Rapport comparatif
M.Ritchie dit, p. 156, que l'omission du que comparatif est rare. En effet, les textes antérieurs à nos romans n'en présentent pas d'exemple. Il est curieux de constater que, d'autre part, il y en a des exemples — peu nombreux, il est vrai — dans les romans, p. ex. Tr. 17741 Mais jo dot l'un plus ne faz l'ai,
Phil. 360 Plus ai vescu ne fist Jacob.
Cf. I. 750, Cl. 318, 2750, Perc. 14.
[8. — Rapport conditionnel
Sur la juxtaposition de propositions ayant entre elles des rapports de condition, voyez Meyer-I^ûbke, § 543, Dubislav, p. 12, Rosenbauer, p. 13, et l'ouvrage de Klapperich, p. 47.2 II paraît que, dans nos romans, cette parataxe n'est pas très fréquente, excepté avec une locution figée. C'est la phrase ne fust (la troisième personne du singulier, rarement une autre personne du même temps), p. ex.
^) Il faut interpréter un peu autrement les passages cités par M. Dubislav, p. ex. Yv. 83 Par ma foi, sire, non feïmes, Mes por ce que nos ne veïmes Ma dame, einz fustes vos levez; ce passage à^Yvain: 665 Qu'il iroit veoir la fontainne, Ja einz ne passeroit quinzaine, Et la tanpeste et la mervoille; la proposition contenant le eim doit être regardée comme une parenthèse. Il en est de même de ce passage de Troie, et, à en juger par la ponctuation, M. Constans paraît être du même avis: 6073 Après, ne tarda pas grantment, Josterent Greu un parlement.
*) J. Klapperich, Historische Entvvicklung der syntaktischen Verhâltnisse der Bedingungssatze im Altfranzôsischen, Franzôsische Studien, III, 4, Heilbronn,
l6 GUNNAR BIIvIvER
Th. 1686 Mout volentiers s'en tornissant,
Ne fust Gualeran de Sipont, Bn. 4383 Ne fust por seul les armes faire, En pièce nel prisast el guaire.
Cf. encore En. 5436 — petit en fait, Que cil de fors n'i sont entré.
Ne fust* que cuer lor a doné Ascanius, ki s'escria: A part cette phrase et les cas où une principale exprimant la condition nécessaire pour la réalisation ou la non-réalisation du contenu d'une autre proposition, revêt la forme d'un souhait ou d'une exhortation — avec le verbe à l'impératif ou au subjonctif^ — , nous ne trouvons guère de « parataxe conditionnelle ».