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PHONOLOGIE DE LA LANGUE FKANÇATSE

(rt-de, ^o-sse; hau-i intérêty etc.) et que dans les mots dont on fait sonner la consonne finale sans quMl y ait liaison, par exemple dans sec^ mer^ il y a en réalité deux syllabes et non une (p. 31). Bizarre théorie qui repose sur une fausse analyse des sons et l'ignorance de l'histoire de ïe féminin en vieux français.

La deuxième partie a pour objet Thistoire des lettres latines. C'est de beaucoup la plus importante, et elle embrasse plus do la moitié de Touvrage (p. 34-123). Elle commence par des considérations remarquables sur la formation populaire et la formation savante et sur les principes généraux des modifications euphoniques (permutation, assimilation, contraction, métathèse, élision, addition de lettres, etc.). La loi (Téquilibre que l'auteur croit trouver entre l'action de la syllabe initiale oii domine la consonne et la syllabe accentuée où domine la voyelle et à laquelle il attribue principalement la syncope des voyelles et des consonnes (p. 42], n'est pas aussi apparente qu'il le pense, il ne la fonde guère que sur l'exemple de délié (delicatus) et comté (comitatus) (p. 51) : dans l'un, la chute de la consonne c aurait pour résultat le maintien de la voyelle atone if, et dans Tautre, la chute de la voyelle atone if, celui de la consonne m. Or l'exemple de délié est faux, parce que la seule forme connue du vieux français est delgié qui dérive régulièrement de delicatus par la chute de la protonique brève if*. Cette loi d'équilibre dont on ne saisit pas d'ailleurs nettement l'action et qui en outre serait en contradiction avec la loi de la chute de la protonique, ne nous parait pas fondée.

Quand M. Ayer arrive à l'étude des voyelles [p. 58), il reproduit fidèlement Diez : or l'on sait que la phonétique romane, et spécialement la phonétique française, créée par l'illustre auteur de la Grammaire comparée des langues romanes ^ est restée, même dans la troisième édition do ce livre classique, en arrière des découvertes nouvelles; d'ailleurs, depuis la publication de la troisième édition (18*70) la science a marché à grands pas; au>si la théorie des voyelles, malgré le soin quy a apporté l'auteur, est insuffisante. Trop souvent M. Ayer, suivant en cela les errements du maître, fait une large part aux mots de formation savante ou aux mots populaires dont l'orthographe a été rajeunie, et qu'il cite comme des anomalies : par exemple il faut efiacer (p. 62) €Îair^ aile (vieux français cler, été), chandelle (v. fr. chandoilé)^ pesé (v. fr. pùise]\ (p. 63) lac, grave ; (p. 64) mode, école, rude, etc., etc. La façon dont sont cités les exemples où entre le groupe oi (in), montre (jue Tauteur n'est pas au courant de la question compliquée que soulève ce C;roupe. Le résumé que M. Ayer donne (p. 69) du traitement des Yojelles accentuées est en partie inexact : ô par exemple ne se con-

* M»/ date du xv* siècle et semble dû a une confusion avec le participe dttlié.

fond pas avec /i quoique tûua deus aboutissent {^éni5pa1eraent à fii. Pour les Toyellea dites e« poxt/ion, l'auteur ne paraît pas se clouter de l'action (le la quantité sur l'altération phoncHique. Dos faits d'ordre divers sont groupés confusément sans explication. Ainsi pour f oit position latine on romane, l'aiitour dit qu'il so maintient. « Quelquefois cepen- ■1 dant, ajoute-t-il (p. GG), il devient ie : ne/>tia, nièce; — ei ou oi : B sec[a]le, soi^'le; Stella, étoile; — et même i ou n : (huperlue, dépit; n lua-rna, lucarne. » Quelle confiance dans la sûreté des loi) phonétiques peuvent inspirer au lecteur ces prétendues eseeptions dont il ne sa rend pas compte ? En somme, l'auteur, avec tout son talent d'exposition, n'a pas su donner â cette théorie du vocalisme l'exactitude et la précision voulues.

La théorie des consonnes est plus approfondie, et l'auteur ajoute quelque peu à Diez. La modilication la plus importante consiste à séparer les groupes de consonnes des consonnes simples, que Diez avait confondus. Cotte division éclaire d'un jour nouveau les lois qui régissent la phonétîiiuo dos consonnes; toutefois là encore l'auteur aurait pu allor plus loin qu'il n'a fait, et au lieu de se contenter do constater les faits et de citer les exemples en détail, il aurait pu formuler des lois générales qui ressortaient elles-mêmes des exemples mieux groupés. Ainsi en considérant d'aliord dans les consonnes simples toutes les consonnes initiales; puis toutes les médiales; puis toutes les finales; il eorait arrivé à des formules plus nettes, plus propres â s'imprimer dans l'esprit du lecteur, et qui offraient en outre cet avantage de reparaître dans la théorie des groupes'. Reconnaissons toutefois que ei dans la théorie des groupes, M. Ayer n'a pas su arriver â des lois plus générales, et si souvent ses explications sont contestables*, cette partie oû're l'avantage de réunir en quelques pages un ensemble d'exemples dont on peut tirer bon parti.

La troisième partie [Us Leilres françaises] ne contient que quelques pages (123-136). C'est un court et très rapide exposé des principales règles établies par Diez dans sa Grammaire (1, 33G-433 de la traduction française). Nous y trouvons quelques romarques nouvelles, entre autres cette observation très juste qu'il n'y a plus en français de diphtiiongues lëelles et que dans ta de diable par exemple l'i est

lut loin, pagelCî.

Cttitit (cubilus) ca Tient pa« du b (p. Ilti) ; c'est I'h de euhUus qui doDIU SI donne Mil et non on (p. 112) ; daujiHn vient Je *d»l/ikiatu, ifi'jiojiflfl ; laa lui-ménie ïicnl, nou |ias ilu chaDpcnicat do H en al atee a e 6lyian\og\i\iiB non proDunc^, maïs du cbanf^emeal de ri en fal, rat, tal, fëuinin Jadis pranancé (cl, plus loin, p. 2G~J. La tbùaiie da la guiiurile et suiv.) est en gisade parlic inczacLe. Cuit» (p. 120] ett pravenï*] ; ciy^^i

don Dé en fr. ckdtie.

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