‹ Remarques sur un ouvrage intitule antiquites grecques du BosphoreCimerienChapitre 9 sur 30 · LXX 1 V · texte numérisé non relu

LXX 1 V

Si M. Raoul-Rochette n’a pas été heureux dans la publication des médailles de son roi Scilurus , nous devons regretter qu’il n’ait pas eu plus de succès dans la longue explication d’une autre médaille, pl. IV. m. i. p. 100-10S. que lui avoit communiquée M. de Stempkovski, et qui a même contribué à l’explication de cette pièce. Sans le savoir , M. de Stempkovski est devenu la cause des nouvelles méprises du savant qu’il a cru obliger , en l'enrichissant des productions de son sol natal.

Examinons ce que M. Raoul-Rochette a dit des types et de la légende de cette médaille dont il nous a donné une longue explication. Après avoir terminé son discours sur les médailles de Scilurus , prétendu contemporain de Mithradate , l’auteur continue, p. 100: „c’est encore un fait du même genre, non moins inconnu jusqu’ici et non moins curieux , que nous révèle une autre médaille d’un prince sarmate, ayant une barbe pointue, coiffé d’une espèce d'aile d’oiseau, et portant sur le haut de la tête un

ornement qui ressemble à un pétase d’une petite dimension. Le même caducée, que nous montrent les monnoies de Scilurus , se retrouve sur celle-ci , derrière la tête du prince j et c’est probablement , sur toutes ces médailles, un emblème du commerce que les Barbares faisoient avec les villes grecques du Pont-Euxin“. Connoissant la médaille dont il est question , je n’y vois ni aile d’oiseau , ni pétase d'une petite dimension. Toutes ces merveilles qui, si elles s’y trouvoient réellement, rendroient la médaille plutôt monstrueuse que singulière, sont dues à l’imagination du dessinateur, ou & celle de M. RR. Le caducée placé mal à propos au commencement de la légende, au lieu d'être le symbole d’un commerce florissant qui n'a jamais eu lieu entre les Scythes et les Olbiens, nous rappelle les extorsions et le» rapines que ces barbares se permettoient envers la ville infortunée d'Olbie.

Dans la légende , le nom du prétendu roi n’est pas écrit IN01MEI2.C , comme le lisoit M. de Stempkovski , p. toi. mais INIMEIiC , et si l’éditeur observe, „que le personnage représenté sur cette médaille , est un autre prince qu’Ininthimévus roi du Bosphore", il a raison et personne ne le lui contestera.

Le revers de cette pièce n’est pas une tête laurée d'Apollon, comme le dit son éditeur, p. 10 a. mais une tête de femme. J’observe ici en passant que le monogramme mal à propos ajouté à la légende, et que l’on rencontre iur plusieurs médailles d’Olbie, n’est pas la marque du monétaire , comme je l’avois conjecturé autrefois j j’en parlerai dans une autre occasion.

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