L. — DEVIATIONS TRACHÉALES
Elles ont été étudiées par Armand DELLE, HiLE MAND, LESTOCQUOY et MALLET, dans la tuberculose pulmonaire, par LAUBRY et BLOCH, au cours des pneumopathies chroniques dues à la sclérose pulmonaire. Elles sont assez fréquentes et importantes à connaître, car elles simulent bien souvent en clinique une caverne du sommet par l’existence d’un souffle en deux temps très intense avec retentissement de la voix et de la toux.
Ces déviations trachiéales sont mises en évidence par la radiologie et mieux encore par la radiologie avec lipiodol. Alors que la trachée se présente normalement après injection de lipiodol comme un canal opaque se superposant à la colonne cervicale jusqu’au manubrium sternal, on pourra se trouver en présence de trois images différentes en cas de déviation :
a) Le canal opaque, rectiligne jusqu’à la septième cervicale, devient oblique soit vers la droite, soit vers. la gauche, pour atteindre l'articulation sterno-claviculaire qu’elle déborde en empiétant sur le sommet pulmonaire;
b) La trachée se sépare de l’ombre vertébrale au niveau de la première dorsale pour décrire une courbe
très fermée dans le sommet pulmonaire, puis revient sur
la ligne médiane;
c) La trachée est déplacée tout entière depuis la huitième cervicale jusqu à sa bifurcation.
Signalons que, même si le malade est resté dans la position horizontale pendant et après l’injection, l’huile iodée quitte très rapidement la trachée pour pénétrer dans les bronches, mais l’image du canal opaque est remplacée par deux lignes sombres très caractéristiques séparées par un espace clair, le lipiodol ayant adhéré aux parois.
À noter de plus que l’examen aux rayons et le cliché doivent être faits rapidement après l’injection d’huile opaque. |
En présence donc d’une déviation trachéale que l’on peut quelquefois soupçonner cliniquement par la palpation digitale du creux sus-sternal, qui montre souvent à ce niveau un changement de direction de la trachée, et aussi par la rétraction de l’hémithorax du côté de l’angle de déviation, il sera intéressant de faire un examen radiologique avec lipiodol qui évitera des diagnostics erronés (voir fig. 4).
IT. —— STÉNOSES TRACHÉALES.
La trachée peut être également le siège de sténoses ou de compressions. Les signes fonctionnels sont semblables (dyspnée aux deux temps de la respiration) ; mais il sera utile de discuter l’étiologie afin de pouvoir poser une thérapeutique. Le radio-diagnostic lipiodolé
donnera d’intéressantes indications dans le cas d’une sténose par lésion de la trachée qui peut être due soit à la cicatrice suivant un traumatisme, soit à la syphilis, ou encore à la diphtérie par lésions propres ou par trachéotomie. Il montrera le siège, la longueur du rétrécissement et servira de prélude à un examen plus complet qui sera la trachéoscopie.
Dans le cas d’une compression, il faudra surtout s’appuyer sur les signes cliniques et sur l'examen radiologique des régions voisines, qui permettra de diagnostiquer suivant les cas : un anévrysme, un cancer du corps thyroïde ou de l’æœsophage, un goître.
III, —— LES STÉNOSES BRONCHIQUES.
Elles sont intéressantes à découvrir, car la recherche de leur étiologie mettra souvent en lumière une lésion pulmonaire importante à connaître.
Le diagnostic par la clinique pure sera difficile, voire impossible : les signes fonctionnels sont ceux de toutes les pneumopathies; la dyspnée, signe constant, sera d’une intensité très variable. Les signes physiques sont banaux, si l’on excepte le cas d’atélectasie bronchique due à l’oblitération d’une grosse bronche dans lequel le son tympanique situé dans une zone muette à l’auscultation est assez caractéristique.
On pratiquera un examen radiologique, mais il n’imposera dans la plupart des cas aucun diagnoctic précis. On sera forcément conduit à un examen plus complet des voïes aériennes. Quelquefois, le lipiodol opacifie l’arbre bronchique et montrera d’une façon indiscutable