‹ Remarques sur l'anatomie des cétéces de la division des BalénidesChapitre 29 sur 57 · SIT · texte numérisé non relu

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Examen des formes propres aux os palatins des Balénidés.

On a trouvé de bons caractères pour la distribution des différentes espèces de Balénidés en genres et pour la distinction de ces espèces elles-mêmes dans la conformation de leur crâne aussi bien que dans le détail de plusieurs pièces de cette importante partie du squelette. et M. Flower a, dans ces dernières années, appelé d’une manière spéciale l'attention des naturalistes sur la forme des os propres du nez. Les vertèbres envisagées dans leur nombre et leur disposition générale; la soudure ou la séparation de celles du cou prises en particulier ; le sternum, qui affecte des configurations diverses; le nombre et l'apparence des côtes et jusqu'au bassin qui est notablement différent suivant qu'on l'étudie chez les vraies Baleines ou chez les Rorquals, ont été successivement passés en revue, et il en a été de même pour les membres dont toutes les pièces, depuis l’'omoplate jusqu'aux doigts, fournissent aussi d'excellentes indications ainsi qu'on peut le voir en comparant sous ce rapport la Baleine franche, les Baleines australes, les Mégaptères ou Kyphobaleines et les Balénoptières. En cherchant à reconnaître l'espèce à laquelle a appartenu le fragment considérable de palatin droit trouvé, en 1859, dans Paris, auprès du lieu dont provenait le temporal décrit autrefois par Lamanon, Daubenton et G. Cuvier, j'ai constaté la possibilité de tirer aussi des os palatins des Balénidés d’utiles indications pour la détermination spécifique de ces grands mammifères,

Les os palatins. placés à la partie postérieure du palais, entre les ptérygoïdiens, qui concourent à former le cadre des arrière-narines et

le bord postérieur de la partie buccale des maxillaires supérieurs, sont

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comme les maxillaires eux-mêmes, envisagés dans leur face palatine, plus ou moins écartés l’un de l’autre par la saillie inférieure du vomer. En les comparant d’espèce à espèce, on ne tarde pas à s’apercevoir qu'ils ont une forme propre dans chacune d'elles. Ceux des Rorquals du genre Balénoptère occupent une plus grande surface que ceux des autres Balénidés, et il y a plus de différence sous ce rapportentre le Balénoptère rostré et les Balénoptères ordinaires recueillis dans nos mers qu'on n’en observe entre ces derniers comparés entre eux. Nous possédons quatre crânes de ces Balénoptères communs : un de la Méditerranée (île Sainte-Marguerite), un de Bayonne, un de l'embouchure de la Somme et un autre dont la localité précise n’est pas indiquée, mais qui vient très-probablement de nos côtes occidentales. L’apparence des palatins pour ces quatre crânes est irrégulièrement rectangulaire, à angles émoussés, surtout en avant où le bord d’articulation avec les maxillaires a plus d’étendue que n’en a le bord postérieur. Dans le Rorqual de l’île Sainte-Marguerite, qui est le plus âgé de tous et a été souvent attribué à une espèce distincte sous le nom de Balænoptera antiquorum, le bord externe est plus sensiblement arqué, à convexité extérieure (pl. v, fig. 2); il est au contraire à peu près rectiligne dans le Rorqual dit de Bayonne, qui provient de l’embouchure de l’Adour (pl. v, fig. 1), et chez celui-ci il tend à former une saillie externe vers son angle postérieur. Celui du Rorqual de l’embouchure de la Somme, souvent indiqué sous le nom de Rorqual d’Abbeville, ne s'éloigne pas sensiblement du précédent.

Quant au crâne du quatrième Rorqual de notre collection, il n'est pas en assez bon état pour que nous en parlions sous ce rapport.

Des observations faites sur des sujets plus nombreux que ceux actuellement à notre disposition jetteraient certainement un nouveau jour sur la valeur de ces caractères et permettraient de décider entre

les auteurs qui tantôt distinguent plusieurs espèces parmi Les Ror-

quals ordinaires de nos côtes sous les noms de Zalænoptera gigas". Balænoptera antiquorum, Balænoptera communis, tantôt au contraire réunissent ces animaux en une seule et même espèce qu'ils appellent Balænoptera museulus.

Quoi qu'il en soit de ces espèces supposées, on trouve dans lexamen des os palatins une nouvelle confirmation de la distinction spécifique dont le Balœænoplera rostrata est l'objet de la part des naturalistes depuis Müller et Fabricius. Iei les palatins s'éloignent déjà d’une manière notable de la forme qu'ils affectent dans les sujets précédents. Ils sont plus larges en avant qu'en arrière; leur angle antéro-externe est à peu près arrondi et leur partie postérieure est coupée obliquement en dehors, comme on peut le voir sur la figure que nous en donnons (pl. vi, fig. A).

Des différences plus grandes encore se remarquent dans le Poëskop ou #egaptera Lalandii, qui est le Rorqual du Cap de Cuvier. Ses palatins, moins grands que ceux des Balénoptères, mais moins appointis antérieurement que ceux des Baleines, ont leur bord antérieur plus étroit que le postérieur, qui est oblique de dehors en dedans, et leur bord externe est irrégulièrement curviligne (pl. vu, fig. 3). Le Keporkak (Wegaptera boops) en diffère peu.

Chez les Balénidés à ventre lisse et à dos sans nageoire ni bosse, c'est-à-dire chez les vraies Baleines, telles que la plupart des auteurs les définissent, les os qui nous occupent sont plus longs et proportionnellement moins larges que chez les Rorquals ou Balénidés à ventre plissé, et leur partie antérieure se prolonge en une saillie angulaire aiguë qui s'avance dans une échancrure du maxillaire. Mais il y a ici une distinction à établir entre nos deux Baleines des mers du Sud, répondant aux genres £ubalæna et Caperea de M. Gray.

1, M. Turner rapporte le Balænoptera giqus à l'espèce du Sébbaldius laticeps. Les Balwæ-

noplera antiguorum et communis sont au contraire de vraies Ptérobaleines et répondent au vrai Balænoplera musculus.

et la Baleine franche ou Baleine arctique qui reste le type du genre Balæna pour le même auteur. Dans la:Baleine du Cap (Balæne [Eubalœæna] australis) (fig. 8), les palatins sont plus étroits que dans celle de la Nouvelle-Zélande (Balæna [Caperea] antipodum) (fig. 10), et leur pointe antérieure est plus aiguë ; mais dans l’une et dans l’autre le bord postérieur est encore arrondi, tandis que dans la Baleine franche (Balæna mysticetus) (fig. 11) l’étroitesse de l'os est plus évidente, la pointe antérieure plus saillante et le bord postérieur moins large que la partie moyenne.

A ces figures sont jointes celles des palatins de la jeune Baleine du Cap (fig. 9) et d'un fœtus attribué à la Baleine franche (fig. 5). celui-ci d'après l’exemplaire étudié par E. Geoffroy et G. Cuvier. Dans le premier ces os sont plus courts que dans l'adulte, à bord postérieur encore plus large et à pointe antérieure émoussée; dans le second (fig. 5. de grand. nat.), ils représentent chacun une sorte de lame cultriforme, dont le tranchant serait au bord interne, la pointe étant obtuse. et la base coupée à peu près transversalement. Sauf la direction de sa courbure antéro-interne, ce dernier s'éloigne moins de la forme propre aux Rorquals qu'il ne le fait dans l'âge adulte, et l’on retrouve, sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres, la tendance qu'ont les vraies Baleines à ressembler d'autant plus aux Rorquals, qu'on les examine plus jeunes, de sorte que l’on peut dire que sous plusieurs rapports les Rorquals sont dans une sorte d'arrêt de développement relativement aux changements que les Baleines subissent en devenant adultes. Le moindre développement des fanons chez les Rorquals, la condition libre de leurs vertèbres cervicales et la soudure des mêmes os chez les Baleines sont aussi des particularités qui viennent à l'appui de cette manière de voir et peuvent donner d’utiles indications pour la classification naturelle de ces animaux.

Voyons maintenant quelle idée nous pouvons nous faire par l'examen du palatin trouvé en 1859, près Ja rue Dauphine, de l'espèce

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