Rapport temporel
Il y a quelques locutions verbales composées du verbe avoir et d'une expression de temps qui prennent facilement le caractère d'adverbes, de sorte qu'elles amènent souvent la construction en parataxe. C'est le cas pour [granf] pieç'a et moût a.'^ A notre époque on trouve souvent pieç'a placé après ou à l'intérieur d'une phrase — voyez p. ex. Tr. 4325, Erec 43, Marie Chievr. 211, etc., etc. — mais quand cette locution introduit une période, elle est généralement suivie du que temporel, p. ex. En. 1526, Phil. 249, 378, Erec 2678.* Il n'y a qu'un exemple d'omission de que: c'est dans Cligés:
2322 Moût a grant pièce, se j'osasse. L'eusse je reconeii.^
^) Iv' interprétât ion donnée par M. Ritchie, p. 153, à un passage d'Ille (26) est bien douteuse: à notre avis, il s'agit là plutôt de coordination asyndétique. *) Cf.] Rosenbauer, p. 13, Dubislav, p. 10.
') Sur pieç'a, voir Tobler, V. B., II, 1, Lindberg, o. c, p. q? s. *) Cf. Tr. 19103 II ert amuïz: pièce aveit Qu'il n'oëit mais ne n'entendeit. *) M. Ritchie en donne des exemples d'une date plus récente.
D'autre part, il y a dans Thèbes une construction en parataxe analogue:
3743 N'a oncore pas quatre meis, Mien escient, non mie treis,
Greu nos tramistrent un message, où le caractère verbal de la locution est incontestable. Cf. I. 6112.
Pour quelques autres cas de parataxe temporelle, voir Meyer- Liibke, § 541, Dubislav, p. 9.^