‹ Remarques sur un ouvrage intitulé: Antiquités grecques du Bosphore-CimmérienChapitre 10 sur 37 · LXI · texte numérisé non relu

LXI

Si l'auteur des antiquités du Bosphore a eu le malheur de corriger des passages d'anciens auteurs qui l'avoient été long-tems auparavant et de la même manière : voyons sil a plus de succès , lorsque le hazard lui fournit des textes que personne n’avoit osé toucher avant lui. En voici un exemple. Continuant son discours, M. Raoul-Rochette dit, p. 86-87 : „enlia j’iacliueroia à croire que dans ce passage

de Scylax (p. 31. Iluds.) : fit ri ik £p tyùv h.uivot, K epxérm t9vo(, xxl rihç 'EkXifxli Tapixi;, ce dernier mot Topixé< cache le nom des Torètes, qui occupoiept le territoire même indiqué ici par Scylax. Il seroit en effet singulier que le nom des Torètes, tribu nombreuse et puissante, se trouvât omis dans la description de Scylax, qui n^onblie aucnne des peuplades voisines ou contiguës. La ville grecque désignée en cet endroit me paroit être celle que Pline dans une situation absolument semblable, appelle Hieron, et je propose de lire, par un changement très-léger: a*' 1 ri Kit EUj;v/'; xxl Toptrxi.“

Si jamais la correction d'un passage d'un ancien autenr a été, je ne dis pas superflue , mais déplacée et non admissible, c'est celle par laquelle M. Raoul-Rochette veut changer le texte cité de Scylax. Le changement du mot To ptxèi en celui de Toptrxi ne peut pas avoir lieu, puisque T opixot indique la ville des Torètes , et on peut présumer que si M. RR. avoit pensé à cette signiGcation, il nauroit pas trouvé à propos d’effacer Toricus pour substituer & ce mot le nom des Torètes. Mais l'auteur n’a cité le passagede Scylax que d’une manière très-imparfaite j il a omis, après T opixo:, ces mots, xxl Xip^v, qui anéantissent entièrement sa prétendue correction. Cependant pour en prouver la justesse et même la nécessité , il dit que Scylax ,,qui n’oublie aucune des peuplades voisines ou contiguës , ue pouvoit pas omettre les Torètes, tribu nombreuse et puissante a . Pour se convaincre de la fausseté de cette assertion, on n'a qu’à examiner les notions que ce géographe nous donne à la même p. 3 t. sur les Maeotes , depuis la ville de Tanais jusqu’à Plianagorie j non seulement il n’etl nomme pas une seule tribu, mais il passe sous silence, et dans cet endroit et dans la suite, des peuples et plusieurs villes grecques qu’il auroit mentionnés , si son but avoit pu être d’écrire un ouvrage complet sur cette contrée.

Au reste, la ville grecque et le port de Tericus se trouvoient dans le territoire des Torètes, et c’étoit justement à cause du port que les Crées s’étoient établi» dans cette ville des Torètes. Par la même raison, de»

Grecs Soient venus s'établir au port des Sindes (Anonym. Per. P. E. p. 3. Huds).

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