L'ITALIEN CONSORT
qu'il convient de manier le plus rudement. Il faut vaincre Hindenbourg, pour lui apprendre la mesure. Il faut fouler aux pieds Bulow, pour avoir raison de cette fausse souplesse, toute roide de trahisons.
Si on lui casse un bras et une jambe, on en fera un infirme assez doux. On le tirera d'affaire lui-même ; on le rendra discret ; on l'aura purgé de cette ambition, qui est sa manie. Il rentrera la tête basse à Rome, faire le cadavre avec les autres ; et dans sa villa romaine, il ne se croira plus le duc du Capitole pour le compte de Barberousse.
Bulow est un fat. Il n'a rien de grand ni dans l'esprit ni dans la volonté. Il est habile, à la condition de négocier au nom de l'armée la plus puissante du monde : le génie des diplomates est le plus souvent de cette qualitélà.
C'est un petit Mazarin de Prusse, une Frosine femme d'intrigue. Il est sans pudeur à servir son pays, et sans goût. Il n'entend rien à la France, soit qu'il la condamne, soit qu'il la loue.