‹ Remarques sur la syntaxe des groupes de propositions dans les premiers romans francais en vers, 1150-75Chapitre 10 sur 21 · Rapport attributif · texte numérisé non relu

Rapport attributif

Une proposition servant de complément attributif à une proposition précédente est en général jointe à celle-ci par l'intermédiaire d'un pronom ou d'un adverbe relatifs. Cependant, la construction en parataxe apparaît assez souvent en vieux français, si «l'attention est si fortement attirée sur le terme antécédent que l'on ne juge pas nécessaire d'y insister une seconde fois par l'emploi d'un mot spécial» (Meyer-Lubke, § 540). Cela arrive surtout, si la proposition renfermant l'antécédent est négative.^ Ainsi, on trouve dans Roland le pronom relatif omis treize fois après une phrase négative, tandis qu'il est exprimé cinquantesix fois^; dans CorL. il est omis jusqu'à sept fois, exprimé treize fois.

Les premiers romans ne présentent pas d'évolution à cet égard: dans Thèbes les chiffres sont onze et vingt-huit respectivement; dans Eneas treize et vingt-neuf; dans les huit mille premiers vers de Troie dix et trente-quatre; dans les deux premières parties de Béroul jusqu'à onze et douze ( + un cas de parataxe où la forme interrogative équivaut à la négation)^; dans Thomas un et quatre. En voici des exemples:

Th. 8025 En tote ceste conpaignie N'a chevalier ja m'en desdie, En. 121 7 N'i ot une ne fust meschine, Tr. 6718 N'i ot un sol n'eûst cheval, Thom. 1079 Et rien n'en a ne li enuit, En. 6148 Ja mais n'iert jors, ne me repente.

Cette tournure est particulièrement fréquente avec le pronom déterminatif absolu, p. ex.

Th. 918 N'i a celui ne seit de prez, Tr. 5636 N'i aveit celi ne fust pleine

D'omes, d'armes e de vitaille.*

Dans les Lais de Marie et dans les romans de Gautier et de

^) Le plus souvent, mais non toujours, la proposition « relative » est aussi négative.

^) Cf. Riecke, p. 12-14, 5^ s.

^) Bér. 1784 Fu ainz mes gent tant eiist paine?

*) "Voir p. ex. Th. 1414, 4954, 8312, 8350, En. 895, 5656, 6140, 691 x, Tr. 388g, 6778, 7387, 7797, Bér. 879, 1282, etc.

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Chrétien cette parataxe est bien réduite. Il est \ rai que dans Erec il y a cinq cas de parataxe contre vingt-trois cas d'hypotaxe, jiiais dans Cligés la proportion est de quatre (+ un cas où la forme interrogative remplace la négation, v. 197) à trente-trois, dans Gd'A. de un à sept, dans Lanc. de trois à vingt-trois, dans Yvain de deux à vingt-quatre, dans Eracle de sept — cinq fois après ni a celi, etc. ■ — à quarante-deux, dans Ille de quatre à quarante-quatre, dans Marie de six à trente-six, et dans Phil. de zéro à sept.^

Après des propositions positives le pronom relatif est quelquefois omis, quand l'antécédent seul suffit pour exprimer le rapport qui existe entre les deux propositions. On trouve cette construction surtout après l'antécédent tel: voyez Roi. 18 19, 1908, Prise d'Or. 1522; et, pour nos romans, Er. 1540, 3056, I. 183, 4464, Lanc. 2913, 6009, Marie L. 24, p. ex.

ly. 24 Tels li mostrout semblant d'amur, S'al chevalier mesavenist, Ja une feiz ne l'en pleinsist.^

Il y a aussi des exemples de parataxe après maint, dont le sens est à peu près le même que celui de tel dans les passages cités cidessus:

I. 2851 Mainte en i a, ce saciés bien. Se il li mescaoit de rien,

Plus en aroit cuer mari Que de le mort de son mari. Cf. Rou III, 332, 7533'

1) Parfois une proposition avec le verbe au subjonctif est coordonnée avec un adjectif faisant partie d'une proposition négative; dans ce cas, la langue moderne exige un pronom relatif (cf. plus tard) qui, cependant, à l'époque qui nous occupe, peut être omis. Voyez Dubislav, p. 7, et encore En. 6636 Nen ot en la cort nul plus sage Ne mielz seiist en cort parler. Dans le passage suivant de Thèbes il n'y a même pas de conjonction copulative dans la deuxième des trois propositions: tant remplit en quelque sorte la fonction d'une particule: Th. 6974 N'a en l'ost compaigne tant fiére. Tant seit crente ne tant dotée Ne qui tant bien seit conreée. Voyez encore Bér. 3635, Ip. 2040, 2146, 4937- 8195, Marie Fables 36, 26.

2) I^es deux passages cités d'Ille présentent un pronom personnel qui remplace en quelque sorte le pronom relatif: I. 183 Tes les eut eus en despit, Pus lor sovint de cel respit. Cf. ib. 4464. Le rapport entre ces deux propositions est mi-relatif, mi-consécutif.

*) Il y a des cas où une proposition relative est sous-entendue, phénomène analogue à celui dont nous avons parlé sous Rapport consécutif. Tobler en cite des exemples, V. B., I, 19. Gautier, dans Eracle, affectionne cette tournure.

m. — Copulation de propositions coordonnées

Deux propositions coordonnées sont unies entre elles, soit par juxtaposition, asyndètt, ou bien au moyen d'une particule, copulation.

ly'asyndète est assez fréquente dans les chansons de geste: les faits s'alignent les uns à côté des autres sans plus. Voyez p. ex. ce passage de CorL.:

636 Quatorze rei armèrent l'aversier;

El dos li vestent une broigne d'acier,

Desus la broigne un blanc halberc doblier,

Puis ceint l'espee dont trenche li aciers;

Teise ot de lonc et de lé demi pié;

Il ot son arc et ses turqueis laciez,

Et s'arbaleste et ses quarels d'acier,

Darz esmoluz, afaitiez por lancier.

On li ameine Alio*!! son destrier;

A grant merveille par fu li chevals fiers.

Si desreez, com j'oï tesmoignier,

D'une grant teise n'i pot on aprochier.

Fors que icil qui en fu costumiers.

Quatre darz ot a la sele atachiez,

Mace de fer porte a l'arçon derrier,

Li reis Gorsolz i monta par l'estrier;

A son col peut un escu a or mier.

Une grant teise ot l'escuz de quartier;

Mais , etc.

On observe le même phénomène dans les romans qui tiennent le plus des chansons de geste, Eneas, Troie, le Tristan de Béroul; Thèbes présente peut-être la copulation un peu plus souvent que ces romans. Voyez p. ex. ces vers d' Eneas:

p. ex. 3604 Si cuidera n'i a celui Que li esgarz soit faiz pour lui. Cf. ib. 1919, 2126. (Les vers 2240 du même poème présentent une construction analogue, mais le texte doit être altéré, ou bien il y a contamination). — Pour la locution .suivante: Yv. 2261 S' an fu moût bel a teus i ot; 3392 Mes tost deïst tel i eûst, Que je vos parlasse d'oiseuse, voyez ce qu'en disent Fôrster, dans les notes de son édition de Chrétien, et Tobler, dans V. B., II, 3. Cf. aussi Lindberg, o. c, p. 2. Cette phrase, qui forme un tout indivisible, se rencontre plusieurs fois dans les derniers romans de Chrétien. Cf. Lanc. 254, 3062, Perc. 5651.

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6375 Li reis fist ses serjanz venir, Son fil rova ensevelir A la costume de lor lei, Com l'en deit faire fil de rei. Premièrement l'ont despoillié De toz ses dras et deschalcié, lyC cors et la plaie ont lavé, Primes de vin, puis de claré. Ja ert alkes nerciz et pers; D'un drap de seie l'ont bien ter s Ses blois chevels li ont treciez; Enprés fu aromatisiez. Il ert molt bels, barbe n'ot point De fresc basme l'ont il bien oint — — — 6399 Tôt le conreient come rei, Anel li mistrent a son dei,

Pierre i ot buene, un chier onicle. Vestu li ont sor en co-

nicle, El chief li metent la corone; Li reis son esceptre li doue, Et quant il l'ont tôt conreé Al temple as deus l'en ont porte> etc.

Ou bien ce passage de Troie:

3441 Antenor e si compaignon Ne firent mie lonc sermon:

Dreit a lor nef s'en repairierent, Eu mer parfonde s'esloig-

nierent.

Dreit vent orent e bon oré: Del lonc de la mer ont siglé, Dreit en Achaie sont venu; Iluec pristrent port e salu. Conreerent sei gentement, E senz autre porloignement Ont Castor e Poilus tant quis Qu'il les troverent el païs. Antenor lor a dit très bien Son message, n'i laissa rien, etc.

Il est vrai qu'en général l'asyndète n'est pas poussée si loin que dans ces passages, mais on pense bien que ce ne sont pas là des cas isolés.

Cela ne servirait à rien de chercher à établir une statistique sur la proportion entre l'asyndète et la copulation: d'ailleurs, cette statistique ne serait guère possible, puisqu'il faudrait aussi prendre en considération le développement de l'iiypotaxe, ce qui, évidemment, complique la question. Cependant on constate aisément que les romans dont le style est le plus développé, je parle de ceux de Chrétien, cherchent à réduire l'asyndète — bien qu'elle s'y rencontre aussi très souvent — ; de plus, on constate que la copulation est bien plus fréquente dans Clige's, Lancelot, Yvain et Perceval que dans Erec et Gd'A. Les romans de Gautier présentent aussi une copulation assez développée: Ille est pourtant inférieur. à Eracle à ce point de vue.

REMARQUES SUR IvA SYNTAXE DES PREMIERS ROMANS FRANÇAIS 23

Voici un passage d'Yvain choisi au hasard et qui est tout à fait caractéristique du style de son auteur. Qu'on le compare aux passages cités tout à l'heure.

5358 Li cheval ont avainne et fain Et la litière jusqu'au vautre. Ht mes sire Yvains qui s 'an antre El vergier, après lui sa

.rote, Voit apoiié desor son cote Un riche home qui se gisoit Sor un drap de soie, et lisoit Une pucele devant lui An un romanz ne sai de cui. Et por le romanz escouter S'i estoit venue acoter Une dame, et c'estoit sa mère Et li sires estoit ses père, Si se pooient esjoïr Moût de li veoir et oïr; Car il n'avoient plus d'anfanz, N'ele n'avoit mie seze anz Et s'estoit si très bêle et jante Qu'an li servir meïst s'antante lyi Deus d'Amors s'il la veïst Ne ja amer ne li feïst Autrui se lui meïsmes non, etc.

Les particules de copulation les plus usuelles dans les textes qui nous occupent, sont et, si et et si.^

Et est la conjonction la plus: employée: elle unit des propositions ayant entre elles des rapports de nature assez différente, simultanéité, suite, opposition, conclusion, etc. Son emploi s'étend de plus en plus: tandis qu'elle se trouve de quarante à cinquante fois par mille vers dans les chansons de geste Roland, CorL., Gornt., ChdG. et Charr d N.^ et autant de fois dans 5é:roul, Troie et Marie, elle se rencontre de soixante à soixantedix fois par mille vers dans Eneas, de quatre-vingt-dix à cent fois dans Thèbes, Thomas et Ille, environ cent vingt fois dans Eracle et encore plus souvent dans Philomena et les romans de Chrétien, surtout Lancelot, Yvain et Perceval.^

Pour ce qui est de si et et si, ces conjonctions sont très fré-

^) Pour plus de détails sur l'emploi des conjonctions de coordination, voir Meyer-Liibke, § 544 ss., et K. Wehrmann, Beitràge zur Lehre von den Partikeln der Beiordnung im Franzôsischen, Romanische Studien V, p. 383, 444, (Bonn, 1880-81). Voir aussi H. Neumann, Die Kopulative und asyndetische Verbindung von Worten und Sàtzen im Rolandslied und in den âltesten Texten, Diss. Greifswald, 1900.

2) Le Pèl., d'autre part, affectionne cette conjonction. A tout prendre, la copulation est assez fréquente dans ce poème.

*i II ne faut pas oublier qu'en réalité l'augmentation proportionnelle est encore plus grande, vu le développement de l'hypotaxe.

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quentes dans les chansons de geste, particulièrement dans ChdG. Elles le sont bien moins dans Thèbes, Eneas et — surtout — Troie, dans Béroul, Thomas et Marie, mais elles le sont d'autant plus dans Philomena et les romans de Chrétien — surtout Perceval; Gautier en fait aussi grand usage, moins, cependant, dans nie que dans Eracle. — En vertu de leur signification primitive, elles ne devraient introduire que des propositions ayant des rapports de succession, mais elles deviennent peu à peu des particules purement et simplement copulatives. En général, les deux propositions ont le même sujet, mais ce n'est pas le cas toujours. Dans CorL. il y a sur près de cent copulations avec si une quinzaine d'exemples où les sujets sont différents. Cette liberté s'étend de plus en plus: dans Eracle et quelques - uns des romans de^ Chrétien, près du tiers de tous les si et et si introduisent des propositions avec un nouveau sujet — dans Ille et Erec la proportion est moins grande que dans les autres romans de Gautier et de Chrétien.

On trouve souvent un si placé à l'intérieur d'un vers. Cela est dû à son caractère adverbial (<sic): il est attiré par le verbe. Que, malgré cette position, le que soit devenu une pure conjonction copulative, c'est indubitable: voir Wehrmann, p. 404 s. Cependant, on peut expliquer ce si d'une autre manière encore, surtout dans les cas où cette particule est placée après un adverbe ou un complément adverbial. Là son emploi n'est peut-être dû qu'au besoin de renforcement et de récapitulation qui se manifeste dans toute langue peu développée. Le Roland présente un grand nombre d'exemples de ce procédé, tandis que CorL. n'en a pas. Dans nos romans ce phénomène est relativement rare — ceux de Gautier font exception. — Il y a certains adverbes qui s'agglutinent facilement avec si: d'abord puis: on trouve puis si très souvent même dans Chrétien. D'autres locutions fréquentes sont après si, a tant si, lors si [Ille, Chrétien), por ço si {Gautier, Phil., Lanc), et — particulièrement — [ne]porquant si, nequedent si. — Après un complément adverbial, ce phénomène se produit extrêmement souvent dans Roland, moins souvent dans Pèl. et ChdG.; quelquefois dans nos romans, p. ex.

Th. 6786 En un destreit si s'embuschiérent. I. II 19 Sor ime coûte si l'emportent

Ici! qui moût se desconfortent.

Cf. Th. 8450, Er. 2981, Perc. 2702, 7850.

Pour le si qui suit une proposition négative et qui adopte à peu près la signification de «jusqu'à ce que», «avant que», voyez Wehrmann, ib., et Gessner, Zeitschrift fur rom. Phil., II, p. 572 ss. Il y a dans nos romans plusieurs exemples de cet emploi de si. Voici une construction stéréotypée:

Er. 1365 Aine ne fina si vint a lui;

I. 6410 Aine ne fina parmi les rans, Si vint au duc, si le salue. Cf. Bér. 1508. Voici un autre cliché: Er. 3206 N'en tornera si l'avra prise (r=une cité), M. G. 875 Guigemar a la vile assise; N'en turnera, si sera prise. . Voyez aussi I. 4230, 4274, Thom. 1772, Cl. 3930. Quant aux conjonctions ne et ou, il n'}- a rien de particulier à en dire.

Comme le fait remarquer M. Wehrmann, p. 429, le rapport d'opposition entre deux propositions est souvent marqué seulement par la coordination asyndétique. En effet, la conjonction adversative la plus fréquente, mais^, est relativement rare dans Roland, Gorm. et Pèl. Dans ChdG. et surtout dans CorL. elle se rencontre plus souvent. A cet égard, Thèbes, Eneas, Troie et Thomas présentent à peu près le même aspect que CorL.; le Tristan de Bér oui et les Lais de Marie ne sont guère supérieurs à Roi. Cette conjonction est d'autant plus fréquente dans les romans de Gautier — Eracle est sur ce point supérieur à Ille — , dans Phil , et avant tout dans les romans de Chrétien (surtout Cligés). Ce fait n'offre rien que de très naturel: le caractère de ces poèmes remplis de discussions et d'analyses amène nécessairement un emploi fréquent de la particule adversative.

Pour mais dans le sens de mais que (^pourvu que) et introduisant une proposition avec le verbe au subjonctif (quelquefois à l'impératif), nous renvoyons à Wehrmann, p. 428, Dubislav, p. 26ss.,Tobler, V. B.,III, 13. Nous nous rangeons à l'avis de ce dernier, qui regarde ce mais comme une particule adversative et le subjonctif comme un subjonctif optatif. Wehrmann en donne des exemples tirés de Roi. et de Pèl. On en trouve aussi dans Thèbes (3652, 3742, 4198, 7724, 7867), Troie (3822, 16396, 19896), et Phil.

^) Sur mais, aim, etc., voir J. Melauder, Étude sur magis et les expressions adversatives dans les langues romanes, Diss. Upsal, 1916.

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(777). Ceux qu'on rencontre dans Chrétien ont tous un caractère

stéréotypé:

Erec 3186 Et si vos pri, mes ne vos griet,

Arriers au chastel retornez, ib. 5450 Sofrez que nostre osteus soit pris

El chastel, mes ne vous enuit.

(Cf. ib. 3295 mes qu'il ne vos enuit), Lanc. 3737 — mes bien li poist,

Cl. 5676 Mes li emperere, ses sire, N'i vaingne, l'an chaudra il. (Cf. Th. 4198; observez ici -la place de la proposition introduite par mes).

Un mes correspondant à mes que = « bien que » se trouve trois fois dans Troie, toujours dans une locution toute faite: Tr. 8620 Par dreite force e par asaut ly'ont remonté, mais bien

li peist, cf. ib. 9377, 10281.

La particule ainz (ainçois) introduit «le plus souvent, après une énonciation négative, quelque chose de positif» qu'elle présente « comme se produisant à un degré supérieur » (Meyer-Liibke, § 553). M. Wehrmann ne l'a trouvée qu'une fois dans les textes antérieurs au milieu du XII^ siècle (Alexis 54e). En effet, elle ne se trouve ni dans Roi., ni dans Pèl, ni dans Gorm; d'autre part, elle se rencontre dans ChdG, p. ex.

1227 N'en fuit mie Guillelmes, ainz s'en vait, cf. 1573, 1579; ^t dans Cor L. elle est tout à fait fréquente: il y en a une quinzaine d'exemples dans ce poème. Pour les romans, elle y est employée assez souvent (surtout dans Gautier, Phil. , Chrétien) .

Neporquant, porquant, nequedent, neporuec ne donnent pas lieu à de remarques.

Pour indiquer la succession dans le temps, il y a puis, et puis, donc, lors, après {en après, puis après, etc.), a tant {et puis a tant, M. 2 Am. 250, etc.), particules qui se trouvent dans tous les romans et dont l'emploi varie selon le goût de chaque poète; pour marquer la simultanéité il y a or.

Les particules conclusives sont por ço, por tant, donc et, employée devant l'impératif, car {et car). Cet emploi de car, où sa signification primitive est gardée (<qua re), est très fréquent dans les chansons de geste, comme Roi. et Co/'L.; il est toujours en vogue dans les romans, p. ex.

Erec 1009 Ha; sire! car le dites donques.

Bér. 1466 quar est suivi d'un présent du subjonctif optatif, phénomène dont M. W., p. 435, ne peut pas donner d'exemple indiscutable. D'autre part, M. W. cite quelques passages aveccâr + l'imparfait du subjonctif optatif, et l'on retrouve la même construction plusieurs fois dans Ille (359, 457, 3706) et dans Yvain (2066, 2934), p. ex. I. 359 E Dix! car i fuissent or II. mile Li Français qui sont od celui.

L'emploi de car explanatif ne présente rien de particulier.

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