‹ Remarques sur le traitement de la Dacryocystite congénitaleChapitre 8 sur 14 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

De connaissance relativement récente, la dacryocystite congénitale parait avoir été ignorée des anciens auteurs qui ne la mentionnent pas dans les ouvrages classiques.

. Cette méconnaissance pourrait s’éxpliquer par l’évolution, le plus souvent, à bas bruit de l'affection qui, n° se révèle que par des symptômes très discrets qu’il faudra rechercher systématiquement et ‘attentivement.

Elle est cependänt relativement fréquente, Stephenson

aurait rencontré 27 obstructions congénitales des voies. lacrymales sur 1.538 affections oculaires. Villard insiste sur sa fréquence, cependant il a peine à croire à la statistique de cet auteur. Milenkovitch cite une série de 2.500 malades chez lesquels il aurait relevé 24 cas de dacryo- cystite congénitale avec symptômes manifestes. De Saint- - Martin aurait rencontré 30 cas sur 3.450 malades ce qui correspond à un rapport de 1 % environ.

; L'affection débute habituellement peu de jours après - la naissance, C’est généralement vers le neuvième ou le dixième jour que les premiers symptômes font leur apparition. Mais le début peut être plus précoce : dès le len- demain de la naissance peuvent apparaître des troubles du côté des voies lacrymales. Exceptionnellement l'enfant

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—. 26 — < vient au monde porteur d’une pseudo-tumeur lacrymalc ou d’une fistule. ; :

Les symptômes sont généralement fort discrets, L’entourage de l’enfant constate seulement qu’un œil est légerement larmoyant et n’y prête qu’une-’attention distraite. Ce larmoiement peut d’ailleurs passer inaperçu et mettre quelques temps à se développer, En effet les gland:s lacrymales ne secrètent pas de larmes dès les premiers jours ou ne secrètent qu’en très petite quantité. Ainsi l'attention n’est pas attirée +t l’affection reste latente, elle peut même disparaître spontanément à ce stade sans avoir donné d’autre manifestation clinique qu'un léger larmoiement.

Cette affection en impose fréquemment pour une Conjonctivite, En 1905, Péchin attira, le premier, l'attention sur cette forme atténuée de dacryocystite qu’il dénomma : pseudo-conjonctivite des nouveau-nés d’origine lacrymale. Quelques jours après 14 naissance la fente palpébrale laisse échapper une sécrétion muco-purulente qui colle les paupières au réveil. Mais les conjonctives, tarsienne et bulbaire, légèrement hyperhémiées ne présentent pas l’infiltration inflammatoire. que l’on observe dans toute conjonctivite. De plus l'affection est généralement unilatéralz. L’inefficacité du traitement habituel des conjonetivites devra attirer l’attention du côté des voies lacrvmales. Le diagnostic de dacryocystite sera confirmé, alors, par une pression digitale sur la région pré-lacrymale qui fera sourdre au niveau des cañalicules une petite quantité de pus ou de muco-pus.

| J1 peut «exister au niveau de la région lacrymale une tuméfaction assez importante visible à la simple inspec- {ion et perceptible à la palpation. Cette pseudo-tumeur

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lacrymale ne s’accompagne pas de signes inflammatoires, mais, si l’on exercé une pression à son niveau, on provoque par les points lacrymaux un flot de liquide muco- \ purulent.

A ces formes chroniques peut se greffier, à un moment quelconque de leur évolution, une poussée et nous aurons ainsi réalisé une dacryocystite aigüe. Celle-ci: peut apparaître très précocement et se réduire à un gonflement douloureux de la région du sac avec rougeur de l’angle interne de l'œil, La résolution peut encore 5e faire à cette période par la levée spontanée de l’obstacle. Mais les phénomènes inflammatoires peuvent être beaucoup plus importants. La rougeur et l’œdème peu- - vent s'étendre, la pression sur le sac devient très doulou- reuse et fait sortir un peu de pus par le point lacrymal. Ces symptomes peuvent s’atténuer, mais, si l’obstacle n’est pas levé par cathétérisme, de nouvelles poussées inflammatoires sé, produisent qui entraînent de graves lésions cicatricielles des voies lacrymales.

Plus rarement la dacryocystite s’accompagne de phleg- * mon du sac. Il se forme à l’angle interne de l’œil une collection purulente avec phénomènes inflammatoires de péricystite. Le pus tend à se faire jour spontanément à. la peau s’il n’est pas drainé chirurgiealement. Plusieurs poussées de péricystite phlegmoneuse non traitées et s’éva- : cuant spontanément à l'extérieur peuvent déterminer la persistance d’une fistule lacrymale.

& Exceptionnellement la suppuration peut envahir la , paroi du sac et se faire jour à ‘la peau pendant la vie ! intra-utérine. Cette variété de fistule congénitale, qui s’accompagne de suppuration du sac, est consécutive à une dacryocystite qui a pu se développer pendant la ges-

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tation par suite de la pénétration de micro-organismes, -

dans le liquide amniotique, à travers les membranes. Elle diffère complètement d’une autre catégorie de fistules congénitales consécutives à une anomalie de ‘développement : canalicule surnuméraire ou persistance d’une travée’ épithéliale, reliant-la lame lacrymo-nasale à l’épithé-

lium externe, qui secondairement se transforme en canal.

Dans ces cas il n’y a pas trace d’inflammation et les voies lacrymales sont généralement perméables, | Enfin, on peut rencontrer, éhez les enfants et les” adolescents des atrésies lacrymales ou dacryocystites d’origine congénitale : soit que, laffection ayant évolué sans complication, les parents aient négligé de faire soigner leur enfant, soit que, le diagnostic ayant été porté tardivement, la thérapeutique habituelle se soit montrée inefficace., AR en dos ckÀ F Peu à peu. en effet, l’oblitération congénitale du début prend, par suite de la suppuration persistante, un carac- ‘tère inflammatoire et cicatriciel. Si ‘spontanément ou par intervention, lobstacle n’est pas levé, il arrive bientôt,

sans qu’il y paraisse cliniquement, qu’à la dacryoeystite

congénitale se substitue un rétrécissement lacrymo-nasal qui en transforme le caractère au ‘point que la ‘thérapeutique ne peurra être la même.

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