Propositions-sujets
En voici un exemple tiré d'Eneas:
325 Ce m'est avis, ja ne savra A negun jor que bien sera.
Il paraît que, même dans les chansons de geste, ces propositions sont en général en relation subordonnée avec la proposition «principale». Voyez p. ex. Riecke, p. 32 ss., qui trouve dans Roland tout au plus deux cas de parataxe contre une vingtaine de cas d'hypotaxe. De même, nous trouvons dans CorL. huit fois la phrase est dreiz, toujours suivie de que. Thèbes ne présente guère d'exemple de juxtaposition — nous parlerons à part de quelques expressions spéciales — ; dans Eneas on ne trouve, contre plus de soixante cas d'hypotaxe, que six cas de parataxe (la plupart de ceux-ci après est vis, voyez ci-dessus); dans les huit mille premiers vers de Troie, huit cas de parataxe contre quarante cas d'hypotaxe; dans Béroul à peu près la même proportion; dans Thomas cette parataxe ne se trouve qu'après est vis (quatre fois). Dans les romans de Gautier et de Chrétien, de même que dans Philomena, il y a juxtaposition tout au plus une ou deux fois contre cinquante à quatre-vingt-dix cas d'hypotaxe.^
Nous traiterons à part quelques locutions. Après l'expression
^) Eracle 382 s., Phil. 750, Cl. 1412, G. d'A. 862, Yv. 5234 (dans les trois derniers passages après est {a) vis).
a pou, « que » est souvent omis: ainsi dans CorL. trois fois sur sept; il en est de même pour nos romans, p. ex. dans Thomas trois fois sur quatre, dans Ille deux fois sur huit, etc. D'autre part, dans Chrétien, l'omission de que est moins fréquente que son emploi.^ — La locution puetlceïl estre devient peu à peu un véritable adverbe et perd ainsi le que qui devrait le suivre, p. ex.
Er. 5064 Puet estre uns péchiez les déçoit.
Cf. Cl. 2325, 3307.2