DIFFERENTS PROCEDES D'INJECTION
EL — VoiE TRANSGLOTTIQUE
1° À la seringue.
Ce procédé est le plus connu et le plus ancien: il a été utilisé pa SICARD et FORESNIER en 1921, lors de leur découvete. C’est le procédé « laryngologique » réservé aux spécialistes, mais il suffit pour l’employer de savoir « voir » le larynx. Il donne des garanties de certitude supérieures à d’autres méthodes, car on fait l’injection sous le contrôle de la vue; il est peu traumatisant et bien supporté par le malade.
L’instrumentation est simple : un miroir frontal, un miroir laryngé, une seringue de 20 cc. avec embout recourbé.
L’anesthésie locale sera réalisée par badigeonnage ou pulvérisation d’une solution de cocaïne ou mieux de delcaïne, ou encore de larocaïne à 10 %. Cette anesthésie doit être suffisante, mais sans excès. On emploiera de 4 à 10 cc. de solution anesthésique. Cette imprégnation cocaïnique doit porter surtout sur dés points déterminés : luette, face postérieure de l’épiglotte, cordes vocales, partie supérieure de la trachée.
L’injection elle-même est très simple; il suffit d’introduie doucement, sous le contrôle du miroir laryngé, le bout de la seringue dans la glotte et de poses lentement le Tiaeie dans la trachée.
Il faut tout particulièrement surveiller la position du malade pendant et après l’injection. Celui-ci doit être assis sur une table, le buste légèrement incliné du côté à injecter; au fur et à mesure que l'injection s’avance, le malade s'incline de plus en plus pour être finalement couché sur le côté. Il demeurera dans cette position quelques minutes. Ce premier temps correspond au vidage de la trachée dans la bronche souche. Le deuxième temps, qui est le remplissage bronchique, s’observera derrière l’écran, ainsi que le troisième temps : remplissage des dernières ramifications.
Cette méthode d’injection offre un maximum d’avantages; mais plaide cependant contre elle son emploi impossible par un médecin non spécialisé. D’autre part, il est difficile d’atteindre les lobes supérieurs. Elle sera done réservée au laryngologiste et appliquée surtout dans l’examen des bases pulmonaires, dans le cas de suppurations pulmonaires non compliquées.
2° À la sonde.
C’est la méthode couramment employée à la Clinique bronchoscopique Chevalier-Jackson, à Philadelphie. Elle a été lumineusement exposée par M. BoNNIER au Congrès de l’Association des Médecins de Langue Française de l’Amérique du Nord.
Les sondes employées sont opaques aux rayons X, flexibles ou semi-rigides. Leur longueur est de 40 cm, leur diamètre de 12 à 20 mm. Elles sont de trois variétés :
— La sonde STrTT, employée pour les lobes inférieurs et le lobe moyen droit. Elle est de type urétral, son sommet présente un petit bouton fermé;
ni
— La sonde de THOMSON, graduée, souple, à sommet perforé; elle est de tois modèles différents, selon que l’on veut atteindre les lobes inférieurs et moyens ou les lobes supérieurs;
—— Une sonde ordinaire, sans coudure.
La technique d'injection est la suivante :
L’anesthésie ressemble à celle que l’on emploie dans l'injection transglottique à la seringue. Mais, après avoir vaporisé ou badigeonné de cocaïne les zones réflexes, M. BONNIER prescrit un temps d'attente de quelques minutes, suivi d’une instillation avec une seringue de LuUKENS de 1 à 2 cc., de solution cocaïnée, au niveau des bandes ventriculaires et de la glotie. La région est ainsi dans un véritable « bain » anesthésique. Le surplus va insensibiliser la trachée.
Après cette anesthésie soigneuse, on monte la sonde sur le stylet spécial pour larynx de MANDELBAUM, et on Yintrodhit dans la glotte sous le contrôle du mifoir laryngé, puis on lâche le miroir et, en poussant la sonde de manière à insinuer environ 10 cm., on retire le stylet. Il faut alors surveiller sous l’écran la progression de la sonde suivant le lobe que l’on veut examiner. Il ne reste plus ensuite qu’à injecter le lipiodol par l’orifice de la sonde, tout en surveillant les positions du malade.
Cette méthode sera employée souvent avec succès, car elle permet de contrôler, par la vue sous l’écran, l’injection elle-même et de régler la quantité à injecter, et aussi la position à donner pour obtenir les meilleurs résultats. Enfin, il est possible, grâce à elle, d’atteindre assez facilement n'importe quel territoire pulmonaire.
Elle n’est pas à conseiller chez les jeunes enfants, l’anesthésie à la cocaïne devant être très poussée et nécessitant des solutions de concentration élevée.
IL. — VOorE NASALE Ce procédé est très employé actuellement par les laryngologistes, mais surtout par les médecins non spécialisés.
1° À la seringue.
L'Ecole de Vienne a longtemps utilisé ce procédé, qui a été présenté par HICGUET et HENNEBERT en 1933. C’est le procédé « médical » par excellence.
L’instrumentation est des plus réduites : deux seringues, l’une de 2 à 5 cce., l’autre de 20 cc.
Le malade est assis, la tête défléchie en arrière, la bouche ouverte, la langue maintenue comme pour une laryngoscopie. Dans un premier temps, on introduit au moyen de la seringue la solution anesthésique qui descend par la fosse nasale, jusqu’au pharynx, au larynx, puis dans la trachée. L’injection anesthésique se répète deux fois à cinq minutes d’intervalle, et ensuite l'injection de lipiodol se fait de la même manière avec la seringue de 20 cc. Cette méthode est à retenir pour sa grande simplicité qui la met à la portée de tous, cependant, il faut savoir que bien souvent, soit à cause de l’épiglotte, soit pour des raisons physiologiques, quoique théoriquement la protaction énergique de la langue, empêche la déglutition, une partie du lipiodol passe dans l’œsophage.
NE
2° À la sonde.
Ce procédé a été mis au point par Rossez (1933).
Après l’anesthésie de la fosse nasale puis du larynx et de la trachée, on introduit une sonde par voie nasale, qui pénètre automatiquement dans la glotte. On injecte ensuite sous écran, le lipiodol. L’anesthésie par injection peut être remplacée par une simple pulvérisation (Hic- GUET). Si la sonde passe bien dans la glotte, si elle est bien tolérée, on suit très facilement le cheminement du lipiodol. Cette méthode est à préconiser chez l’adulte, mais surtout chez l'enfant et l’enfant indocile. Il est à noter qu'elle permet par l'emploi d’une sénde spéciale l’injection des parties hautes. Cependant, il faut bien dire que souvent, la sonde est traumatisante pour le nez et le cavum, et parfois se comporte comme un véritable corps étranger qui complique l'injection. Enfin, malgré la protraction de la langue, la sonde peut ne pas pénétrer dans la glotte (épiglotte procidente chez le jeune enfant, particularité individuelle, etc...).
IIL, —— VOIE LARYNGOSCOPIQUE
Cette méthode nécessite l’emploi du laryngoscope.
Après avoir anesthésié le pharynx et le larynx, selon la méthode habituelle, on introduit le laryngoscope puis on fait passer par la narine la plus perméable une sonde flexiblé et opaque. Dès qu’on la voit apparaître, ellé est saisie avec une pince et introduite dans la glotte.
Cette méthode est à conseiller chez les jeunes enfants de 5 à 10 ans et en cas d’indocilité, chez les plus grands.
Elle offre tous les avantages de l’injection par la sonde, c’est-à-dire la possibilité d’injecter avec précision un ter-
ritoire pulmonaire donné.