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ET litV EN ROMAN lement, une idée de masculin. Qui n'a donc pu agir que sur le masculin, Da la la Uéclinaiion romano do illa. L'italo-gallo-raman a un caj nominatif-accuïalif iV/n et ua cas indirect illœius ou i'iœi, pour tes faroiBS accentuées, un dalif [i7,/« et un accuiatif {ili!a[m) pour les formes atones. De là l'italien eHa et lei, le provençal elha et lieîs, la frauçaiâ elle et Ite ht lî pour lei formes accentuiSes ', et l'italien li gli Ut, le prov«Dçal H ilh îll, la, la frjnçais li, la pour les formes atonej. L'espagnol et la portugais, qui n'avaient point de datif accentué dans la déclinaison maiculine Ule (parce qu'ils n'en avaient pas non plus dans cello de qui), n'en ont pas eu dans la déclinaison féminine HUi, et la forme «f/a a servi au sujet comme au régime dire::t et au régime prépositionnel. Seules les formes atones Hli et illa ont dû se maiotanir et en effet se sont maintenues : li [le) la; Ihî [l/ie) a.
3» Observations analogues pour la pluriel. L'i taie -gallo-roman, sans plus s'inquiéter de qui, qui avait perdu soit pluriel, disait illî, Hlorum, ilh», sous l'accent, et atones illonim, illos. Pourquoi illorum et non iV/w/ Parce que, aj'ant depuis longtemps perdu l'ujage syntactinue de possessif de la pluralité que poisûdait saui, sua, siium. il avait remplacé ici son adjectif possessif par le génitif du démonstratif illorum ; il était dès lors inutile de (garder itlis à côté de illorum, et celui-ci en prit la place. De là le français il, lor, eh eut, le provençal ilh, lor, elhs. Quant à l'italien qui dit eyU{no), loro, a loro, il n'a pas de forme correspondante à illoa parce que illoa eut donné egli f^ui se serait confondu arec le sujet <gH^. Hors l'accent, illorum et illos se maintiennent partout : û'ançats et provangal lor, los les, italien loro, gli li. — Au fémi-
■ Nous •dapIODs ici l'^lj'niolofsia de M. Tbornss Ulae + ') pour fila], gl le Tr., ilis +iMpour le prov. il cEt ■ remsn|uer enciTet que [egënitiriiiia i7Iiu4= ijli'-fiin cl le dilif lilin itU = illa -f- ei ae sont étyniulDh'iifueaieDt que des masiulius. Le l«iin cluiique, (yani, dans cctle cambinBlsoD, perdu la sens d'un maiculiD ptimiiir, ■ étendu celle [arae au rémini^, alors que la lingue vulgaire, plus lo^'i^fus et plus coDierralrice, aura dit légulièiemeul illa ■+■ rni tUéius (coiuervi par le proveafal) et lUm + ci <llii (releuu pec l'ilalieu cl U français). M. Thomas cile le i>wiiii du C. J. £., m, 287. On peut y iJouUr le iilae d'une iDEcripliun de Pompéie, C. I. L., IV, 182, qui montre le maiDiien du dalif léiniain priniitif correspond s m à l'archaïque tnasculJD illa. et le i\U\ et le i>iri du Corpu, 1, 1194 et 20i, qui. ce semble, codlirmcnt le illei déj» sigua'.ë par M. l'aul Uej-er [Itamania, XI, 163] dans use iii«cTipllOD du promier siècle consefïëu ■ PoiUers (ï. BhIIH. dit Aiilia. lie Fraae», 1873, p. 82elsuiv.).
-- Le mamlien du datif alone masculin elféiiiiDiii t//i', dans le Traitais mascuHu et réainia lî atone, et la réduction de Ui igoique à un li l'émiDin Ionique, donnent Jono Bas seule et mSme forme li qui, masculine, csl toujours aloac. et rémiDine est MatOt ■lone, lantât accentuée. Ainsi ce n'est pas Ih même li qu'on trouve dans les deux phrases: li parle {= à ellej H jt parle à li [= ii eiU). Dans lous lea veri du vieux iransaisqui ont un ti à l'accent rjthmiquo (lin du premier hémistiche ou du vofa], ce /* e*l invariablement un [éminin, el représente par siiile ilUi illae + ei.
• Le provenïU olTre un moyen terme entre le fr. et l'iial., car il dit aussi bien lor, 4* lor, a lor que «Mi, de tiû, à ilis : il ; a eu conrusioa entre les deux formes et tiogulier (Toir plus hsul]. En vieux français, dsna des textes
nin Was (siget et rëglmo) et illorum^ substitut de Ularum^ donnent de môme à Taccent elle[)w]y loro ; elles^ leur ; eUtas^ lor^ et atones, 7«, loro\ les^ lor; ïaSj ior *.
Dans la péninsule ibérique, le maintien de sum sua suum comme possessif do la pluralité rendît inutile iUorinn qui disparut sans laisser do trace. Dans les formes toniques, par suite, le nominatif se confondant avec Taccusatif, on n*eut plus que illos illas comme pronom unique qui rendit à lui seul les fonctions diverses que le français exprime par t7, leur y eux ou elleSy leur et que Titalien rend par egli^ elle et loro. Dans les formes atones, HUh reparut naturellement, comme au singulier, à côte de illos ^ itlas : lis les^ Ihis Ihes^ los las.
Ainsi s'expliquent, par le jeu libro d*un développement que ne gênait pas Taction de qui, les formes diverses, et en apparence irrégulléres, du pluriel ilii et illas.
A^ Il va sans dire que qui a agi soit directement, soit par Tintermédiaire do ille ilh\ sur eccille eccllli = icil et sur iste et son composé eccisle eccisli= /m/, d'où le datif masculin en -la (et féminin en -m, ce qui semble indiquer Taction indirecte de illa). Pour Taccu^atif, le départ des formes accentuées et atones offre trop de complications pour affirmer dès Tabord qu'elles suivent le sort de quem cui et de illum illui,
h^ L'article dans le vieux français indique un primitif tVZ» : on avait proposé pour rendre compte de cet illi un tjpe illîc^ et M. Fœrster a signalé * les impossibilités phonétiques de cette forme. Lui-même n'a pas cru pouvoir rendre compte de ce li autrement qu'en admettant une réaction du nominatif pluriel sur le nominatif singulier. Toutes ces difficultés seront désormais écartées ; et il résulte en môme temps du fait la preuve matérielle que la formation de l'article est postérieure à Taction analogique exercée par qui sut ille \ ce qui n'a rien de surprenant du reste, car le changement de ille est latin et l'article est de formation romane.
[Mélanges Renier, 1887, 145-157.)
bourguignons, on trouve des traces do cette confusion : contre lor, in illos ; e» conte lour, in eis [liomania, VII, 226].
' Si en français illonnn atone est représenté par Uur et non lour, il faut y voir une inducnce de illorum au sens possessif qui était habituellement accentué [/a leur ekoed^ et l'est enrorc comme pronom possessif : le leur.
* Zeitschrifi fur romanisc^e Philologie ^ III, p. 493,