II. — B, I, o, u, href
Kous ne donnons pas d'exemples de la chute de ces voyelles ; nous V^iiTOjons aux listes dressées par M. Brachet, listes qui présentent piQdenrs exemples douteux ou faux S mais qni toutefois sont assez viehes pour établir cette chute avec certitude '. Nous voulons examiner Iflft exceptions dont M. Brachet n*a pas rendu compte, et qui se ramènent en général à la troisième loi de la chute des finales. Toutefois, Mant d'entreprendre cet examen, il est nécessaire de constater que les •X^ences de Teuphonie ne sont pas les mêmes dans Tintérieur et à la fin d*un mot, et que tel groupe de consonnes finales ne demande pas ' ^rès lui d*« féminin comme voyelle d'appui, qui, placé avant la tonique, vMame absolument cet e féminin. Que Ton compare sandum, saint à ^anctiiatem, saintRded, saifitEé; il est évident que la présence do Ve féminin est due dans ce dernier mot, non seulement au groupe net qui IVécède la protonique, mais encore au / qui la suit ^. Voici maintenant des exemples de Taction des groupes : Protonique è : intugrinum — integrin^ enterin.
perBffrinum — pelogrin (it. peUegrino) pèlerin.
ki 'U faat d'abord retrancher de ces listes les mots qai sont de purs dérivés fran- Vit, voir pins haut, p. 97, n. 3. Il faut ensuite supprimer les mots dont la quantité *il donnée faussement : racine de radïcina et non radfcina, etc., et en6n ceux qui *B Yieax français avaient un e féminin, comme perresil. Nous retrouverons plus loin *>i deux dernières catéjcories de mots.
* Ajoutons, toutefois, ici deux exemples : pitié el moitié, Piëtdtem^ par réduction de
'^ÎMos an moyen d*un yod intercalé, est devenu piyStàtem^ d'où piytat pitié (je dois
^*tte explication à M. Louis Havel), de même que tnedietatem donne mtdiyetàte^
^^^ftai ^wuiytat y meitié^ moitié. Toutefois ce dernier mot peut s^expliquer encore par
. •^^fâîB mediëtàte^medyëtàty m^ydtaty meitié, moitié. — A côté de pitié on trouve les
•"•BiM piteé et piéê^ pée. Piteé sevB expliqué plus loi'i ; quant à />iV>, pée, que Ton
'Heontre dans le Miracle de saint Éloi [pages 59 a^ 74 b et 77 ^, voir le Jahrbuch^
. ^^t p. 262). cette forme est étrange ; je ne puis guère y voir qu'un dérivé de Tad-
^ J^ctif^(dans otuwru pies),
^- * Un pen difTérents sont les faits que présentent les mots comme marherin^ ehanp-
''\ ; ^^fiere, etc., où Ve ne peut représenter une protonique latine. Marherin est un adou-
^^■innent de marbrin, dérivé français du mot marbre, Â la fin du mot, la langue,
^Vdmettant pas de proparoxyton, est contraint!* d'accepter le groupe rbr (m/iRBRe) ;
v^llalérieur du mot c'était autre chose, et marbrin pouvait devenir marberin. De
^âme le latin eameraria a dû passer par une forme camraria, chambrière (trisylla-
llifiie}, d'où par adoucissement ekamberière (et plus tard chambriière). Dans ces mots
I 9i les analogues, Tintercalation de Ve est un fait postérieur, propre au français ; cette
r Ifinrelle ne représente aucun élément étymologique. Il n^en est pas de mOme dans
ffxemple de sainteé = tanetitatem. Toutefois ces deux ordres de faits présentent de
grands rapports et on ne peut guère les séparer ; au fond ils reposent sur le même
principe. 11 n^est pas sûr que IV de larmein soit un aiïaiblissement de Vo de latro-
gimitim : ce peut dtre un e euphonique, intercalé, dès l'époque romane, aussitôt après
la chuta de l'o. pour éviter le groupe tr-e ; le fait serait tout à fait analogue alors à
celui do wtarbarin, U date seule différerait.
Dans cei deux mots les gmupBs nl-ijr, r-gr ont sauvé ]a proto-
' M. Brirliel dins le 7nJr*iieA cite jurwjNilBi comme eiomple i lonff, & tort ; îBr \'i, br*f par nelur*, ne «'■lionne pas deïint jr. 1^ iatîn populaire iHnorait l« qmnlilé ai tMlum qui n'élail qu'une liceuce i i'usafredps potles cUiaiqucB. Ceux-ci scaudaient p&lr~em, ■llongcanl la eyUglie pal, mais non ta vojelle âi le peuple disait pà-trem. M. Havet m'sFBuce que ni Piaule ni T£rence ne srandriit pal-rem (cl les mots >nBl'>)nieB), mais jtâ-irtm. D'ailleurs la posilioo, id elle modifie la nalure de la ayllsbe, laisGe intacle la rovelle qui garde ta quantité el par suit* «od timbre apéciil : $fw (cl', le grec it) eo prononçait sta i 1er [cf. lignn] se prononteit t/x; cr. daptclMm devenant ditpu et diritium devensnl droit. Si la vovelle cons«ne son timbre devant deui muettes, è plus forlo raison devant deux contonnei dont la »ecande eat r. En fait, on s'a pa» d'exiMple d'unt vet/illi Mrs par nature, a'Jo»f^ <■ rotHtt» devani uni i:i)nii)n!n luieic dt r. M, Q. Pans dans ton Aretnl latin (p. 39^. M. Schrlerdsns son Expoif dei ioii qui régiurnlla Ifntifàrmulion ffancaUtdetmiel.i Utmi (p. 3S). citent : tanntm, ta»noift de tinltru ; mais le mut latin presque excla- Bivemcnt emplcyé par la Val((«lo est (ofî/riiKm.-n'-JiVi de orii((r: Il Taul partir de arhilriani; laritrtde t^rfiiiim, tariiri vient de la'SIriim qui a dnnnj l'eipapnol laladro, le provpnfal tartîrt (tT. talro taire), le v. fr. larire, encore exi«lBRl dans les patois, délocmd enauite en lariire, AUerem, d'où alegre, s'est coorondu avea ofren dont il a reçu l'aecentualion. Snlï'r vient tuen dr inUgrumi mais l> n'a pos élt allonfcé par le (n'oupe gr ,- il ; a eu la eimpla déplacement d'accent de l'n sur tf pour maintenir le tuJGie. USoie déplacement d'accent, mSme coat-eivatian de lu vov^lle brËve dons paapiirt de palptbra [conservé plua lldèlement dans le pélprt du P>. d'Oif.. I, b) DU suivsnt M. Ascoli {Studj tritUi, parle II) de palpiira qu'indique Varron, On peut citer encore coaUwri, mai* eoMra présente tant d'anomalies qu'on oe peut rien conclure de ce mot. Caliitri Vu bref, mais non (oMra, -bnim qui chez les poilei ont presque toujours 1'» lonfi;, d'où j'oti est en droit d'sIBnner une prononcistion générale telHirn, -hrum, dont totihra, -^mni est une licence due à l'anatof^ie de tolùitr. D'un autre cMé le «iou» frinçai» fiilueii«, prov. eehirt'èra — «sji. lule- Ira (de culmbra) indiquent un type eelShra, •briim et mSme cuHShra^rvm. Il semble qu'il faille admettre l'existence d'un eSlùtra, br»tn qui, par une tinpuliitre inélalbèi* de vojelles, eerait devenu, en conservant l'accent primitir, t'Uhra--br%m, Bofio citons encore IfnfirtAt lenibra; mais ttnébre eat savant) il vient du la lin de la lilufBie, comme le prouve ta forme ttnibror qui dérive de l'oriice du Soir ; prima, itrundà tt~ HtbrarHM [0. Paris. JcrcHl 'afin, p. il). Le Psautier du Brititk Muitvn [Coda Catloniatat Ncro, C, iv, dans Pr. ïlicbel, Pâ, d'Oxford, p, 18}. traduit cette ligna de ta Vulpale (F^. ivti. I3{ ■ Et poiuit lentirai laiibulum suum • par • B posât ttntbfai sa repostaille •. Le mot latin eat tout bonnetnent reproduit. C'est un exemple, commB beaucoup d'autres, de mots dus aux clercs ou su latin de la liturgie, et cniré* dft Ut prfmirrt ttmpê dt la tanfue dans le parler populaire. Têts sont encore cJ*pttre. hirt, ardre, /fittrt,dieae, etc. j si ces mots étaient populaires, c'est-à-dire itmoDtaicnl par tradition orati au latin parlé en Gaule su iv* aitcle, ils seraient détenus e\avil ou thnil (avec l mouillée), >til (cf. Ititf' de litult). orae (nrae d'ailleiiis existe en v. français au sens de rang, ligne, et dans Ira patois au sens de tilloo, de la orntlre), creilre, dïaig'ie (ou quelque cbose J'aDSlo^i;). Cei mots Ont conservé l'accent latin parce qu'ils uni pénétré dans la lsn;:ue svsnl le m* utcl<-, époque ofl se perd le sentiment de l'accent lalin et français. Dan; ra^i'riiliiiB, rtapitrr, ta devient cAs parce qu'on semait encore la parenté de tka [prononcé sans dnulu tc^a ou peut-être eorore kelia] avec ta ,• c'est ainsi que le mot asvsnt tamJrlabmm devisât tkandtlabn dans l'Aleiia. Il faut donc disiinguer aoigneusement des muts traiment populaires, reiix qui août entrés par le lalin des clercs ou le lalin lïluriique dans la lantiue, el qui dtà tort *« soumettent aux lois phonétiques géoéralea do la langue. Pour en revenir à léaéhrt, s'il venait directement du latin populaire, en aliDettanl l'accentua lion ttiMra et mtme tfnfbra, 11 serait devenu ttmerrt (cf. fttrem, firtrt) ou ItaMers (cf. Mhtr* htb'rl [^bêi'ri] boiart). L'espagnol lini^la, ail iil* ilitcle lititbra (Berceo, Sil Millan, 'i\2, 2) rentre dans la Eérie des mois comme tbapïtrr.
PHONÉTIQUE FHANÇAISE 103
Protonique ë : * supErdnum — soverain à côté de sovrain •.
* bibardHcum — heverage à côté de heirage *.
opErâre — avérer à côté de ovrer ^. sepBlire — sevelir*.
* paupErinum — poverin *.
Ici nou8 trouvons Taction combinée des groupes thr, v-l devant la voyelle accentuée. La forme primitive et normale est ovrer ^ hevrage^ sovrain^ sevUr, povrin ; mais la langue a senti le besoin d'adoucir ces formes; ce n'a été qu'une tendance, et non une transformation absolue ; voilà pourquoi Tintercalation de Ye féminin n'a lieu en somme que sporadiquement. De même les futurs en vrai (avrai, savrai, devrai) sont la règle ; les formes postérieures en verai^ l'exception ®.
Il faut encore citer comme exemple du maintien de la protonique ohélr^ béneïry maléir^ qui sont des mots de formation savante ', alevain,
1 Pille sui Dieu le sovrain père (Rose, 5840).
Car pleust au touvrain roi (Barlsch, iSom. et Pastour,^ p. 49).
Moût amoit Dieu souvrainement [Tobler, Anieî, 81).
Liqueuls d'euls doux est lor sires souvmins (Amis, 3120).
He Dez, fait-il, biaus pères souverûitu{Id.^ 3080).
Dont est ferme par droit sus amour souveraine (Le Dit des Dames. 24).
Où sont-ils, Vierge souveraine ? (Villon, Ballade des Dames de jadis],
* Aint del beverags ne bui [Crestien de Troyes, dans Mœtzner, Alt/r, Lieder^ xxxYiif, 28, p. 64). La mesure demande de lire heverage et non bevrage; Ve de r« ii*est donc pas orthographique. Le texte publié par Wackernagel dans ses Altfranzœêische Lieder porte [p. 44) : Onkes del bovraige uo bui.
' Tut ad oes «veret (Ph. de Thaûn, Bestiaire ^ éd. Wright, 83). Vers de sept tjllabes.
Por qui Deus a plus over^ [Chronique des ducs de Norm., III, p. 505, vers 1307); Ters de huit syllabes.
Ouvtraigne dans Palsgrave, 29.
^ La forme sevelir est la seule usitée ; serlir ne se rencontre pas.
' Si lui^Q remaint, si Trent as porerins [Alexis, 20, e).
Nos somes ci. ni. conte poverin [Girbert do Metz, dans Bœhmer, Botnan. Stud.^ I, 512). Poverin peut dtre un dérivé français de povre^ comme marbtrin Test de inarbre,
* Et vos neveus tos quites raveres [Aliscans, 1330). Vostre amour a/oerai (Bartsch, Bom. et Pastour.^ p. 151J. Tenez, biaus fieus, vous l'ar^re^ (Tobler, Aniel, 143).
No[8]tre grant guerre averiens aûnei (Qirbert de Metz, ibid., L p* 445, v. 46).
Vers tôt le mont les deveries tenir (/r/., ibid.^ p. 457, v. 26).
Faut-il attribuer à Taction des groupes (tout comme dans chamberiere^ marberin) ou bien à Taction analogique du futur de la première conjugaison, les formes telles que frainderat (P. d'Oxford, XXVlll, 5), benelsUrat [id., ibid,, 10), prenderai [lluon da Bordeaux, 239), bâtera (Bartsch, Bom. et Pasteur., 249). venderoient [Joinville, éd. de Wailly, LXii, 318), metterons [irf., ibid,, cxii, 580), etc., etc.? Vraisemblablement il faut distinguer suivant les mots. Ces formes exceptionnelles se poursuivent jusqu'au XVI* siècle, et Ronsard dans son Art poétique recommande de les éviter.
' OMfff aurait donné ob^udire^ ovolr ; cf. le prov. abaueir ; benedicre et male^ éîc*r§, sous l'action du latin liturgique, ont conservé intact le premier terme bene. Lee formes populaires d'ailleurs sont àendire et maldire. Ces trois mots ayant été introduits svsat le zi* siècle, le d médial a pu ensuite disparaître.
qui présente un fait particulier S oliphant de ëléphdniern^ mot bizal^ qui ne semble pas être d'origine populaire, emperere qui est une vé-^ table anomalie. On ne peut fruère admettre dans ce dernier mot Ym tion d*un groupe mp^^ car iem^erare donne /^mpr«^ et non tenip«rr? il est vrai que la métatlièse tremper semble indiquer une difficulté » prononciat ion qui rendrait compte de Ve de emparera ; toutefois groupe w;/r est normal en vieux français. Y aurait*il dans emj)erei une influence savante du titre imperator remis en honneur par Chai lemagne et ses successeurs?
Protoniquo i : aignificat — senefie^
certificat — (fl)c^rtefie,
magnificat — magnée *,
multiplicat — montepîie^ mouteplie^
quadrifàrcum — carrefour^
quadnUdnefn — careilîon^
matricuîdrium — marreglier^, domimcèlla^ dom-
mcélla — dameiseUe,
Patricidcum — Perrecy^
asperitdtem — asperté^ aspreié^
sanctîtdtem — sainledé (Ps. d'Oxford, XCI?^
et de même : caslitdtem — chasi^^
* mitidiidtem — netei,
* putidiidlem — putoéy
* viduiidtem — veveé,
* quieiiidlem — quiteded (Roland, 907), etc.
Do ces mots en eded, eéy les uns sont primitifs : sainteé^ chasteé; les autres sont dus à Tanalogie des premiers*, et remontent certaine-
* Aletain vient de aliftâmen^ et appartient à la famille de allevare^ v. fr. tXnV composé dans lequel levare a été traité comme sMl était simple : a-lecer (?oir p\a haut, p. 99, Doto 5). Le maintien de Ve dans nUe-vcr a déterminé celui de al-t~tai%
• Les composes en ♦ -ficâre ^ fier, se déromposeni en leurs deux éiéments f\ prennent chacun l'accent ; voilù pourquoi ♦ ficàre garde son /*. Le traitement ' -ficnre comme * fi rare semble toutefois indiquer qu^on a atfaire à des mots dorigi savante, et ce qui vient à l'appui de cette manière de voir, ce sont les formes cerl nement populaires algier^ frotipier =. adïficare^ fructïfirnre^ dans lesquels la prol nique immédiate «le îrâre tombe régulièrement. M?me doute pour monte/ilier,
* Dans matriculariumz=i matrirlirium, ftmn'F.fflier, le maintien de Vï est rendu cessaire j)ar le {rroupe précédont tr et c'est la seconde protonique u qui tombe.
♦ Quelle est l'oricine do duchctf^conteé^ piteé, mots qu'on rencontre à côté de dm contée pit€[o\.\ piti(f\, par exemple dans : • Lors doua li empcreres Baudoins au co Looys de Blois lu duche^ da Nique • (Villehard., cxxvi). • Quant vint à 1ère si fisl duce^ • (Huou de Bord., 3109). « Kt le meilleur caslel de chofte conte^ > (D de Mayeuce, v. 242) : . De la douleur qu'ele a et de lu piUé » (/(/., v. 222 ; cf.
mont à Tépoque primitive, où les adjectifs nitidus^ putidus, etc., ne s'étaient pas encore contractés en net, put ^ etc., et où le suffixe était encore vivant sous la forme itale (ou ediide, edad). D'un autre côté, des mots tels que bonitatem^ sanitalem, purilatem^ veritatem, etc., devait se dégager plus tard, dans îa période française^ un suffixe té qui a développé des mots comme lasclietè, laslé. Dans ces mots nouveaux, on voit tantôt paraître un e féminin, tantôt non ; Ve se produit quand Tadjectif radical est terminé par un e {lasche, Jascheté), ou par une ou plusieurs consonnes qui, combinées avec le / de té, produiraient un groupe peu harmonieux 'fais, mais falseté \c/iéUJ\ mais chef ire té, etc.). Enfin, dans certains mots, Ve indique un commencement d'orthographe saysinie {pureté, seiireté, k côté de purté, seiirté, et par analogie /(y/e/tî, etc.).
Comment expliquer les mots preechier, empeechier, qu'on rapporte à prœdicare, irnpedicare? Preechier a une autre forme prechier *, qui est directement le lat. prœdicare ; cf. vendicare, venchier (à côté do vengier). Quant èL2>reechier, ne serait-il pas issu do * praediciiare ? Q\xoï^ que le changement de cti en ch soit encore inexpliqué, il n'eu parait pas moins formel dans allécher, delécher, fléchir*, etc. L'explication des diverses formes de cmpéchier : empaiechier, empeechier, empeschier, einpegier reste in suffisante : empaichier, empegier, remontent à * empactiare, empedicare, mais empeechier ?
Protonique ô etû. Je ne vois à citer que petrôsélinum — peresil ' et
T. 712, 749, etc.). Il faut voir dans ces mots, non des formes primitives, mais des formes analof^iques de date relativement récente. Due est un mot savant pris du latin dus ; de ce mot, après le vu* siècle^ on lire à Paide du sufûxe atum^ le dérivé d%c-atum qui devient réfrulièrement duchié. et à l'aide du suttixe itatem (sous une iurme teUe que edad, ou eded], le second dérivé duch-edéd, dncheé. En eli'et, après le vil» siècle, le chanfreinrnt de ce ci en che cki est normal ; cf. skina eschine, qvisqvunnm kfskuiÊum ehaseun, çvercinum kersnus chesne ; de la môme manière ditr-issa fait duck-^tse, franc'itia f'ranch-ise. Ducheé est dune un doublet à côté de duchié, doublet dû à l'analogie des formes telles que quitedé, laintedé, netedé, etc. Môme explication pour piUé, conteé ; ce dernier surtout était ame::é nécessairement par duchié, d'après le parallélisme (/nfAtf, ducheé; conté, conteé.
* Les vers suivants réunissent les deux formes : ja iani preeichier ne sautas Que lien eu aies por preschier [Chev. uu Ijou, 5954-55]. Us qu'on rencontre devant ch est purement orthographique.
* Nous supposons que cette forme aurait subi, postérieurement au changement de tiar en cier, un changement identique à celui qui a atteint la palatale. Ti -f- une vuyuile, et c[e,, c\,i), dcvieLnentcnmôme temps dans les diverses langues romanes c, tê ; à une seconde époque [voir p. 104, note 4), dans <lc nouveaux mots (pour la plupart d'origine germanique), le c palatal de ha, hé, hi se change en français eu c et le groupe (e,ti -4- une voyelle, reformé alors, subit égaletucnt ce changement.
* Voir plus haut, p. 97, n. 1. Cl", latrùcinium larrvcin, latro lerro. — Nous ne citons pas ici le mot leopardutn parce que Vo n'y est f)as réelieuieiit une prutonique. Ce mot a revêtu des formes variées en irançais* : liepart (Crcst. de Troyes, Chev. au lyoo, 178 ; Doon do Mayeuco, 1657 ; Durmart le Cialois, 1279 ; etc.) ; lieupart (Dur- Birt, 70^4} ; leupart (Ho.aud, 733, 1111, 2542; ; lepart [Holand, 72S) ; lupart (Uuon
turliirella^ qui donne tortrélle *, d*où plus tard par adoucissement tarterelie*.
Il convient maintenant de rappeler raction exercée par les consonnes mouillées h i sur les protoniques qui les précèdent : humiliare^ umQl'wr'y AvEniofiem, Avignon ; * campinionem^ champignon ; aculeénem, a//mllon ; papiliônem, pavillon (de là les suffixes itJoa^ ignon^ qu'on trouve dans chambrillon^ cendrillon^ échantillon^ maquignon, tumignon^, etc.