‹ Reliques scientifiques recueillies par son frèreChapitre 20 sur 48 · III. — E, I, o, u longs · texte numérisé non relu

III. — E, I, o, u longs

La chute do la protonique longue est aussi réelle que celle de la brève ; elle n'a pas été reconnue jusqu'ici parce que dans un grand nombre de mots ello est contrariée par diverses causes qui agissent spécialement sur les mots dérivés et sur les formes de la conjugaison .'Dans coUôc/ire^ rolchier, l'd étant une protonique brève tombe comme il tombe dans coUôcat roirhe où il est atone finale. Bonum a Taccent sur o et devient bon ; dans bonitalem^ Vo^ tout on perdant Taccent tonique, reçoit un accent second : bôni-tdiem, et Vi de boni comme Ve de tdiem tombe. Ici le jeu des lois phonétiques est simple. Il n*en est pas de même pour certains mots à protoni(|uo longue ; la voyelle atone dans quelques formes, ou dans les ra(li(\iux de ces mots, peut recevoir Taccent ; * ratiônare, ^rntiônat; (ijûtdre,ajàtat\ dolôrosinn^ dolôrem; a.mîcdbilem,amicum. De h\ des actions diverses d'analogie qui viennent troubler Tharmonie de la loi phonétique. A cela s'ajoutent encore des changements de suffixes qui jusfju'ici n'ont pas été reconnus. Il résulte de ces diverses causes que dans l)eaucoup de mots la protonique longue paraît s'être conservée ; mais il no faut pas être dupe de ces apparences, et quelque nonihreuses qu'elles soient, donner comme des exceptions à une loi les applications d'autres lois.

1" La protonicpie longue tombe. 2® Préservée par un groupe de coude Bordeaux, 51)") ; (^lians. d^ÀDtioche, VIII, 983). Lepart et lupart sont deux affiiblisseinents ditrèrents do leupart dont lievpatt est une forme diphtonguée. On se trouve donc en présence de deux formes liepart et leupart^ dans lesquelles le maintien du p no peut s'expliquer que parce que pdi'-dum est traité comme un mot à part. Léo étant traité comme simple a donné régulièrement soit /tV« soit lieu^ Uu (doti plus turd devenu atono/M, le)^ totit comme Deu[m] adonné Z)i^ ou Dieu Dfu.

* Ore vivrai en guise de toiirele [Alexis, 30</).

* Si revoit aillors grans escoles

De roicliaus et torteroles (Rose, 651).

Plus fimple...

Que torterele ne coulons. {Id,^ 8522).

* Voir sur ce mot Scheler, dans la Romania^ IV, p. 460.

sonnes, elle reste sous la forme d'un e féminin. 3<^ Elle est conservée dans certains mots sous Tinfluence de mots de même forme lorsque la protonique des premiers se trouve être la voyelle accentuée des seconds. 4« Dans d'autres mots elle parait conservée sous forme d'e féminin, quoi(]ue, en réalité, par suite d'une substitution de suffixes, cet b représente normalement un a étymologique. Tels sont les faits que nous allons maintenant établir.

l*» E, I, o, u longs tombent.

e long : AmÎEmicwn * (Audtiay Aunay) Auhiay

Aunùhdcum Orly

Atir^Uàn is Orliens

hlasph^mdre hlasmer^

consvKtùiUnem costume

eÎEmôsyna almosne

erEmita ermite ^

inquiEtùdinem enqidtume

Latiniàcum Lagny

quiEtâre quitter *

sevErinum Seurin Surin [vocnb. Hayiol )

SevEridcum Civray

verBCÙndia vergogne

vervEcdrium bergier

vervEcdlium bercail

vervEcile berzil

vidErdbeo vedrai^ verrai

et de même tous les futurs des verbes en ère :

calErdbet chair a ^ chaldra

debEfdbeo devrai

* La plupart des noms géographiques quA nous donnons dans ces listes nous ont été fournis par M. Longnon. Ils sont empruntés à des documents antérieurs à Tan K50. Quand la forme moderne s^écarte beaucoup de la forme primitive, nuus duu- Dons les intermédiaires entre parenthèses. La quantité de Audèna^'um est indiquée par celle de Andëna^ nom de rivière dont on no peut pas séparer Audenacum,

* On peut hésiter toutefois pour blasm^r qui peut dériver de blasm^ = blasphéma == pXâ99T)|jLov : cette dérivation expliquerait l'absence de formes blas/'cimet = blas' pkèmat. Le Roland a déjà un subjonctif blasme = bla.tphêmet [vers 1o4G).

* 11 n'est pas évident que de érfmm (provençal erms) on doive conclure à erëmita : car érfmui doit sa quantité a l'accentuation du grec êpr,jio; (== érëmus] ; ce fait ne se produit pas pour èpT]|i.iTT}; qui doit donner régulièrement eivmita, F rem us csl fréquent dans les poètes chrétiens, spécialement dans Prudence (iv* Fiècle) ; eri^mita no se trouve qu'une fois au vi* siècle, dans Forlunat (Vita Sancti Martini^ III, 628j.

^ Qniitàre présente un développement phonétique analogue à celui de piëtàttm (cf. plus haut, p. 101, n. 2) : quiètàre quijêtàre quijtarc quitier, — Sur enquitum^^ Toir le Jakrbuch, 1869, p. 25?S, et 1870, p. 145.

""cadÊrdbeo ^fallErdhety etc.

i long : Camisidcum [î ?) dormitôrium eradicdre

moliiidrium partitiônem radicina saîindrium

Vicinônia venirdbeo

et de même :

audirdbeo fuyiraheo^ eic,

long : andoricut

* barondiicum

chedrai^ cherrai

falra, faldra^ ^ etc.

Chainsy (aujourd'hui Chamy)

dortoir

arachier et de même esrachier, esror

gier, enragier molnieTy mounier^ meunier * parçon racine salnier, saunier et de même salinare^

sauner (* Venoine, Veîoine), Velaine venrai, vendrai, viendrai

odraiy orrai

[fv4jraiy fûyrai) fuirai (dissyllabique), etc.

otreie haniage et de même hamè

consobrimim cosobrinum * cosrln^ cosin '

Coton iarias

*grandiordre

fnasiondfa

inasionile

Medioldnum

meliordre

* minorire

* peJQfrdre ratiotidbiiem ratlondre Solonacum

Coignieres *

[en)graignier

mai/snada, maisniée

maysnile^ malsnil

MeiUant, Mêlant, Milan

(a]mieldrer

{a)menrir

{ern)pirier

raysnàble, raisnable

a raisnier^

Sonnay^

> Plairai, tairai, recevrai, etc., peuvent venir de plaeirâbeo^ taciràbeo^ rccipërdbeû, etc., parce qu*à côté des formes placère (plaisir), tacère (taisir), * recipèrû (recevoir], etc.» on trouve les formes ^ placer e [plaire), * tacëre (taire), recipëre (reçoivre).

* Molinier, qu'on rencontre en v. fr. et qui existe encore comme nom propre, est un dérivé do tnolin.

' Mots des idiomes du nord-ouest : eusdrin (ladin), eosi» [fr. et prov.). Cosrim, réduction de cosbrin^ donne eusdrin ou csin, comme mfsërunt^ féërunt donnent miêtrent, fiatrent ou mitent^ fitûnt, 11 ne Fcruit pas étonnant qu'on rencontrât une forme corin (qui ne serait pas cosin rhotacisé) analogue à mirent^ firent.

* Dérivé pniinlif du latin populaire cotônio^ classique cydônium (italien cottofa). Le mot est mérovingien.

* Latin classique ratiocinari; cf. sermonare pour sermocinari dans Aala— Gelle, XVll, 2.

* La quantité est donnée par le mot Sol^na^ fréquent dans la géographie de la Q«ule.

PHONÉTIQUE PRÀNÇATSE 109

* iaxondria faisniere *

telonéum {xtXumiw) *Unoléo, tenîiu, ionlm, fonlteu

Victoridcum Vitry

u long : ajvfdre aùUer

cindmdre ceintrer

consvfùra costure^ coviure

cultvrdre {a)colirer^ {ac)cotdrer *

matvtinum matin

pastvridre (pasfriare^ paistrar) , em ; dé^aistrier,

pêfrer ^

piatvrire pesirir

prO'tnvtvdre (ein)prunter *

Stadunénsem (Stadnèse) Estenois

* ventmdre (a)venirer »

Vedvnétta Besné «

La loi de la chute de la protonique longue, suffisamment établie par les exemples précédents, trouve son application la plus int«h'essante et en même temps sa conformation la plus éclatante dans les formes de la conjugaison du vieux français. Soit le verbe ajutdre ; le présent, d'après la théorie, doit être

ajùio aiù ajfiidmus aidons

ajùfas aiùes ajûtdtis aidiez

ajùtat aiùe ajùiant aiùent

or la théorie est ici pleinement confirmée par les faits. On n*a qu'à jeter un coup d'oeil sur les index réunissant les formes diverses de ce verbe ' pour se convaincre que les personnes où le radical est accentué, c'est-à-

1 Comparez * tasônem, iaisson,

* Si Tétymologie de ce mot est eousture fad-eos[ff,t(û)rdre)^ c^est un exemple également convenable de la cbule de i'û protonique.

* 11 faut partir de pastariare et non pasturare^ comme le prouve également Titalien spattojar*.

4 L'etymologie est mise hors de doute par les formes que cite Diez dans son Die- Sionnaire, Il taut toutefois admettre que dans le latin populaire Vu de -tuare était tombé, comme il était tombé dans battalia, çuattor = battualia^ quaituor,

* Tout aventta quanqu'il conta {Miracle de saint Éloi^ 111 b). Voir le Jahrhuch^ 1869, p. 247.

* La filière est Vidùnéttum Vednet Btnét Besné ou Yidnet Vesne! Betné, — La quantité de la protonique dans ce mot et dans Sfadûnensis est donnée par ce fait que Sfadûnemii et Vidûnetta sont des dérivés de * Stadùnum et * Vidûnum où Ton reconnaît sans hésitation le mot bien connu dûnum,

"* Voir par exemple Pindez de Holand dans Pédit. de M. Gautier; Tindex de Dur~ mort U Oalloii dans Tédit. deM. Sien^çel. A une page de dislance, je lis dans Tobler, Aniêl:aiuen ^386), aidier (427). — Disons, en passant, que ce verbe présente des formes secondaires assez difdciles à expliquer, aie, aXent^ etc. qui correspondent à eeilflt de «!«#, aiuûtU.

ÉTUDKS FRANÇAISES

dire les trois personnes du singulier et la troisième personne du pluriel de l'indicatif et du subjonctif, ainsi que la deuxii'me personne du singulier de l'impératif, gardent la voyelle longue, tandis que les personnes oii la terminaison reçoit l'accent font tomber cette voyelle longue devenue protonique.

Dans une note récemment publiée, M. Cornu établissait dans L Romania la conjugaison de ptirter ' , d'après le seul examen des ftài Cette conjugaison s'explique maintenant régulièrement par la chute 4 la protonique longue o =^ au ^ ut' [paravlàre]. Ou voit on même toDag que cette conjugaison n'est plus isolée et qu'il faut y rattacher aiâi et les verbes que nous avons précédemment cités. Ainsi i'arraisM nous arahnom *; je mutijiie, nous mnnjom '\ j'empasture, noua mipc trois* ; il avenira '. Quiêfars a dû, à l'origine, donner jf qtiei, tu qm il queie, ils çueient, comme con-rêtio a donné e-on-râi, -reits, -rtie, • mais en même temps guilons, quiliez. quHeir, etc. Kt si les plus ancifl) textes ne nous offrant pas d'exemptes réels de cette double conjug)

> Bomi

* Voir des extinipl«s des formes lu cudii^l aitceutu dans Jfofoo'J. 353(1; Bcaatl, 7t;u, 8)51, 13130! Ji>j»r>t. I, p. 230. clc.. Me.. faim» coDirsctéeg [araitiiir) Aaa^ Btaotl . 3451, lOiSSO. 1IGS3, 1339f, elc. ; Mort A Barin, p. 'i ; Sanitl de Camàmi, p. 45 ; Gomual tl Immtart, dioB F\. Mou» 11, XXI ; CVeiiiM dt Troga, Vketalier au lua» : 17^2, sU:.; ^miirt Amilti, 264^ Joarda-n dt Blaivta, 2619, blc; UBooit de Suinte -More, R. de Trait, 4220, e IlalTiDann. Fariitr Gkuar 314, elc, elc. TouLeroîs l'action Bnalogiijus p!«inea avec ■> auc les roimes coolracLdcs sans a, et de celles-ci sur loa premièns, 4^^ même temps que riolluiiace du mot ruiton duquel on lirait naluiellement ua dériva raiianner uot anieDé la double conjugaison araitnitrj'argilne \Ciee. au lys*. 6103 ; Triila», 1333 ; Amii. 2171 ; Darmart. 1359. 2233, 5268 ; cf. 9240, 1842. 3778. aie) ; elfttraiiQi», arauoHtr IDurmarl, 3413, 1U530, 12408, 133S5. 14075 ; Âmû, 314, Pariierfi/oNdr, 125, etc., etc.).

' Voici II conJu)i;Bison ds mangitr dans Joinvïlle : laanjiu, mangiit, manjmni, manjoit, wiangient, mangereit, matijiu [impér.), manjimt (subj,], manjitr, mamgié [voir Vindex de M. de Wiillf). On s'allendrait loutefuia à il matd»; mm mamjami. Mais TraiBL'inlilalileiDenI il y a eu d'abord iallueoce desforaies aiec^* sur les autres ; do 1i maajue «vinjoat ; plus tard manjo»), mangier out encore aj^î sur ntaKJue pour le cbsDiter eu atangt.

* Deiiuïi lon^ïlemps od avait leconau l'existence des formes empaslurt = ttaftlrt, Diei fait de tmp/trir une contraction de (ni/i^/i r«r (El, W., 1 , jinirn/'n) ; E, du Uêiil, dana son DielioHiiairt Nçramml, rallache Justement le normand rm/ialartr bu Verbe impttrir; Burpuy [MI, s. v. faiilre] eorefiïstre des rormes comme empaitlurtr , rmpeiilurrr, tiHputurer, • d'où, par rejet de l'a, empeilrtr •, Ces savsuts n'oal pas vu que les formes (|ui ont le radical accratué, seules ont l'o : • ses ccvaua tmpailiif* t

[AIdI. 5446] : noo les autres : . Puiseut il awi fmpaiiirU • " ~

II, 1394). Des deux formes impMlurt, tmpaitiniu ta lingue c

MCondc t toute la conjugaisou : j'iniiiire i le dinlectu Dorinaud la premièra i

■ Sur le présent Wattniart et sur le substantif accNfNvf, la langue refit la gaitou deae«i'ni'«i-,si bien (jue la conju^çaison primitive dUpanii sans laiiser d'ai traces que l'uiemple, JuKju'iai unique, du Mîraalo da Saint-Elui. Maia eel ■ auIGi pour reconstituer celle coDju^iaisou primitive, quil n'eat pas Uménïra li 'iî'é l'ebaencB d'ïxomjilcs tel» que flpr'iu/nr», *

son restaurée par induction, il faut admettre que Tanalogie, s*exeroant de bonne heure sur ces formes si opposées, les a ramenées soit à je qw'ie, tu quiies, il quite, nous quitms, soit à je queê\ nous queo/is, queer (cf. con-reer], formes dont nous trouvons la trace dans le composé aqueer:

Et quant chil Vont ol, si se sont aquré {Doon de Mayenre, 4795}.

La théorie nous amène également à admettre des formes comme il arouture, il empfjore [impejôrat]^ il arale [eradlcaf\, il empromue [im~ promùfua/), etc. Peut-être les trouvera-t-on ; peut-être faut-il admettre que des conjugaisons aussi complexes n^étaient pas à Torigine complètes. Si des verbes inchoatifs comme pesfnr, il pestril = pêst[û]~ rire, pist[û]riscit; amenrir^ il amenrit =ad'mfn[ô]rlre, ad'min[ô]ns$if^ sont devenus réguliers, parce que la longue f7, ô, était toujours protonique, dans les verbes où ce fait ne se produisait pas, la langue a pu dès Torigine abandonner les formes pleines : il acouture, il emppjore^ il arcne^ il empromue^ etc., pour ne conserver que les formes contractées qui étaient dominantes : accoutrer^ empeirier^ arachier^ emprunter ^ etc., quitte plus tard à refaire par voie d'analogie la conjugaison entière sur ces formes *. Un pareil procédé est conforme aux lois du langage. Quoi qu'il en soit, il ressort des observations qui précèdent que la théorie de la conjugaison dans notre vieille langue doit être reprise et étudiée au point de vue que nous venons d'indiquer.

2® De même que la protonique brève, la longue sous l'action d'un groupe est représentée par un e féminin.

L'action des groupes est sensible dans lairoclniuniy larrecin • ; wwinttira, noàvedure (Raschi^) ; nuintiénem, novreçon ; sus^iciônem, sosi^eçan ^. Dans ces trois mots le groupe précède la tonique ; dans les suivants il la suit, et se montre sous la forme d'un n ou d'un /, dont nous

1 AjoutODS Padion analogique des substanlifs sur les verbes dérivés.

* Voir plus haut, p. 105, n. 3. Quelle est la quantité de Vo dans Petroeàris, PierByvjff, dans la langue d'oïl, Perigueux dans la langue d'oc? Vo est long dans Pegrônilla, PerrEnelU,

* Nourriture est savant ; de même pourriture, Entred PORRGTuns en mes o*, dit le traducteur de la prière d^Habacuc (dans le Ps. d'Oxford, éd. Michel] pour rendre la Vulgate: Ingrediatur putredo in ossibus meit (Abac, 111, ICj. Il en est de môme de tous les mois en iture; cf. d'ailleurs plus bas, p. 114.

^ L'tf de norreçon est dû évidemment au groupe précédent tr ; mais n'y a-t-il pas à tenir compte du/i qui suit? Les terminaisons tionem^ tiare présentent des obscurités difficiles à dissiper. Pourquoi ♦ acûtiare^ ♦ minûtiare, etc.. donneni-ils aguisier^ menuisier, etc., erfciénem^ tradîtiénem : heriçon, tralson ? De môme haitn a un dérivé hameçon ; mais elerCf €cu, enfant^ etc., font clerçon^ &MÇon, enfançon sans voyelle in> tercalée. TraUon est spécialement curieux ; il semble que ce mot ait subi l iniluonce de trahir de tradere^ comme aussi traître de tra^ittor (lequel a de plus irrégulièrement conservé le t latin). Tout cela est peu clair. Les noms propres présentent les mOmes obscurités. Aguciaeum donne Ai guisg / Locogiagum [Locodiacum], Ligugf ; Domitia^ cum^ Domesy; mais Codieiacum Coucy^ Pondieiacum Poinsat, Vendieiacum Vansat \f].

avons étudié plus haut l'influence sur la protonîque trêve : catEnià^ nem, chofif/non, ehaignon^ chignon \ Sahînidcum^ Savigny^ Sévigné; Fiavlniâcum, Flavigny. Les noms propres de lieu fournissent un nombre assez considérable de formes de ce genre. Les noms suivants, que me communique M. Longnon et dans lesquels la quantité de la protonique est inconnue, peuvent être ajoutés, soit aux noms qui précèdent, soit à ceux que nous avons cités page 106, ils sont, sous leur forme latine, antérieurs à l'an 1100.

Cipih'acum, Chevilly\ Luziliacum^ Luzillé;' Ceviniaeum, C?ievigné\ Romiliacum^ Romilly ; Buriniarum, Burigny ; Juviniacum^ Juvigny ; Aculia-Cifrlis, Aguile-Court (aujourd'hui AgiUlcourt) *.

S'' Nous arrivons aux exceptions*, commençant par l'examen des

futurs en irai = ire-hàbeo. Nous avons vu plus haut comment dehêrd"

heo^ audlrdleo donnent régulièrement devrai^ odrai, ovrai. Pourquoi

fimràheo no donne-t-il \iîx^ finrai, findrai? il faut considérer à part les

inchoatifs.

Les inchoatifs doivent le maintien de Vi de l'infinitif, dans les formes du futur et du conditionnel, où il est atone, à l'action analogique de Vi qui paraît à toutes tp.s jifirsonnes dp tous les autres temps. On disait floris, //orissoie, foris, fforisse^ etc. On ne pouvait dire, sous peine de rompre l'harmonie de la conjugaison : Jtorrai. Ceci est confor me aux principes qui ont dirigé le français dans sa refonte de la conjugaison latine.

l^armi les verbes non inchoatifs, les uns laissent tomber régulièremont Yi : oïr : odrai^ orrai ; venir : vendrai^ viendrai^ etc. ; les autres le conservent: mm tir, 7)ientirai\ sortir, sortirai, etc. Cette différence tient à la nature de la consonne ou des consonnes qui précèdent 1'»: ici nous retrouvons la loi des groupes.

« Toutefois il y a des exceptions : Turiliaenm Tourly^ Crueiniaeum Crugny^ Bo9i' niaeum Bof^ni/, Latîniacum Lagny^ Nobilineum Neuilly^ Ameîiacum Amblis^ Camiliacutn C/ianildy (inais aushi Chemillé daus rAnjou). Ou peut saisir l'influence des groupes rlans Andegavvm Andgavum^ opposé a Andelavum Amitlot^ Anieligum Andely, Vindnnessa Vendenesse^ VaHàalenutt VandeUin : le groupe nd suivi d^une niueiiu g se réduit a nj \ le même groupe »(/, suivi d'une liquide / ou », n'admet pas celle ré iuctiuii ; preuve de plus du rôle que joue la consonne qui sépare la proionjque de lu loni({ue. Voir plus haut, p. 101.

« Nous laissons de côté les formes savantes : candélabre {rhandelahre âamt Alrris^ 116 a], eham/elenr, rimetière^ monrcment^ servitude, importuner^ argument ^ etc. iTitrument vieut de inatnt ment uni par te lalui ()opulaire istntmentum^ dans lequel Vi a été considéré conime \'i prostriciique de Vs impurum^ do sorte que la syllabe ttru est iniiiile. Dans sospirer [soupirer], envier ^invilare] et quelques autres, le composé latin est décomposé et les piiriicules in et sns (subtus] et les radicaux Font traités comme mots simples. Crier cl toutes les autres formes romanes nous reportent non a quirîtàre^ mais a critare. Chemini^ est un dérivé primitif d'un simple ekemin que son bomonyme chemin (via) a tait disparaître. Le keminada du glossaire do Cassai ne contredit pas cette aiiirmation.

PHONÉTIQUE FRANÇAISK 113

Les Terbes en tV, latin ire^ qui font tomber Yi au futur, présentent des formes correspondantes à celles des verbes en oir^ ir^ latin ère^ qui font tomber Ve au même temps:

1. dêre: sedêre^* cadère, vidère^ * poière^ */?<?É^re ; infinitif français -deir, futur -drai, rrai.

dire : audirCy * hatlre^ hadlre ; infinitif français -dir^ futur -^rai^ rrai^ (orrai, barrai).

2. 1ère : calére, vaUre^ * volêre^ dolère, soïére, * fallêre ; infinitif -/(wr, -dir ; futur -Irai, --Idrai, ^-tidrat.

lire: salîTB {pulUre^) ; infinitif -lir^ -llir; futur -Zm», -Idrai^ -udrai.

3. nêrê: manêre*, ienère ; infinitif -nmV, -mV ; futur -nrai, -ndrai. ntre : ventre ; infinitif -ntr; futur -nrai, ^ndrat.

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