Lo Rorqualus Sibbaldii
trajet, surchargent les flancs des hémisphères, en même temps qu'eiles sont reçues dans des excavations spéciales du crâne placées auprès des deux grandes paires de trous, les trous déchirés antérieurs et postérieurs, qui donnent issue aux principaux nerfs cérébraux hors du crâne, et l’on sait que la deuxième paire de ces trous sert aussi au passage du système veineux.
L'une de ces deux doubles excavations constitue la fosse sphénoïdale et aboutit à la fente de ce nom jointe ici au trou grand rond; l’autre constitue la fosse cérébelleuse élargie; elle aboutit aux trous déchiré antérieur et déchiré postérieur qui contournent en grande partie le rocher, os si facile à détacher du reste du crâne dans les différentes espèces de Balénidés. Il en résulte qu'au lieu d'être perforée par un nombre de trous aussi considérable que dans les autres mammifères, la base du crâne des Balénidés parait n’en présenter que trois, savoir : 1° les trous optiques, tendant à se confondre avec la fente sphénoïdale; 2% la fente sphénoïdale; et 3° le trou déchiré commun.
C’est là le résultat d’une sorte d'arrêt dans les progrès de l'ossification des pièces propres à la base du crâne de ces animaux; et comme les perforations destinées aux nerfs spéciaux de l'olfaction, de Ja vue et de l’ouie, n'ont rien de commun avec les trous destinés aux paires nerveuses constituées par les filets nerveux de la sensibilité ordinaire ou de la locomotion, il en résulte que les issues ménagées dans le crâne pour ces paires nerveuses sont ramenées à deux paires constituant pour ainsi dire deux doubles trous de conjugaison dont les premiers, situés entre les vertèbres frontale et pariétale, ont pour nerfs principaux les nerfs dits de la cinquième paire, et dont les autres, situés entre les vertèbres pariétale et occipitale, sont traversés par les nerfs de la septième paire.
Si l’on ajoute aux détails qui précèdent que les fosses latérales
du crâne avoisinant les deux paires de trous que nous venons de
comparer a des trous intervertébraux ou trous de conjugaison, concordent sans doute avec un développement considérable des sinus veineux en rapport avec les sinus intracrâniens latéraux, on s’expliquera comment les deux paires de masses accessoires qui se remarquent de chaque côté du moule encéphalique et dont la postérieure semble dans le moulage être une des parties du cerveau luimême, l'emportent beaucoup par son volume sur l'antérieure.
Une semblable disposition ne se retrouve pas chez les Cétodontes.
Dans certains de ces animaux, les trous crâniens sont même aussi nettement séparés les uns des autres que chez les mammifères ordinaires, et si l'on moule alors la cavité cérébrale sans boucher l'orifice de ces trous on reconnait que leur disposition est comparable à celle de la plupart des autres mammifères. Cette disposition est des plus évidentes chez l'Hyperoodon. Nous en donnerons la description dans la partie de notre Ostéographie des Cétacés qui sera consacrée aux Cétodontes.
L'examen du moule intracränien des Balénidés nous montre que chez ces animaux le cervelet est recouvert à peu près entière-
ment par la partie postérieure des hémisphères.