‹ Reliques scientifiques recueillies par son frèreChapitre 34 sur 48 · ILLS ET QUI EN ROMAN · texte numérisé non relu

ILLS ET QUI EN ROMAN

Formes aggentuébs. Formes atones.

Sujet, csp. eUi elle, pg. eli eîe elle —

Rég. indir. — — esp. li^ pg. Ihù

Rôg. dir. csp. elle (elli) ; pg. elle ele [eli) csp. et pg. lo.

Point de régime indirect accentué ; nous expliquerons plus loin lo régime indirect atone.

La vieille langue a confondu les formes du nominatif eJU eli avec celles de Taccusatif elle, eh qui sont devenues d'un emploi habituel aussi bien comme sujet que comme régime accentué. Aussi s'emploientelles précédées des prépositions à, de^ por^ etc., avec la valeur du régime indirect * .

Donc à Torigine accord entre la déclinaison de ille et celle de qui.

2^ Dans le reste du domaine roman, les faits sont autres, mais concor« dent là aussi avec ceux que présente qui.

Et d*abord à Taccusatif.

La forme accentuée de illum est inconnue au français. En français, alors que l'accusatif pluriel illos est représenté par els, eux, l'accusatif singulier *el j est remplacé par le datif lui : Que lui a grant torment ocist. Léger, 12. — Qui lui porlaf, Alexis, 76. S'il veil que jo lui serve, id., 99 e. — Il a els et il lui baisié et acolé, Thomas le Martyr, V. 5095, etc.

L'italien a à peine connu ello = illum accentué', et lui aussi le remplace par lui r ccentué : m? guardô lui, ed egli guarda me. Mais il possède lo, et archaïque elo [dans glielo, etc ) = illum atone.

Le provençal présente des formes plus embrouillées par suite d'une sério d'actions et de réactions analogiques. On trouve à l'accusatif elh, mais aussi lui (ainsi dans Boèce, 139 : Molt fort blasmava Boecis sos amigs qui lui laudaven), à côté de la forme atone lo [Malt lo laudaven e amie e parent, ibid., v. 142). Ce lui est la forme primitive combattue par la forme elh qui du nominatif a passé aux autres cas. C'est ainsi que le nominatif singulier ieu du pronom de la première personne s'est parfois employé comme régime prépositionnel, et qu'inversement au pluriel la furme du régime elhs a passé au sujet et a pris place à côté de Uh, de illi.

Ainsi, sauf dans la péninsule ibérique, le roman ne possédait pas de illum tonique, ou, s'il l'a possédé, a tendu à le sacrifier au datif lui, et à le laisser perdre.

< L*asage moderne, en portugais, a gardé elle et en espagnol, a réduit elle à ele^ él. Les formes atones de Tesp. H, lo se sont affaiblies en le le, et celles du portugais M*', lo en Ihe, o,

* Voir quelques exemples dans Blanc, Voc, Dant, s. y.

n2 ÉTUDES FRANÇAISES

Venons au datif. Il est établi aujourd'hui que le litîn vulgaire possédait (sauf dans la péninsule ibérique) un régime indirect i7/i/* » ; Vétymologie en a été vainement cherchée jusqu'ici. Toutes les hjpolhèsei qui tendent à le rattacher phonétiquement à un type antérieur iili-huic, illiim-hic, ilhdc, illunc^ illuc, illius^ ont échoué. M. Tobler en a fait justice, et.aprcs lui M. Thomas qui, cependant, non satisfait de Texplicalion de M. Tobler, fait une dernière tentative, et va encore demander à la phonétique une étymologie nouvelle, fort ingénieuse, mais tout aussi insoutenable que les précédentes*. Toutes ces tentatives échouant, seule reste debout l'cxplicrition de M. Tobler. Pour le moment, contentons-nous de reconnaître Tidcntité de formes et d'établir la similitude de Ului an.

Pour le nominatif, il est également acquis que le latin vulgaire a dit partout, dans le territoire roman, ilU et non.iUe '. Or, l'étymologie do cet un a, elle aussi, résisté à toute explication tirée de la phonétique. On a voulu y voir une combinaison de ille hic, l'archaïque illic des poètes comiques*, l'adverbe î7//r, etc., hypothèses invraisemblablei qu'emportent les objections dirigées contre iUi-huic, ilhim-hic, etc.

Récemment, il est vrai, dans une étude sur la phonétique syntactique en français, étude curieuse, riche en vues neuves et originales, et qui

* Voir, Ire autres, les insciipllous do Muralori 20SS, 6, Mommscn, I. R. N. 3196. Lui est très iréquent dans les formules mérovingiennes.

* Romania^ XII, p. 332-333. — Il y voit une cciubinaiscn d'un datif archaïque i7/« avec le datil ei du pronom ts*. Francisque Mcuuier avait démontré que les proootns laiins ù f^cniiif en -ius ont tiré ce f!;éQilif d'une contraction d'un (léiiit f archaïque récfulicr en -t avec le génitif ~ius du même pronom is. C'est cette combinaison q"® M. Thomas veut retrouver au datif; ainsi eut vient de cuo -f- tfi, hnic de Aoi +

ei -|- f •

L'élymologie pèche par un point, mais ce point est capital. Ulo -\- ei a lien ei»?!^» a bien donné un dalif lalin qui u passé ou ruman, mais ce datif est le classique ill*' ' illi est précisément à illo -|- f» ce que illiits est à illi -f ius. Quant à cui et A«jc, ^^. prou[)C ni re[)ré-":entc tout autre chose que la combinaison o -{- eiy o -{- »> oi ; c'est ■■ ' final qui seul représente cette combinaison (comme il lo fjit dans illi) ; Vu apparl»*^**" au ratiical. Les génitifs archaïques cui -|- ius, lui -{• ius aboutissent à cutus^ Aj*»^** . comme le génitif illi -|- ius abouiii u illîits. Les dalifs archaïques cuo -{- ei, huo -^ ^ (-|- f) aboutissent à r«oei r«oi f«i, Awoeijr) huQ\[r)^ Airi^rj^ comme le datif archaï^.*^ ilh) -|- Cl aboutit a i7/oei, i7/oi, ill\.

Ainsi tombe l'éiymologie de M. Thomas. Nous verrons plus loin que fausse p^-^ le masculin, elle devient juste pour le féminin qui est illœ ^ ei,

* Le vieux français a il, l'espagnol et le ])orlugais ont eu e'ii ; l'italien a dit ^2 avant de dire fjr/i qui en est un doublet synlaciiquc. Voir la note 2, pajre 173, provençal seul semble avoir héi>ilc ; il a les deux formes, elh qui indique illi cl et ^^ inùiquc ille. Son article masculin au nominatif est lo (et non comme en vieux frar» ^

li = ilh), ce qui indique soit i7/c, soit ilU'hi. Ces hésitations viendraient-elles d action analogique incomplète exercée par t/ni ? ou serait-ce que les diverses for^ (les cas obliques auraient réagi les unes sur les autres ? Au féminin, elha v* évidemment du masculin elh ; l'oblique Ids s'emploie également comme sujet, ctc- ^ ce que nous venons de dire sur l'accusatif illum,

* Nous-môme nous avions admis cette dernière étymologie.

IlLE ET QUI EN HOMAN

ns

ouvre h la linguUtiqiio romane dea voies nouvellej, mais, nom ea avons bien peur, aussi périllousos qu'allmyantes, M. F. Neumanna proposé (lu français iV une explication <m"i\ deranncle aux coiublnaisons syntactiiiues où se serait trouvii engage le latin ille '. Mais cette lijpollioio lie [>eut tenir. Pour no pas interrompro le cours de notre démons- Iratioa nouien i-cjotons en note la discussion', retenant ici la conclu-

' Voir II Zelttchift f. rMuii,. PkUol, 1881, p. 2i3 El saiv. cl spécialBnieul

■ IHi, d'Kprïi M. NeumaDD, élail Euivi d>ns la plirose latilùt d'un mol ccimmeofalit pal uiiQ CQDSDtiiie {admctlons fsr excmiilc Ult cent'}, lanlilt d'un mol conimeiiïRn< par uni Tuyelle (|iar exemple iUi hâter). U gallo-rainaa HU tfml devait devenir 1b frantaia eUieiit ; la gallo-ratnaa illc kabtt devaU dopDcr tuccesËirenienL tlliahit^ tlhalel. illjnl, d'uii par rÉaclion de l mouillêo Buf l'e, le rdour (iiullemcDl démontré, diwQS-la en pat^anl) de Ve iuiiiil à i ; cT. citiam relja cil [rapprocliomeiil sans valeur] ; le moiiilIcTnenl dUparalEfliiul, on H iV a. Cu développemeat pbanéliijue suppose que itlt t'J ciX Bicenlué, caf il n'y a pas rÉBclion du ijod Gnal sur la ïojcile prccédeolo Ijuand elle cit >t .ne. M. NfuiiiBUa vipiiijue de U m«me Ssiina k-3 fuits analo^uri qus piûeiileDt le pravengal, l'ilalien, cic.

Anurémcnl M. Ntumina a rabon da Tuir dans iiti un pronom scccnluj ; car les jnoaoïDi pertoancla sujeli tia cooDaissent lom ù l'ori^iaB qu'une forme, la forme lci:<nluée, alors i]ue les mSuies prouams i^i^îmea eoi>( UtilûL loolquee, laulôt aloui?*. Ca n'etl qu'à pailir du m* ïiÈcle que eca pronom» sujets onl pu devenir alonea. El c'est mâme ee qui explique que net roi, euJcIs d'abord loniquiie, devenus atones i l'époque uù i htmé altoulissait, Ionique à cu, atone a uu^ sont deveDus nuul com et

D'uD autre cSlé, j'accorderaU volonlicrs à il soit dû ■ l'ict:on régreisive da l'i fmat iaiëul, tiliiattRl, ilijuieal, il aiiul, H ont, i ^■l'ii ait tuiii la mSine maiclie, c'eit ce que objections do détail quo je ïîeo» d'indiquer ^ui QG parait fonda me □ la le.

Comme les laila fraiifais sont ladRues lomancs, eu piniiiulier rililîea, M. Neun [, «HhIo de M. GroiliLr qui, dans sa Zcilietrifl (11, l'CioriDCS de l'article et Ou piunom ilalien du la 3* pi avBls qu'exerce le Sun inilial du mot t^uiranl, seluu J^onne. U. Grotlier a parfaitement b:en démoulrâ i mtli tilt Euici d'une voyelle et quo l'i final, mis e Wiir Ici U qui préeâilen'. Mais tgli n'es! que la forni l^ronom tlli suivi d'une consonne. C'ksI cet elli ^ ' Or, pareils fails ee produisent au aiDf.'ulïer. Ld ut ^nodiliê par un lilalus suivant ; maïs u^eat etli, uail HooiieJ, qui est la forine primitive et qu'il faut eipl

glissement da itU elU, ci il compare ce changeaient è celui que présents ia deuxième '^eraimna du lia^ulier de rimpératirdo crtdo : crede — credi : explication donnée en ■^passant et i laquelle M. Grleber lui-même, j'en suis conTuincu, n'alticbs pas f;rande >««leur ; car cet i.(rdiblii.cmenl de trcdi en e.idi est un fait d'analocie de la conjuRai. Mon ililieaoe, oii t'i caraclërlso aLsolumeul la «coude personne du singulier [cf. le iteubJoacUf iic<u = diea dicii).

I Ur, celle (urmo prlmiUvs tUi = ilU, M. Ncumann, avec es ibéorîe d'un bialus < aeyn lactique, u'en jkuI rendre compte, puisque cette théorie n'explique que le tneuille- ' «nenl de l'I, et par <'a mauillement en fraiifaîs, croit rendra compte de cet l de il, qui K-épond, en apparence Irréjjulièrement, à un [ bref, un «' l'ertnâ latin.

Nous voilà doue ramenés a un singulier t//i elli qui, comme le pluriel iili illî, devient

M. Neum

annquel'idu qo

ninalifpluriel

ri duui nyilU à

ns ilii: tlU

tout. Ma

s qu'd y ait eu un

ait 'haiil] et

rais admcllie. Sa

us parler des

ïiitro par

nihèses, je lui fer

i la suivanla

je la pluriel sujet r^ti vioiit d'un iiiatus, a'est cuuionnieé et a tf,x que prend devant une vojelle le

m qui est 1d primitif.

aioatif Eïn{;ulier tgli est bien tlli

irèa longtemps devant dei con-

M. Cîimber y v "' " '

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