Propositions conditionnelles
La conjonction se ne donne pas lieu à des remarques.
Quelle que soit l'origine de que dans les phrases dont parle Tobler, V. B., I, p. ici s., et dont voici un exemple: Th. 2226 Ja n'avra mal que nos puisson,
on ne peut ne pas lui prêter un sens conditionnel (=dans le cas où). On trouve la même construction, que + prés, du subj. de pooir. Th. 3769, R. III: 3326, Yv. 3715, 4775- H faut prê-
^) Cf. J. Klapperich, Historische Entwicklung der syntaktischen Verhâltnisse der Bedingungssàtze im Altfranzôsischen, Franz. Studien, III, 4; G. Kiene,. Zut Syntax der Bedingungssàtze im Franzôsischen, Diss. Gôttingen, 1914; E. Helmer, Die Vertretung hypothetischer Nebensatze durch andere Konstruktionen im Franzôsischen, Diss. Gôttingen, 1913.
ter un sens analogue à que dans la locution que je soie Lanc. 799 (cf. Tobler, ib., p. 102) et aussi dans les phrases suivantes: Th. 7819 Cent mars d'argent vaut, que ne mente,
cf. ib. 1073, Tr. 7761 Jusqu'à dous anz, que jo n'i faille, Porreiz o eus trover bataille,
En. 8252 Qu'ele en conoisse vérité, El m'ocirra.
Cf. encore Tr. 854, Bér. 2690. Je n'ai pas trouvé d'exemple de cette espèce de locution avant Thebes.^
Quan' prend quelquefois un sens conditionnel: Pir. 186, Gd'A. 551, cf. Klapperich, p. 34; il en est de même de h ou Lanc. 4546, cf. Klapperich, p. 35.
Quant aux conjonctions composées, nous dirons d'abord un mot de fors tant que et fors que (— sinon que). Ces deux conjonctions ne se rencontrent ni dans les chansons de geste ni dans Thèbes. On trouve fors tant que à partir d'Eneas (1321, 1789, 2118, 4879, Tr. 20053, Marie G. 787, Yon. 243, Lst. 47, El. 413, 440, 505 —cf. encore El. 461, 971 —, Erec 5862, Cl. 1604, Yv. 1920; cf. Lanc. 2784); fors que à partir de Troie (5074, 5321, 16948, Bér. m, Thom. 224, Er. 380, Phil. 249, 940, 1306, 1355, Cl. 6037, Yv. 68, Perc.) Vo3^ez encore Er. 377, 3257. Cf. Helmer, ouvr. c, p. 91 s.
Mais que et ne mais que ayant le sens de « excepté que » se trouvent dans Cor L. (1159), dans Thèbes (2149, 2559), Thomas (239, 741), Chrétien (Erec 1562, Cl. 3294, 5184, Gd'A. 524) et très souvent dans Gautier. Dans ce dernier, mais que a souvent le sens d'un simple « mais ». Cf. Klapperich, p. 38 s.
Ne mais que prend aussi le sens de « pourvu que ». Il y en a des exemples déjà dans Pèl. (quatre fois). Cette conjonction est assez fréquente dans Gaz///er et Chrétien. Elle manque dans Th., Bér., Thom., Marie.
Por que et por ço que (=pourvu que), deux conjonctions que, chose curieuse, M. Ritchie ne mentionne pas, ne se trouvent ni dans les premières chansons de geste, ni dans Th., ni dans En.,
^) D'autre part, que est iudubitablenient relatif daiis la locution que je sache, etc., cf. Tobler, ib., p. 98, 100.
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mais bien dans Tr., Bér., etc. Chrétien les emploie sporadiquement; dans Gautier, por que est extrêmement fréquent.^
Il y a encore por tank que, qui se trouve pour la première fois dans Gautier (Er. 2127, I. 2283, 4302; cf. Klapperich, p. 41), et par tant com, qui ne se rencontre que dans Ille (4529, 6203); le même roman présente par ce que (1097). Signalons aussi 0 ço que (—dans le cas où) Th. 8691, Tr. 24743, et de tant — que (=en tant que) Marie G. 57 s.
Pour com se et que se, voyez Klapperich, p. 25 ss. - En parlant des conjonctions causales nous avons eu lieu de mentionner se por ce non que. Voyez ce qu'en dit Tobler, V. B., III, p. 75, et Kiene, p. 93 s.