MAR LIN ET
ETIOLOGIE ET PATHOGENIE
Des notions embryologiques que nous venons de rappeler, un fait essentiel doit retenir notre attention c'est l’imperforation de lPextrémité inférieure du canal lacrymo-nasal, à la naissance, qui constitue le facteur de la dacrycocystite congénitale proprement dite. |
Elle se distingue, par cette origine très spéciale, des autres variétés de dacryocystite survenant chez les jeunes enfants. Chez ces derniers, en effet, le rachitisme, la tuberculose et surtout l’hérédo-syphilis peuvent détermi-. ner diverses altérations canaliculaires que nous n’aurons pas en vue au cours de cet exposé.
Comme nous l'avons précédemment dit, dans les derniers mois de la vie fœtale, le canal lacrymo-nasal se termine en cul-de-sac à sa partie inférieure. Il se trouve séparé du méat inférieur des fosses nasales par un diaphragme muqueux qui normalement se perfore quelques semaines ou quelques jours avant la fin de la gestation.
Dans des circonstances relativement rares, l’imperfo-
ration persiste même après la naissance: Le contenu des voies lacrymales, formé des cellules épithéliales dégénérées de la muqueuse, stagne et bientôt, entrainés par les larmes, les microorganismes pathogènes qui abondent au niveau de la conjonctive vont pénétrer dans cet excellent
HET TRe
milieu de culture ; il se produit une infection secondaire à la rétention. |
Dans un remarquable travail de laboratoire, Rochon- Duvigneaud, en 1899, nous a montré qu’il existait en même temps une dilatation des voies lacrymales. Examinant des fœtus et des nouveau-nés, il a vu la terminaison du canal nasal sous la forme d’une saillie lenticulaire marquée en son centre d’une tâche blanchâtre. C’est eu ce point que se perfore le canal nasal par le mécanisme de l’abcès qui crève. Mais parfois la petite saillie lenticulaire est remplacée par une vésicule qui soulève le cornet et le refoule en dedans ou bien, se développant vers le bas, dépasse son bord inférieur pour atteindre presque le plancher des fosses nasales. I attribue cett: anomalie à une résistance particulière de la coïffe muqueuse qni obture le canal nasal. Dans ces circonstances la datation ne porterait pas uniquement sur le fond dépressible des voies lacrymales, mais pourrait s'étendre au sac lacrymal et au canal osseux lui-même. Qu’à cette distension mécanique vienne s’ajouter, après la naissance, une infection et la dacryocystite sera constituée, . :
De même Villard, dans son rapport à la Société Française d’Ophtalmologie èn 1921, reconnait schématiquement deux phases au cours de l’affection : une première phase de rétention avec dilatation du sac et une seconde phase d’infection avec dacryocystite inflammatoire. | Cette dilatation des voies lacrymales du nouveau-né ne serait pas ‘excessivement rare, Rochon-Duvigneaud la signale trois fois sur une trentaine de cas, et Stanculeanu a trouvé quatre fois une dacryocystite congénitale chez
le fœtus au septième mois, |
SNL EE