M. RR
4 ) ce que l’auteur dit des types des médailles de Pauticapaeum et de Phanagorie n’est pas non plus concluant. Car le type et les symboles d’Hercule y sont encore plus rares que sur la monnoie Chersonésite. Les emblèmes les plus usités sur les revers de la monnoie des deux capitales du Bosphore sont, ceux d’Apollon et de Pan ainsi que l’arc et la ilêche.
Je n’aurai que très peu d’observations à faire, sur la longue digression de M. Raoul-Rochette, p. 71 - 81 , puisque l’essentiel sur le procédé par lequel Leucon doit avoir , suivant Polyen , doublé la valeur de la monnoie de son pays , peut être exposé en peu de mots. Polyen dit que Leucon avoit obtenu ce résultat, xkkoi/ xxpxy.TÎjpx èiri/3xkiiv, en imprimant sur cette monnoie un autre coin. Si le
nouveau coin étoit de la grandeur de la monnoie , alors l'expression émpzMsiv uKKo-j xxpxxrtjpx signifie , surfrapper la monnoie. Mais si le nouveau coin étoit plus petit, alors cette phrase fait entendre qu’à l’ancien coin on avoit ajouté nne contremarque. Les deux auteurs, Aristote et Polyen, ne s’étant pas plus clairement énoncés , il est impossible de décider quel est le procédé dont il est question. Dans une inscription expliquée par le savant Professeur Bückh (Staats-Haushalt. der Atlien. II. 344 *) ou trouve mentionné un XAPAKTHP MOATBAINOS.
En parlant de l’usage des anciens , de marquer d’une contremarque leur monnoie courante, M. Raoul-Rochette nous dit , p. 80-81 :
„L’objet de cette empreinte étoit-il de doubler la valeur de la pièce qui l’avoit reçue ?“
„Ou bien, étoit-ce un moyen de rendre à une monnoye tombée en désuétude , le caractère légal propre à la remettre en circulation ? tf
„Ou bien enfin avoit-on recours à ce signe particulier, pour retirer de la circulation des pièces , et les convertir en médailles proprement dites ?“
J’observe que la première de ces trois suppositions est la seule qui paroitroit avoir de la vraisemblance , si au mot de doubler l’auteur avoit substitué celui d'augmenter ; mais quant aux deux autres il n'est que trop probable qu'elles sont sans fondement,.
Il est question , p. 82*- de quelques médailles de Panticapaeum surfrappées, pl, 1 . m; 7. 8. L’auteur dit : „sur ces deux monnoies de petit bronze, l’ancien type d’Apollon, avec l’astre au revers, est encore reconnoissable sous le nouveau type qui est la tête de Pan, et au revers l’arc et le javelot scythiques.“ Il faut observer :
1) que ces médailles n’appartiennent pas au petit, mais au moyen bronze ;
a) que l'ancien type des deux médailles n’a pas été 1* tête d’Apollon ;
3) que l’astre n’a pas été le type du revers du coin primitif de cette médaille j
4) qu’au revers le nouveau coin porte un arc et une flèche.
Ayant vu beaucoup de ces médailles de Panticapaeum qui ont été surfrappées , j’observerai que le coin primitif de la médaille dont M. RR. a produit deux exemplaires, a été sur l’avers, la tête imberbe de Satyre avec un astre dans une contremarque ; sur le revers , les lettres HAN posées en triangle , la tête d’un lion , au bas duquel un poisson. Ordinairement l’avers du nouveau coin est imprimé sur le revers primitif. Toutes les conjectures sur le but qu’on peut avoir eu en surfrappant les monnoies. , p. 82. ne mènent à aucun résultat.
Ap rès avoir parlé des deux médailles surfrappées, l’auteur ajoute , p. 82 : ,,Cette opération , quoique grossière dans ses résultats, n’en convenoit peut-être que mieux i nn peuple rejeté , comme celui du Bosphore, à l’extrémité du Pont - Euxin et étranger aux arts de la Grèce." Si l’auteur s’étoit rappelé des médailles de Panticapaeum, de Phanagorie, de Théodosie et de Chersonèse, dont celles en or et en argent et la plupart de celles en bronze, ne le cèdent pas aux plus belles qui ont été frappées dans la Grèce et dans l’Asie mineure j s’il s’étoit souvenu de 1 épithcte , Agrotera , donnée à Diane sur l’inscription de Xénoclide, épithète puisée , comme M. Raoul-Rochette a voulu nous le persuader, aux plus profondes et aux plus pures sources de la langue et de la mythologie helléniques j si enfin il avoit voulu penser au décret de la ville d’Olbie en honneur de Théoclès, et à tous les éloges qu’il a donnés à cette inscription, p. i46 : il n’auroit sûrement pas parlé de ces colonies comme d’un peuple rejeté à l’extrémité du Pont -Euxin et étranger aux arts de la Grèce.