‹ Reliques scientifiques recueillies par son frèreChapitre 5 sur 48 · IV — I · texte numérisé non relu

IV — I

Altiranzœsiscbe Bibliothek, herausgegeben Ton D"*

FoERSTEa. Ueiibronn, Henninger, 1819-1883. Cinq Tolames în-12

En 1S79, M. W. Foorster, Téminent romaniste qui a succédé à Diez dans la chaire de philologie romane de Bonn, fondait, en concurrence avec la .Société des Anciens Textes français, une bibliothèque ou collection d'ouvrages appartenant à notre vieille littérature. Le public lettré n'a ([nii se féliciter do cette féconde livalité qui met plus vite et plus facilL'raent entre les mains des connaisseurs les monuments encore inconnus ou inabordables du mojen i\ge français, M. Foerster s'est proposé de publier, sous un format commode, les textes d'ancien français ou nif^nio de provençal, ayant un intérêt soit linguistique, soit littéraire* do préfr'Tonce, s'ils sont inédits, et même déjà publiés si les éditions en étaient rares. Cliaque édition doit être accompagnée do notes et d'un court glo.ssaire, sulfisant tous deux à lever les difficultés d'interprétation, et précédée d'une introduction qui étudie plus spécialement la langue de l'auteur.

Cette collection paraît donc surtout faite au point de vue philolo-

(rique, et les premiers volumes qui ont paru ne démentent pas ce carac-

t<*re.

La collection contient jusqu'à présent cinq ouvrages.

I. (-'est M. John Kooh qui a eu l'honneur d'ouvrir la séné par son édition dos oMivres du poète anglo-normand Chardry. Chardry, dès le coniinoncement de ce siècle, avait été signalé par les divors historiens do notre ancienne littérature. En 1838, M. Fr. Michel en publiait quel- (|iics liagments; en 1844, A. de Keller, dans son Romvart, communi- (piait d'importants morceaux d'une do ses poésies, d'après un manuscrit <h; la Vaticano, appartenant au fonds do la reine Christine de Suède. Mais ju.^qu'ici l'œuvre complète, ou du moins ce qu'on en possède, était

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resté ignoré, M. J. Koch, utilisant encore deux autres manuscrits, conservés en Angleterre, a publié, dans une édition critique, et en se fondant sur la filiation de ces trois manuscrits, ce qui nous reste de Chardry, à savoir: 1® Une vie de saint Josaphat; 2° Y histoire des sept dormants, ' légende fort répandue au moyen -A^e de sept jeunes chrétiens d'Ephèse qui, fuyant les persécutions de l'empereur Décius, s*enfuirent et s'enfermèrent dans une grotte, y furent emmurés et, après un sommeil plus que séculaire, furent réveillés par Jésus, au temps de Théodose II ; 3** le Pciil Plet^ discussion entre un jeune homme et un vieillard sur les biens et les maux de cette vie. Le jeune homme voit tout à travers le prisme de la jeunesse; le vieillard, désenchanté et las de la lutte do la vie, déprécie et dédaigne tout ce que vante son jeune adversaire.

Chardry serait un écrivain agréable et élégant, si la langue — c'est Tanglo-ïiormand — n'était si altérée. A travers les corruptions qui ont déformé de si bonne heure le normand transporté en Angleterre, et rendent la lecture de Tanglo-normand si pénible, on trouve une plume facile. Chardry, écrivant dans le dialecte français, compterait parmi nos bons auteurs.

L'éditeur commence par une courte notice sur la a littérature » de Chardry, décrit les trois manuscrits de Londres, d'Oxford et du Vatican (ce dernier ne contient que le Petit Plet) et en fixe le classement; il étudie ensuite les sources des trois poèmes et le poète lui-môme ; celui-ci a signé le Josaphat et les Set Dormanz ; mais le Petit Plet est anonyme, et ce n'est qu'une induction, du reste très forte, et appuyée d'indices sérieux, qui le fait attribuer par M. Koch à l'auteur des deux autres poèmes. Après quoi, l'éditeur aborde la grammaire de son auteur, phonétique et flexion ; toute cette partie est de beaucoup la plus approfondie ot occupe vingt pages sur qtiarante-S'3pt de l'introduction, qui se terroino par une page où M. Koch cherche à déterminer l'époque où vivait Chardry. Contre l'opinion de M. Herniann Suchicr qui y voit un écrivain du dernier quart du xii° siècle, il le place au commencement du XIII®. Après l'introduction, vient le texte (pp. 1-168) que suivent cinquante-cinq pages de variantes et notes (pp. 169-224), et que termine un court glossaire de deux pages.

Cette publication offrait de nombreuses difficultés, étant donnée la langue encore mal connue dans ses caractères spéciaux dont se servait le poète. M. Koch ne s'est pas montré au-dessous de la tAche dont il s'est chargé, bien que nombre de ses restitutions et de ses corrections soient douteuses et aient été, avec raison, contestées par la critique * .

• Voir spécialement le long article de M. MussaGa (Zeitsehrifl f, â, Rnvian. phil.^ i879« pp. 591 •607), si riche en observations précieuses, et l'article plus sévère de

IF. Le deuxième volume de la collection est le poème déjà pubUé à Londres, en 1836, par M. Fr. Michel, sous le titre de Voyage de Char' lemagne à Jérusalem et à Consfanfinople, L'édition de M. Michel, d'ailleurs épuist^e, était si défectueuse que depuis longtemps une nouvelle édition était devenue nécessaire; mais il ne fallait pas se contenter, comme M. Fr. Michel, de reproduire, en y ajoutant ses propres erreurs do lecture. Tunique manuscrit qu'on en possède au British Muséum et qui est déplorablement corrompu. A travers les erreurs, les altérations, les déformations dues à un scribe anglo-normand de la fin da xiii® siècle ou du commencement du xiv«, il fallait retrouver un original écrit dans la bonne langue française de la fin du xi° siècle ou du commencement du xii^.

M. Eduard Koschwitz s*est préparé, de longue date, à la publication do son Kiiris (ks Grossen Eeise nach Jérusalem und ConsUmiinopel (1880). Si le poème, en effet, est conservé dans un seul manuscrit, il en existe des traductions dans la huitième branche de la Karlamngnus Saga et autres collections Scandinaves, et dans un texte gallois du moyen ftge, et des remaniements dans un roman français en prose du xv<^ siècle, connu sous le nom de Galien le Réihorè, En IS^ô, M. Koschwitz publiait dans les Homanische Siwiien de Boehmer (II, pages 1-60) une longue étude sur l'Age et l'origine du Voyngede Charlemagne^oix il examinait les deux manuscrits connus et les éditions du Galien, la traduction islandaise de la JCarlamof/mts Saga^ avec ses versions suédoise et danoise, et, enfin, la date et le dialecte du Voyage (les deux questions sont connexes); le résultat de ses recherches lui faisait assigner la fin du XI" siècle et la Normandie pour l'époque et la patrie du poème. En 18'7(), M. Koschwitz reprenait et complétait ce travail dans sa brochure sur la tradition et la langue du Voyage [Ueberlieferwig und Sjfrache der Chamon du voyage de Charlemagne à Jérusalem^ Ileilbronn, 1876, in-8^). Entre temps, il avait étudié le gallois, et s'était mis en état d'utiliser la version galloise. 11 reprenait la question de la filiation des récits et soumettait la langue à un examen plus approfondi. En 1879, paraissait du mémo auteur une troisième étude [Sechs BearheiUmgen der aitfranzfVHÎschon Gcdirhte voii Karh des Grossen Reise. Ileilbronn, in-8", 185 pages). Il y publiait d'abord le texte gallois {Ysforia Charles]., d'après le Lirrr roi/ge^ nmnuscrit gallois conservé au Jésus Collège d'Oxford, qu'il faisait suivre do la traduction anglaise due à M. J. Rhys, l'éniinent professeur d'Oxford ; puis le texte du roman en prose de Galien en trois rédactions, d'a[)rès le manuscrit de l'Arsenal (B. L. F. 2*26), d'après celui du British Muséum (fr. 1470) et d'après d'anciennes

M. Suchier, dans \e LiUeraiurblatt far philologie^ 1881, col. 359-363. Nous y renvoyons le lecteur.

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éditions imprimées; enfin, il donnait un poème islandais et un chant des ilej Féroiâ, tous doux inédits et reposant sur les traditions poétiiiues sorties de la Karlamagnus Saga; il en avait ëtudiô ailleurs les sources [Ofrmtima, XX, p, 232).

C'est par ce vaste ensemble de travaux préliminairei que M. Koschvitz se préparait â la belle édition du Voyage qu'il a enfin donnée en 1880. Dans l'introduction, il reprend la question des rapports (fort compliqués du reste) du manuserît du Britisîi Muséum avec les versions étrangères et le Galien français. 11 étudie sur nouveaux frais la quesion de l'Age du poème et de son dialecte, et confirme par l'examen de la métrique et de la phonétique les résultats de ses recherches anté* ricures. et ceux auxquels des considérations d'ordre littéraire et hls* torique venaient de mener M. G. Paris, c'est-â-dire l'attribution du poème à la lin du xi<' siècle, et la parenté qui, pour la langue, l'unit & la Chiiiiton de Rolani). Cette introduction vaut surtout par l'étude approfondie i% laquelle est soumise la langue du Voiiaije, et qui dépasse certainement les limites do la question à résoudre; car elle nous donna les derniers résultats acquis à la science sur la langue française à la un du xi° siècle. Vient ensuite le texte reconstitué, avec toutes les leçons non acceptées du manuscrit en note; un glossaire fort bien fait, une taltle des assonances et une dizaine de pages de corrections et additions terminent ce Toliime, de petite étendue, à en juger par le nombre de pages, mais rlclie en faits. Ce poêmo énigmatifiue du Voijago. aussi obscur pour l'historien de la langue que pour l'historien do la littérature. M. Koschwitz en donne une édition qu'il est loin, dans sa modfljtie, de croira définitive; du moins eat-ello, k peu de chose près, au niveau des derniers progrès que les plus éminonts maîtres ont fait faire, dans ces derniers temps, à la science do la philologie romane.

in. « Ocfavinn, aUfranzœnheher Roman vach der 0-rforder ffniuischrifl Sodl. IIhUoh 100, zum er»Un Mal heraufgogehen von Kari Voilmôller. Heilbronn, 1S83. »

Ce poème est un roman d'aventures en vers octosyllabiques qui sa rapporte, quant au fond, au poème do Florent et Octavian, et, par ce poème, à ce groupe de récits épiques qui nous ont conservé des débris plus ou moins informes de traditions mérovingiennes, et dont le plus important est \ùFleorent','ii. Voilmôller, dans une courte introduction, décrit le manuscrit qu'il reproduit, résume les rares travaux ou noticei dont ce poème a été l'objet, eu étudia rapidement le mètre et la langue, cherche & montrer que le texte anglo-normand cache un original picard du premier quart du xm« siècle ; fait suivre les 5371 vers du texte

iuL. p. a eeq.

d'une vingtaine de pages d'observations qui portent généralenaent sur les leçons de manuscrit corrigées par Téditeur, et termine sa publication par un court glossaire d'une page et demie et un index des noms propres. L'étude critique est ricbe en faits bien choisis et sobrement exposés ; çà et là, des inexactitudes ; plusieurs faits importants n'auraient pas dû être passés sous silence. Les quelques lignes consacrées à l'histoire littéraire ne sont guère satisfaisantes. Dans la constitution du texte, l'éditeur s'est tenu, avec une conscience trop scrupuleuse, à l'orthographe du manuscrit qu'il aurait pu soumettre à une correction plus complète et plus approfondie ; il s'est abstenu de parti pris, sauf quand la mesure ou le sens imposaient des corrections : méthode trop prudente, croyons- nous *.

IV. Le Psavlicr Lorrain de la Bibliothèque Mazarine (n® '798), ancienne traduction des Psaumes du xiv® siècle *, publié par F. Apfelstedt.

> Quelques observations au hasard : p. v de rintroduction : c la finale ton est d'une syllabe : 'ZriOT deslrucion^ cependant on peul, dans le vers, supprimer Tarticle lé [la destrucion la wi^/rot] ; '^817 arision^ cf. 267 (= qui m*a fait Ici mesprision) ». Il serait extraordinaire que ion tût d'une seule syllabe, alors que cette finale est encore aujourd'hui dissyllabique en vers ; en réalité, il faut lire de^tniçon qui est à destruc'tion ce que fiiçon^ leçon, freçon (v. 2 i9) sont à fartione. leeiione, frietione. De môme lire avisnn qui est à advisione ce que maison est à masione; avison est fréquent en V. fr. Le scribe a remplacé les formes populaires par les formes savantes. Au v. 250, le poète emploie le mut vision, en trois syllabes, suivant la règle. Quant au mesprision du V. 267, c'est un barbarisme dû à une correction de copiste. 11 faut lire: qui m^a faite {e\ tnesprisot; le manuscrit porte a/ait; rédilcur se demande s'il n'aurait pas exibté un verl)e afaire ; idée bizarre. — V. 179 : « Que nul home del mont la trace ». en note : home] kame [nnima]. Je ne comprends pas cette note. M. Vollmceller veut-il dire que le hame du ins. est ame anima ? Pourquoi ne pas mettre alors dans le texte nnl ame ? Est-ce une faute du cop sic pour home [hypothèse vi-rs laquelle parait pci cher M. Vollmœller puisqu'il corrige dans le teste hame en home] ? A quoi bon la ^lose anima 9 — V. 2679 ; }K,ls<ons (Où nous poissons à vos traire) « poissons kenne ich nicht •, dit l'éditeur. L\tc p'fl^sons à Timparluit du subjonctif. — V. 62. Pourquoi ne pas signaler l'emploi de lui, comme sujet [V Heims sera fait li sccres. Et lui, joncs rois coroncs). A chaque page, M. VullmœlUr laisse dans son texte des incorrections de la copie qui ne sont certainement pas le fait de Torigioal. J'en citerai une entre cent : vv. 329-330 (Au fu (=^ IVu] la mainenl de fors Rome : Por lui ploroient femes cl home<) : la rime ici s'accorde avec la grammaire pour réclamer la correction home, — Eutin, sif^nalons, eu terminant, Tinconcevable erreur où sont tombés MM. Vollmœller et Focrsier, à propos de rexi)ression e nondé, vv. 2755, 3857, 38^3, 3944, où ils voient je ne sais qurl dérivé de onde (?) (cf. page iix, dernière li^ne) : lisez tout simplement f» non l)(' = in noniine Dei, ou même sans correction <'(= er non D^ i<f. a pour cl^ vv. 15i1, 3327). — Depuis que cet article a été remis au luircau de la jRcrue, il a paru dans la Rom'inia (xi, 609-614) et dans la Zeitsfkrifi do Groeber (vi, 0'28-il3*i) deux comptes rendus do M. G. l^aris et de M. Mussafia, qui proposent un grand nombre de corrections. Nous cous permettrons d'y renvoyer le Ictlcur.

* Vuici le titre exact: • Lothringischer Psaltcr (Bibl. Maz., n» 798), altfranzœsiscbe Uebersetzung des XIV Jahrhunderts mit einer grammaliscbeu Einleitung enthaltend die Grundzwge der Grammatik des Altlothringischca Dialectes, und eioen Glossar, zum erstenmal herausgegebcn von Friedrich Apfelstedt. ■ Heilbronn, 1881.

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Ce texte est des plus intéressants pour Tétude du dialecte lorrain au XIV* siècle ; le traducteur considère son dialecte comme une langue spéciale, distincte des autres : « Ves ci, dit-il, lou psaultier dou latin trait et translateit en romans en Jaingue îoreine, » Il est non moins intéressant pour Thistoire de la formation savante en français. Il est curieux de trouver chez un écrivain roman une notion aussi claire de la formation savante que celle qu'indiquent les lignes suivantes de la préface : « Pour tant que laingue romance, et ec^peciaulment de Loresne, » est imperfaite, . . .convient que, por corruption et per diseite des x> mos françois, que en disse lou romans selonc lou latin ; si com » iniquitas iniquiteit^ redempiio rédemption y misericordia miséricorde, et » ainsi de mains et plusours aultres telz mos qu*il convient ainsi dire

» en romans comme on dit en latin Li latins ait ( — a] plusour

» mos que nullement on romans on ne peut dire, mais que ( — sinon) » per circonlocution et exposition ; et qui les vorroit ( — voudrait) » dire selonc lou latin en roman, il ne dit ne latin boin ne romans, M mais aucune feiz moitieit latin moitieit romans, et par vaine curiou* » seteit et per aventure, per ignorance, wellent dire lou romans selonc M lou latin de mot a mot, si com dient aucuns negofia ardiut, négoces » ardues y et efftuide frameam et condude adrersus ros^ effunt ta f rame et » conclut encontre euh, si n'ait ne sentence, ne construction, ne parfait » entendement. »

L'éditeur de ce texte, — mort le 5 janvier 1881, à Tàge de vingttrois ans, — devançant une publication qu'avait annoncée depuis longtemps M. Bonnaniot, et qui est maintenant sous presse, n'a pas utilisé des manuscrits découverts par ce dernier, et qui permettent de compléter les lacunes du manuscrit do la Mazarine. Son édition ne rendra donc pas inutile la nouvelle édition que va nous donner le savant français.

Le texte est accompagné et suivi de notes presque toutes purement paléographiques et d'un court index de mots difficilas. Nous n'approuvons pas, en général, ces glossaires qui servent seulement à l'interprétation du texte et à la commodité de la lecture. Puisque M. Foerster se propose surtout de soumettre les textes dont il dirige la publication à une étude grammaticale complète, il devrait faire porter l'attention des éditeurs non-seulement sur la plionétique et la morphologie des documents publiés, mais encore sur le lexique. Les ouvrages devraient être accompagnés de dictionnaires complets et détaillés, et non de glossaires de mots difficilei. Il est intéressant, souvent, de noter remploi ou la date de l'emploi de mots très connus et très simples, mais qui ne remontent pas à l'origine de la langue (par exemple, la préposition dans). Dans l'espèce, un texte aussi peuplé de mots savants qae le Psautier devait être dépouillé avec soin. Ce n'est que par ces

dépouillements et ces relevés complets qu*on peut arriver à réunir les matériaux d'une histoire du lexique français.

L'originalité de l'édition de M. Apfelstedt est dans Tintroduction, qui est, en fait, une grammaire complète du dialecte lorrain au moyen âge. L'éditeur étudie dans trente-huit pages compactes, la phonétique; dans vingt-trois pages, la déclinaison et la conjugaison non seulement du Psautier, mais encore d'une dizaine do documents ou textes appartenant à Metz, et, en général, à la Lorraine ou à la Bourgogne, et il confirme les résultats de ses recherches par le témoignage des patois modernes.

V. Lioner Ysopet allfranzœsische Ueherseizung des XI 11 Jahrhunderts in der Mundari der Franche Comté, mit dem kritisch^n Texi des Lateinischen Originals {sog. anonymus Neveletï)^ zum ersten Mal fierausgegehen von Wendelin Foerster (1882).

Ce nouveau texte est une traduction libre en vers octosjUabiques d'un recueil de fables latines du moyen âge, connues sous le nom d'Œsopus ou fables de V Anonyme de Néveïet, recueil qui est lui-même un remaniement en distiques des trois premiers livres du recueil de Romulus.

M. Foerster a été amené par l'étude des sources de son Ysopet français à étudier Toriginal latin, qu'il a reconstitué et dont il a donné un texte critique d'après les plus anciens manuscrits connus. Dans son introduction, il commence par décrire le manuscrit français qui se trouve à la Bibliothèque de l'académie de Lyon, puis l'original latin dont il découle ; les quarante-huit pages qui lui sont consacrées forment une importante contribution à l'histoire de la fable ésopique au moyen âge. Puis, l'éditeur revient au texte français dont il passe en revue les divers caractères linguistiques. Comme les fables françaises sont écrites en dialecte de la Franche- Comté, cette étude grammaticale forme un complément naturel de celle que M. Apfelstedt avait publiée dans le volume précédent de la collection. Viennent ensuite le texte français, le texte critique de l'anonyme latin, trente pages de notes paléographiques ou grammaticales ou littéraires, et un court glossaire de formes curieuses. Cette étude se recommande par la sobriété et la précision des détails, et on y reconnaît la main sûre d'un maître. En terminant cotte revue, souhaitons le rapide progrès de la collection que dirige M. Foerster.

{Berne critique, 1883, n« 21.)

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