‹ Remarques sur l'anatomie des cétéces de la division des BalénidesChapitre 4 sur 57 · Annales du Muséum , 1. XX, p · texte numérisé non relu

Annales du Muséum , 1. XX, p

gardé, après qu'on a eu disséqué la tête et préparé la peau pour les galeries, où du moins il n'a pas été retrouvé comme on l'avait supposé. Il est donc impossible de constater s'il avait quinze paires de côtes, à la manière de nos deux Baleines du Sud. dont il se rapproche à certains égards, tout en paraissant indiquer par le degré déjà assez avancé de son ossification une espèce de plus petite dimension, ou treize seulement comme la Baleine franche ou Baleine du Nord.

Le Balænoptera laticeps, type du genre Sibbaldus, établi par M. Gray, qui est une espèce propre aux mers d'Europe, nous manque entièrement et nous ne possédons que de rares débris de la Baleine du golfe de Gascogne, dite aussi Baleine des Basques (Balcæna biscayensis), qu'on a pendant si longtemps pêchée sur nos côtes; ces débris manquent même presque tous de l'authenticité désirable.

Rondelet à laissé, au sujet de cette espèce, des renseignements qui ont sans doute contribué à la faire confondre avec la Baleine franche, mais qui avaient le mérite de montrer que c’est bien une Baleine véritable et non un Rorqual, comme on l'a dit quelquefois depuis lui. Il attribue en effet la Baleine des Basques à l'espèce ordinaire, ou Baleine vulgaire, c’est-à-dire à la Baleine franche des naturalistes modernes, espèce à laquelle Linné à transporté Le nom mysticetus, employé pour le Rorqual commun par Aristote, et il la sépare de ce Rorqual, qu'il appelle la vraie Baleine, sans doute parce qu'il est plus fréquent sur nos côtes qu'aucun autre Balénidé.

« Ceux de la coste de Baione en font, dit le célèbre naturaliste de la Renaissance, en parlant de la Baleine des Basques, closture en leurs iardins', principalement de Biarris, de Capreton 6 S. Jehan de Lus, où se prenent les Balenes en certain tems sus l'hyuer de la sorte que

s'enfuit. Les mariniers 6 pescheurs font le guet es lieux hauts pour

4. Cette manière d'utiliser les os des grands Cétacés, abandonnés par les Baleiniers, s’est

conservée sur un grand nombre d’autres points du globe.

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voir les Balenes venir; quand ils les voient, ils sonnent le tabourin pour signe, lors tous accourêt garnis de ce qui est nécessaire. Ils ont plusieurs nasselles, en chacune dix homes forts pour bien ramer, plusieurs autres dedans avec dards tels que nous auons fait pourtraire pour la Balene, lesquelz de toute leur force ils jettent sur la Balene, é laschent les chordes attachées aux dits dards, iusques à ce qu'elles aient perdu le sang 6 la vie. Lors ilz tirent la Balene en terre, é la partissent, chacun aiant sa part selon la quantité de. dards quil aura ietté, quilz reconnaissent à leurs marques. On prend les masles plus malaisément, les femelles plus aisément, principalement si elles sont suiuies de leurs petits, car cependant qu'elles s'amusent à les sauuer, perdent l’occasion de fuir. De mesme façon on prend les autres grandes bestes marines, comme le Gibbar, l'Espaular, le Mular'. »

Ainsi que je l'ai rappelé plus haut, on a longtemps pensé, avec Rondelet, que la Baleine pêchée par les Basques n'était autre que la Baleine franche, qui se serait étendue à cette époque jusque sur les côtes de l'Europe méridionale. De même aussi les Baleines du Sud, ou celles du Pacifique et de l'océan Indien, ont été parfois regardées comme ne différant pas de l’espèce ordinaire. Mais les observations de Cuvier sur ces dernières ont mis les naturalistes en garde contre cette erreur, et à mesure que l’on a mieux étudié les Baleines des différentes stations, on a vu que l'aire de répartition propre à chaque espèce est moins étendue qu'on ne l'avait d'abord supposé. Cela est si vrai, que des caractères de valeur sous-générique ou même générique distinguent dans certains cas les espèces propres aux grands cantonnements maritimes, et que la Baleine du Nord est fort différente de toutes les autres.

Bien pénétré de ces idées, à la démonstration desquelles il avait

lui-même contribué, feu M. Eschricht, de Copenhague, n'a pas laissé

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