de Pavie et Salomon h. Moselle, de Kaschilam.

Sans entrer dans l'examen des glosses données par ces divers manuscrits de Parme et de Turin, examen qui trouvera place ailleurs, je me contenterai de dire que tous les manuscrits s'accordent à supprimer les pseudo-glosses des grands Prophètes et des 58 premiers psaumes; preuve qu'elles sont postérieures et datent du xv° siècle, si elles ne sont pas dues au premier éditeur de Rascbi. Mais si la non-authenticité de ces glosses est devenue évidente pour moi, le problème de leur origine reste encore obscur, et la question est à réserver. Une question encore importante soulevée par l'étude du texte de Rascbi est celle qui a rapport aux derniers chapitres de Job. Les manuscrits se divisent en deux séries suivant qu'ils interrompent ou non le texte de Rascbi au chapitre xl, verset 18. Les uns en effet donnent le commentaire de Rascbi complet jusqu'à la fin, les autres déclarent que la mort ayant empêché Rascbi d'achever son œuvre, ils complètent le commentaire avec celui d'un autre rabbin, généralement R. Jacob Nazir. 11 y a encore là une question de critique de texte que nous réservons pour plus tard.

GLOSSAIRES UÉBREUX-FRANÇAIS.

j'ai déjà donné dans la Romania ' quelques lignes des deux glossaires de Parme, ms. 292-1, cat. Rossi 60, et ms. 2^80, cat. Rossi 637. Je puis maintenant donner de plus amples renseignements sur ces glossaires, et établir plus solidement des comparaisons soit avec le glossaire de Bàle, soit avec les glossaires de Paris, soit même avec le glossaire de Leipzig, dont un long fragment a été publié par M. Boehmer dans ses Romaiiische Studien -, A ces deux textes doivent s'ajouter un nouveau glossaire que j'ai découvert à Turin et un dictionnaire hébreu-français déjà signalé par M. Neubauer dans son Rapport sur îine mission dans le midi de la France et l'Italie. Le glossaire est coté sous le u" A, iv, 35 (Appendice à Pasini, catal. manuscrit), et le dictionnaire sous le n" A, iv, 13 (Pasiui, I, p. 33).

A. Je commence par le glossaire de Parme, Rossi 60, dont je complète la description donnée par Rossi dans son catalogue, et par moi dans le passage déjà cité de la iiowa^u'ffl. Le manuscrit in-4°, écrit à Taillebourg en août 1279, est de 217 feuillets, dont 214 remplis de

' Tome I, p. 169-170 [daus l'étude reproduile plus las, p. 188-1S9]. ' Tome I, p. IGo.

glosses à 34 lignes à la page. II renferme de quatorze à quinze mille glosses, disposées sur trois colonnes ; la première à droite contient les mots bibliques à expliquer ; la seconde, celle du milieu, les traductions françaises ; la troisième, celle de gauche, le commentaire. Celui-ci est composé soit de citations qui renferment le mot traduit, la citation en ce cas est précédée de 1733, comme ; soit d'explications par synonymes, le synonyme est alors précédé de '3, première lettre de -[Tcb, langcnje, c'est-à-dire signification ; soii àe la citation et du synonyme réunis; soit enfin d'un extrait de la paraphrase chaldaïque '. Cette disposition que j'indique pour le manuscrit Eossi 60 se retrouve également dans le second manuscrit de Parme et dans celui de Turin.

Il manque au commencement la valeur d'un cahier ; le recto du premier folio est entièrement effacé ; on n'y peut lire que quelques mots çà et là, entre autres ns-'t n'jon, fin de Waijélsé -. Le verso, qui a également les premières lignes à demi effacées, commence à Genèse, XXXIII, 10. Le glossaire comprend d'abord le Pentateuque (1-34 &), à la fin duquel se trouve la signature du scribe Jeliiel : « Sont achevés les Laazim du Pentateuque ; béni soit celui qui donne la force à l'homme fatigué et augmente le courage du faible. Jehiel, Hazak'. » Viennent ensuite les cinq Meghilloth (34 5-43 lis a). Le feuillet 43 bis est formé d'une petite bande de parchemin qui contient sur le recto quatre lignes de texte (les dernières du livre d'Esther), et sur le verso en gros caractères des mots hébreux signifiant : « Sont finies les cinq Meghilloth quant aux Laazim, Jehiel bar Eliézer, » et audessus « Ezra, fils de Jehiel; Hazak Wenithhazak; le scribe ne souffrira d'aucun mal. » Cet Ezra est sans doute le fils de Jehiel bar Eliézer, scribe comme son père. Viennent ensuite Josué (44«), Juges (46 a), Samuel (5T è). Rois (61 «), Jérémie (69 «), Ézéchiel (82fl), Isa'ie (93 a), les douze petits Prophètes (119«-134«). Le feuillet 134 est également coupé à partir de la notice : « Sont finis les Laazim des Prophètes, louanges à Dieu qui. . . » Le verso laissé en blanc a été plus tard employé pour des notes talmudiques (Thosaphoth). Après quoi commencent les Psaumes (135a), les Proverbes (169 rt). A la fin

* La troisième colonne se dédouble d'ordinaire eu deux, car le plus souvent les mots placés sous la rubrique "iQlD et les mots placés sous ia rubrique 'is forment colonnes h part.

' Le Pentateuque est divisé en autant de sections qu'il y a do samedis dans l'année; chacune est désignée par le mot qui la commence. La section Wai/fls^ comprend les chapitres de la Genèse xxviii, 10, à sXxvl, 4.

^ Le mot hazak est un impératif à sip;niEcatiou intcrjective, ayant la valeur du latin âge, macte l On y adjoint quelquefois un autre mot menithhaxah = macti simus! de manière que l'exclamation complète équivaut à iiiacle et tiiaiti siini/s. La signature des scribes, des écrivains juifs est d'ordinaire accompagnée de celte sorte à^exjUcit.

des Proverbes (181 1) est une note d'une écriture plus récente que je ne comprends pas : ^:ns aç;a n^Vs a^în nîsî? ris'CïS "la^rn i:SwX-i^^-^ "1D1S- Lsnî^b ny'ja « Saméraanou baéikhje aspthe aanou benapht alplieth, benapht aanou benajtou, à Ezra le scribe'. » Ces mots ne sont ni de l'hébreu ni du français. Suivent Job (182 «), Daniel (207 rt), Ezra (212 b). Après les trois lignes du verso qui finissent Ezra vient la signature du scribe : « Jehiel, fils de R. Éliézer, homme fort, Ilazak. » Le verso porte des notes de toute nature et de diverses époques. Ce que j'y remarque de plus intéressant, ce sont les lignes suivantes :

l^i-'":' N'^-'^ 'c^~i7i} "^rr! ■''r?

y:i^ T>b]3 s'rs mots français transcrits en caractères hébreux et qui doivent se lire :

Ce'li ki a écrit céte liçon

Vivant do bleye (?) été (sic pour ei = est) son non,

Ki a la fille dan Salmon

A la cler [sic) façon -.

Des notes postérieures, de la même nature et de la même main que celles du f. 134, couvrent le reste du feuillet, la moitié du l'ecto et le verso du feuillet suivant (211) qui porte la notice finale du scribe reproduite par Rossi dans son catalogue et par nous dans la Romania (v. i.p. 189 .

B. Le second manuscrit de Parme, n° 2780, Rossi 631, est un in-quarto vélin de 178 feuillets de 30 lignes en moyenne, contenant de dix à onze mille glosses, écrites sur trois colonnes. Il commence à Genèse, xxx, 54 [\q premier cahier est sans doute tombé) ; il comprend le Pentateuque (1-37 a), les cinq Meghilloth (37 J-48 a), les Psaumes (4Si-7ii), les Proverbes (71 i-82rt), Job (82rt-99«). Le reste du feuillet 99 rt, laissé en blanc, est couvert de notes en hébreu dues à diverses mains relativement récentes, et qui portent en partie

' Cet Ezra n'est pas l'Ezra biblique, connu sous le nom à''Ezra Sophcr, c'est-à-dire Ezra le Scribe ; c'est le ÛU de Jebiel beu Éliézer, scribe comme son père. ' De cette expression, rapprocbez par exemple ces vers : ... à lointain baron Veut sa tille marier Qui a si clc-e façon Que l'en si porroit mirer.

(Leroux de Lincy, Chants historiques, I, 182.)

sur le calendrier. Elles ont été partiellement enlevées sur les trois marges par la rognure. Après le feuillet 99 s'étentl une lacune qui embrasse les livres de Josué et des Juges. Le folio 100 « commence avec la dernière ligne des Juges que suivent Samuel et les Rois (10O«- 119«) ; viennent ensuite Jérémie (119«-133«), Ézéchiel (134«-146«), Isaïe (146 «-175 J), les douze petits Prophètes (176 «). Le manuscrit s'arrête 178 b au milieu de Job. Il faut remarquer l'ordre dans lequf 1 se suivent les divers livres de la Bible ; les Hagiographes précèdent les Prophètes, contre l'usage. La transposition est l'œuvre du scribe, comme on peut s'en assurer par la pagination des livres. Le texte est accompagné çà et là d'additions et corrections postérieures avec nouvelles glosses.

C. Le manuscrit de Turin A, iv, 35, est un in-i" vélin du xni° siècle, de 180 feuillets. Le manuscrit porte paginés 179 feuillets, mais le premier n'a pas été compté (nous le désignons ^wcfeiiiUef ou folio 0), sans doute parce qu'il est coupé d'un tiers, et que, presque entièrement noirci, il est dans un fâcheux état de conservation. Il contient environ onze mille glosses. Il commence avec la Genèse et comprend le Pentateuque (fol. 0), les cinq Meghilloth (-34 a), Josué (42«), Juges (44«), Samuel (49 fl). Rois (59ff), Jérémie (66 J), Ézéchiel (78 i), Isaïe (88 Z/), les douze petiti Prophètes (112 Z-), les Psaumes (128 i), Job (152 «), les Proverbes (172 «). Le manuscrit s'arrête au ch. xxv, vers. 22 des Proverbes. En tête du manuscrit se lit en hébreu la note suivante d'écriture plus récente : « Les Laazim, M. Raphaël, fils du saint R. Abraham, do mémoire bénie. » C'est sans doute la signature d'un propriétaire du manuscrit, signature reproduite encore fol. 31 a (deux fois ') et G5 a. Les sept premiers feuillets, ayant été coupés en tête, on a collé des bandes de parchemin sur lesquelles on a reporté les lignes tombées. L'écriture de ces bandes, d'une autre main, ce semble, paraît être de la même époque. Les fol. 17 et 94 ont été lacérés. Le fol. 45 a porte à la marge supérieure une note oii je puis déchiffrer les noms d'isaac, fils de Jacob, et Jacob, fils de Jacob ; au fol. 133 5, je note la signature Salomon, fils de Salomon Lunel (?). Le manuscrit en grande partie n'est pas ponctué, ce qui en diminue la valeur. 11 semble qu'il ait été ponctué après coup, vraisemblablement par celui qui a rempli les bandes des sept premiers feuillets, si l'on peut se fonder sur des indices aussi peu sûrs que la forme des points-voyelles et la couleur de l'encre.

' La première fois fous celle forme : < Moi, Raphaël, Ois d'Abraham, dans la ville à'Incl >. — Inel ou Jrel ou Isel, et, comme Vi =^ ['c : Tnil, Huit ou Enel ; Iril, Jivil ou Evel i Isil, Esil ou BseJ.

ETUDES JUDEO-FRANÇAISES

Presque à chaque page se trouvent des additions de diverses mains et de diverses époques, spécialement aux pages 125 a, 133 l.

Voici maintenant des extraits de ces trois manuscrits. Nous commençons par C, qui prend au premier chapitre de la Genèse.

Ms. C : fol. 0, recto, illisible.

verso, à peu près illisible

Genèse.

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Fol. 1, recto :

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