Tête imberbe de Faune , à droite
Légende effacée. Épi tourné à droite. AR. 2I.
L'auteur des antiquités du Bosphore communique à ses lecteurs , p. 58 - 59 . une ancienne inscription. J’observe contre les assertions de M. RR :
X) que cette inscription n’est pas inédite ;
а) qu’elle n’a pas été tirée des ruines de Panticapaeum, ruines difficiles à retrouver maintenant, puisqu'elles n’existent plus depuis des siècles ;
3) qu’elle ne prouve par conséquent , rien pour la forme du gouvernement municipal à Panticapaeum.
4) qu'elle n'est pas si mutilée qu’on ne puisse essayer de la rétablir;
5) que le très -puissant sénat et le peuple très- sacré de Panticapaeum n’y sont pas nommés;
б) que la forme des lettres ne prouve pas qu’elle ait été faite dans un tems peu éloigné du siècle des Antonins.
J'ai publié cette inscription, dont il a déjà été question au §. IV. dans un mémoire imprimé à Munie. Elle porte un décret de la ville de Cherson , donné au moins 4°° ans plus tard que ne le croit M. RR. Les lettres n'ont pas la forme antique , mais elles tiennent beaucoup de l'écriture cursive en grandes lettres de notre tems. En voici une copie que j’ai prise quand le bloc quarré en marbre blanc, sur lequel elle est gravée, se trouvoit encore au milieu des décombres de l'ancienne Cherson :
ArA9HI TTXHI AH MOK PATHN APICTO rENOTCnPO€APON <rrp*r ? y 7 CAM€NON€NAOSCOC ,<t 7 y OPHCANTAAICAA p^xvrxrTjyfieyic THNAPXHNKAI nP€CB£TCANTAII pas TOTC ctvrottpuTopacvTrBp THCnATPIAOCKAlTCIM V Sevra TnOTHCnOACCOCAlAICOI zvayo P€TC€I0IACAPXHCAn «
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A£iT€TCAM€NON€NnAClN i y NCOCTONKTICTHNKA1ACTNKP i TONKAKWAOnATPINHKPATICTH BOTAHKAIOIÊPOTATOCAHMOC €TNOIAC XAPIN
Quant aux explications fournies par M. Raoul-Rochette sur cette inscription de Cherson , il faut remarquer que la phrase I1POIKA nP£(JB€T(JANT i , ne se trouve pas sur l’original, et que la conjecture ou correction faite par M. RR. AI €TC€B€IAC APXHCANTA, ne peut être ni sur ce marbre , ni sur aucune autre inscription , parce que cette locution ne seroit pas grecque.
J'ai conjecturé que la lacune dans la ligne 8 . pouvoit dans le principe avoir été remplie par TOT (J ATTOKPA- TOPAC, et qu’on avoit fait mention dans cet endroit des missions dont Démocratès avoit été chargé auprès des empereurs byzantins à Constantinople»
M. Raoul-Rochette avance, p. 60 : ^qu^l publie pour la première fois une médaille de Leucou d’une manière exacte et authentique”. 11 y a dans ces mots beaucoup d’erreurs et de méprises :
i) M. de Blaremberg à Odessa avoit fait lithographier cette médaille avec autant d'exactitude que d’élégance , au commencement de l’an i 8 ai, avant que le livre de M. RR. fut publié ;
a) la ligure qu’en a donnée M. RR. pl. I. m. 3. n’est, quoiqu’il en dise , ni exacte ni authentique ; au contraire elle appartient , comme en général toutes les médailles de son ouvrage , aux plus mauvaises qu’on ail jamais publiées.
Deux monnoies, pl. I. m. 5. p. 62 . p. 66 . note 1 . p. 7 a. dont l’une n’est nullement de Leucon, et dont l’autre est tout-à-fait fruste et indistincte, pl. 1. m. 4- font dire à M. RR. p. 7 a : ,,rien ne s’oppose à ce que nous retrouvions dans les deux médailles 4* et 5. l’ancienne monnoie du Bosphore abolie par Leucon , et dans la médaille n. 3,
qui offre un type nouveau, la monnoie au moyen de laquelle, suivant Polyen, Leucon fit entrer dans ses coffre* une partie de l’argent de ses sujets". Cette hypothèse est inadmissible, puisqu’elle n’est pas prouvée; elle ne seroit même d’aucune vraisemblance , s’il étoit vrai que la première de ces médailles , m. 5 , fut de Leucon , et que l’autre , m. 4> ne fut pas indistincte et fruste. Car Polyen ne dit pas quel étoit ce Leucon , dont il nous raconte une anecdote et la guerre avec les Héracléotes. Cette guerre et les autres strategèmes que rapporte de son Leucon l’auteur cité, ne rendent pas probable que ce soit de Leucon, fils de Satyrus, que parle Polyen.
XLVIÏ.
Une remarque plus essentielle encore sur cette médaille de Leucou , dont j’ai vu plusieurs exemplaires très beaux , c’est que la ressemblance que l’on trouve dans son avers avec les médailles d'Alexandre le Grand est si frappante dans la tête d’Hercule , qu’elle ne laisse aucun doute que ces médailles de Leucon ont été copiées sur celles de ce roi de Macédoine. 11 est évident de même que l’arc et la massue du revers de la monnoie de Leucon, types que l’on n’a trouvés sur aucune autre médaille des rois du Bosphore, sont des copies faites d’après des médailles des rois de la Macédoine. Leucon, père de Paerisade , mourut l’an 3 de la 107 Olympiade j Alexandre le Grand monta sur le trène au commencement de la m Olympiade. Il résulte de ces dates que la médaille en question ne peut pas avoir été frappée sous le règne de Leucon père de Paerisade, comme le prétend M. RR. p. 71 , mais sous un Leucon postérieur à celui-ci.
M. Raoul-Rochette observe, p. 62 : „le culte d'Hercule florissoit dans le Bosphore , ainsi que l’attestent les monnoies de Chersonèse , ville bâtie par les Héracléotes du ( Pont, et qui conserva toujours, avec le nom de sa métropole , les symboles propres à son fondateur. C’est ce qu'indiquent, d'une manière encore plus positive les mou-
noies de Pantieapée et de Phanagorie.“ J'ai plusieurs remarques à faire sur ce passage :
i) les médailles de la ville de Chersonèse ne portent que très-rarement la tête d'Hercule, ou quelques uns de ses attributs. Ainsi ni les médailles de cette ville, ni les anciens historiens, ne prouvent pas que ce dieu ait été en haute vénération à Chersonèse, où Diane et Apollon étoient les divinités principales}
a) mais quand il seroit vrai que le culte d'Hercule ou de quelqu’autre divinité eut prévalu dans la ville de Chersonèse, on ne pourvoit pas en conclure, comme le fait M. RR. que le même culte Jlorissoit au Bosphore. Car Chersonèse ne s'étoit soumise à Mithradatc que long-tems après Leucon}
3) je doute que la ville de Chersonèse conserva tou jours , comme le dit M. RR. le nom de sa métropole. Car si un ou deux auteurs anciens ajoutent à son nom celui de Héracléa , ce n’étoit que pour la distinguer des autres villes qui portoient, comme elle, le nom de Chersonesus. Ni sur ses inscriptions, ni sur ses médailles, on ne trouve le nom de Héracléa. Bref, la ville de Chersonèse ne s’est jamais servie du nom de Héracléa et , par cette raison, n’a pas pu le conserver, comme le prétend