‹ Remarques sur la syntaxe des groupes de propositions dans les premiers romans francais en vers, 1150-75Chapitre 13 sur 21 · Propositions finales · texte numérisé non relu

Propositions finales

Il est difficile de juger du nombre exact des propositions finales, puisque, très souvent, cette proposition et la proposition consécutive se confondent. Cependant, ce qui est sûr, c'est que, comme le font rem9.rquer MM. Vising et Ritchie, la proposition finale est assez rare dans la première littérature épique. ^ Il paraît qu'à cet égard, la différence n'est pas très grande entre les chansons de geste et les romans. Il est vrai qu'il n'y a pas d'exemples de cette proposition dans Gorm. ni dans PèL; mais il y en a dix (sur quatre mille vers) dans Roland, six (sur près de deux mille vers) dans ChdG., et dans CorL. il y en a jusqu'à une vingtaine (sur près de trois mille vers). Aucun de nos romans ne présente, relativement, un chiffre aussi élevé. Le nombre des propositions finales est à peu près le même dans tous les romans: il est un peu plus grand dans ceux de Thomas, de Gautier, Chrétien et dans Eneas que dans Thèbes ou Troie — dans ceux de Chrétien vingt à trente sur près de sept mille vers.^ Les romans

1) Cf. Ritchie, p. 55 ss.; Busse, Das finale Satzverhaltnis in der Kntwicklung der franzôsischen Syntax, Diss. Gôttingen, 1905.

') D'autre part, elle se rencontre fréquemment dans les textes de caractère religieux, cf. Ritchie, p. 60. Pour les constructions remplaçant la proposition finale, voir Busse, p. 25 ss.

') Notons que le chiffre est moins élevé dans Erec et G.d'A. que dans les autres poèmes du même auteur.

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de Wace sont un peu inférieurs à cet égard, et Béroul n'en donne que deux sur deux mille cinq cents vers.^

C'est en général la conjonction que qui introduit cette espèce de subordonnée. Quelquefois la principale renferme — pour la clarté — le corrélatif por ço; ce corrélatif peut aussi être joint immédiatement à que, formant ainsi une nouvelle conjonction, por ço que. Le corrélatif n'est pas beaucoup employée dans les chansons de geste: il n'y en a que deux exemples dans Roland {por ço — que 1772; for ço que 1004). Il y en a un plus grand nombre dans Thèbes et Eneas {por ço — que cinq fois dans Th., por ço que une fois dans Th. (1064), cinq fois dans En.), mais dans les autres romans antérieurs à ceux de Chrétien, on ne trouve que sporadiquement cette locution. Dans Phil. et les poèmes de Chrétien, au contraire, la conjonction composée est bien plus fréquente que la conjonction simple: dans Cligés, par exemple, elle se rencontre vingt fois, tandis qu'il n'3^ a que huit cas de que. Le corrélatif est ici toujours immédiatement suivi de que.^

On trouve sporadiquement d'autres conjonctions composées. M. Ritchie signale par que, dont il a trouvé le premier exemple dans nie. Il faut cependant interpréter autrement le passage en question: ici, por que introduit une proposition conditionnelle. En revanche, nous avons trouvé por que final déjà dans Brut: 11313 Tôt prandron à droit et à tort

Por que m'oevre à mon dit s'acort.

Puis, il y a dans Gautier une autre locution mi-consécutive, mifinale que ne mentionne pas M. Ritchie: par si que: Er. 15 13 Nuz vondroit estre et touz deschauz

En mi le Toivre jusqu'al col.

Par si qu'om nel tenist pour fol Endroit del valet . acheté. Cf. ib. 1663, I. 2914.

Rappelons enfin que la conjonction consécutive si que présente souvent une nuance de sens fina\ p. ex. Lanc. 4871.^

^) Tandis que la troisième partie, bien plus récente, du même roman en présente jusqu'à neuf exemples sur quelque mille cinq cents vers.

^) Cf. aussi por oc que Br. 3829.

*) Quant à par ce que, dont M. Ritchie cite un exemple tiré d'Ille, Fôrster a corrigé cette locution en por ce que.

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