IO
armes , arrangées comme elles le sont sur le revers de cette médaille, ne peuvent être prises pour des trophées.
Les types qui occupent les deux côtés de la médaille de Cotys , et que nous trouvons sur plusieurs autres médailles des rois du Bosphore, tantôt sur l’avers, tantôt sur le revers, tantôt sur les deux côtés de la médaille, n'appartieunent nullement à des trophées : ce sont toujours les marques d’honneur et de distinction, que le sénat romain, ou les empereurs, avoient envoyées à des rois qui avoient mérité leur faveur. Dans les présens dont le sénat romain avoit honoré Masrinissa son allié, nous trouvons tous les objets que porte notre médaille de Cotys. Ce roi avoit reçu une couronne d’or , une bague à cachet en or , la chaise curule en ivoire , un cheval avec les ornemens en or, un vêtement de dessous de pourpre, la toge romaine brodée, une armure complète ( Appian. Pun. VIII. 3a): ÏAxtraxvxvaij éî Putfixïoi xuu,uxx‘xt vA) Oxvé-j rs
are ’ xx ‘ vÇf'Xyîïx Xf- J7 >i v > êîr euirov, xa il il.eÇxvTivov iU
(fpcv, xxl toptyvpav, xx! ioXfj Puiiixïxîjv , xxl ïïrrov xp’JuotpxXxpov, xxl ttxvottX.xv. 11 est vrai qu’Appien ne fait ici aucune mention du béton ou sceptre qui est sur la monnoie de Cotys ; mais de l’autre côté , son énumération renferme trois objets, un anneau à cachet en or, un habit de pourpre et la toge romaine , étrangers à la médaille. 11 est presque sûr que dans le passage d’Appien le sceptre ou bâton d’ivoire n’y manque que par une omission, parce que c’étoit, ensemble avec la chaise curule, une marque des premières magistratures chez les Romains , et une des principales pièces qui entroient dans ces présens. Aussi Tite- Live (XXX. i5), racontant les mêmes honneurs accordés à Massinissa , y comprend le bâton d’ivoire: Massinissam eximiis ornatum laudibus , aurea coruna , aurea paiera , sella curuli et scipione eburneo , taga picta et palmata tunica douât. Au roi Syphax le sénat romain avoit envoyé les présens suivans : une toge et une tunique de pourpre, la chaise curule, une patère en or de cinq livres. D’autres rois d’Afrique avoient reçu, dans le même tems, des toges ornées de pourpre, et des patères en or de trois
livres chacune (Liv. XXVI 1 . 4 ). Des ambassadeurs avoient été chargés de porter au roi Ptolémée à Alexandrie , la chaise curule, la toge et la tunique de pourpre (Liv. 1. c). Dans les extraits de Diodore faits par Constantin Porphyrogénète (Ecl. de Leg. LXWl u 4 .) nous lisons que le sénat romain avoit envoyé à Ariarathe , roi de Cappadoce , les présens regardés chez eux comme les plus grands et les plus distingués : tie'.'i sa tÙj rrxp xuroTi vou.i<^tpÀv<av àtopuiy. Polybe (Exc. de Leg. XXXI.) parlant de ces mêmes présens donnés à Ariarathe, se contente de nommer la chaise curule d’ivoire et le béton , rav euirlxyx xxl riv iketyxvTtvov iiÿpov , et ne fait pas mention des autres pièces que le roi avoit certainement reçues. Ce genre d’omission de la part des historiens est confirmé par un autre fait rapporté dans les mêmes extraits de Diodore que j’ai cités (Ecl L. XXX. 16), lorsqu’il est question des préseus que le sénat avoit faits au roi Etiméncs. Cet auteur ne nomme que la chaise curule : 7 uuyxkijro; riv EtWv? ikétyxvTt'Jtp rifi‘ ; r7~ Sîippai , } txi T>]i etXXrji xrafo xqt xgtjjjxrx tyikofpovwç : mais Tite-Live (XL 1 I. i 4 .) s’explique avec plus de détails et nomme expressément la chaise curule et le bâton d’ivoire : ovines ei honores liahiti , donar/nc quant amplissima data , cum sella curuli atque eburneo scipione. Pendant le règne de Tibère, Ptolémée roi de Maurétanie, eût l’honneur de recevoir des mains d'un sénateur, envoyé exprès pour cela, le bâton d’ivoire et la toge brodée. On ne peut douter que Ptolémée reçut en même tems les autres présens d'usage , quoique Tacite (Annal. IV. 26.) n’en fasse point mention. Car les médailles de ce même roi mettent en évidence qu’il avoit été honoré aussi de la chaise curule. Tous ces faits prouvent que si nous voyons représentés sur les médailles des rois du Bosphore la chaise curule et le bâton d’ivoire, on doit toujours supposer que le prince les a reçus ensemble avec les autres présens d’usage.
Les anciens n'ont pas connu les sceptres tels qu'ils sont dans les tems modernes; chez eux le sceptre étoit un bâton beaucoup plus long que ne Test chez nous cette
na
marque de la royauté. Les sceptres que nous voyons sur les monumeus <le l’antiquité dans les mains des dieux étoient quelquefois surmontés d'un aigle j le hàton d’ivoire, marque d’Iionneur des consuls et des triomphateurs (Juv. Sat. X. 43.) chez les Romains, étoit à peu près de la proportion de nos cannes, et orné de même d'un aigle. Mais sous les empereurs romains on lui avoit substitué un buste, comme le prouvent les médailles des rois du Bosphore, et ce buste étoit probablement celui de l’empereur régnant.
C'est par erreur que M. Raoul-Rochette, p. 128. nomme une épée dans le fourreau ce bâton d’ivoire, très clairement visible sur la médaille de Cotys. Le même objet a été très -mal rendu dans la gravure d’une médaille de T. J. Saurornatès, p. i33. pl. IL m. 5. Sur le revers de la médaille de Cotys I , que M. RR. attribue au prétendu frère de Rhescuporis I, la tête barbue, que l’ancien graveur a très -bien caractérisée pour indiquer un barbare, est celle de l'esclave conducteur du cheval.
Ces présens et ces marques d’honneur, que les Romains ont imités des Tyrrhéniens, étoient les symboles du premier pouvoir dans l'état et de la royauté ( Dion. Hal. A. R. III. 6i). Lorsque Tarquin eut soumis les villes des Tyrrhéniens, elles lui firent présent d’une couronne d’or, d’une chaise en ivoire , d’un bâton surmonté d’un aigle , d’une tunique de pourpre brodée en or, et d’un vêtement de dessus brodé , à l'instar de ceux des rois des Lydiens et des Perses, avec la seule différence qu’il étoit de forme sémicirculaire , tandis que les rois que je viens de nommer le poètoient quarré. Le sénat romain, pour donner une marque de sa faveur à Porséna, lui envoya la chaise d’ivoire et le bâton , la couronne d’or et nn vêtement semblable à celui dont étoit paré le triomphateur (Dion. Hal. V. 35). Denys d’Halicarnasse observe (III. 61.) que les sceptres et les diadèmes dont les Romains faisoient présent à des rois qui possédoient déjà ces insignes de leur dignité , en indiquoient la confirmation.
H parolt que ces honneurs furent conférés principalement sous les rois et du tems de la république romaine.
Us Soient devenus moins usités sous Tibère. Tacite faisant mention de ceux qui furent accordés à Ptolémée , roi de Maurétanie, dit : repetitus ex vetusto mos, missusque e senatoribus , qui scipionem eburneum , togam pictam , antique patrum mune ra , daret.
Buonaroti croit (Medagl. p. iao. ) que les couronnes qui se trouvent quelquefois sur les médailles des empereurs et entr'autres sur une de Commode , indiquent des couronnes votives consacrées par des individus dans des temples en honneur de l'empereur. Celles qui se voient assez souvent sur le revers de la monnoie des rois du Bosphore, ressemblent à celles des médailles romaines et ont, là où les branches se terminent, une pierre précieuse, pour orner le front. J'ai parlé dans l'appendice de la signification que cet emblème peut avoir dans la monnoie du Bosphore.
Plusieurs médailles du Bosphore présentent sur leur avers , comme objet principal , la chaise curule placée entre le bâton d’ivoire, le bouclier et la lance. La chaise curule occupe le milieu du champ , apparemment puisqu’elle étoit parmi tous ces présens d'usage , celui qui avec raison étoit regardé au Bosphore comme le plus précieux. Tite-Live, faisant mention (XL1I. i4-) des présens dont le sénat romain avoit honoré Euménès , roi d’Asie , n'a nommé que la chaise curule et le bâton d’ivoire : ita omnes ei honores habiti donaque quant amplissima data , cum sella curuli atque eburneo sctpione. On doit trouver singulier , que sur deux médailles en bronze , dont l’une est de Sauromate III. l’autre de Cotys II. cette marque distinctive des premiers magistrats chez les Romains , soit représentée dans une très petite dimension , comme un accessoire, et mêlée parmi les autres présens d'une moindre valeur. Voici la description de ces deux médailles :
BACIAÇOÙC CATPOMATOT. Buste diadêmé de Sauromate 111. à droite.
Un bouclier, au milieu du champ j à gauche, une tête de cheval , une hache , et une petite chaise curule ; à droite, un trident, une tête casquée, et une épée; dessous , les lettres MH. AE. 8.
Au ci.bii.rt «le M le colonel <le Stcmplcuv>.ki.
BACIACÛOC KOTTOC. Buste diadémé de Cotys II. à droite.
Un bouclier avec une lance , au milieu du champ ; à gauche , une tête de cheval et une hache ; à droite , un casque, une épée et une très petite chaise curule ; dessous , les lettres MH. AE. 6.
Chez l'auteur.
On remarque encore une méprise dans l’assertion suivante, p. 141 : „la leçon constamment usitée au Bosphore est PrlCKOTnOi’LiOC, tandis que dans la Thrace, ce nom s’écrivoit PACKOTIIUPIAOC ou PAICKOTllOPIaiX;". On ne connoit qu’un seul roi de Thrace nommé Rhascuporis ou Rhaescuporis. M. Raoul -Rochette se seroit donc exprimé plus justement si, au lieu de dire „dans la Thrace ce nom s’écrivoit etc.“ il avoit dit : le nom d’un des
rois de la Thrace s’écrivoit etc. Si la Thrace avoit eu huit rois de ce nom, comme les a eu le Bosphore, nous trouverions aussi dans la Thrace le nom écrit Rhescuporis j nous l’y trouverions , de même que nous lisons sur plusieurs médailles des Rhescuporis V. et VII , le nom du- roi écrit Rhascuporis, et sur celles de Rhescuporis VIII, Rhiscuporis.
Voici encore une autre preuve de l’arbitraire que M, Raoul-Rochette a apporté dans ses recherches historiques. L’auteur nous dit, p. „on pourroit conjecturer
que, dans l’anarchie qui suivit la mort de Polémon I, et au défaut de souverains légitimes, quelque prince Thrace, usant de l’avantage que lui donnoient ces relations anciennes entre les deux peuples , obtint le royaume du Bosphore, après en avoir chassé les Aspurgitains, et commença une dynastie nouvelle, distinguée à-la-fois par l’a-
initié des Romains et par le surnom d’ACnOTPTOT, monument de cette victoire". Ce raisonnement est si hardi qu'il n'est composé que de faits qui ont pu arriver comme tant d'autres, mais qui probablement n’ont jamais eu lieu. Ce sont en neuf lignes sept hypothèses, ou, pour me servir d’une expression souvent employée par M. RR , un système d’hypothèses , du genre de celles qu'on trouve dans l’écrit de M. de Stempkovski , que M. RR. a joint à son livre. On pourroit lui demander :
i) quel auteur ancien a jamais dit ou insinué qu’il y eut anarchie après la mort de Polémon ? La médaille en or citée dans l’appendice, m. i.- portant la date GHS, l’an 199 de l’ère du Bosphore, l'an 3 de la notre , et les médailles suivantes , jusqu’à la m. 6 , ne prouvent-t-elles pas que le trône du Bosphore a été toujours occupé par des rois légitimes ?
а) d’où M. RR. sait-il, qu’au défaut de souverains légitimes quelque prince Thrace obtint le royaume du Bosphore ? Chaque peuplade des Sauromales et des Maeotes ayant son roi, les souverains légitimes pouvoient-ils manquer au Bosphore après la mort de Polémon ?
3) si Eumélus fils de Paerisade I. reçut des secours des Thraces, est-ce une preuve que les Thraces envahirent le Bosphore long-tems après ?
4) qui lui garantit que les Aspurgiains s’étoient mis en possession du Bosphore ?
5) comment l'auteur peut -il rendre probable qu’au Bosphore les Thraces chassèrent les Aspurgiains et commencèrent une dynastie nouvelle ?
б ) d’où sait- il que les Romains ont soutenu les Thraces contre les Aspurgiains ?
7 ) quel rapport y a-t-il entre la mort de Polémon I. et le nom d'Aspurgus qu’on lit sur la médaille d'un prince qui a régné long-tems après que Polémon n'existoit plus?
En terminant mes remarques sur l’origine de la nouvelle dynastie sauromate au Bosphore imaginée par M.
Raoul-Rochette , il ne sera pas superflu de jeter un coup d'oeil général sur l’ensemble de cette partie de son discours, et sur les résultats qu'il a su tirer, soit des inscriptions, soit des médailles et aussi des anciens historiens.
Rien ne prouve mieux le peu de solidité de ce que l'auteur a dit sur l'origine de cette dynastie, que la conséquence naturelle de son raisonnement qui, au lieu d’une seule hypothèse qu’il avoit promise sur cette origine , en présente trois à ses lecteurs, même sans les en avertir.
La première hypothèse n’est au fond que celle de Visconti , un peu modifiée et amplifiée. Elle n'en diffère qu’en ce qu’elle ne nomme pas Aspurgiains les prétendus fondateurs de la nouvelle dynastie sauromate. Visconti et M. Raoul - Rochette sont d’accord pour le tems où Tibèrius Julius Rhescuporis adopta le prénom de Tibérius. M. RR. nous dit, p. 121 : ,,que le prénom de Tibérius fait probablement allusion à l'entremise de Tibère, qui, vers l’époque où l’on peut supposer que se fit l’exaltation de Rhescuporis , se trouvoit en lllyrie , et par les mains duquel le nouveau souverain du Bosphore fit sa soumission à Auguste*'. Tibère ayant été récompensé pour ses expéditions par les honneurs du triomphe , l’an de Rome 765. qui correspond à l’an la. de notre ère , deux ans avant la mort d’Auguste , l’entremise de Tibère dans les affaires du Bosphore et l’exaltation de Rhescuporis , faits que supposent Visconti et M. RR. doivent avoir eu lieu l’an de Rome 762. ou la 9" année de notre ère. Une seule et même médaille a servi à Visconti et à M. RR. pour appuyer cette hypothèse. Visconti croyoit y voir Sauromate l’aspurgiain j M. RR. Cotys l’aspurgiain , et chacun prenoit son roi pour le fondateur de la nouvelle dynastie. M. RR. s’est servi en outre aussi d’une médaille décrite dans le catalogue de M. Gallera. L’entremise de Tibère dans les affaires du Bosphore et l’exaltation de Rhescuporis ont donc eu lieu , d’après M. RR. l’an de Rome 762 , 9 de notre ère j la nomination de Cotys
comme associé à l’empire a probablement été faite quelque tems après. En suivant avec attention l’exposé de M.
ii7 —
RB. on doit être étonné que , sans dire se» raisons , sans révoquer ses argomens pour établir, renforcer et accréditer son hypothèse, il passe brusquement
à une seconde supposition , en disant, p. i44* note t ; „ce n’est que d'après des monumens indubitables , que j'ai établi l'existence de Rhescuporis I. et de Cotys I. comme rois du Bosphore, à partir de l’an a de notre ère vulgaire". Ce n’est pas par une faute d’impression que l'on trouve indiqué dans ce passage l’an a de notre ère, puisque l'auteur ajoute, p. l 45 . dans une note : ,,les médailles que j’ai fait connoitre, et qui constatent l'existenCe d’un Cotys , roi du Bosphore de l'an a à l’an 17 de l'ère vulgaire etc." Si d’après la première hypothèse , l’exaltation de Rhescuporis et son avènement au trêne ont eu lieu , par la protection de Tibère dont Rhescuporis avoit adopté le nom , l’an 9 de l’ère vulgaire , comment ce même Rhescuporis et son frère et associé Cotys ont - ils pu être rois du Bosphore sans l’entremise de Tibère plusieurs années avant, l’an a de la même ère ? Si les deux médailles en or, dont parle M. RR. à l'endroit cité, ont opéré dans son esprit ce changement subit d’opinion , il est tombé dans une nouvelle erreur, comme je l’ai prouvé au §. CXII. et il auroit bien fait d’en informer ses lecteurs, de révoquer sa première hypothèse, et de reconstruire la nouvelle.
La troisième hypothèse, p. 1 43*1 43 . qui porte que les Thraces , après avoir chassé les Aspurgiains , se sont mis en possession du Bosphore, a été examinée au §. précédent, elle ne paroît tenir, ni à la première, ni à la seconde, et les amis de la vérité historique avoueront sans hésiter, que dans les triple opinions, hypothèses, conjectures , ou tout autre nom qu’on donnera & ces idées , aucune ne l'emporte sur les autres en probabilité, ni même en vraisemblance.
Abandonnant ses recherches numismatique» , l’anteur des Antiquités cimmériennes passe à quelques inscriptions grecques qu’il s'efforce d’expliquer. La première qui fixe
»on attention est un décret des Olbiopolites en faveur de Théoclès : il en donne le texte d’abord en petits caractères , et ensuite à la fin du volume , pl. XII. en grandes lettres; et il consacre à son explication depuis la page i45 jusqu’à la page ao3. La copie communiquée à M. Raoul- Rochette a été prise sur celle que j’ai faite imprimer en l8l4 , mais le copiste y a écrit incorrectement plusieurs mots. Quant à l’interprétation de quelques passages, je ne puis adopter celle que M. RR. en a donnée. Cependant je n’entrerai pas ici dans une longue discussion sur ce sujet , parce qrt'il se trouve traité avec tous les détails nécessaires dans un recueil qui ne tardera pas à être publié.
, exxii.
L’inscription en question se trouve au chateau de Stolnoyé appartenant à M. le Comte Kuchelev - Besborodko , amateur éclairé de l’antiquité. Celui qui a fait la copie dont s’est servi M. Raoul-Rochette a négligé de faire ressortir , comme dans l’original, une singularité très remarquable de ce monument. Les quatre premières lignes de cette inscription contiennent une notice particulière, et le décret ne commence qu’après cette notice. Sur la pierre, ce décret occupe le champ entier , et les quatre lignes sont gravées sur la frise en caractères plus grands , pour les faire distinguer du décrét gravé dessous. La première ligne de la notice préliminaire est écrite, comme le décret entier , sans que les mots soient séparés les uns des autres : mais les trois autres lignes offrant les noms des dix-huit villes qui, pour honorer le souvenir de Théoclès, avoient envoyé à Olbie des couronnes d’or , sont gravées autrement. Les noms de ces villes sont séparés les uns des autres, et on voit qu’ils ont été écrits ainsi, pour qu’on distinguât plus facilement les noms des villes donatrices des couronnes. Dans la copie répétée par M. RR. cette particularité n’a pas été observée; au contraire, les quatre lignes qui n’appartiennent pas au décret sont écrites en petits caractères, et le décret en grandes lettres; en outre, les mots ne sont pas espacés, comme il le falloit dans les trois lignes citées.
C’est aussi faute d’une copie exacte , ou de renseignemens justes que M. Raoul - Rochette croit, p. i5a , que dans cette inscription on s’est servi des lettres C et € j tandis que l'on y voit C et E. Cette forme de lettres fait présumer que ce monument a été gravé vers le tenu de Tibère.
Je remarque que M. Raoul-Rochette a traduit le mot HPJ2.A, qualification donnée dans cette inscription à Théoclés, par celui de Héros. Si M. RR. n'avoit pas supposé que ce titre avoit été attribué à Théoclès à cause de son courage et de sa valeur militaire , comme il resuite de ce que j’ai observé <j. CXXXt. il n’auroit pas été superflu pour ses lecteurs , d'observer que dans les anciennes inscriptions, comme dans celle-ci, ce mot n’a d'autre signification que celle de feu ou défunt qu’on met devant le nom d'une personne qui n’est plus.
Les quatre lignes , dont trois contiennent les noms dé plusieurs villes donatrices, ayant été gravées sur l’original en grands caractères et avec beaucoup de soin , on ne peut pas supposer , quand même un mot paroitroit présenter quelque difficulté à un interprète , que le graveur de la pierre ait commis quelque erreur. Par cette raison je n’approuve pas ce que M. Raoul-Rochette dit, p. l54* i55. p. t4<>. note i , sur le mot flANOI, nom d’une ville peu connue, et qu’il veut lire par cette raison, TIANOI, les habitant de Tins. Il est vrai qu'on trouve dans les anciennes inscriptions, et même dans la nôtre, des exemples que les lettres Tl ou 1T ont été quelquefois changées en II. Mais si cette faute a été commise quelquefois , ou n'est pas fondé à la supposer par-tout , et dans des mots qui admettent une explication plausible et naturelle. D’ailleurs le soupçon d’une erreur semblable ne seroit dans aucun autre passage d’un ancien monument plus déplacé que dans le texte de ces quatre lignes qui, devant perpétuer la libéralité des villes avec lesquelles Olbie se trou-
tao —
voit en relations commerciales, ont dd être gravées, comme elles le sont en effet , avec un soin tout particulier. La ville de Panélus, citée par M. RR. p. 1 54- n'a rien à faire avec les Parti de ce monument. Les Il.ANOl sont les habitans de Paniuin, ville baignée par les eaux de la Propontide, dont j’ai parlé plus au long dans un mémoire récemment publié en langue allemande.
Dans l’énumération des autres villes nommées dans notre monument , il n’est pas probable qu'on ait désigné sous le nom de MEIAHTOE une petite ville voisine de Cyzique, comme le croit M. Raoul-Rochette, p. i56, et je suis persuadé qu’il s’agit ici de la ville de Milétus en Ionie , métropole d'Olbie. Les anciens géographes nomment quelquefois des villes qui sont restées toujours dans l'obscurité, ou dont l’existence a été de très courte durée. Etienne de Byzance nomme, par exemple, neuf villes qui ont porté le nom d’Olbie et dont, en exceptant celle qui est située au bord de l'Hypanis, à peine deux se trouvent mentionuées dans les auteurs de l’antiquité.
M. Raoul- Rochette dit, p. i53 : „toutes les villes mentionnées dans ce décret étoient situées sur le Pont“. Mais il auroit dû en excepter, Milète, Byzance, Cytique, Panium, Apamée et Olbie même, qui ne peut pas plus être rapportée aux villes du Pont Euxin que la ville de Tenais.
Il étoit superflu de faire mention, p. 157 . dans les recherches sur les nPOTEEIE, de la ville de Prusa dont on ne peut chercher le nom sur ce monument. Quant i l’orthographe du mot cité , elle est juste , et le I que M. Raoul-Rochette y croit omis par le graveur , ne l’est pas, comme je l’ai observé dans le mémoire cité.
M. Raoul - Rochette est choqué, p. i58. de ce que la ville de Panticapaeum est nommée BOEflOPOE , Bosporus ,
dans c« décret. J'observe (pie, si jusqu'à présent on n'a trouvé ni médailles ni inscriptions sur lesquelles Panticapaeum se soit nommée Bosporus, et même s’il n’en existe pas, ce dernier nom n’est pas pour cela plus nouveau dans la géographie numismatique et lapidaire que tant d'autres qui sont conservés dans les anciens auteurs sans avoir paru sur les monumens. Au reste, si dans l'inscription de la reine Comosarye, ainsi que dans les médailles d’Asandre, le mot Bosporus indique la ville de Panticapaeum, opinion dont j'ai prouvé l’inadmissibilité, §. XL-XLUj ce nom ne peut pas être regardé par M. RR, comme nouveau dans la géographie lapidaire et numismatique. L’auteur ne s’exprime pas non plus avec précision et se trompe en disant , p. 160 : ,, qu’il est impossible de douter que ce nom de Bosporus n'ait prévalu à la longue sur celui de Panticapaeum''.
Démosthène est du nombre des auteurs qui ont parlé de cette ville de Bosporus , et ce passage n'a été ignoré par aucun de ceux qui ont traité l’histoire de cette contrée. Par cette raison , le lecteur du livre de M. Raoul- Rochette ne comprend pas comment il peut dire, p. 161, que ce passage de Démosthène est bien précieux , et qu’il a été cependant négligé par tous les critiques modernes. Seroit-il corrompu? Auroit-il besoin d’étre corrigé? — Mais M. RR. accoutumé de trouver des difficultés où il n'y en a pas, nous assure, d'un air emphatique : qu'il n'est pas possible de douter de l'existence de la ville de Bosporus mentionnée par notre inscription, quelque difficile qu’il soit d'expliquer le silence à cet égard des monumens géographiques (?) jusqu’à Etienne de Byzance" ! Mais on lui demandera : qui a pu jamais douter de l’existence de la ville de Bosporus? Pline n'en a-t-il pas parlé?
L’auteur croit, p. i63-i64, trouver une faute de copiste dans le nom des habitans d’Amasia , AMAEEIANOI , il y voit les habitans d'Amastris , AMAETP 1 ANOI. Mais la leçon dans le texte de l’inscription est juste, et j'ai indiqué dans mon mémoire cité, par quelles raisons ce mot, qui
ta»
paroit être anomale , a pu trouver une place dan» cette énumération.
J'ai dit que la copie transmise S M. Raoul - Rochette n'est pas sans erreurs. En voici des exemples : ligne a. du décret il faut placer dessus les lettres h 1 qui indiquent le quantième du mois , un trait horizontal. L. 8 . le dernier mot est écrit sur l'original HrvOAOT -JEEN j l’ri que le graveur avoit oublié , est gravé au dessus en petit caractère entre les deux lettres où il devoit être placé. L. ta. à la fin on doit écrire KAilJEPITHN, au lieu de XAI. L. ag, l'original porte correctement A<I*HPHC0AI. par conséquent le changemènt que veut y faire M. RR. p. i5o. note i. en substituant ou, est inutile. L. 36. on lit:
rTMNAEIIiOT j la copie de M. RR. a dans ces deux mots trois fautes. L. 19 . l'original porte EATTO, au lien de EAT1 ON , et 1. 4t : HIE f au lieu de EIE.
Le passage suivant , 1. 39-40 : EIE TO MA0EIN I1AN- TAE TON AN0P4II1ON nPOE ANAPEIAN MEN ETTOA- MON K AI EIPOE APETHN AE AOKNON *. r. X. es t traduit par M. RR. p. i5l : „afin que tout le monde apprenne à connoitre un homme d'un courage si éprouvé , et d'une vertu si constante". Je ne veux pas décider , si le génie de la langue françoise permet ou ne permet pas au traducteur, de se rapprocher davantage du style de l'original. Dans la traduction d'une inscription , il faut être litéral autant que possible.
A la fin du décret sont mentionnées les distinctions par lesquelles le sénat et le peuple olbien avoient résolu d’honorer la mémoire de Théoclès : une couronne d’or, l'exposition de son portrait, exécuté sur un bouclier, aux dépens du public , dans le gymnase qui avoit été construit par ses soins. L’original s’exprime ainsi , 1. 35-36: ANA- TE9HNAI ATTOT EIKONA ENOI1AON AHMOEIA EN TAI TTMNAEI41 : M. Raoul - Rochette a traduit, p. i5i : „que sa statue armée en guerre soit élevée aux frais
— ia3 —
du public dans le gymnase, etc." Ce n'est pas là le sens de l’original. L’expression : sa statue armée en guerre , un peu plus accommodée au langage du jour , ne seroit autre chose qu’une statue de Théoclés en uniforme militaire. Mais chez les Grecs et les Romains , les guerriers, de retour d'une campagne , ne portoient plus l'habit de guerre. La statue d’un magistrat civil, comme l’étoit Théoclès , n’a jamais pu le représenter sous les armes ; c'eut été une horrible carricature. Lorsque les états de la Grèce vouloient récompenser les exploits militaires d'un de leurs capitaines en lui élevant une statue , on le représentait toujours en costume de citoyen. M. RR. a probablement supposé que Théoclès nommé HPiîE dans la première ligne de cette inscription, ne pouvoit pas être mieux recompensé que par une statue armée en guerre. Mais j’ai déjà observé que le mot HPiïE ne doit pas être traduit par celui de héros. Dans ma dissertation sur ce monument déjà plusieurs fois citée, j'ai dit (Dorpt. Beitr, i8l5. S. 34a - 343) : j’espère que personne , en lisant dans ce décret l’expression rf'EIKdlN ENOnAOE, n’aura le malheur de penser qu’il est question ici d’une statue armée. Voilà cependant M. Raoul-Rochette qui tombe dans cette faute.
CXXXÏL
Le mot EIKHN est un terme général qui signifie statue, figure, et buste, en ronde bosse aussi bien qu’en basrelief et en peinture. Dans notre monument il ne peut pas être traduit par statue, et désigne simplement un portrait , et joint à ENOÜAOE il doit être traduit : portrait exécuté sur un bouclier. L'inscription ne dit pas, s’il étoit sculpté ou peint. Au reste , l’expression qui désigne le portrait de Théoclès, ainsi que celles que l'on trouve dans quelques autres inscriptions citées ci-dessous, ne se rencontrent que sur cette classe de monumens. De crainte que ce mémoire ne devienne trop volumineux, je ne citerai que quelques exemples pour appuyer l'explication que j’ai donnée.
Le «énat athénien décerna à Diodore fil» de Théophile, qui étoit Proxène des Athéniens et inspecteur du port à Mie de Délos, presque la même distinction que nous avons vu accordée par les Olbiens à Théoclès. Diodore reçut l'honneur que son portrait peint sur un bouclier seroit exposé dans sa chancellerie : ANA0Î 1NA1 EIKONA rPAIl- THN EN OIIAXI (Cors. Inscr. Alt. IX. v. 17. et a5. p. 37. Biagi Decr. Athen. Prol. p. ao )•
Pour récompenser Patron, fils de Dorothée, le synode des négocians et propriétaires de vaisseaux de Tyrus résidant à Délos , lui décréta , avec la permission du peuple athénien, plusieurs honneurs, et entre autres, Fexposition de son portrait peint dans l’enceinte du temple d Hercule qui étoit dans la même f/e : ANA0Ë1NA1 AË AT- TOT EIKONA rPAÜTHN EN Til TFMENFI TOT HPA- KAEOTE (Spon. Mise. X. 70. p. 343-344- — Biagi Decr. Ath. c. XXXI. p. 4*6-4a«).
Bâton, fils de Philon, avoit bien mérité de la communauté des athlètes dont il étoit le préposé , et en témoignage de reconnoissance, elle fit faire son portrait peint , TPAlirH TFTIMHK1 N EIKONI . dont on orna probablement le gymnase (Mafïei Mus. Ver. p. XLV. — Van Dale Diss. VIII. p. 5yo ).
Dans les deux derniers Pséphismes que je viens de citer , il est fait mention de portraits peints , sans parler de boucliers ou d'écussons. Mais dans le quatrième exemple qui suit , le bouclier est indiqué comme dans le premier. Cette inscription , qui est une des plus intéressantes de l’antiquité , contient un décret de la ville de Cymé dans l'Aeolide : elle le rendit en l’honneur de Lucius Vaccius Labéon, prytane ou premier magistrat de Cymé, pour le recompenser des services éminens qu’il lui avoit rendus , et elle ordonna que ses ef/igies, (parmi lesquelles se trouvoient sûrement aussi des statues) fussent exposées publiquement , et entre autres au gymnase un portrait peint sur un bouclier d’or , ou doré: ONTE0HN Aë ATTU K AI EIKONA2 TPAIITAN TE EN OILAil EN XPTE4L
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On lui avoit décerné en même tems plusieurs autres hon* neurs et distinctions (Cayl. Rec. To. II. pl. 57. v. 34 * 36 ).
Dans l’explication de ces mots , ElEHrHEAMENOT ANTI<MlNTOE , 1 . 3 j l'auteur des antiquités du Bosphore croit, p. 170 : ,,que ce verbe désigne une proposition de décret, sans doute en vertu d'un titre ou d’un office particulier, et qu’il répond au terme de Tpo/ 3 ov\ 6 veiv ,i . Mais les passages d’Aechine et de Diodore cités dans la note 6. ne prouvent rien pour constater l’existence de l’office dont parle M. RR. , et il n’est que trop sûr que cet office a été inconnu dans l'antiquité. Ce que l’auteur observe sur irpo- /Soû/sv-ia , p. 170- 173 , est connu, mais par rapport à son assertion que etiyyeTad'xi répond à -rpo.Smktiieiv , il n'a rien prouvé. Car beaucoup d’affaires présentées par quelqu'un qu’on pourroit nommer eiç^yyjrjji ; , n’avoient pas besoin du Trpo&ovkevfix , et le Trpofio'Asvetv avoit lieu la plus part du tems sans l'entremise d’un Je dois me borner à
ces observations , ne voulant pas que la critique soit plus longue que le livre à critiquer.
Au sujet d'un passage qui se trouve dans la même inscription , 1 . 16-17: ATTOE EAÏTON EKONTHN riAP- EXJ 1 N AOKNON EPrJ 2 N TE EEHMEAEIAIE KA 1 KA- TAEKETAIE ENEKOI 11 AEEN : M. Raoul-Rochette dit, p. i 83 -i 84 : ,, l’irrégularité de construction qui passe brusquement du participe nAPEXXLN, à l'aoriste ENEKOIUACEN : cette irrégularité”, dit-il, „qui ne constituoit pas toujours chez les Grecs un vice de langage, à en juger d’après les firéquens exemples qu'on en trouve chez les meilleurs écrivains , et sur les monumens les plus irréprochables , etc.” M. RR. ajoute dans une note, I : „nous en avons un exemple dans la belle inscription de Xénoclide, p. 26 de ces recherches”. Mais , je demande M. RR. comment on peut comparer une irrégularité dans la construction, avec une faute des plus grossières contre la grammaire , telle
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que celle que présente l’inscription de Xénoclide dans lea mots APX°N1°2 et BASIAhT !i N , dont il a été question au §. XV-XVIU. D'après ses remarques , M. RR. regarde cette dernière inscription, malgré la faute très-cboquante qu’il en a citée, comme un des monumens les plus irréprochables.
En citant une inscription du recueil de Fourmont , p. ig 5 . pl. XIV. n. a, les expressions TION '1 H(J [ÎOAE&C K Al 11 ATEPA BOrAHC , fils de la ville et père du sénat , engagent M. RR. à dire : que ce sont des titres assez étranges et qui ne se sont offerts, à sa connoissance, sur aucun monument antique. J’observe, qu’entre autres monumens qui portent de pareilles qualifications, une ancienne inscription nous présente le titre d’bonneur suivant : 0 TTATEPA THS MHI'POIIOAEÛS, fille de la métropole ; on la trouve dans la palaeographie de Montfaucon, p. 160.
Les deux inscriptions d'Olbie, p. 197-198. sont données d’après des copies incorrectes. On est de nouveau étonné de voir , dans la traduction de ces deux monumens faite par M. Raoul - Rochette , que les stratèges sont deux -fois nommés Généraux , tandis qu'ils ne l’ont jamais été à Olbie. Voyez §. V.
La copie d’une autre inscription de la même ville, p. 199-201. est aussi remplie de fautes grossières.
CXXXVU.
L'auteur publie, p. 208-217. une inscription dont l’original se trouve à l’ile de Salamis. J’en possède une copie qui n’a pas été très exactement faite , mais qui est pourtant en quelques endroits plus correcte que celle de M. Raoul -Rochette. J'en ai autrefois publié quelques extraits et j’en donnerai d'autres ici, si mes leçons sont plus justes que celles de la nouvelle copie imprimée.
Ma copie porte, 1 . 1. EN A 2 TEI EN 2 AAAMINI : la leçon de la copie de M. RR. SAAAMEilS est fausse ,
quoique l'éditeur dise : ,, qu’elle représente peut-être, dan» le nom de la ville , une façon de parler locale". La fin de la première ligne, AEANAPON. est obscure, et la 1. a. ne commence pas avec 02, mais avec METAFElTNl^iNOS Au lieu des mots corrigés dans la copie imprimée, MET EIKAAA, ma copie porte MET EIKAAA2 — La fin de cette ligne, KAAI, prouve qu’il faut lire, KAAAIMAXOT, et non pas AAMAXOT. L. 5. les lettres, EBOTOZEI, indiquoient clairement la vraie leçon qui est dans ma copie EdOT- ©T 1 H2 e, que M. 11R. rétablit fort mal en lui substituant ED01H2E.
Ce qui suit est très-incorrectement écrit dans la copie de M. Raoul -Rochette , et par cette raison il n’a pu le corriger que d’une manière très-impaffaite. Voici le texte plus juste des lignes 6-n. comme il se trouve dans ma copie :
AI1A2A2 TA2 KA0HKOT2A2 KAl TIÎEAE2ATO T0T2
AAEKtO
MEN0Ï2 riANTAE 2TNETEAE2EN AE KAI TA EPMAIA
KAl ÏIIE
AESATO I1ANTA2 ANAAJ2.2AZ E1X T ATT A OTK OAI-
TON npo««
AAI1ANH2E AE KAl I1P02 TO MEP120EN ATTil EIS
TO EAAION E *
TFIN IA1JIN ANE0HKEN AE KAI OnAAON TI2, KAI
ANEI'PA'FEN TOTS NEN1KHKOTA2 T0T2 AP0M0T2 OMOIFIS AE KAI
T0Ï2 TA KANJi
Jusque là ma copie est bonne j mais ensuite elle s'accorde presque partout avec celle que M. St. Martin avoit communiquée à M. RR. et elle est également vicieuse. J’observe que la ligne l4. qui dans la copie imprimée précède celle dont le commencement est HP2EN, manque dans la mienne. Puisque cette ligne »4 a beaucoup de ressemblance avec la ligne n, il ne seroit pas impossible que le copiste eut répété mal 5 propos la même ligne , et l’eut placée encore une fois avant la quinzième. Je
compterai ici la ligne qui commence par HP3EN , pour la quatorzième.
Dans les lignes i5 et 16, M. RR. a voulu rétablir OT0FN AEOMENOS KAI E1S : ma copie donne un sens plus juste: 1. i5 * 16 : OTAI N EAAEinilN. La fin de cette ligne est APi'TPlON. Dans la ligne suivante le pre* mier mot est, dans ma copie, OIKOAOMHEEN : J21KOAO- MHX)’ N est donc préférable à èxoafnjizv. A la fin de la même ligne il faut lire, en suivant ma copie, THS ATO- PAS. au lieu de THS STOAS. Au commencement de la 19. ligne, M. RR. corrige KA0 O AEAOT1STA1: mais le texte de ma copie, quoique incorrect:
Al iOAOrLISyAl THIBOK AHIKAITJ2IAHMJIIAEAI2KEAE donne un sens plus juste à ce passage. Au lieu d’eùâoj-eTv, mot que veut restituer M.RR.au commencement de la 1. ai. on doit adopter la leçon de ma copie , <MA0A03E1N. La même donne la 1. 3*. d’une manière plus correcte que le texte de M. RR: TOTTON A10NTSI12N T SLN EN SAAA- M1N1 'I PArüAOTS OTAN : de même la 1. 3g : EA EK TJ2N EIS TA KATA TA 'FHS’ISMATA ANAA1SKOME- NSLN. '■
Je n’ai plus qu’une remarque à faire. 11 est question, 1. 10. d’un objet que Théodotus doit avoir exécuté h ses frais, et consacré dans un lieu public. Ma copie vicieuse dans cet endroit porte KAlOflAAON , ce qu’on pourroit lire KAI POI1AAON. Mais il me paroit beaucoup plus probable que l’original porte : KAI OtlAON, et que Théodotus avoit consacré un bouclier , sur lequel il avoit écrit Ou gravé les noms des vainqueurs à la course.