‹ Remarques sur un ouvrage intitulé: Antiquités grecques du Bosphore-CimmérienChapitre 26 sur 37 · CXX · texte numérisé non relu

CXX

Abandonnant ses recherches numismatiques , l’auteur des Antiquités cimmériennes passe à quelques inscriptions grecques qu’il s'efforce d’expliquer. La première qui fixe

son attention est un décret des Olbiopolites en faveur de Théoclèst il en donne le texte d’abord en petits caractères t et ensuite & la fin du volume , pl. XII. en grandes lettres ; et il consacre à son explication depuis la page i45

jusqu’à la page ao3. La copie communiquée à M. Raoul- Rochette a été prise sur celle que j’ai faite imprimer en l8i4 > mais le copiste y a écrit incorrectement plusieurs mots. Quant à l’interprétation de quelques passages, je ne puis adopter celle que M. RR. en a donnée. Cependant je n’entrerai pas ici dans une longue discussion sur ce sujet , parce qu'il se trouve traité avec tous les détails nécessaires dans un recueil qui ne tardera pas à être publié.

L’inscription en question se trouve au chateau de Stolnoyé appartenant à M. le Comte Kuchelev - Besborodko , amateur éclairé de l’antiquité. Celui qui a fait la copie dont s’est servi M. Raoul-Rochette a négligé de faire resaortir, comme dans l’original, une singularité très remarquable de ce monument. Les quatre premières lignes de cette inscription contiennent une notice particulière, et le décret ne commence qu’après cette notice. Sur la pierre, ce décret occupe le champ entier , et les quatre lignes sont gravées sur la frise en caractères plus grands , pour les faire distinguer du décrét gravé dessons. La première ligne de la notice préliminaire est écrite, comme le décret entier , sans que les mou soient séparés les uns des autres : mais les trois autres lignes offrant les noms des dix-huit villes qui , pour honorer le souvenir de Théoclès, avoient envoyé à Olbie des couronnes d’or , sont gravées autrement. Les noms de ces villes sont séparés les uns des autres, et on voit qu'ils ont été écriu ainsi, pour qu’on distinguât pins facilement les noms des villes donatrices des couronnes. Dans la copie répétée par M. RR. cette particularité n’a pas été observée; au contraire, les quatre lignes qui n’appartiennent pas an décret sont écrites en petiu caractères, et le décret en grandes lettres ; en outre, les mou ne sont pas espacés, comme il le falloit dans les trois lignes citées.

. Cest aussi faute d’une copie exacte , ou de renseignemena juatea que M. Raoul - Rochette croit, p. i5a , que dans cette inscription ou s’est servi des lettres C et € j tandis que l'on y voit C et E. Cette forme de lettres fait présumer qne ce monument a été gravé vers le tems de Tibère.

Je remarque que M. Raoul-Rochette a traduit le mot HPilA, qualification donnée dans cette inscription à Théoclès, par celai de Héros. Si M. RR. n’avoit pas supposé que ce titre avoit été attribué à Théoclès A cause de son courage et de sa valeur militaire , comme il resuite de ce que j’ai observé §• CXXXt. il n auroit pas été superflu pour ses lecteurs , d’observer que dans les anciennes inscriptions, comme dans celle-ci, ce mot n’a d'autre signification que celle de feu ou défunt qu’on met devant le nom d’une personne qui n’est plus.

Les quatre lignes , dont trois contiennent les noms de plusieurs villes donatrices, ayant été gravées sur l’original en grands caractères et avec beaucoup de soin, on ne peut pas supposer , quand même un mot paroitroit présenter quelque difficulté i un interprète , que le graveur de la pierre ait commis quelque erreur. Par cette raison j, n’approuve pas ce que M. Raoul-Rochette dit, J>. 1 54i55. p. i4ti. note t , sur le mot flANOI, nom d’une ville peu connue, et qu’il veut lire par cette raison, TIANOI, les habitons de Tius. Il est vrai qu'on trouve dans les anciennes inscriptions, et même dans la nôtre, des exemples que les lettres Tl ou 1T ont été quelquefois changées en n. Mais si cette faute a été commise quelquefois, on n’est pas fondé à la supposer par-tout , et dans des mots qui admettent une explication plausible et naturelle. D ailleurs le soupçon d’une erreur semblable ne seroit dans aucun autre passage d’un ancien monument plus déplacé qne dans le texte de ces quatre lignes qui, devant perpétuer la libéralité des villes avec lesquelles Olbie se trou-

lao *—

volt en relation* commerciales, ont dii être gravées, comme elles le soDt en effet , avec un soin tout particulier. La ville de Panélus, citée par M. RH. p. i54- n'a rien & faire avec les Pani de ce monument. Les IlANOl sont les habilans de Panium, ville baignée par les eaux de la Propontide, dont j’ai parlé plus au long dans un mémoire récemment publié en langue allemande.

Dans l’énumération des autres villes nommées dans notre monument , il n’est pas probable qu’on ait désigné sous le nom de MEIAHTOE une petite ville voisine de C Y zi o u e , comme le croit M. Raoul-Rochette, p. l56, et je suis persuadé qu’il s’agit ici de la ville de Milétus en Ionie , métropole d’Olbie. Les anciens géographes nomment quelquefois des villes qui sont restées toujours dans l'obscurité, ou dont l’existence a été de très courte durée. Etienne de Byzance nomme, par exemple, neuf villes qui ont porté le nom d’Olbie et dont, en exceptant celle qui est située au bord de l’Hypanis, à peine deux se trouvent mentionnées dans les auteurs de l’antiquité.

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