‹ Remarques sur la syntaxe des groupes de propositions dans les premiers romans francais en vers, 1150-75Chapitre 12 sur 21 · Propositions consécutives · texte numérisé non relu

Propositions consécutives

Les propositions consécutives sont très fréquentes dans la littérature du XIF siècle. La conjonction presque exclusivement employée, c'est que, souvent précédé dans la principale d'un corrélatif, tant, si ou tel.

M. Ritchie fait remarquer (p. 37, 39) que la manière ordinaire de rendre sans que en ancien français, c'est d'employer le que consécutif suivi de ne. La principale peut être positive ou négative. Cette construction se rencontre — surtout après une printipale négative — dans les chansons de geste comme dans les romans, et elle est particulièrement usitée dans Ille, Philomena et les romans de Chrétien: il y en a vingt et un exemples dans Erec et jusqu'à quarante-huit dans Cligés.

La conjonction senz ço que se trouve pour la première "fois dans Eneas.^ La principale à laquelle elle se rattache est en général positive (Tr. 16892 fait exception) et peut aussi bien précéder que suivre la subordonnée:

Tr. 17859 Senz ço qu'en fust aparcevance Ne retraçon ne repar-

lance. Repairiez est a son seignor, Qui moût esteit en grant

error.

Cette conjonction ne se rencontre pas dans Th., Pir. Bér., Thom., Brut, Gautier, Erec, Lanc.^

1) Cf. Ritchie, p. 34 ss. •

2) On trouve senz-}- snhstantii+ que dans Thèbes et Cligés. Cf. sous Propositions relatives.

') Voyez d'autre part En. 714, 10130, Tr. 1934, 4466, 6182, 16892, 16976, 17859, 18705, 21253, 21386, 25436, 29934, R. III: 6569, Phil. 943, Cl. 728, Yv. 3825, 4384, Ip. 3560. — I,e prédicat est quelquefois à l'indicatif, dans ce cas un ne est toujours introduit, p. ex. Marie Fr. 63 E mult la teneit en destreit, Sanz ceo 'qu'ele nel deserveit. Voir ib. El. 46, Cl. 2260, 2832, 6562, G.d'A. iioo, 1524, Yv. 1985, 4582. (On trouve ne avec un prédicat, au subjonctif Cl. 728). — Nous nous dernandons s'il n'y a pas ici confusion avec senz ço que équivalant à «sans compter que» suivi de l'indicatif. On trouve dans Yvain un exemple de cette locution: 2123, Sanz ce qu'il est; de, haut paragç,: Est il de si grant vasselage Et tant a cortoisie et san, ,Que , desloer nel, me doit l'an, passage que M. Ritchie, a mal, interprété (p. 40), . ,

Le que consécutif se rapporte souvent, comme nous venons de le dire, à un corrélatif, si. Ce si est parfois placé immédiatement devant que, de sorte que ces deux particules forment locution. La conjonction si que ne semble pas très populaire: les chansons de geste ne l'emploient pas souvent (voyez les exemples cités par M. Ritchie, p. 52 ss.); pour celles qui précèdent les romans, nous ne la trouvons que dans ChdG. (1419, 1670) et CorL. (543). Dans les romans elle est assez fréquente, particulièrement dans Chrétien — et surtout dans C liges — où l'on trouve aussi la forme einsi que, comme dans Eracle. ' r t|i^*;,j i

Si que + ne, en général avec l'indicatif, équivaut à sans que: voyez p. ex. ChdG. 1419, Marie 2 Am. 46, Yon. 103, Chr. passim.

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