GRÂCE
A 1 amant, on parle de son amoureuse :
— Elst-elle grande ?
— Juste à la hauteur de mon cœur.
§ Tltania caresse son gros âne, qui veut du fom, du foin !
— Dis, mon doux amour, veux-tu un peu de musique?
§ Minuit sonne. Et le duc d'Athènes :
— Amants, au ht ! voici presque l'heure des fées.
§ L'homme trompé, dont le cœur est le nid à toutes les vipères de la jalousie et du soupçon :
— Et moi qui la croyais aussi chaste que la neige à l'ombre !
Viola
Mon père avait une fille qui aima Comme je pourrais aimer Votre Seigneurie Si j'étais femme.
Le Duc
Dis-moi son histoire.
Viola
Une page blanche, Seigneur. Jamais elle ne dit son amour.
Elle en laissa le secret, comme le ver dans le bouton, Ronger la rose de sa joue : languissant en pensée. Verte, pâle et jaunie bientôt de mélancolie. Elle pencha comme la patience sur un tombeau, Souriant à sa peine. Est-ce là de l'amour ?
§ Dans l'enfer de la douleur et de la violence, la rose de la tendresse élève une haleine si embaumée qu'on ne sent plus la pestilence infernale. Qu'est-ce que le mal ? et le crime ? et la mort ? Viens, dit le vieux roi captif à Cordélia captive :
— Viens, allons en prison !
Nous chanterons tous deux, paire d'oiseaux en cage.
§ Imogène outragée, la plus pure des femmes, veut bien mourir, puisque son bien-aimé la condamne :
— Frappe: au cœur, innocente maison de mon amour! Ne crains rien : elle est vide de tout, fors ma douleur.
Vite, je t'en prie :
L'agneau implore le boucher : où est ton couteau ?