FRANÇAIS COMMENTAIRE
(colonne du -milieu) (colonne de gauche)
DEVANT CET sons de : avant cela
ANC. AçÉç s. d. : années nombreuses
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fondement.
C. Le troisième glossaire est conservé à la Bibliothèque publique de Bàle. Il est ain-si désigné dans le catalogue de G. Ilienel (col. 576) où M. Neubauer me l'a signalé : « A III, 39. Biblia hebraica c. punctis pars potior, cont. praelectiones sabbatinas in linguam Gallicam translatas, sed charactere liebraico exaratas, in-4°. » J'ai retrouvé depuis l'indication de ce glossaire dans l'ouvrage de Zunz : Zur Geschiclde vnd Lileralitr (p. 81).
Ce ms. dont M. Albert Socin, par la copie de quelques passages, m'avait fait connaître l'importance, et que M. le bibliothécaire de Bàle a bien voulu me communiquer, est un volume moyen in-4", vélin, de 184 feuillets. (La pagination donne 183 f. , mais un feuillet a été omis entre 155 et 156.) L'écriture, d'une netteté et d'une sûreté remarquables, est en gros caractères et donne 18 lignes, parfois 17 à la page. Le mi. n'est pas daté, ou peut-être ne l'est plus; car les premiers et les derniers feuillets, qui contenaient sans doute la signature du copiste, sont tombés. L'écriture cependant me semble appartenir au commen-
186 ÉTUDES JUDl^O-FRANÇAISES
cément du xiii^ siècle et peut-être à la fin du xir '. Elle est assurément moins cursive et partant [dus ancienne que celle du manuscrit A, qui est de Tan r241. Le texte ne fournit aucune donnée particulière de nature à déterminer la date exacte : les seuls auteurs modernes cités sont lîaschi et Menahem b. Sarouq, qui sont fréquemment nommés, et une fois Donasch b. Labrat et Saadyah (fol. 133 r? et 158 J). On no peut rien conclure de si maigres données.
Le ms. commence à Samuel I, ni, 13 et finit avec Amos. Le dernier mot du dernier feuillet annonce le livre d'Obadia. On peut en conclure qu'il est tombé au moins un cahier au commencement et un autre à la fin du livre. L'on constate une autre lacune au milieu même du manuscrit, entre les feuillets 32 b et 33 a, lacune qui s'étend de Kois I, xr, 28 à Rois II, xxii, 1 et qui s'explique fort bien parla chute d'un cahier. Le manuscrit complet n'a du contenir que les livres prophétiques, c'est-à-dire les livres historiques, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et les 12 Petits Prophètes; car en y ajoutant les trois cahiers qui certainement manquaient, l'on arrive, avec huit feuillets par cahier, à un total de 208 feuillets, ce qui donne une étendue assez considérable pour un ms. de ce format.
Ce ms. présente des particularités curieuses. Si l'écriture est la même de la première ligne à la dernière, il n'en est pas ainsi de la ponctuation qui vient évidemment de plusieurs mains. Jusqu'au f. 33, elle est l'œuvre d'une personne à qui l'on doit également des corrections du texte et çà et là quelques notes marginales, et qui, autant qu'on peut le juger d'après l'écriture de ces additions, vivait au xiv" siècle. Mais cette personne ne s'est pas bornée à ponctuer les pages laissées sans ponctuation par l'auteur du ms., elle s'est permis souvent de modifier la ponctuation primitive encore bien visible actuellement sous la seconde, de telle sorte que ce ms. nous offre à la fois un tableau de la prononciation du commencement du xiii" siècle et pour ce qui regarde les voyelles, de celle du xiV. Mais ce n'est pas tout. Nous croyons encore reconnaître une seconde série de corrections plus anciennes que les précédentes, et qui peut-être ne sont guère postérieures à la copie du manuscrit, car l'encre offre à peu de chose près le même aspect dans la copie et dans ces retouches. Celles-ci consistent principalement dans le remplacement de la voyelle en par la voyelle an. Ajoutons enfin qu'une troisième main, qui est du siècle dernier, a numéroté les chapitres et versets des deux livres des Rois, en même temps qu'elle intercalait entre les lignes un essai plus ou moins bien réussi de transcription française des Laazim contenus dans ces deux
' M. Neubauer, à qui J'ai soumis un fac-similé de celle écrilure, n'hésite pas à reconnaître les formes du troisième ou du quatrième quart du xii" siècle.
livres', et nous aurons mentionné toutes les particularités de cet intéressant manuscrit.
La première page, qui est tachée, salie et rongée, se lit avec quelque peine : elle commence, comme on a dit, à Samuel II, m, 13. On trouve ensuite les Rois (25 «), avec la lacune dont nous avons parlé ; Jérémie (34 5 ligne 1) , Ezechiel (70 a, 16), Isaïe (105ff, 1) ; Osée (167 h, 1) ; Amos (178 5, 7)-. La page 17 a été à moitié grattée à diverses places, de manière à ne laisser que des lambeaux de lignes et de phrases.
Voici le début de Jérémie : 34 &, lignes 7 et suivantes ^ :
« [1] Paroles de Jérémie. [5] Avant que je te formasse, Ke pexise toy, comme dans : Il le forma (dessina) au burin [Sam. XXXII, 4.] Ainsi Dieu a formé une image au milieu d'une autre. D'après d'autres : crié toy comme dans : il forma l'homme [Gon. II, 7, etc.] Je t'ai connu, Kenou toy, comme dans : Le bœuf connaît son maître [Isaïe I.] Je t'ai préparé, apeiîté toy; d'après d'autres : aparellé toy. Aux nations, comme pour les nations. Je t'ai donné, aballi toy. [G] Akl conpléynt, d'après d'autres : gai y, comme dans : Ah ! malheur à nous ! [9] Et il toucha, E atéeint. [10] Je t'ai donné le gouvernement, abally toy, comme la traduction chaldaï'ïuc : je t'ai mis à la tôte, sens de seigneurie ; d'autres disent : apreyoti toy. Pour arracher, a aranghier, sens d'arrachement, etc. »
Nous lisons ensuite :
Verset 11. et pour déchirer e a dépecer corrige poste'rieurement en i a dépecer.
bâton d'amaudicr haton de almendier, plus tard i. de almandier et enfin b, d'almander.